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dimanche 3 mai 2026
Le temps de l’œuvre
Dans « la condition de l’homme moderne », un texte qui date de 1958, Hannah Arendt écrit cette phrase qui résonne aujourd’hui cruellement :
« L’Homme moderne a perdu le monde pour le Moi. »
C’est dire que ce n’est plus l’Homme, celui qui s’est cru créé par Dieu et à ce titre au centre de l’univers, mais l’individu, ce chaque-un qui se pose au centre d’un monde progressivement dissous sous les assauts de sa suffisance. Chaque observateur critique le constate, notre actualité est essoufflée, prise dans une succession d’évènements qui sont sans passé, sans mémoire, sans avenir. Et l’individu, monade esseulée, semble ne pas être hors du temps, mais privé de temps, sans mémoire. Pourtant naître, apparaître dans le monde, c’est hériter.
par Jean-Marie Hordé
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