Jean-Paul Gavard-Perret


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samedi 4 avril 2026

Magie du temps presque arrêté

Les photographies qui ont le plus ému Alessandro Vasapolli sont celles de Robert Capa à Omaha Beach le 6 juin 1944. Pour le photographe italien ces images survivantes — floues, chaotiques — transmettent la terreur et l’humanité de ce moment avec une intensité incomparable. Il a toujours admiré le courage de Capa : il se tenait dans l’eau, sous le feu, pour montrer ce que le monde ne pouvait voir.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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samedi 4 avril 2026

Au-delà des mères

Loin de l’agitation aliénante des images Jérémy Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses œuvres nous « scotchent » car elles sont soustraites aux faux enchantements de l’artifice au sein même de territoires construits plus pour l’ostentation que le recueillement.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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dimanche 1er mars 2026

Hauts voltages / hautes voltiges

Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son « désastre très langue + très langue + très langue + très langue » qui demeure une des plus grandes entreprises littéraires du temps avec à la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignité du verbe.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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dimanche 1er mars 2026

L’amour alcool de mante

Le choix des écrits republiés dans La Pléiade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son œuvre. Dans l’addiction de l’amour ou du désir — ou sa confusion —, reste une atmosphère, un effluve, un alcool dont l’écrivaine ne fut plus vraiment responsable.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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lundi 2 février 2026

Ce qui tue

Dans ces « Poèmes à dire et à crier » nous vivons dans un autre monde que réel, constamment immergés et en essayant de surmonter notre angoisse dès que tout part : « Désir de Vie ou de Mort / Qu’ai-je décidé à l’Aurore de ma / VIE ».

par Jean-Paul Gavard-Perret

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lundi 2 février 2026

Au delà du bruit et du silence

Depuis plus de quarante ans, Jeff Wall oscille entre la mise en scène spectaculaire et l’observation documentaire. Familières et étranges, des situations quotidiennes sont élevées au rang de scènes presque oniriques où le réalisateur privilégie le tableau photographique.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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dimanche 28 décembre 2025

Portrait du photographe en « road runner »

Maciej Markowicz ne prend pas des photographies, il les reçoit : « prendre » implique le contrôle, la possession, l’extraction. « Recevoir » suppose la collaboration, l’humilité, la présence. Sa routine est un rituel de présence : il entre dans la Camera Obscura plongée dans le noir et dans mon propre esprit, dans cet espace de subconscient où le noir révèle au lieu de dissimuler.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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dimanche 28 décembre 2025

Les œufs durent

Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l’existence. C’est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D’où ce continent féerique face au noir qui étreint. Le tout-en-un souci de clarté pour exprimer ici une colère noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui dépasse toujours bien des seuils essentiels fait de la colère à la fois un seuil.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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dimanche 30 novembre 2025

Alex Pinna

Les bronzes quasi diaphanes du sculpteur italien Alex Pinna établissent des voix dans le silence. Chaque œuvre devient une trace crépusculaire et l’élément épars-perdu d’un troupeau disséminé. Chaque pièce, à la recherche d’un appui, et donc livrée à sa seule errance. Et l’artiste à travers, elle fait découvrir un mode presque solipsisme d’existence.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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dimanche 30 novembre 2025

N’avoir qu’une ride et s’asseoir dessus

Le roman de Laura Vazquez crée un alignement non seulement de phrases, mais d’impressions de choc. Après « La semaine perpétuelle », la narratrice (semblable et sœur de ce nouveau roman) va droit dedans face au néant qui guette. Elle n’est pas souvent de bonne humeur mais peut écrire dans son appartement ou dans un bar vide préféré. Elle ne veut pas savoir ce qu’elle a fait mais se sent sombre, veut disparaître du temps et éprouve de la nausée. Mais, via cette voix, la romancière est aussi poète qui au sein de son haut-le-cœur sait mettre le bordel même si au nom de l’écriture elle semble connaître la maladie de la mort — très, très largement partagée.

par Jean-Paul Gavard-Perret

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