jeudi 30 juillet 2026

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Le Goût de l’eau

, Stéphanie Pommeret

Une fusion entre le corps féminin et le vivant non-humain. Non pas comme métaphore, mais comme affirmation politique et sensible : il n’y a pas de frontière.

Le Goût de l’eau est construite à partir de doubles expositions photographiques réalisées dans les mares de rochers de la côte bretonne. Le dépouillement chromatique n’est pas un geste esthétique — c’est un geste théorique. Il extrait l’image du pittoresque pour la placer dans le registre de l’évidence et de la résistance.

L’écoféminisme, depuis Françoise d’Eaubonne jusqu’aux théoriciennes contemporaines comme Starhawk ou Vandana Shiva, pose une équation que j’incarne visuellement : la domination du corps des femmes et la destruction de la nature procèdent de la même logique extractiviste.
Ces corps couchés dans les mares, traversés par les algues, indissociables de la roche ne sont pas des corps abandonnés. Ils sont des corps qui refusent la séparation. Qui opposent à la logique de la possession une logique de l’appartenance.

La photographie plasticienne est ici convoquée dans sa capacité la plus politique : non pas représenter le monde, mais en déplacer les catégories. Ce que l’œil voit dans ces images — cette impossibilité à distinguer où finit la chair et où commence la pierre — est précisément ce que la pensée dominante a besoin de ne pas voir pour continuer à fonctionner.

Le Goût de l’eau est une œuvre de résistance.

Voir en ligne : https://www.stephaniepommeret.com