dimanche 1er juin 2025

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Narcisse en fuite III

, Ulice Deborne

Certaines facultés humaines diminuées mais avec un corps prothétique augmenté, produiraient peut-être de nouvelles générations de poètes primitifs, souvent incultes, parfois savants, éructant des « monoanalyses ».

Depuis les clips publicitaires jusqu’aux films de science-fictions, nos esprits et nos corps reçoivent les coups de sensations extraordinaires.
Et comme si le destin d’une réalité possible à vivre nous apparaissait sous le régime de la fiction, c’est dans le présent que surgit un imaginaire : celui d’un futur plus ou moins indéterminé élaboré par des machines aux algorithmes programmés.

Comme l’écrit le controversé docteur Laurent Alexandre : « Les intellectuels et les chercheurs libertariens ont cru que la technologie allait changer la nature profonde de l’humanité. En réalité, notre violence et notre structure hormonale changent beaucoup moins vite que la technologie. Nos passions se projettent directement sur l’espace numérique — haine, violence, désinformation, influence et contre-influence ».

Aujourd’hui l’image se plie au désir de l’expression humaine, à travers une avalanche d’effets spéciaux.
Ne peut-on pas percevoir dans ces effets spéciaux, l’amorce d’un nouveau langage artistique qui, devenu autonome, complémenterait la communication courante de la langue parlée ?
Si notre psychisme se trouve affecté depuis leur apparition, notre organisme de la même façon, encourt un bouleversement biologique aux conséquences imprévisibles…

Et si la poésie, restée sauvage dans le futur de nos sociétés, tentait d’échapper à la totale maitrise de l’intelligence artificielle, au-delà du sens et des sons d’une langue commune, enrobés par les effets spéciaux des tempêtes d’images numériques ?