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Des murs derrière les mots
, et
des mots morts derrière les murmures
Les murs n’ont pas d’oreille, les murs ont des yeux
Les passants portent des horloges baudelairiennes de sous leurs paupières de poussière
Entre deux briques un cœur rouillé pousse comme une herbe hors-saison
Les murs respirent à voix basse et cachent dans leurs fissures des oiseaux SDF
Un couple traverse les mots tenant entre leurs mains un morceau de ciel oublié.
La ville déplie ses ailes de pierre sous les pas des vivants.
Les fenêtres regardent les hommes qui essaient de voler dans leur sommeil.
Sur les façades les mots griffonnés rêvent encore de leur premier cri.
Les amants échangent des constellations invisibles au coin des rues fatiguées.
Les briques habillent les siècles de silence et quelques éclats de rire s’échappent des balcons déserts.
Chaque ombre transporte un jardin public dans son cabas trouée.
Les lettres peintes sur les murs se prennent pour des nuages bavards.
Des mains se frôlent et la ville vacille d’une tendresse soudaine.
La rue avale le jour et recrache des actrices de trottoir.
Au milieu du béton, les vivants inventent encore des printemps impossibles.
Et la rue couverte d’affiches et de rêves, continue d’écrire son futur sur les murs.
Un ange boite alors Lautréamont passe à sa place.
Les vivants ont des bancs publics et les murs ont des yeux















