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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Les autos-tamponneuses</title>
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		<dc:creator>Marc Corigliano</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le jour o&#249; mon oncle jean est mort un man&#232;ge d'autos-tamponneuses est venu s'installer sous sa fen&#234;tre.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/marc_corigliano_photo-dbf71.jpg?1783194122' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le jour o&#249; mon oncle jean est mort un man&#232;ge d'autos-tamponneuses est venu s'installer sous sa fen&#234;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mon Oncle &#233;tait aveugle, mais nul autre que lui ne savait &#224; ce point glisser les unes dans les autres des coquilles vides de moules et les disposer en un demi-cercle parfait dans son assiette, sous nos yeux m&#233;dus&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fait nuit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les auto-tamponneuses sont rang&#233;es les unes &#224; c&#244;t&#233; des autres, b&#226;ch&#233;es pour leur sommeil. Le grincement strident d'un camion poubelle se fait entendre. &lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai le nez coll&#233; &#224; la vitre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Derri&#232;re moi, dans l'obscurit&#233; de l'appartement, une pendule hache menue le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mon oncle est couch&#233; sur son lit, tout habill&#233;, comme s'il s'appr&#234;tait &#224; sortir (il ne lui resterait qu'&#224; enfiler ses chaussures et &#224; mettre sa casquette).&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la premi&#232;re fois que je vois un mort. J'ai failli &#233;crire c'est la premi&#232;re fois que je vois mon oncle mort.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est d&#233;j&#224; plus lui. Bien que sa montre pos&#233;e sur la table de nuit continue de donner l'heure.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors qu'il fait encore jour une employ&#233;e des pompes fun&#232;bres passe. Elle me demande de l'accompagner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cou de mon oncle est enfl&#233; comme s'il avait un goitre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant m&#234;me que je comprenne ce qu'elle fait cette femme me prend la main. Je r&#233;siste un peu. Elle me dit n'ayez pas peur. Et elle enfonce un de mes doigts dans la peau du cou de mon oncle, en m'expliquant que ce n'est l&#224; qu'une simple r&#233;tention d'eau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle me dit encore, cela peut s'&#233;tendre assez vite sur tout le corps, il ne faudrait pas trop attendre de temps pour l'inhumation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour passer la nuit ma tante m'a laiss&#233; la petite chambre qui sert de d&#233;barras et s'est am&#233;nag&#233;e un lit &#224; m&#234;me le sol dans la salle &#224; manger, pr&#232;s de l'aquarium brillamment &#233;clair&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
A peine endormi, j'entends un cri. Je me l&#232;ve pr&#233;cipitamment. La chambre de mon oncle est &#233;clair&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ma tante est l&#224;, debout en robe de chambre, pench&#233;e sur lui, en larmes, tremblante, &#224; baragouiner je ne sais quoi.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je la convaincs de retourner se coucher. Mais elle veut que je reste un peu aupr&#232;s d'elle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'assois &#224; ses c&#244;t&#233;s &#224; m&#234;me le sol. Mes yeux sont &#224; la hauteur de l'aquarium. Sa clart&#233; m'&#233;blouit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Soudain, elle se redresse brusquement et s'agrippe &#224; moi. Je tente de la repousser, de me d&#233;faire de ses bras qui m'enserrent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vois son corsage entrouvert, sa poitrine encore belle. Je vois dans ses yeux qu'elle voit ce que je vois et je comprends que c'est ce qu'elle veut. &lt;br class='autobr' /&gt;
Je vacille, et je pense que je vais basculer en avant. Mais au m&#234;me moment mon attention est attir&#233;e par les poissons exotiques, par l'insouciance avec laquelle ils &#233;voluent dans l'aquarium.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans la seconde qui suit, je r&#233;alise que j'ai oubli&#233; d'&#233;teindre la lumi&#232;re dans la chambre de mon oncle et je sens sous moi les doigts de ma tante se rel&#226;cher.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vois sa t&#234;te retomber sur l'oreiller.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vois ses yeux se fermer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je la vois s'endormir en ronflant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je me l&#232;ve pour &#233;teindre cette lumi&#232;re dont mon oncle &#8212; ce mort qui ne peut plus vivre &#8212; n'a plus besoin et retourne dans ma chambre. Je n'ai plus sommeil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je regarde dehors, avec la sensation au bout des doigts du jeton offert &#224; la fente des auto-tamponneuses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/marc_corigliano-oncle.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L385xH800/marc_corigliano-oncle-b23b8.jpg?1781816683' width='385' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Exposition collective &#224; l'Atelier Cinq&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec Ren&#233; Jacobs, Bernard Plossu, Michel Lozano, Marc Corigliano&lt;br class='autobr' /&gt;
LA VIE EST DIFF&#201;RENTE, Marc Corigliano&lt;br class='autobr' /&gt;
du 3 au 11 juillet 2026, 10h-20h, galerie l'Atelier Cinq, Place Voltaire (locaux du PCF), Arles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Vernissage dimanche 5 juillet &#224; 18 heures.&lt;br class='autobr' /&gt;
Signature du livre &#171; La vie est diff&#233;rente &#187; par Marc Corigliano, le vendredi 10 juillet &#224; 19 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;v&#233;nements &#224; l'Atelier Cinq du 3 au 10 juillet : &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/p/Latelier-cinq-arles-100064643441067/?locale=fr_FR&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CLIQUEZ ICI&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>N'avoir qu'une ride et s'asseoir dessus</title>
		<link>https://tk-21.com/N-avoir-qu-une-ride-et-s-asseoir</link>
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		<dc:date>2025-11-30T16:45:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le roman de Laura Vazquez cr&#233;e un alignement non seulement de phrases, mais d'impressions de choc. Apr&#232;s &#171; La semaine perp&#233;tuelle &#187;, la narratrice (semblable et s&#339;ur de ce nouveau roman) va droit dedans face au n&#233;ant qui guette. Elle n'est pas souvent de bonne humeur mais peut &#233;crire dans son appartement ou dans un bar vide pr&#233;f&#233;r&#233;. Elle ne veut pas savoir ce qu'elle a fait mais se sent sombre, veut dispara&#238;tre du temps et &#233;prouve de la naus&#233;e. Mais (via cette voix) la romanci&#232;re est aussi po&#232;te qui au sein de son haut-le-c&#339;ur sait mettre le bordel m&#234;me si au nom de l'&#233;criture elle semble conna&#238;tre la maladie de la mort (tr&#232;s, tr&#232;s largement partag&#233;e).&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH112/arton2766-0b49d.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le roman de Laura Vazquez cr&#233;e un alignement non seulement de phrases, mais d'impressions de choc. Apr&#232;s &#171; La semaine perp&#233;tuelle &#187;, la narratrice (semblable et s&#339;ur de ce nouveau roman) va droit dedans face au n&#233;ant qui guette. Elle n'est pas souvent de bonne humeur mais peut &#233;crire dans son appartement ou dans un bar vide pr&#233;f&#233;r&#233;. Elle ne veut pas savoir ce qu'elle a fait mais se sent sombre, veut dispara&#238;tre du temps et &#233;prouve de la naus&#233;e. Mais, via cette voix, la romanci&#232;re est aussi po&#232;te qui au sein de son haut-le-c&#339;ur sait mettre le bordel m&#234;me si au nom de l'&#233;criture elle semble conna&#238;tre la maladie de la mort &#8212; tr&#232;s, tr&#232;s largement partag&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_22940 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/vazquez_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/vazquez_2-b7fbe.jpg?1763461871' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au besoin, elle s'oppose &#224; tous ses textes, feint de les renier, de les abjurer. Mais &#224; d&#233;faut de rester po&#233;tesse, il faut que la romanci&#232;re vive. Et de plus : elle s'acharne. C'est une nouvelle version de Pierre Guyotat ou Fernando Pessoa et bien plus que Thomas Bernhard. Que je cite en exergue, qui me donne l'&#233;lan. Elle semble avancer parfois sans liaison, voire &lt;i&gt;&#171; sans conjuguer parfois les verbes, sans concentrer &#187;&lt;/i&gt;, mais ne nous trompons pas. Gr&#226;ce &#224; elle, &lt;i&gt;&#171; le beau est toujours bizarre &#187; &lt;/i&gt; (Baudelaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et dans un tel roman, c'est quelque chose de bizarre, faire quelque chose de bizarre. Qui risque de se passer. Elle se gratte la t&#234;te pendant bien plus de 20 ans. Mais c'est personnel ; elle pense que lorsqu'elle &#233;crit, elle ne le fait pas, ne s'arroge pas de fonction. N&#233;anmoins, parfois, elle &#233;crit couch&#233;e pour mesurer la place qu'elle prend l&#224; o&#249; nous sommes, vers la fin de la civilisation, du monde et de tout le monde. Comme Beckett, elle sait que Malone meurt. Molloy idem. Et comme Godot, Laura Vazquez n'encourage pas la reproduction, &#233;crit peu (enfin presque) et n'a pas envie de perdre tout le temps. Se dit tricheuse puisqu'elle s'est livr&#233;e &#224; la parole quand elle aurait d&#251;, ou qu'il aurait fallu, se taire. Mais ce n'est pas de sa faute : juste de sa main. Mais un tel roman est plus que m&#233;rit&#233; ! Il d&#233;coupe parfois ses bords. Porte les valises de quelqu'un qui n'existe plus ; Miley Cyrus y appara&#238;t en r&#234;ve ou en r&#233;clame publicitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, sa narratrice est 100% d'accord avec certains de ses sentiments (tous se composent &#224; 99, 99% d'eau de source inconnue). Une telle h&#233;ro&#239;ne se dit dans ses carr&#233;s de tours, un quart vivante, un quart morte, un quart robot, un quart rien &#8212; histoire d'affirmer que la r&#233;alit&#233; n'existe pas. Mais c'est pourquoi elle se met &#224; &#233;crire. Tous les jours (Ah traitresse !). Rectangle du papier ou de l'ordi portable qu'importe. Et toujours en esp&#233;rant que les prolongements de ses romans perdent tout le monde. Ils deviennent des n&#233;o-Eccl&#233;siastiques (probablement des canailles) qui sourient et effraient. Et qu'importe si ses propres souvenirs se font vieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s tout, l'essentiel de Laura Vazquez, c'est faire des livres (et sans doute, bien s&#251;r, l'amour). Son h&#233;ro&#239;ne aussi. Elle dit &#224; propos de son auteure, qu'elle &#233;crit toujours la m&#234;me chose. Ce qui n'est pas faux, mais il faut en mettre une couche ; car une h&#233;ro&#239;ne-narratrice ajoute du neuf ou donne des armes contre son auteure. Si bien que celle-ci songe d&#233;j&#224; &#224; produire sur elle un rapport vengeur !&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un tel roman vaut la peine d'&#234;tre mal v&#233;cu. Des vrilles d&#233;passent (car vu ses textes anciens, il a beaucoup grandi). C'est un ab&#238;me de foule, un trou noir d'o&#249; l'on ne peut plus sortir, mais on y trouve beaucoup d'arbres, des foules, des avenues, un peu d'oxyg&#232;ne pour les nouveaux gratte-ciels aux normes antisismiques. Et parfois encore quelques autoroutes &#224; deux &#233;tages pour admirer l'oc&#233;an des banlieues et, avec un peu de chance, l'horizon du Mont-Blanc jamais d&#233;gag&#233; de la pollution. Les d&#233;g&#226;ts progressent, parfois m&#234;me deviennent des r&#233;seaux. Bref, c'est le dictionnaire du pr&#233;sent et surtout sa descente. Mais &#224; sa mani&#232;re, la narratrice nous dit : &lt;i&gt;&#171; Tr&#232;s chers amis, quel plaisir ! &#187;&lt;/i&gt; tant il reste &#224; Laura du souffle dans toutes ses dimensions et gr&#226;ce aux clefs qu'elle nous offre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Lara Vazquez, &lt;i&gt;&#171; Les Forces &#187;&lt;/i&gt;, &#201;ditions du Sous Sol, 2025, 304 p., 22,50 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22943 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/les_forces_-_vazquez_laura.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/les_forces_-_vazquez_laura.jpg' width=&#034;546&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#339;uvre au noir et au roi</title>
		<link>https://tk-21.com/L-oeuvre-au-noir-et-au-roi</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En poussant un peu plus loin, &#171; Tweet n&#176;1 &#187; peut se pr&#233;senter comme un &#171; film tourn&#233; tout entier en studio avec des d&#233;cors film&#233;s de paysages sous la neige projet&#233;s derri&#232;re ou tournant sur un &#171; cyclorama &#187; et un gros plan fixe sur la Princesse X de Brancusi fich&#233;e sur un socle tournant est-ce la figuration de Marie Bonaparte ou un phallus &#187; &#233;crit Guillaume Basquin. Abuse-t-il d'un surplus de sexuel ? Non, car il poss&#232;de bien mieux &#224; faire dans un tel concassage po&#233;tique abasourdissant.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2768-910f7.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En poussant un peu plus loin, &#171; Tweet n&#176;1 &#187; peut se pr&#233;senter &#171; comme un film tourn&#233; tout entier en studio avec des d&#233;cors film&#233;s de paysages sous la neige projet&#233;s derri&#232;re, ou tournant sur un &#034;cyclorama&#034; et un gros plan fixe sur la Princesse X de Brancusi fich&#233;e sur un socle tournant est-ce la figuration de Marie Bonaparte ou un phallus &#187;, &#233;crit Guillaume Basquin. Abuse-t-il d'un surplus de sexuel ? Non, car il poss&#232;de bien mieux &#224; faire dans un tel concassage po&#233;tique abasourdissant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Po&#232;te, litt&#233;rateur, d&#233;miurge, l'auteur caresse un scandale litt&#233;raire et nous y sommes (sous X ?) bien. Jaillit la lutte interne des multiples impossibilit&#233;s o&#249; se d&#233;bat le &#171; roman &#187;. Il devient le sujet m&#234;me du livre, m&#234;me s'il semble se toucher en un immense tweet.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouveau genre (ob&#232;se plus que jamais) accorde au r&#233;el son recommencement puisqu'ici, sous les yeux de l'auteur, il vacille. Et, cerise sur le g&#226;teau, la philosophie n'a pas besoin de maillots d'&#233;quipes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Absolument imperm&#233;able &#224; toute id&#233;ologie et &#224; toute certitude et immuable &#224; la fois catholique et gnostique et leurs &#171; m&#233;taphore spermatique &#187; rien ne vaut qu'une telle audace d'un pur scripteur dont l'importance n'est pas d'&#234;tre, mais de devenir en d&#233;sordre tout en amenant la parole &#224; la parole de la toute puissance face &#224; celui &lt;i&gt;&#171; du Cr&#233;ateur &amp; ces malheureux penchants qui vous ont &#233;gar&#233; et dont vous ne voyez pas qu'ils ne sont que des effets de cette nature corrompue &amp; criminelle &#187;&lt;/i&gt;. En lieu et place tout complotisme est de mise.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais un tel livre dans son fleuve m&#232;ne moins vers un d&#233;bordement cataclysmique qu'&#224; une sortie de crise. Une prose pourrait &#233;touffer dans sa masse mais de fait, elle organise une gen&#232;se respiratoire. Nous pouvons juger Basquin climato-sceptique, eu &#233;gard &#224; la litt&#233;rature. Mais ce qui est s&#251;r reste le d&#233;boitement de toute orthodoxie. &#192; sa mani&#232;re, loin du Bing-Bang comme du livre d'Emmanuel Leroy Ladurie, Basquin est un Viking de la litt&#233;rature pour mener mots de vie &#224; la &lt;i&gt;comment peux-aller la terre&lt;/i&gt;. Greenland ou d&#233;sert ? Le rouge est mis.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En h&#233;ritage du &#171; Paradis &#187; de Sollers (son plus beau livre) Guillaume Basquin fait donc &#233;clater le discours litt&#233;raire dans un corpus compact ignorant, points, virgules, etc. S'y joue le jeu du monde &#171; dans le ciel de la d&#233;mesure &#224; partir du lieu premier : &lt;i&gt;&#171; au commencement n'&#233;tait ni le Verbe ni l'image, au commencement &#233;tait le tweet &amp; Dieu vit que c'&#233;tait bon, le x &#233;tait partout cui-cui &amp; m&#234;me si le petit oiseau bleu s'&#233;tait envol&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Exit le cogito de Descartes et autres piliers desdites sagesses.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt; Le livre est fondu au noir aussi paradoxal qu'il puisse para&#238;tre. Comme Dante, Basquin n'&#233;tait pas un po&#232;te de l'imagination mais des rapports entre les choses. Le tout dans un effort carnavalesque pour d&#233;chiffrer la r&#233;alit&#233;, l&#224; o&#249; une telle &#339;uvre n'est plus d&#233;tach&#233;e de l'existence. Guillaume Basquin marche et pi&#233;tine sur la vie, j'ai successivement march&#233; sur les plates bandes de cr&#233;ateurs et y rencontre au besoin phallus et Comtesse X donc sous X comme un film du m&#234;me nom. De ses compatriotes de bien des temps l'auteur poursuit ce que certains estimeraient (&#224; tort) un d&#233;lire verbal et physique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Affirmant continuer la guerre par d'autres moyens, son &#171; texte-limite &#187; accueille &lt;i&gt;&#171; tous les mots en x bizarres comme par exemple, x&#233;narque, qui &#233;tait le commandant d'une x&#233;nagie, soit d'une phalange de mercenaires &#233;trangers dans l'Antiquit&#233; grecque &#187;&lt;/i&gt;. Lui-m&#234;me en est un pour dire le monde anormal et concentr&#233; en tr&#232;s peu de mains.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Voici en quelque sorte un livre phalange et machine, fourmillant, riche, obtus, plus ou moins affirm&#233; (en habile cr&#233;ateur) &#171; sous x &#187; qui semble s'&#233;crire tout comme les bandes de cellulo&#239;d de film qui se d&#233;videraient comme des bandelettes Velpeau.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sous symbole de t&#233;l&#233;scripteur, le livre accumule les folies d'un verbe libre qui rappelle &#171; Paradis &#187; (d&#233;j&#224; cit&#233;) et &#171; T&#233;lex n&#176;1 &#187; de Jean-Jacques Schuhl. Ici tout se pr&#234;te &#224; croire, &#224; prolif&#233;rer et &lt;i&gt;&#171; envahit la t&#234;te pour devenir teXte &#187; &lt;/i&gt; qui au besoin pour parfois pratiquer biffes et chiasmes optiques pour renverser le monde per&#231;u. Rien de plus puissant qu'un tel livre.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Guillaume Basquin, &#171; Tweet n&#176;1 &#187;, Tinbad, Paris, 2025, 116 p., 16 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/guillaume_basquin_tweet.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/guillaume_basquin_tweet.jpg' width=&#034;547&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La pr&#233;sence infinie des absents</title>
		<link>https://tk-21.com/La-presence-infinie-des-absents</link>
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		<dc:date>2025-06-30T09:38:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique M&#233;rigard</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le dernier homme, dernier livre paru de Dominique M&#233;rigard, est le versant texte d'une histoire qui s'est aussi &#233;crite en photographie au travers de sa s&#233;rie &#171; Beaus&#233;jour inventaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son travail photographique et ses &#233;crits, il interroge sans cesse les notions de temps, de m&#233;moire, de transmission, de perte et d'absence.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH122/arton2711-4d8cb.jpg?1772255871' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le dernier homme, dernier livre paru de Dominique M&#233;rigard, est le versant texte d'une histoire qui s'est aussi &#233;crite en photographie au travers de sa s&#233;rie &#171; Beaus&#233;jour inventaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son travail photographique et ses &#233;crits, il interroge sans cesse les notions de temps, de m&#233;moire, de transmission, de perte et d'absence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'absence peut passer inaper&#231;ue. &#202;tre seul peut sembler normal, si c'est par volont&#233; personnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le manque, lui, m&#234;me s'il est invisible, fragilise l'&#233;difice. Et cette pi&#232;ce manquante, qui au premier coup d'&#339;il ne semble pas faire d&#233;faut &#8212; les subterfuges pour masquer les failles sont l&#233;gion &#8212;, peut mettre en p&#233;ril la construction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, encore une fois par ruse, on peut remplir l'espace de signes, d'histoires r&#233;elles ou imaginaires, de celles que l'on se raconte lorsqu'on est enfant et qui r&#233;sistent au temps. On peut s'attacher &#224; des objets, &#224; des lieux, m&#234;me si certains n'ont pas cette chance qui peut aussi &#234;tre un pi&#232;ge. Alors, je me demande comment ils vivent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier homme est un r&#233;sistant. Un &#234;tre r&#233;silient, mais a-t-il le choix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Combien de temps, apr&#232;s la mort de sa femme s'est-il d&#233;battu contre cette absence, le manque de ce corps et le deuil de cet espoir de fonder une famille ? J'essaie de comprendre comment mon p&#232;re a pu vivre dans cette solitude sentimentale et survivre au drame. Il m'a dit qu'il n'avait pas voulu qu'une autre femme prenne la place de ma m&#232;re. L'avait-il aim&#233;e &#224; ce point ou avait-il baiss&#233; les bras face &#224; ce destin qui semblait ne pas vouloir lui octroyer le bonheur et le r&#233;confort du couple ? &#201;tait-ce par force de caract&#232;re, parce qu'il &#233;tait dur au mal ou bien au contraire par faiblesse, terrass&#233; par le destin ? Il avait accept&#233; de vivre dans le renoncement, dans la nostalgie. Ces souvenirs plus vieux que moi p&#232;sent encore. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22551 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH617/02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-a4c55.jpg?1772189748' width='500' height='617' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/03_me_rigard_beause_jour__tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH352/03_me_rigard_beause_jour__tk21_juillet2025-00f44.jpg?1750871886' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/04_me_rigard-beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH745/04_me_rigard-beause_jour_tk21_juillet2025-b3805.jpg?1750871886' width='500' height='745' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Combien de temps me faudra-t-il, &#224; mon tour, pour accepter son absence, leur absence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, je sais qu'ils sont l&#224;, qu'ils sont pr&#233;sents dans chaque objet, dans chaque recoin d'une pi&#232;ce, dans chaque reflet qui appara&#238;t dans un miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Enregistrer les traces de ce territoire intime est le moyen de conjurer l'abandon, la perte et la disparition : la maison ferm&#233;e une grande partie de l'ann&#233;e, le jardin devenu friche, les arbres morts, les outils d&#233;laiss&#233;s. Transformer en images les choses de peu qui peuplent chaque recoin, c'est les ramener &#224; la vie. Le temps d'avant se lie ici au temps pr&#233;sent. Il est aussi le temps perdu qu'on ne pourra jamais rattraper. Dans chaque photographie se loge une parcelle de m&#233;moire, et les r&#233;unir constitue un puzzle, un inventaire de souvenirs d'enfance o&#249; s'entrem&#234;lent le r&#233;el et l'imaginaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/05_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH404/05_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-dc244.jpg?1772189748' width='500' height='404' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/06_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH621/06_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-a36fa.jpg?1772189748' width='500' height='621' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie agit, elle d&#233;fie l'absence. Voil&#224; pourquoi elle est mon amie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Photographier, c'est donner une valeur aux choses, une valeur sentimentale et un avenir m&#233;moriel. Les faire entrer dans l'histoire, notre histoire, si insignifiante soit-elle, l'histoire de notre pens&#233;e, l'histoire de notre regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains y voient de la po&#233;sie, d'autres de la nostalgie, c'est pourtant de r&#233;alit&#233; qu'il s'agit. Une r&#233;alit&#233; alternative, un dialogue avec la m&#233;moire qui sait remettre en sc&#232;ne le pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; la fois le d&#233;but et la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Lorsque la perte de ceux qui ont accompagn&#233; l'enfance advient, il reste les lieux. Une fois ces lieux priv&#233;s de vie, de la pr&#233;sence de ceux qui les ont remplis, il reste la relation qu'on a aux lieux et aux objets qui continuent de l'habiter, un rapport &#224; l'&#226;me de ces lieux, aux sentiments qu'ils provoquent en nous, nous poussant &#224; r&#233;investir l'espace, &#224; prendre possession des choses comme on entre dans une nouvelle peau pas tout &#224; fait n&#244;tre et pourtant diff&#233;rente de l'ancienne. Puis ce sont des allers-retours incessants entre le pays que nous avons d&#251; quitter, il y a d&#233;j&#224; si longtemps, et l'autre pays, difficile &#224; nommer, celui du temps pr&#233;sent. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/07_double02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH373/07_double02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-48915.jpg?1750871886' width='500' height='373' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour toutes les photographies de l'article : &lt;i&gt;s&#233;rie &#171; Beaus&#233;jour inventaire &#187;, &#169; Dominique M&#233;rigard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.merigard.com/beausejour-inventaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.merigard.com/beausejour-inventaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/couv_le_dernier_homme-145x210-tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/couv_le_dernier_homme-145x210-tk21_juillet2025.jpg' width=&#034;553&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;LE DERNIER HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Dominique M&#233;rigard&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions La Grange Bateli&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Parution : janvier 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
Format 145 x 210 mm &#8226; 160 pages&lt;br class='autobr' /&gt;
13 reproductions de photographies noir et blanc&lt;br class='autobr' /&gt;
18 &#8364; &#8226; isbn 979-10-97127-48-0
&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;a href=&#034;https://www.editionslagrangebateliere.fr/parutions/le-dernier-homme-1/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.editionslagrangebateliere.fr/parutions/le-dernier-homme-1/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ann Sexton : matrice et puissance</title>
		<link>https://tk-21.com/Ann-Sexton-matrice-et-puissance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Ann-Sexton-matrice-et-puissance</guid>
		<dc:date>2025-03-01T20:03:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;En une suite de cadrages, de d&#233;cadrages et de superpositions d'images, Anne Sexton renonce &#224; toute ornementation. Elle tranche dans le vif : toutes les filles sont pour elle les descendantes de Marie et du Christ mais les quitte car trop plac&#233;es &#171; dans le derri&#232;re de dieu &#187; et ce, m&#234;me si des &#171; fossoyeurs attendent &#187; celle dont l'&#226;ge avance &#8212; m&#234;me si elle &#233;tait encore jeune.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton2632-d24e2.jpg?1772255871' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En une suite de cadrages, de d&#233;cadrages et de superpositions d'images, Anne Sexton renonce &#224; toute ornementation. Elle tranche dans le vif : toutes les filles sont pour elle les descendantes de Marie et du Christ mais les quitte car trop plac&#233;es &#171; dans le derri&#232;re de dieu &#187; et ce, m&#234;me si des &#171; fossoyeurs attendent &#187; celle dont l'&#226;ge avance &#8212; m&#234;me si elle &#233;tait encore jeune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tous les &#171; chants &#187; impr&#233;cateurs de Ann Sexton sont des op&#233;ras, des op&#233;rations, des ouvertures. L'auteur propose des prises complexes o&#249; le sacr&#233; se m&#234;le &#224; la sensualit&#233;, le divin au charnel. Une nouvelle fois elle devient monteuse et compositrice d'un nouvel ordre et d'une autre beaut&#233; radicale et sans maquillages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble de textes terminaux devient kal&#233;idoscopique. Exit les &#171; belles de nuit &#187; et la premi&#232;re d'entre elle : la Vierge. Mais cette derni&#232;re ne touche pas seulement &#224; l'indicible et &#224; la pri&#232;re. Le rite dont elle fait l'objet s'ouvre &#224; un tapage certain et &#224; des d&#233;monstrations plus intempestives que cultuelles. L'&#171; essence &#187; mystique passe par la petite porte au profit de la reprise en main du corps f&#233;minin. Si bien que la dimension abstraite du mythe sort de l'in&#233;luctable. Car la po&#233;sie devient un art qui crache sur le silence o&#249; les femmes furent clou&#233;es comme des Christs f&#233;minis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son approche tient au fait qu'elle n'admet pas d'autres commentaires que les siens l&#224; o&#249; elle invente diverses mont&#233;es des circonstances qui fonde l'essence du f&#233;minin en soulignant un principe de s&#233;paration et de distance. Et son dialogue est particulier. Le m&#226;le fort en leurres, criailleries est vou&#233; au mutisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout reste fascinant, fort, violent pour r&#233;pondre &#224; &lt;i&gt;&#171; Ne vous &#234;tes-vous jamais demand&#233; pourquoi les femmes &#233;taient si silencieuses ? &#187;&lt;/i&gt;. Ici elles ne seront plus marqu&#233;es d'une fa&#231;on ind&#233;l&#233;bile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les derni&#232;res &#339;uvres po&#233;tiques d'Anne Sexton surpassent en puissance ses recueils ant&#233;rieurs. Ceux-ci &#233;taient d&#233;j&#224; incandescents voire os&#233;s, mais ici jaillissent soudain l'obsc&#232;ne et le sacr&#233;, l'urine et Dieu, bref, le feu, le feu, le feu que, &#233;crit-elle, &lt;i&gt;&#171; les hommes cachent &#187;&lt;/i&gt;. Ces po&#232;mes incantatoires &#8212; accentuant &lt;i&gt;Tu vis ou tu meurs, &#338;uvres Po&#233;&#173;tiques 1960-1969&lt;/i&gt; parues dans la m&#234;me mai&#173;son d'&#233;ditions &#8212;, dans leurs accomplissements terminaux, retrouvent l'&#226;me et le corps tour&#173;men&#173;t&#233;s de celle qui resta long&#173;temps l'oubli&#233;e de la po&#233;&#173;sie am&#233;&#173;ri&#173;caine du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle mais qu'elle moder&#173;nisa &#224; sa fa&#231;on, loin des dogmes et des chapelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond reste ici plus sau&#173;vage que jamais. La forme po&#233;&#173;tique d&#233;place les lignes en vers o&#249; se mixent volup&#173;tueux et sar&#173;cas&#173;tique dans ce qui tient d'une sagacit&#233; et de la violence. Anne Sexton se fait au besoin sor&#173;ci&#232;re des sor&#173;ci&#232;res et sour&#173;ci&#232;re du f&#233;minin. Elle renou&#173;velle la vision des femmes &#224; tra&#173;vers ce que la po&#233;&#173;tesse connut avec d&#233;lice ou ter&#173;reur : la famille, le d&#233;sir et la sexualit&#233;. Elle offre et r&#233;affirme un nou&#173;veau contenu, en marge des conven&#173;tions de la morale des USA en trou&#173;vant un malin plai&#173;sir &#224; ren&#173;ver&#173;ser un patriar&#173;cat qui nour&#173;ris&#173;sait l'esclavage de n&#233;gresses blanches et oies de la m&#234;me couleur pr&#234;tes &#224; se livrer corps et &#226;me au pre&#173;mier prince venu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22176 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L400xH615/anne_sex_ton_outlook-ht0guur2-0e4c9.jpg?1739714987' width='400' height='615' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'acte po&#233;tique se veut intime et d&#233;voile des secrets (proches du silence) comme la permanence du dur d&#233;sir non de durer mais de vivre en existence pl&#233;ni&#232;re, en fixant un instantan&#233; renvoyant forc&#233;ment au pass&#233; et au deuil, tout en cr&#233;ant des sortes de paraboles : un chien montant vers Dieu descend vers les hommes qui brul&#232;rent Jeanne ou autres sorci&#232;res de Salem et d'ailleurs. Elle ne cesse de vouloir rattraper quelque chose qui semblait d&#233;sesp&#233;r&#233;, foutu d'avance.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Au masque tranquille, muet de la &#171; Dulcis Virgo &#187; et sous couvert de voir l'image sainte en un ex-voto se substitue le pr&#233;tendu inconsciemment &#233;rotique. Reste n&#233;anmoins l'&#233;nigme fascinante de la puret&#233; entre l'aust&#233;rit&#233; et l'&#233;tincelle de feux pas forc&#233;ment sacr&#233;s. Dans l'imaginaire la Vierge devient une paradoxale concubine. L'auteure la fait vivre comme une renaissance dans le contact sensuel avec la lumi&#232;re du lieu. C'est l&#224; qu'elle trouve une nourriture mystique, c'est l&#224; aussi que les hommes croyants d&#233;vissent du spirituel &#224; tout crin. Les disciples de Marie sous couvert de chastet&#233; sont plus sulfureuses qu'il n'y para&#238;t. On y cherche quelqu'une. Quelqu'une de cach&#233;e. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Anne Sexton, pour l'&#233;voquer, cr&#233;e des images qui se distribuent en seconde et en tierce. Il y a l&#224; une forme de lyrisme flamboyant dont le mouvement permet de penser le multiple de la f&#233;minit&#233;, et des roseurs impudiques de celles qui damnent leurs &#226;mes bien que les religions catholiques voudraient contr&#244;ler. Quant au corps il n'est jamais fix&#233; ou artificiellement retenu en &#171; pauses &#187;. Il subit le passage, l'&#233;coulement. Parfois, le paysage n'admet d'autres &#171; commentaires &#187; que le visage lui-m&#234;me. L'indicible n'est plus affaire de silence mais de off et de sons. Surgit une embellie po&#233;tique face aux mirages du monde. Chaque po&#232;me d&#233;truit le r&#233;el pour mieux le r&#233;-enchanter en cette exp&#233;rience des limites. M&#234;me la rue y bouge comme un glacier. L'intime palpite sans la moindre impudeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Anne Sex&#173;ton, &#171; Folie, fureur et ferveur, &#339;uvres po&#233;tiques 1972-1975 &#187;, trad. de l'anglais (US) Sabine Huynh, &#233;di&#173;tions des femmes Antoi&#173;nette Fouque, Paris, 2024, 268 p., 22 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>Les plaisirs &#171; coupables &#187; </title>
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		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Les-plaisirs-coupables</guid>
		<dc:date>2025-02-02T11:34:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Clarice Lispector se situe de l'autre c&#244;t&#233; du roman. Elle a &#233;crit contre ce dont elle se souvenait afin d'&#233;crire la fiction pour un nouvel usage.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton2609-bd7cb.jpg?1772255871' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Clarice Lispector se situe de l'autre c&#244;t&#233; du roman. Elle a &#233;crit contre ce dont elle se souvenait afin d'&#233;crire la fiction pour un nouvel usage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Rien ne pouvait l'atteindre ou la compromettre. Les romans (et la po&#233;sie aussi) sont devenus des garces. Et pour se perdre justement, s'&#233;garer loin des p&#244;les magn&#233;tiques qui guidaient et m'&#233;blouissaient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le roman est-il d'aucun secours ? Mais la question majeure de Clarice Lispector &#233;tait : que suis-je en train d'&#233;crire ? Elle avait du mal &#224; dig&#233;rer la parole pure des po&#232;tes pour entendre sa propre voix que seule, elle entendait. Elle a effac&#233; les diff&#233;rences sans se contenter de tenir les po&#232;tes par les couilles. Elle a cherch&#233; un roman parfait et d'une extension grossi&#232;re de la po&#233;sie et une expression unique de la fiction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Clarice Lispector a r&#234;v&#233; de menthe et de femmes qui lui offraient un bonbon &#224; ce parfum. Certaines le lui tendaient en pleurant, elle prenait en hoquetant et des deux mains ce mets minuscule, comme pour saisir un lourd plat de Byzance. Tout est d&#233;j&#224; dans ce roman de 1973, qui est peut-&#234;tre sa poutre ma&#238;tresse. Elle fait l&#224; de cette exp&#233;rience personnelle une m&#233;ditation universelle l&#224; o&#249; l'auteur r&#233;invente le roman, &#233;liminant l'intrigue et les portraits psychologiques pour porter une autre contrainte ! : un monologue aux multiples destinataires l&#224; o&#249; le langage se r&#233;organise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine fa&#231;on, un tel roman est le r&#234;ve et fiction de politesse. Clarice Lispector a repris &#224; sa mani&#232;re l'&#233;ducation depuis le d&#233;but de la litt&#233;rature. Qu'on se rassure, elle ne la fesse pas mais &#233;crit avec ardeur pour m'apprendre les choses essentielles dans la vie ; comme dire bonjour, merci et s'il vous pla&#238;t et comme r&#234;ver de colle qui pleuvait afin qu'elle reste coll&#233;e &#224; une belle inconnue, tr&#232;s douce (nez contre nez, bouche contre bouche). Et que les m&#233;chantes personnes qui tentaient de les s&#233;parer dans le r&#234;ve ou la r&#233;alit&#233; se d&#233;battent, impuissantes, &#224; vingt m&#232;tres de nous, coll&#233;es &#224; l'asphalte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est ainsi que les choses ici sont sans qu'on les nomme. Les mots trouvent une musique, pas amour, caresses, joies, rires, ou que ce fut un baiser, (le jour o&#249; les l&#232;vres se coll&#232;rent). &lt;br class='autobr' /&gt;
Clarice Lispector dit au besoin, ni amants ni amis, parlons une douce langue qu'est le silence. Les mots sourdent sans qu'on ne les dise, comme sortis des bords d'un ab&#238;me. L'auteure laisse les choses innomm&#233;es au bord de l'insomnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle livre des aveux sans qu'ils n'agacent, elle apaise sans qu'ils n'apaisent. Qui est par exemple un gar&#231;on qui chante ? Rien d'in&#233;dit ni d'&#233;trange. Il puise dans les plus vieux des chants d'amour, dans les plus n&#232;gres des chants n&#232;gres, dans l'antique et le beau dont l'auteur transforme en connu et inconnu &#224; la fois. Ils ont pris la musique de son c&#339;ur et sa parole est belle. Plus m&#234;me : elle excelle. Alors il n'est plus d'innocence, plus d'abandon, plus d'enfance, plus de bonheur, ils ont pris la musique d'&lt;i&gt;Agua Viva&lt;/i&gt; qui se meurt, s'arr&#234;te ou reprend. Voici la construction massive d'une telle &#339;uvre qui ne trace pas des lignes droites mais forge la mati&#232;re des mots d'o&#249; revient tout ce qui se tait et s'efface en un instant. Il existe un devenir pour une des plus grandes romanci&#232;res intuitives et qui n'a cess&#233; de franchir des seuils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trichant au besoin avec elle-m&#234;me, soudain fiction et r&#233;alit&#233; fascine, m&#234;me si &#233;crire fit mourir Lispector avant les autres. Elle ne l'ignore plus et devient la plus grande romanci&#232;re avec des mots en action, touchant jusqu'&#224; un monde autiste et bipolaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_22057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/clarice_lispector.jpg' width=&#034;325&#034; height=&#034;500&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Clarice Lispector, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Agua Viva &#187;, traduit du portugais (Br&#233;sil) par Didier Lamaison et Claudia Poncioni, &lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;ditions des femmes, Antoinette Fouque, 2024, 324 p.&lt;br class='autobr' /&gt;
24 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Typo&#233;sie</title>
		<link>https://tk-21.com/Typoesie</link>
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		<dc:date>2024-12-27T10:40:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>J&#233;r&#244;me Peignot &#8224; et Martial Verdier</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>typographie</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>
		<dc:subject>entretien</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je&#769;ro&#770;me Peignot est po&#232;te et &#233;crivain. &lt;br class='autobr' /&gt;
Issu d'une grande famille de typographes, il nous parle de la po&#233;sie de la lettre et du caract&#232;re typographique, des poin&#231;ons du Garamond et de ses propres livres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voici la suite de notre entretien du 10 avril 2024.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2575-89966.jpg?1772186868' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je&#769;ro&#770;me Peignot est po&#232;te et &#233;crivain. Issu d'une grande famille de typographes, il nous parle de la po&#233;sie de la lettre et du caract&#232;re typographique, des poin&#231;ons du Garamond et de ses propres livres. Voici la suite de notre entretien du 10 avril 2024.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div style=&#034;padding:56.25% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/1032450776?badge=0&amp;autopause=0&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;Je&#769;ro&#770;me Peignot, Typoe&#768;te&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;&lt;div class='spip_document_22031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/portraits_en_miroir.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH724/portraits_en_miroir-3064c.jpg?1735296097' width='500' height='724' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_22032 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/mes_paradis.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH841/mes_paradis-b6d43.jpg?1735296097' width='500' height='841' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_22033 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/jerome-peignot_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/jerome-peignot_2.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;450&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>C'est la&#768; que je zone</title>
		<link>https://tk-21.com/C-est-la%CC%80-que-je-zone</link>
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		<dc:date>2024-12-01T18:06:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Franc&#807;ois-Xavier Leblanc</dc:creator>


		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; C'est un fou, tu ne vois pas ! Il a perdu son a&#770;me ! &#187;, disent-ils.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH102/arton2577-77d3c.jpg?1772207517' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; C'est un fou, tu ne vois pas ! Il a perdu son a&#770;me ! &#187;, disent-ils.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Autrefois lors de mon passage, quand ils me croisaient, me fro&#770;laient, les gens se ha&#770;taient de dire a&#768; leurs enfants : &#171; vois ce bel homme. Quel style ! Quelle classe naturelle ! Et avec son costume et sa serviette, su&#770;r qu'il se presse pour son travail ou pour quelque autre chose de bien grande importance. Prends exemple sur lui ! &#187;. Raaa, s'ils savaient la vie que je me&#768;ne de&#769;sormais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui. Fini les levers aux aurores, le mug charge&#769; de cafe&#769; pleinement savoure&#769; durant la lecture de mon journal. Ce cafe&#769; que j'appre&#769;ciais aussi en contemplant l'horizon, toujours pre&#770;t a&#768; m'e&#769;merveiller devant ce feu radieux jamais lasse&#769; de poindre. Fini aussi d'e&#770;tre si soigne&#769; comme je l'e&#769;tais. Et aux oubliettes ma politesse ! Qu'est-il advenu de tout c&#807;a ? Je ne comprends pas ce qu'il s'est passe&#769; depuis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qui donc a juge&#769; utile de me de&#769;lester de mon a&#770;me ? A&#768; combien d'empans se trouve-t-elle de ma carcasse e&#769;vide&#769;e ? Pfff, de toute fac&#807;on je serais bien incapable de la flairer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette immense avenue est mon domaine. Rien de plus. Mon plumard s'est retrouve&#769; la&#768; par hasard. Alors, c'est la&#768; que je zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les toxicos et les prostitue&#769;es sont pour moi ce qu'il y a de plus familier. Et le bitume me crame constamment les semelles. Sa bru&#770;lure lancinante de&#769;vore mes pieds ; la morsure se re&#769;pand ensuite a&#768; travers tous mes membres, jusqu'a&#768; pe&#769;ne&#769;trer dans ma pauvre cervelle que je croyais devenue inerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois j'essaie de m'adresser a&#768; certaines personnes. Je leur demande n'importe quoi, la premie&#768;re chose qui me passe par la te&#770;te ; mais je ne comprends pas, je les vois prendre leurs distances, quasiment re&#769;pugne&#769;es, totalement effraye&#769;es &#8211; ou me&#770;me hilares. C'est tous les jours pareil. Peut-e&#770;tre me voient-elles, l'air hagard ou dangereux ? Peut-e&#770;tre aussi que je marmonne trop de sons inarticule&#769;s ? Je ne sais pas. De le&#769;gers doutes, comme des e&#769;clairs inde&#769;sirables, fragilisent parfois la nuit de mon esprit pendant quelques millie&#768;mes de seconde. Mais malheureusement, c&#807;a m'est difficilement pre&#769;hensible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'importe ! Il n'y a que lorsque je m'accroupis que je gou&#770;te ve&#769;ritablement au re&#769;pit. Cette quie&#769;tude passage&#768;re. Et la&#768;, par moments, des visions e&#769;tranges s'offrent a&#768; mes re&#769;tines ! Re&#769;miniscences d'un passe&#769; brumeux &#8211; probablement heureux. Alors je me vois vaguement me comporter comme un employe&#769; mode&#768;le, insupportable ; feindre de m'activer comme un pre&#769;tendu sportif ; ou frimer devant tout le monde, a&#768; commencer par les femmes. (Voici quelques images cense&#769;es me repre&#769;senter dans une vie ante&#769;rieure ? Sont-elles re&#769;elles ?)&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout semblait si le&#769;ger, si doux, si facile. Ces visions irisent momentane&#769;ment mon regard tandis que je me tiens la&#768;, accroupi, recroqueville&#769;, frigorifie&#769;, dans un recoin sombre qui sera bient&#244;t totalement enseveli par l'obscurite&#769; rampante.&lt;br class='autobr' /&gt;
En un soubresaut je me redresse ! Le&#769;ge&#768;rement instable. Et je reprends instinctivement mes grandes enjambe&#769;es. (Serait-ce un reste de ma pratique excessive de l'elliptique, quand je me de&#769;sarticulais a&#768; vitesse grand V ? J'e&#769;tais une machine sur une autre machine. Ou cela re&#769;sulterait-il de mon passe&#769; d'employe&#769; mode&#768;le, lorsque tout mon corps n'e&#769;tait qu'empressement &#8212; rien que du vent, un courant d'air dans les bureaux &#8212;, croyant stupidement me donner une quelconque consistance ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle peut bien e&#770;tre cette saveur bizarre que je gou&#770;te a&#768; pre&#769;sent ? Tout me parait si loin. Je ne sais me&#770;me plus quel chemin emprunter pour revenir sur mes pas. J'ai perdu le Paradis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais est-ce seulement arrive&#769; ?!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour de&#769;sormais, affuble&#769; d'un poncho, la mine crispe&#769;e, e&#769;macie&#769;e, les le&#768;vres gerce&#769;es, le regard perc&#807;ant mais he&#769;be&#769;te&#769;, je de&#769;vale l'avenue et, spasmodique, je gesticule en hurlant au monde des choses brutales et inintelligibles. Comme quelqu'un subitement libe&#769;re&#769; de son a&#770;me apre&#768;s l'avoir jete&#769;e par-dessus bord ; comme quelqu'un ayant mise&#769;rablement tre&#769;buche&#769; d'une come&#768;te et dont le cra&#770;ne se serait fracture&#769; ici-bas. C'est que mon cerveau est bien trop irrigue&#769; par l'afflux de mon sang. Je bous en permanence. Je balbutie des choses violentes de manie&#768;re re&#769;pe&#769;te&#769;e. Ma main re&#770;che fouette grossie&#768;rement l'atmosphe&#768;re &#8211; et bien plus efficacement que celle d'un escrimeur ! C'est comme si elle tentait de chasser les mauvaises pense&#769;es, les mauvais souvenirs, les mauvaises e&#769;nergies et les mauvaises personnes &#8212; enfin... toute chose qui se meut pre&#768;s de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Infatigable. Inarre&#770;table. Je de&#769;ambule sur des trottoirs comme en plein milieu de la route et, quelquefois, voulant le stopper, je he&#768;le le premier venu (parmi les automobilistes, les passants, ou le Ne&#769;ant lui-me&#770;me) que je prends pour mon prochain. Mais ce la&#770;che, d'abord te&#769;tanise&#769;, se de&#769;tourne ensuite tre&#768;s irrespectueusement de moi. Faudrait-il que je trouve cela normal ? Non. Donc le soir, je demande solennellement a&#768; la lune de m'e&#769;pauler durant ces e&#769;preuves. Car la lune est ma seule amie. Elle seule me rasse&#769;re&#768;ne. Et de nuit en nuit, lors de mes prie&#768;res, j'e&#769;gre&#768;ne ses diffe&#769;rents aspects : pleine, en quartier ou en croissant... He&#769;las je ne les connais pas tous ; je ne les ai pas tous saisis. C&#807;a n'a pas d'importance en fait car c'est toujours elle ! La me&#770;me, mais changeante. Et je l'implore. Je la conjure d'apparaitre en plein jour. Que l'engeance puisse enfin voir ce qui se profile continuellement dans ma te&#770;te ! Je veux qu'elle barre de&#769;finitivement la route au soleil et qu'elle change ainsi, pour toujours et a&#768; jamais, la lumie&#768;re en pe&#769;nombre. Qu'un anneau lumineux, et inquie&#769;tant, impre&#768;gne de&#769;finitivement les te&#769;ne&#768;bres. Cette perspective me subjugue ! J'adore les e&#769;clipses solaires (leur e&#769;vocation m'accompagne et me berce durablement ; leur souvenir demeure impe&#769;rissable). Mais bon, j'suis vraiment ronge&#769; par des voix inte&#769;rieures qui me demandent sans cesse : Que pense since&#768;rement la lune de toi ? Es-tu digne d'elle ? Alors, incapable de re&#769;pondre a&#768; de telles e&#769;nigmes, soudainement pris d'effroi, je me fige durant un laps de temps &#8212; presque inde&#769;fini.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon heure de gloire est passe&#769;e. Irre&#769;me&#769;diablement. C'est certain ! Alors je vous en prie : laissez-moi m'agiter fre&#769;ne&#769;tiquement a&#768; travers l'existence de&#769;primante qui est la mienne. Je suis cet errant solitaire. Je suis celui que l'on croise quotidiennement &#8211; qui vous terrorise brie&#768;vement &#8211; mais que l'on oublie aussito&#770;t. Tant mieux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne vous apitoyez pas sur mon sort. Je ne suis qu'un pauvre he&#768;re perdu dans la valle&#769;e des he&#768;res. Et je ne fais que m'e&#769;terniser un peu, ici-bas.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;photo &#169;Martial Verdier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Parfum de f(l)amme</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#171; L'&#233;criture est mon espace imaginaire &#187; avoue Marie-Laure Degoit. Et par elle, la po&#233;sie change de cap. Elle devient une &#233;cole de perversit&#233;, d'obsc&#233;nit&#233; et d'humour. Bref, l'auteure s'amuse avec les st&#233;r&#233;otypes tout en usant (abusant ?) d'une po&#233;sie fractale. Elle ose tout sous pr&#233;texte d'un plaisir dit &#171; premier &#187; et avec un penchant tr&#232;s net pour le merveilleux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2582-50d42.jpg?1772255871' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'&#233;criture est mon espace imaginaire &#187; avoue Marie-Laure Degoit. Et par elle, la po&#233;sie change de cap. Elle devient une &#233;cole de perversit&#233;, d'obsc&#233;nit&#233; et d'humour. Bref, l'auteure s'amuse avec les st&#233;r&#233;otypes tout en usant (abusant ?) d'une po&#233;sie fractale. Elle ose tout sous pr&#233;texte d'un plaisir dit &#171; premier &#187; et avec un penchant tr&#232;s net pour le merveilleux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Certes, cela peut ouvertement choquer : &#171; je suce des queues /de fa&#231;on inn&#233;e &#187; dit-elle, mais de pr&#233;ciser &#171; sans plaisir particulier &#187;. Elle s'absente dans un acte dit intime sans plaisir particulier. Et l&#224; son astuce par d&#233;ni (enfin presque). Il faut donc toujours le lier entre deux eaux mais toujours r&#233;solument libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; la mani&#232;re de Danielle M&#233;moire, elle entame la m&#234;me fonction f&#233;minine &#171; l'amour pr&#233;side au chemin &#8212; il n'y a pas de chemin o&#249; il n'y a pas d'amour &#187;. Sur ce chemin, ses po&#232;mes cr&#233;ent des farces parfois rabelaisiennes. Ils inspirent une forme de fronde. Il suffit de la flamme d'une telle chandelle pour r&#233;chauffer, voire mettre encore le feu. Mais le tour est jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous forme de cons&#233;cration, l'auteure finit par se lasser des &#233;gards. En fausse menteuse, elle laisse ses fomenteurs attendre une fin de non-recevoir sans cul-de-sac. L&#224;, l'art po&#233;tique majeur de celle qui se plaint parfois de perdre son &#233;criture, et ses pens&#233;es pornographiques. Facile pour elle (ajoute-t-elle) de ne savoir plus dire ce qu'elle veut jusqu'&#224; avoir &#171; un &#233;rotisme noir en horreur &#187;. N&#233;anmoins et supr&#234;me plaisir (de lecture), elle se veut solaire quitte &#224; pr&#233;tendre qu'&#224; ses jeux la sc&#232;ne se vide mais d'en profiter pour &#171; plagier des chants religieux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, Marie-Laure Dagoit reste une visionnaire au nom de la cong&#233;lation amoureuse d'un r&#232;glement de compte dans ses textes parallaxes. Mais par sa verve &#233;rotique qui se veut d&#233;ceptive, l'artiste image hors de l'image. Ce qui s'ouvrait se referme et s'enrobe. Suivant le vieil adage &#171; il faut qu'une porte soit ouverte ou ferm&#233;e &#187;. Il s'agit donc &#8212; du moins en th&#233;orie &#8212; d'enterrer le c&#339;ur mais non en oublier ce qui le recouvre en objets du d&#233;sir. L'auteure semble penser &lt;i&gt;Si j'&#244;te mon chemisier que ferai-je de lui ?&lt;/i&gt; Tous ses livres r&#233;pondent &#8212; mais de mani&#232;re oblique. Sa double-face est sans miroir sinon herm&#233;tique du moins r&#233;serv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-Laure Dagoit (auteure et cr&#233;atrice des &#201;ditions (secr&#232;tes) &lt;i&gt;Derri&#232;re la salle de bains&lt;/i&gt;) est l&#224; o&#249; Joyce Mansour s'est lass&#233;e. Demeure &#224; l'inverse et ici, le factice et le jou&#233;. Bien parfois. Insidieusement. Mais l'amour des feintes n'ouvre pas &#224; la promesse esp&#233;r&#233;e. Le secret que les personnages f&#233;minins croient montrer se retourne comme un gant. Les mots galopent par-dessus leurs d&#233;sirs. C'est un d&#233;lice mais pas celui &#8212; bien s&#251;r &#8212; que le voyeur escomptait. Dans chaque texte, il est un &#171; Charles attend &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_21899 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/dagoit_4.jpg' width=&#034;251&#034; height=&#034;475&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Marie-Laure Dagoit, &#171; Dans le myst&#232;re de la chambre 6 &#187;, WeekendPoetry, Rouen, septembre 2024, 85 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Au-del&#224; du texte</title>
		<link>https://tk-21.com/Au-dela-du-texte</link>
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		<dc:date>2024-07-29T13:07:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diana Quinby et Sharka Hyland</dc:creator>


		<dc:subject>dessin</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un court texte en caract&#232;res imprim&#233;s occupe le centre d'une feuille de papier blanc, comme une petite image. Gris, discret, entour&#233; par de grandes marges blanches, le texte semble tenir au seuil m&#234;me du visible.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2510-77783.jpg?1772189224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un court texte en caract&#232;res imprim&#233;s occupe le centre d'une feuille de papier blanc, comme une petite image. Gris, discret, entour&#233; par de grandes marges blanches, le texte semble tenir au seuil m&#234;me du visible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le spectateur est pri&#233; de s'approcher et de lire : Comme elle &#233;tait triste le dimanche, quand on sonnait les v&#234;pres ! Elle &#233;coutait, dans un h&#233;b&#233;tement attentif, tinter un &#224; un les coups f&#234;l&#233;s de la cloche. Quelque chat sur les toits, marchant lentement, bombait son dos aux rayons p&#226;les du soleil. Le vent, sur la grande route, soufflait des tra&#238;n&#233;es de poussi&#232;re. Au loin, parfois, un chien hurlait : et la cloche, &#224; temps &#233;gaux, continuait sa sonnerie monotone qui se perdait dans la campagne. [&#8230;] Au fur et &#224; mesure de sa lecture, l'image d'une fin d'apr&#232;s-midi ensoleill&#233; dans un paysage rural, impr&#233;gn&#233; d'une sensation palpable de solitude, se r&#233;v&#232;le au spectateur. Peut-&#234;tre s'imagine-t-il le visage de cette femme, fig&#233; dans l'&#233;coute du passage de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne savais pas, en lisant ces mots, qu'il s'agissait d'un extrait de &lt;i&gt;Madame Bovary&lt;/i&gt;, que j'ai lu il y a plus de vingt ans, dans sa traduction anglaise. Je ne savais pas non plus, la premi&#232;re fois que j'ai vu les &#339;uvres de Sharka Hyland &#224; la galerie Bernard Jordan, qu'il s'agissait de dessins. Je voyais du texte, selon toute apparence imprim&#233;e sur la feuille, encadr&#233; et expos&#233; au mur de la galerie. Je ne savais pas que le texte avait &#233;t&#233; dessin&#233;, au crayon sur papier. C'est uniquement en scrutant de pr&#232;s le tr&#232;s grand &#8216;I' initial, noirci au graphite, du dessin d'un texte de Kafka, que j'ai pu voir la texture du crayon. Mais &#224; lire et &#224; regarder ces dessins, je me sentais en suspens. Que signifie le choix de ces phrases ? Elles d&#233;crivent un lieu, une &#233;motion ; elles captent un moment pr&#233;cis dans un d&#233;roulement narratif. Le choix de l'extrait de &lt;i&gt;Madame Bovary &lt;/i&gt; m'interroge tout particuli&#232;rement, car la pr&#233;sence isol&#233;e du texte sur la feuille semble marquer un arr&#234;t dans le temps, tandis que le sens m&#234;me des mots d&#233;peint le temps qui passe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;92&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/flaubert_madame_bovary_98_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH329/flaubert_madame_bovary_98_-84ce9.jpg?1721999235' width='500' height='329' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Gustave Flaubert, Madame Bovary (98), 2016.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pencil on paper, 12&#215;18 inches.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Sharka Hyland
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sharka Hyland est une grande lectrice. Quand elle ne dessine pas, ou ne donne pas de cours&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle est professeure de typographie et de communication visuelle &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, elle est sans doute en train de lire. Le d&#233;sir de dessiner des mots a surgi en lisant un long paragraphe dans &lt;i&gt;Pnine&lt;/i&gt;, de Vladimir Nabokov. Elle a pris conscience qu'elle n'avait jamais vu une telle image, une image aussi parfaite, que celle &#233;voqu&#233;e par des mots. Elle a d&#233;cid&#233; de dessiner le paragraphe, exactement comme il &#233;tait &#233;crit. &lt;i&gt;&#171; Le langage est d'une certaine mani&#232;re un m&#233;dium visuel,&lt;/i&gt; dit-elle. &lt;i&gt;Le langage litt&#233;raire a le pouvoir de cr&#233;er des images complexes, qui n'existent pleinement que dans l'imaginaire du lecteur. Chacune de ces images est unique, recr&#233;&#233;e &#224; chaque nouvelle lecture. Le texte imprim&#233; est ainsi le seul support mat&#233;riel de ces images.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauf indication contraire, les citations de Sharka Hyland proviennent d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;&lt;/i&gt; D'o&#249; la d&#233;ception que peuvent provoquer les films inspir&#233;s de grands romans. Chacun de nous garde une vision tr&#232;s personnelle de notre lecture ; notre &#171; film &#187; se d&#233;roule dans notre imaginaire tout en lisant, et il ne ressemble en aucune fa&#231;on &#224; celui propos&#233; au cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#339;uvres textuelles de Sharka Hyland sont des dessins. Que le spectateur reconnaisse ou non la source du texte n'a pas d'importance. L'artiste choisit les extraits en fonction de leur aspect imag&#233;. Elle est &#224; la recherche d'une &#171; &#233;criture en images &#187; qui peut susciter une visualisation int&#233;rieure lors de la lecture. Le choix du format &#171; paysage &#187; &#224; l'horizontal pour ses dessins souligne la r&#233;f&#233;rence &#224; la picturalit&#233;. &lt;i&gt;&#171; Le sujet du dessin n'est pas le texte du livre,&lt;/i&gt; dit-elle, &lt;i&gt;mais l'image &#233;voqu&#233;e par le texte. &#187;&lt;/i&gt; Pour amener le spectateur &#224; lire, et le transporter au-del&#224; du texte, elle rend les mots visuellement aussi proches que possible des mots imprim&#233;s sur la page d'un livre. Travaillant d'abord sur ordinateur, elle cr&#233;e une maquette de r&#233;f&#233;rence qui lui servira pour dessiner. Elle choisit et modifie la police de caract&#232;res, d&#233;termine la mise en espace du texte. Par la configuration tr&#232;s r&#233;guli&#232;re des mots et des espaces, et par l'uniformit&#233; et la pr&#233;cision de la forme des lettres dessin&#233;es au graphite, le bloc de texte devient &lt;i&gt;&#171; transparent &#187;&lt;/i&gt;, comme elle le dit, aussi ordinaire que n'importe quelle page imprim&#233;e. Le papier est &#233;galement choisi pour sa &lt;i&gt;&#171; discr&#233;tion &#187;&lt;/i&gt; ; il ne doit pas attirer l'attention. L'&#339;il ne doit s'arr&#234;ter ni sur la typographie, ni sur la mat&#233;rialit&#233; du dessin, mais s'acheminer vers l'imaginaire, o&#249; le spectateur peut cr&#233;er son image mentale &lt;i&gt;&#171; parfaite &#187;&lt;/i&gt; selon son exp&#233;rience des mots. Regarder les dessins de Sharka Hyland est ainsi une exp&#233;rience profond&#233;ment intime.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;85&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/vn23_nabokov_pnin_version_ii_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/vn23_nabokov_pnin_version_ii_-2f9d4.jpg?1772188755' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Vladimir Nabokov, Pnine (v.2), 2012.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Pencil on paper, 12&#215;18 inches.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Sharka Hyland
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'artiste puise sa mati&#232;re textuelle dans les romans de plusieurs grands auteurs : Nabokov, Proust, Flaubert, Kafka, Borges, pour ne citer que quelques-uns. D'origine tch&#232;que, ayant fait des &#233;tudes aux &#201;tats-Unis, en France et en Allemagne, elle lit plusieurs langues couramment : le tch&#232;que bien s&#251;r, l'anglais, le fran&#231;ais, l'allemand et aussi le russe. Elle lit l'espagnol et l'italien &#224; l'aide de traductions. Selon l'auteur, elle pr&#233;f&#232;re dessiner les textes dans la langue d'origine, pour ne rien perdre de l'aspect imag&#233; de l'&#233;criture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une s&#233;rie d'&#339;uvres r&#233;centes, elle explore ce lien entre les mots et les images en dessinant des textes ekphrastiques, c'est &#224; dire des descriptions verbales ou des po&#232;mes qui &#233;voquent des &#339;uvres d'art. Cette pratique, qui remonte &#224; l'Antiquit&#233; et qui constitue la base de la pratique de la critique d'art moderne et contemporaine, n'est pourtant pas une entreprise facile. Comment rendre pr&#233;sente, vivante dans l'esprit du lecteur, un objet ou une &#339;uvre d'art qu'il n'a pas vu ? Il y aura toujours un &#233;cart entre les mots choisis pour d&#233;crire et l'&#339;uvre elle-m&#234;me. Selon Sharka Hyland, la v&#233;ritable intention de l'ekphrasis est plut&#244;t de &lt;i&gt;&#171; produire une &#339;uvre d'art nouvelle et distincte, une image verbale qui ne r&#233;duit pas l'&#233;cart mais qui reste en &#233;quilibre au-dessus de lui.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans le texte de pr&#233;sentation de l'artiste pour le salon Drawing Now &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187; &lt;/i&gt; L'&#339;uvre est le point de d&#233;part, le tremplin visuel pour une nouvelle cr&#233;ation litt&#233;raire, qui r&#233;sonne et se mat&#233;rialise dans l'imaginaire du lecteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les po&#232;mes ekphrastiques dessin&#233;s par l'artiste se trouve &lt;i&gt;Les Phares&lt;/i&gt; de Baudelaire. Chacun des dessins repr&#233;sente une strophe centr&#233;e sur une feuille l&#233;g&#232;rement textur&#233;e. Pour souligner l'aspect imag&#233; du po&#232;me, elle a dessin&#233; les mots &#224; l'aquarelle et a utilis&#233; une police de caract&#232;res plus large que celle utilis&#233;e pour la prose. Les quatre lignes visuellement charg&#233;es incarnent une sensualit&#233; insaisissable :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rubens, fleuve d'oubli, jardin de la paresse,&lt;br class='autobr' /&gt;
Oreiller de chair fra&#238;che o&#249; l'on ne peut aimer,&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais o&#249; la vie afflue et s'agite sans cesse,&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme l'air dans le ciel et la mer dans la mer&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isol&#233; du reste du po&#232;me, ce quatrain flotte dans l'espace de la feuille comme un souvenir fragile. Il fait appel &#224; l'univers du peintre, invite le lecteur &#224; chercher dans son mus&#233;e imaginaire. L'absence de ponctuation &#224; la fin de la strophe est d'autant plus une invitation adress&#233;e au lecteur de compl&#233;ter l'image &#224; sa guise. En prenant mon temps devant ce dessin, je ressens un l&#233;ger tremblement, &#224; peine perceptible, dans la courbe de certains caract&#232;res &#8211; les a, les e, les c &#8211; et de subtiles variations dans la mati&#232;re aqueuse de la peinture tra&#231;ant la forme des lettres. En regardant les autres dessins des Phares, je constate que la peinture est plus ou moins dilu&#233;e, plus ou moins uniforme. Le quatrain sur Goya, cauchemar plein de choses inconnues, est plus noir, plus saillant sur la feuille ; et celui sur Delacroix, lac de sang hant&#233; des mauvais anges, plus modul&#233;. C'est la main de l'artiste qui se laisse r&#233;v&#233;ler, qui reprend le texte en tant qu'image pour capter mon regard et me transporter ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;108&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/baudelaire_les_phares_goya_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH392/baudelaire_les_phares_goya_-4eb76.jpg?1721999235' width='500' height='392' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Charles Baudelaire, Les phares (Goya), 2014.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Watercolor and pencil on paper, 11&#215;14 inches.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Sharka Hyland
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rien qu'en regardant un po&#232;me, nous savons qu'il s'agit d'un po&#232;me, &lt;/i&gt; dit Sharka Hyland. &lt;i&gt;Nous ne lisons pas la po&#233;sie comme nous lisons la prose. Nous l'entendons en lisant ; il y a des ruptures dans le rythme. Nous d&#233;terminons le lien entre le son et la signification. Ainsi, la po&#233;sie n'est jamais &#8220;transparente&#8221; sur la page. &#187; &lt;/i&gt; Ses dessins font allusion &#224; la dimension esth&#233;tique du livre d'artiste, ouvrage &#224; l'&#233;dition limit&#233;e qui associe texte et image et qui accentue la dimension visuelle des mots par leur pr&#233;sence graphique sur la page. Par son choix d'extraits redessin&#233;s et d&#233;contextualis&#233;s, elle propose une vision in&#233;dite des vers, ouvrant la voie vers la cr&#233;ation d'images et de significations nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dessins de Sharka Hyland sont remarquables, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'au premier regard, nous ne remarquons rien. Ils intriguent par leur vraisemblance aux textes imprim&#233;s. J'essaie de situer ses dessins si singuliers, de faire le lien avec d'autres pratiques contemporaines. Je pense aux m&#233;ticuleux dessins au graphite de Vija Celmins, en particulier &#224; Lettre de 1968, qui repr&#233;sente une enveloppe, avec une adresse, des timbres et un cachet de la poste ; ou bien &#224; la s&#233;rie m&#233;ditative qui repr&#233;sente la surface de l'oc&#233;an. Mais les textes que dessine de Sharka Hyland ne sont pas des images en trompe l'&#339;il ; l'artiste ne cr&#233;e pas d'illusion pour fasciner le regard. Ses dessins ne sont pas non plus li&#233;s aux pratiques textuelles d'artistes conceptuels, tels que John Baldessari, Sol Lewitt ou Joseph Kosuth, car il n'y a ni ironie, ni indication, ni d&#233;monstration. Parmi les &#339;uvres contemporaines qu'elle appr&#233;cie, elle cite la photographie de Jeff Wall, dont les mises en sc&#232;ne parfois tr&#232;s &#233;labor&#233;es ont de multiples r&#233;f&#233;rences &#224; l'histoire de l'art. Chacune de ses photographies propose une image qui se r&#233;f&#232;re &#224; d'autres et qui conduit le spectateur dans un cheminement d'images et d'id&#233;es li&#233;es &#224; l'histoire de la peinture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sharka Hyland a cr&#233;&#233; elle aussi une forme tr&#232;s personnelle d'appropriation pour s'interroger sur la repr&#233;sentation picturale. Ses dessins nous invitent &#224; nous poser la question : qu'est-ce qu'une image ? Les dessins des textes, sont-ils des images au m&#234;me titre que celles qu'ils &#233;voquent ? D'une certaine mani&#232;re, ses &#339;uvres donnent un sens nouveau &#224; l'expression d'Horace, &lt;i&gt;ut pictura poesis&lt;/i&gt; &#8211; comme la peinture, la po&#233;sie. L'artiste a r&#233;uni sa passion pour la litt&#233;rature et le graphisme en une seule et m&#234;me pratique. Avec la complicit&#233; du spectateur, elle propose une vision originale de la correspondance entre les mots et les images.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Elle est professeure de typographie et de communication visuelle &#224; l'Universit&#233; de Pennsylvanie, Philadelphie, USA.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauf indication contraire, les citations de Sharka Hyland proviennent d'un entretien in&#233;dit avec Bernard Jordan.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cit&#233; dans le texte de pr&#233;sentation de l'artiste pour le salon Drawing Now &#224; Paris, avec la Gallery Joe, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : &#169;Sharka Hyland, Vladimir Nabokov, Lolita (152), 2019. Pencil on prepared paper, 12&#215;18 inches.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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