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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>R&#233;el-Surr&#233;el</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Akis Parodis</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>surr&#233;alisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el ne se situe ni entre le r&#233;alisme et le surr&#233;alisme, ni apr&#232;s eux comme un compromis. Il d&#233;finit une troisi&#232;me fonction de l'image : partir du r&#233;el non pour le reproduire, ni pour le rompre par l'introduction d'une &#233;tranget&#233; ou d'une alt&#233;ration venues d'ailleurs, mais pour rendre visible l'exc&#233;dent qu'il contient d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/surrealisme" rel="tag"&gt;surr&#233;alisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/rs_parodis_7-cff32.jpg?1793376566' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;center&gt;R&#233;el-Surr&#233;el ne se situe ni entre le r&#233;alisme et le surr&#233;alisme, ni apr&#232;s eux comme un compromis. Il d&#233;finit une troisi&#232;me fonction de l'image : partir du r&#233;el non pour le reproduire, ni pour le rompre par l'introduction d'une &#233;tranget&#233; ou d'une alt&#233;ration venues d'ailleurs, mais pour rendre visible l'exc&#233;dent qu'il contient d&#233;j&#224;. La mati&#232;re, le lieu, le corps ou la sensation, lorsqu'ils sont soumis &#224; une &#233;laboration suffisamment insistante, peuvent devenir davantage que leur donn&#233;e premi&#232;re sans cesser d'&#234;tre la source active de leur propre m&#233;tamorphose. Le trait d'union de R&#233;el-Surr&#233;el est essentiel : sans le r&#233;el, le surr&#233;el risque de devenir arbitraire ; sans le surr&#233;el, le r&#233;el risque de s'&#233;puiser dans son apparence plate, unidimensionnelle. R&#233;el-Surr&#233;el d&#233;signe pr&#233;cis&#233;ment cet intervalle o&#249; quelque chose devient plus que ce qu'il est sans cesser de proc&#233;der de ce qu'il &#233;tait.&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;a. nous commen&#231;ons dans le r&#233;el&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Nous commen&#231;ons dans la mati&#232;re, le lieu, le temps qu'il fait, l'ordinaire. Nous travaillons le bois, l'argile, la cendre. Nous traversons la rue, nous nous asseyons dans la cage d'escalier, nous nous &#233;tendons dans l'herbe. Nous laissons l'&#233;l&#233;ment parler d'abord, et l'image venir ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachelard nous donne un point de d&#233;part, non une conclusion. Dans &lt;i&gt;La Psychanalyse du feu&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Eau et les r&#234;ves&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;L'Air et les songes&lt;/i&gt; et les deux ouvrages qu'il consacre &#224; la terre, il montre que les mati&#232;res constituent des familles distinctes de r&#234;verie ; dans &lt;i&gt;La Po&#233;tique de l'espace&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;La Po&#233;tique de la r&#234;verie&lt;/i&gt;, les lieux deviennent des foyers d'intimit&#233; et d'expansion imaginaire. Nous retenons cette puissance g&#233;n&#233;ratrice de la mati&#232;re. Mais notre question commence l&#224; o&#249; l'analyse bachelardienne nous laisse : quelle relation doit survivre entre le mat&#233;riau g&#233;n&#233;rateur et l'image lorsque celle-ci s'est m&#233;tamorphos&#233;e ? Notre r&#233;ponse n'est ni l'identit&#233;, ni, moins encore, l'imitation, mais une g&#233;n&#233;alogie perceptible : une m&#233;tamorphose fond&#233;e sur une n&#233;cessit&#233; interne, dont l'&#233;tranget&#233; peut aller jusqu'&#224; l'extr&#234;me, quel qu'en soit le prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ici que nous nous s&#233;parons aussi bien de la simple description que de l'arbitraire : l'image peut s'&#233;loigner du r&#233;el sans que cet &#233;loignement soit injustifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;b. ce que nous tenons pour vrai&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Perception et r&#234;ve ne sont ni identiques ni &#233;trangers l'un &#224; l'autre : leur fronti&#232;re est la zone m&#234;me de leur m&#233;tamorphose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toute chose peut r&#233;v&#233;ler, par l'imagination, ses possibilit&#233;s sensibles &#8212; non par simple reproduction, mais pas davantage par n&#233;gation du r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image peut s'&#233;loigner radicalement de son point de d&#233;part, pourvu que sa m&#233;tamorphose conserve sa n&#233;cessit&#233; interne &#224; travers une qualit&#233;, une force, un rythme, une m&#233;moire ou une dimension mat&#233;rielle de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien au r&#233;el ne peut &#234;tre impos&#233; au r&#234;ve ; il peut, en revanche, en constituer la cause g&#233;n&#233;ratrice et devenir ainsi n&#233;cessit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi : R&#233;el-Surr&#233;el est l'exc&#233;dent imaginal du r&#233;el rendu sensible et issu d'une n&#233;cessit&#233; interne de m&#233;tamorphose. Le r&#233;el y demeure comme point de d&#233;part actif ; le surr&#233;el, comme puissance de d&#233;passement. Le trait d'union maintient leur tension au lieu de la dissoudre.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;c. pourquoi maintenant&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;L'un des gestes d&#233;cisifs du surr&#233;alisme fut de desserrer l'emprise d'un r&#233;el organis&#233; par la raison, l'utilit&#233;, la morale et les conventions de sa repr&#233;sentation. Cette lib&#233;ration demeure un acquis. Notre condition, pourtant, nous confronte &#224; un probl&#232;me presque inverse : non seulement &#224; un r&#233;el trop contraignant, mais aussi &#224; un r&#233;el de moins en moins &#233;prouv&#233;. Nous vivons au milieu d'une profusion d'images, de reproductions, d'interfaces et de signes capables de circuler ind&#233;pendamment des lieux, des mati&#232;res et des rencontres qui pourraient leur donner du poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le danger contemporain n'est donc pas seulement l'exc&#232;s de r&#233;el ; c'est aussi son brouillage. Voir davantage ne signifie pas comprendre davantage. Un lieu peut devenir une g&#233;olocalisation, un visage un flux d'images, un objet un signe imm&#233;diatement substituable &#224; un autre. L'imagination elle-m&#234;me risque alors de travailler sur des images d&#233;j&#224; d&#233;tach&#233;es du r&#233;el, produisant de l'&#233;tranget&#233; &#224; partir d'une &#233;tranget&#233; d&#233;j&#224; pr&#233;fabriqu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el r&#233;pond &#224; cette condition par une discipline de l'attention renouvel&#233;e. Il ne pr&#234;che ni le retour na&#239;f &#224; un r&#233;el nu, ni la d&#233;fiance envers les techniques contemporaines. Il demande seulement que l'image retrouve de la r&#233;sistance : mati&#232;re, temp&#233;rature, dur&#233;e, lieu, geste, m&#233;moire &#8212; quelque chose d'assez dense pour r&#233;sister &#224; l'imagination et donner ainsi &#224; sa m&#233;tamorphose une n&#233;cessit&#233; substantielle. C'est l&#224; que r&#233;side son actualit&#233; : non pas r&#233;enchanter artificiellement le r&#233;el, mais r&#233;apprendre &#224; percevoir sa puissance de d&#233;passement de l'apparence premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ouverture est anthropologique autant qu'esth&#233;tique. Elle nous rappelle que voir n'est jamais une simple r&#233;ception : c'est s&#233;lectionner, anticiper, comparer, interpr&#233;ter. La libert&#233; recherch&#233;e par R&#233;el-Surr&#233;el n'est donc pas une libert&#233; &#224; l'&#233;gard du r&#233;el, mais &#224; l'&#233;gard d'une perception &#233;puis&#233;e du r&#233;el. Il ne d&#233;programme pas l'&#234;tre humain ; il desserre certains automatismes de l'attention afin que le monde puisse de nouveau opposer sa r&#233;sistance, sa surprise et son exc&#233;dent &#224; ce que nous pensions d&#233;j&#224; savoir de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction de R&#233;el-Surr&#233;el est donc une d&#233;familiarisation de la perception. Elle suspend provisoirement la reconnaissance automatique sans abolir le savoir acquis. Le surr&#233;alisme historique recherchait, entre autres, ce que refoulaient le contr&#244;le rationnel et moral ; R&#233;el-Surr&#233;el recherche aussi ce que l'habitude rend invisible. Il ne nous demande pas de redevenir enfants, mais de retrouver, avec une conscience adulte, une disponibilit&#233; aux choses que le quotidien et l'usage continu ont &#233;puis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el ne pr&#233;tend pas retrouver un regard pur : il n'existe pas d'&#339;il innocent &#224; restaurer. Il soutient seulement qu'aucune description h&#233;rit&#233;e, aucune fonction, aucune classification institutionnelle ne peut &#233;puiser le monde sensible dont elle proc&#232;de. Ce qui demeure enfoui n'est pas un second monde, mais le reste inaccompli de celui-ci : qualit&#233;s, relations, tensions et possibilit&#233;s de devenir que l'habitude a rendues silencieuses.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;d. le r&#233;el h&#233;rit&#233;&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Nous appelons r&#233;el h&#233;rit&#233; le monde tel qu'il nous parvient, d&#233;j&#224; organis&#233; par des cat&#233;gories, des habitudes et des attentes. Une chaise devient d'abord ce sur quoi l'on s'assied ; un fleuve, une information g&#233;ographique ; une &#233;cole, une institution ; la boue, de la salet&#233; ; un arbre, une esp&#232;ce, une propri&#233;t&#233; ou un paysage. La simple reconnaissance de l'image mobilise des ressources de traitement et d'attention. &#192; mesure que nous apprenons ce qu'est une chose, nous risquons de cesser de d&#233;couvrir ce qu'elle peut encore devenir dans l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne commen&#231;ons jamais sans h&#233;ritage. D&#232;s l'enfance, la famille, la langue, l'&#233;cole, la religion, les institutions, les m&#233;dias, l'&#233;conomie et le pouvoir nous apprennent &#224; distinguer, nommer, hi&#233;rarchiser et utiliser. Ces acquisitions sont n&#233;cessaires : sans elles, aucune vie commune ne serait possible. Mais toute trame qui rend le monde lisible d&#233;cide aussi de ce qui m&#233;rite notre attention et de ce qui peut se perdre dans l'&#233;vidence.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;e. contre, et pour&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Nous &#233;crivons contre deux limitations sym&#233;triques : celle qui enferme l'art dans la restitution du donn&#233;, et celle qui fait de l'&#233;tranget&#233; une valeur en soi. R&#233;el-Surr&#233;el ne demande pas &#224; l'image d'&#234;tre vraisemblable. Il lui demande d'avoir une n&#233;cessit&#233; sensible : que quelque chose, dans son point de d&#233;part mat&#233;riel, rende sa m&#233;tamorphose intelligible, m&#234;me lorsqu'elle devient physiquement impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes pour le po&#232;te, le peintre, le cin&#233;aste, l'architecte, le cr&#233;ateur de toute esp&#232;ce qui commence par le contact puis accepte de perdre l'objet sans en perdre la trace : qui habite un lieu assez longtemps pour que ses possibilit&#233;s r&#233;pondent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot sur les surr&#233;alistes, nos anc&#234;tres mais non nos proches. Dans le &lt;i&gt;Manifeste du surr&#233;alisme&lt;/i&gt; de 1924, Breton voua le mouvement &#224; l'automatisme psychique pur &#8212; &#224; une pens&#233;e dict&#233;e hors du contr&#244;le de la raison, affranchie des pr&#233;occupations esth&#233;tiques ou morales. Nous leur devons l'ouverture d&#233;cisive par laquelle l'image cessa d'&#234;tre assujettie &#224; l'ordre logique du monde. Il serait pourtant erron&#233; de r&#233;duire le surr&#233;alisme au seul choc ou au hasard : son histoire est bien plus riche. Notre divergence se situe ailleurs, dans le principe de gen&#232;se et le crit&#232;re de n&#233;cessit&#233; de l'image. Une op&#233;ration surr&#233;aliste peut tirer sa force de l'automatisme, du d&#233;sir inconscient, du hasard objectif, de la rencontre disjonctive ou de la collision de r&#233;alit&#233;s &#233;loign&#233;es. R&#233;el-Surr&#233;el exige qu'une force du r&#233;el rencontr&#233; demeure active dans l'image m&#233;tamorphos&#233;e. Il ne demande pas : &#171; Jusqu'o&#249; pouvons-nous nous &#233;loigner du r&#233;el ? &#187;, mais : &#171; Que peut devenir le r&#233;el si nous demeurons assez longtemps sous sa pression ? &#187; Le surr&#233;alisme a historiquement lib&#233;r&#233; l'image de l'obligation de vraisemblance ; R&#233;el-Surr&#233;el cherche &#224; lib&#233;rer, au sein m&#234;me du r&#233;el, les forces que la perception ordinaire laisse invisibles. Une image peut &#234;tre absurde sans &#234;tre arbitraire ; impossible sans &#234;tre d&#233;pourvue de n&#233;cessit&#233; interne. Le trait d'union de R&#233;el-Surr&#233;el d&#233;signe cette libert&#233; sous pression, et non une mod&#233;ration de l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;f. par l'exemple&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Six croisements rendent la diff&#233;rence sensible. Il ne s'agit pas d'&#233;tablir trois cat&#233;gories &#233;tanches, mais de distinguer trois fonctions dominantes : le r&#233;alisme privil&#233;gie la restitution ; le surr&#233;alisme a historiquement ouvert l'image &#224; la disjonction, au d&#233;sir et &#224; la libert&#233; associative ; R&#233;el-Surr&#233;el privil&#233;gie une m&#233;tamorphose dont l'&#233;nergie demeure g&#233;n&#233;tiquement li&#233;e &#224; une rencontre sensible. Il ne se situe donc pas &#224; mi-chemin des deux premiers : il change la question pos&#233;e &#224; l'image.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27892 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_2-1ed2a.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un verre de lait. Le r&#233;aliste le pose sur la table et restitue son poids frais, puis s'arr&#234;te &#224; ce qui est donn&#233;. Une op&#233;ration surr&#233;aliste peut faire couler le lait vers le haut, le transformer en &#339;il ou rapprocher des objets dont la rencontre produit un choc. R&#233;el-Surr&#233;el commence autrement : la brume pos&#233;e au-dessus d'un parking &#224; l'aube s'&#233;paissit jusqu'&#224; devenir du lait dans le verre. La m&#233;tamorphose para&#238;t impossible, mais elle n'est pas gratuite : la blancheur, l'opacit&#233;, la fra&#238;cheur, la suspension et la densit&#233; rendent le passage sensible. Ainsi le lait conserve quelque chose du matin qui l'a engendr&#233;. Cette gen&#232;se n'est pas logique ; elle est mat&#233;rielle et perceptive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27884 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/img_6108.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/img_6108-da6e5.jpg?1792059214' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un escalier. Le r&#233;alisme peut en relever les marches us&#233;es ; une op&#233;ration de rupture peut le replier en boucle impossible. R&#233;el-Surr&#233;el le gravit jusqu'&#224; ce que chaque palier retienne la lumi&#232;re d'une d&#233;cennie diff&#233;rente et que la cage d'escalier respire comme un poumon. Rien, physiquement, n'oblige un escalier &#224; respirer. Pourtant l'ascension, le rythme, l'enfermement de la cage, l'alternance de compression et d'ouverture fondent la n&#233;cessit&#233; interne de sa m&#233;tamorphose. La rampe froide sous la main n'est pas une garantie de vraisemblance : elle est la trace g&#233;n&#233;alogique dont l'image s'&#233;loigne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27887 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_4-8c1e8.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'eau du fleuve. Le r&#233;alisme d&#233;crit le courant. Une image disjonctive peut lui adjoindre un objet &#233;tranger. R&#233;el-Surr&#233;el plonge les mains dans le froid jusqu'&#224; ce que le froid devienne pens&#233;e, puis laisse cette pens&#233;e se dissoudre avec le courant. Bachelard a montr&#233; comment l'eau appelle la profondeur, la lenteur, la dissolution et l'abandon. Nous ajoutons une exigence de composition : que la m&#233;tamorphose conserve, m&#234;me devenue m&#233;connaissable, une force h&#233;rit&#233;e de ce qui l'a mise en mouvement. L'image se dissout non parce qu'elle imite l'eau, mais parce qu'elle en prolonge la dynamique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27890 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_6-15cf9.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une vieille fen&#234;tre apr&#232;s la pluie. Le r&#233;alisme note les gouttes qui descendent sur la vitre et la lumi&#232;re de la rue qui s'y brise. Une image disjonctive peut ouvrir la fen&#234;tre sur une mer ou laisser des poissons nager dans la pi&#232;ce. Dans R&#233;el-Surr&#233;el, nous demeurons devant la vitre jusqu'&#224; ce que les gouttes, entra&#238;nant vers le bas la lumi&#232;re des maisons d'en face, deviennent lentement des ruisseaux ; la vitre gagne en profondeur sans cesser d'&#234;tre vitre, et la pi&#232;ce acquiert une rive. La mer n'est pas import&#233;e d'ailleurs : elle na&#238;t de l'eau, de la transparence, de l'&#233;coulement vertical et de la profondeur que la surface promettait d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27889 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH335/rs_parodis_5-a4e6b.jpg?1793027444' width='500' height='335' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une vieille table de bois. Le r&#233;alisme mesure les entailles, les taches, le lustre mat laiss&#233; par les mains. Une image de rupture peut la faire marcher ou lui faire soudain pousser des racines &#224; travers le plancher. Dans R&#233;el-Surr&#233;el, nous posons la paume sur les veines du bois jusqu'&#224; ce que les lignes retrouvent le lent sens de leur mouvement ; les entailles deviennent des saisons, les n&#339;uds se condensent en ann&#233;es, et, un instant, la table continue de cro&#238;tre dans la pi&#232;ce. Elle n'est pas devenue arbre parce que nous l'avons d&#233;cid&#233;. L'arbre n'avait jamais enti&#232;rement quitt&#233; le bois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27888 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/rs_parodis_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/rs_parodis_1-ab2cc.jpg?1793027444' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un drap qui s&#232;che au vent. Le r&#233;alisme restitue l'&#233;toffe blanche, les pinces, le gonflement et la retomb&#233;e. Une m&#233;tamorphose disjonctive peut en faire un fant&#244;me ou un oiseau immense. Dans R&#233;el-Surr&#233;el, nous demeurons dans son rythme : le tissu se remplit d'air, se vide, se remplit de nouveau ; sa respiration devient de plus en plus corporelle jusqu'&#224; ce que le drap respire pour le corps absent qui ne l'habite pas. L'image ne vient pas du fant&#244;me, mais du creux, de la r&#233;p&#233;tition, de la pression de l'air et de la m&#233;moire du corps que le tissu est destin&#233; &#224; toucher.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;g. ce que cela rend possible&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;R&#233;el-Surr&#233;el restitue d'abord &#224; l'image une forme de connaissance sensible. Une image peut &#234;tre factuellement impossible et pourtant exp&#233;rientiellement exacte. Dire qu'une cage d'escalier respire comme un poumon est faux comme proposition physique ; mais si l'ascension, l'enfermement, le rythme des paliers et la respiration du corps ont engendr&#233; cette image, elle peut r&#233;v&#233;ler une v&#233;rit&#233; ph&#233;nom&#233;nologique que la description litt&#233;rale n'avait pas saisie. La m&#233;tamorphose ne d&#233;core pas le r&#233;el ; elle rend perceptible un aspect &#8212; ou plusieurs aspects &#8212; de l'exp&#233;rience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle donne &#233;galement &#224; l'imagination une dynamique particuli&#232;re. La g&#233;n&#233;alogie mat&#233;rielle n'est pas une contrainte ext&#233;rieure ; elle est une r&#233;sistance productive. Une imagination sans r&#233;sistance peut multiplier les possibles, mais chacun risque alors d'avoir le m&#234;me poids. La mati&#232;re s&#233;lectionne, plie, ralentit, r&#233;siste. De cette friction na&#238;t une &#233;nergie formelle. R&#233;el-Surr&#233;el ne r&#233;duit donc pas la libert&#233; de l'image : il donne &#224; l'imagination quelque chose sur quoi exercer sa libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il propose une &#233;thique de l'attention. S'attarder suffisamment sur un objet pour qu'il cesse d'&#234;tre seulement son usage, son prix, son nom ou son image disponible, c'est refuser l'&#233;puisement imm&#233;diat du monde. R&#233;el-Surr&#233;el n'id&#233;alise pas la mati&#232;re ; il exige une relation. Sa valeur r&#233;side dans cette double fid&#233;lit&#233; : assez de r&#233;el pour que l'image ait un point de d&#233;part, assez de surr&#233;el pour que ce point de d&#233;part ne devienne pas sa prison.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;h. principes&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Primaut&#233; du contact. Commence par une mati&#232;re, un lieu, une sensation ou une situation concr&#232;te. Non pour y demeurer, mais pour donner &#224; la m&#233;tamorphose un point de pression.&lt;br class='autobr' /&gt;
Exc&#233;dent du r&#233;el. Cherche dans l'objet ce que la perception utilitaire laisse en sommeil : changements d'&#233;chelle, rythmes, tensions, analogies sensibles, m&#233;moires. Le coquillage peut devenir cath&#233;drale ; le passage doit &#234;tre senti avant d'&#234;tre expliqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Topo-analyse. Lis les seuils, les fen&#234;tres, les sous-sols, les rivages et les champs comme des r&#233;servoirs de m&#233;moire et de possibles. L'architecture et le paysage ne sont pas de simples d&#233;cors : ils organisent des mouvements de perception et de r&#234;verie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;thique des &#233;l&#233;ments. Choisis, lorsque l'&#339;uvre l'appelle, des mat&#233;riaux qui prolongent son r&#233;gime sensible &#8212; fusain, lavis, glacis, souffle, effacement, s&#233;diment, patine. Il ne s'agit pas d'illustrer l'image par son mat&#233;riau, mais de laisser le processus participer &#224; sa gen&#232;se.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#234;verie comme m&#233;thode. La r&#234;verie n'est ni fuite ni transcription passive. Elle est un exercice de disponibilit&#233; par lequel l'objet cesse d'&#234;tre seulement ce que l'usage en fait et commence &#224; r&#233;v&#233;ler ses possibilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Continuit&#233; onirique. La continuit&#233; n'interdit ni le saut ni l'&#233;tranget&#233;. Elle exige qu'une force puisse &#234;tre suivie &#224; travers la m&#233;tamorphose : couleur, temp&#233;rature, rythme, texture, mouvement, m&#233;moire. Compose les transitions comme des fronts m&#233;t&#233;orologiques, et non comme de simples raccords explicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;tamorphose par n&#233;cessit&#233; interne. L'image peut contredire la physique, la logique ou l'&#233;chelle. Elle n'a pas besoin d'&#234;tre vraisemblable. Mais son d&#233;placement doit porter une n&#233;cessit&#233; sensible issue de son point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Profondeur temporelle. Laisse la ruine et le r&#233;sidu nourrir le pr&#233;sent. Notre image est historiquement poreuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Universaux situ&#233;s. &#192; partir de la mati&#232;re la plus locale &#8212; limon de rivi&#232;re, poussi&#232;re de brique, table familiale &#8212; atteins l'arch&#233;type. Non par des symboles impos&#233;s d'en haut, mais par des images distill&#233;es d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;i. m&#233;thode&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Travaille par cycles : une suite de po&#232;mes &#233;crits les mains encore froides du fleuve ; une s&#233;rie peinte &#224; la suie et &#224; la gomme-laque pour &#233;tudier la combustion et son r&#233;sidu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tiens un carnet pour chaque lieu &#8212; escaliers, ponts, rivages. Note d'abord le fait sensible. Laisse l'image venir ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Laisse le mat&#233;riau dicter la forme. L'argile sugg&#232;re le creux et le comprim&#233; ; le graphite, la pression et le lustre ; le sel, la cristallisation et la perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratique la r&#234;verie : cinq minutes d'immobilit&#233; avec un seul objet ; &#233;cris la premi&#232;re image qui soit m&#233;tamorphose plut&#244;t que description ; puis reviens &#224; la description et tisse les deux ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cin&#233;ma, remplace le choc de la coupe par le fondu m&#233;t&#233;orologique : la brume au-dessus d'un parking devient du lait dans un verre ; le lait devient ressac sur une jet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Superpose l'archive &#8212; billets, cartes, photographies &#8212; sous l'observation pr&#233;sente, afin que le pass&#233; transparaisse au lieu de heurter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construis des ateliers qui parrainent leurs images : lumi&#232;re basse pour les &#339;uvres de l'eau, fort courant d'air pour celles de l'air, mat&#233;riaux chauds pour celles de la terre et du feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, partout o&#249; c'est possible, cr&#233;e sur le sol m&#234;me que tu repr&#233;sentes. Laisse l'&#233;cologie et le m&#233;tier s'interp&#233;n&#233;trer.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;j. notre constellation&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Bachelard a allum&#233; un feu, mais R&#233;el-Surr&#233;el ne se confond pas avec sa po&#233;tique. Il nous apprend que la mati&#232;re engendre des r&#233;gimes de r&#234;verie ; nous d&#233;pla&#231;ons cette intuition vers une po&#233;tique de la production : comment une &#339;uvre peut-elle laisser l'image s'&#233;manciper tout en conservant une g&#233;n&#233;alogie mat&#233;rielle ? D'autres pens&#233;es nous aident &#224; pr&#233;ciser cette question. Nous revendiquons une g&#233;n&#233;alogie utile, non un dogme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des &lt;i&gt;Structures anthropologiques de l'imaginaire&lt;/i&gt; de Gilbert Durand, nous retenons les r&#233;gimes diurne et nocturne qui organisent les images au sein d'une culture. De Henry Corbin &#8212; son essai &lt;i&gt;Mundus imaginalis&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;L'Imagination cr&#233;atrice dans le soufisme d'Ibn &#8216;Arab&#238; &lt;/i&gt; &#8212;, nous retenons l'imaginal comme mode r&#233;el d'&#234;tre, un pays entre les sens et l'intellect, et non une fantaisie priv&#233;e. De la &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de la perception&lt;/i&gt; de Merleau-Ponty et du tardif, inachev&#233;, &lt;i&gt;Visible et l'invisible&lt;/i&gt;, nous retenons la chair du monde : le chiasme o&#249; le voyant et le visible se replient dans une m&#234;me &#233;toffe. De la &lt;i&gt;Ph&#233;nom&#233;nologie de l'exp&#233;rience esth&#233;tique&lt;/i&gt; de Dufrenne, le sensible lui-m&#234;me comme porteur de sens. De &lt;i&gt;La M&#233;taphore vive&lt;/i&gt; de Ric&#339;ur, l'imagination productrice, la mani&#232;re dont la figure vive ouvre l'&#234;tre. De la &lt;i&gt;Philosophie des images&lt;/i&gt; de Wunenburger, la r&#233;habilitation de l'image comme forme de connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du &lt;i&gt;Genius Loci&lt;/i&gt; de Norberg-Schulz et de &lt;i&gt;The Eyes of the Skin&lt;/i&gt; de Pallasmaa, nous retenons l'esprit du lieu et l'intelligence de la main. De &lt;i&gt;Making&lt;/i&gt; de Tim Ingold et de &lt;i&gt;How Things Shape the Mind&lt;/i&gt; de Lambros Malafouris, le faire comme correspondance avec les mat&#233;riaux et la cognition comme processus mat&#233;riellement accompli. De &lt;i&gt;Metaphors We Live By&lt;/i&gt; de Lakoff et Johnson, les sch&#232;mes corporels qui sous-tendent toute signification. Nous gardons pr&#232;s de nous &lt;i&gt;Du mode d'existence des objets techniques&lt;/i&gt; de Simondon et &lt;i&gt;La Connaissance de la vie &lt;/i&gt; de Canguilhem, pour leur attention &#224; la forme, &#224; l'individuation et au vivant ; et Deleuze &#8212; Francis Bacon. &lt;i&gt;Logique de la sensation&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;l'image-temps&lt;/i&gt; de &lt;i&gt;Cin&#233;ma&lt;/i&gt; &#8212; pour des intensit&#233;s r&#233;elles sans &#234;tre repr&#233;sentatives. Aucun n'est un ma&#238;tre auquel nous ob&#233;issons : ensemble, ils forment une constellation qui nous oriente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette constellation, nous ajoutons une anthropologie de l'attention. Bourdieu montre comment les dispositions socialement acquises se s&#233;dimentent en habitus ; Berger et Luckmann, comment la r&#233;alit&#233; quotidienne se stabilise par des processus sociaux et institutionnels ; Shklovsky, comment l'art peut rompre l'automatisme de la perception par la d&#233;familiarisation ; Gibson, enfin, nous rappelle qu'un environnement n'est pas un inventaire inerte de propri&#233;t&#233;s, mais un champ de possibilit&#233;s relationnelles pour un organisme. R&#233;el-Surr&#233;el ne se confond avec aucune de ces th&#233;ories. Il les croise pour soutenir une proposition plus pr&#233;cise : les cat&#233;gories apprises rendent le monde habitable sans jamais &#233;puiser sa densit&#233; sensible.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;k. nos affinit&#233;s&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers un si&#232;cle et de nombreux pays, nous reconnaissons des &#339;uvres qui approchent, chacune &#224; sa mani&#232;re, cette tension : elles ne copient pas le r&#233;el et ne l'abandonnent pas ; elles contribuent &#224; faire appara&#238;tre ses possibilit&#233;s sensibles. Nous ne les enr&#244;lons pas. Nous les reconnaissons comme des affinit&#233;s, jamais comme les membres r&#233;trospectifs d'un mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En po&#233;sie et en prose : Ponge, qui laisse la mati&#232;re engendrer l'image ; Bonnefoy, avec ses pierres et ses seuils ; Sebald, dont le document se tisse &#224; la d&#233;rive ; les tourbi&#232;res et les outils de Heaney ; le dernier Calvino, Clarice Lispector, Annie Dillard, Ishiguro, Tokarczuk, Murakami &#8212; chacun laissant l'ordinaire devenir incandescent sous la pression de l'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En peinture : Doig, dont les lieux se dissolvent en climats de couleur ; Wyeth, dont le vide devient inqui&#233;tant ; Kiefer, avec son plomb, sa paille et sa cendre ; Mu&#353;ic&#780; et Celmins, patients devant le d&#233;sert et la mer ; les mythes domestiques de Rego ; les places oniriquement &#233;clair&#233;es de De Chirico ; la p&#226;te &#233;paisse et v&#233;cue de Kossoff et Auerbach.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En photographie : Crewdson et Wall, qui mettent en sc&#232;ne l'ordinaire jusqu'&#224; l'inqui&#233;tant ; Kawauchi et Barth, qui trouvent le sacr&#233; dans la lumi&#232;re quotidienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cin&#233;ma : le temps mat&#233;riel de Tarkovski ; les chambres am&#233;ricaines oniriques de Lynch ; les mondes-esprits continus d'Apichatpong ; les routines qui s'accumulent chez Akerman ; le cin&#233;ma de chair, de chaleur et de poussi&#232;re de Claire Denis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En architecture et dans la pratique de l'espace : les atmosph&#232;res de Zumthor, la lumi&#232;re de Holl, les formes silencieuses de Siza accord&#233;es au lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En sculpture et en installation : les arbres et le souffle de Penone ; la lumi&#232;re devenue mati&#232;re chez Turrell ; le pigment et le vide de Kapoor ; la mati&#232;re fragile devenue image chez Hesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant aux surr&#233;alistes &#8212; Magritte, Carrington et d'autres &#8212;, ils demeurent fondateurs pr&#233;cis&#233;ment parce qu'ils ont lib&#233;r&#233; l'image de l'obligation de vraisemblance. Nous h&#233;ritons de cette libert&#233; sans pr&#233;tendre r&#233;sumer leur diversit&#233;. Notre divergence concerne le moteur privil&#233;gi&#233; de la m&#233;tamorphose et le crit&#232;re selon lequel nous jugeons qu'une image a trouv&#233; sa n&#233;cessit&#233;. R&#233;el-Surr&#233;el ne recherche pas d'abord la collision de r&#233;alit&#233;s &#233;loign&#233;es, l'automatisme ou l'irruption de l'inconscient ; il recherche le d&#233;veloppement de l'&#233;tranget&#233; &#224; partir des forces sensibles d'une rencontre. Il n'est pas une version mod&#233;r&#233;e du surr&#233;alisme. Il rel&#232;ve d'une autre &#233;conomie de l'image : moins l'&#233;mancipation de l'image &#224; l'&#233;gard du r&#233;el que l'&#233;mancipation, au sein du r&#233;el, de ce qui n'avait pas encore &#233;t&#233; per&#231;u.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;l. credo&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Soyez attentifs. Toute &#339;uvre commence par une rencontre : mati&#232;re, lieu, corps, climat, objet, m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Distillez. Ne cherchez pas ce qui surprendra, mais ce qui, dans cette rencontre, demande &#224; devenir autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;tamorphosez. Laissez l'image aller aussi loin qu'elle le peut ; ne lui imposez ni vraisemblance ni retour &#224; l'objet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardez la trace. Qu'une qualit&#233; du point de d&#233;part &#8212; grain, temp&#233;rature, rythme, pression, souffle, m&#233;moire &#8212; continue d'agir dans l'image, m&#234;me lorsqu'elle n'est plus reconnaissable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restituez. Ramenez l'&#339;uvre au monde non comme copie, mais comme monde augment&#233; : quelque chose y est d&#233;sormais perceptible qui ne l'&#233;tait pas avant la m&#233;tamorphose.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;center&gt;m. nous proposons&lt;/center&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;p&gt;Que les expositions relient chaque &#339;uvre &#224; la mati&#232;re et au lieu dont elle proc&#232;de &#8212; terre, fragment, journal m&#233;t&#233;orologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les publications comprennent des notes topo-analytiques, et non la seule &#339;uvre achev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les ateliers se tiennent dans des carri&#232;res, des greniers, des rivi&#232;res, des cages d'escalier : studios de l'imagination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la critique ne juge pas la fid&#233;lit&#233; repr&#233;sentative entre le point de d&#233;part et le r&#233;sultat, mais la n&#233;cessit&#233; de la m&#233;tamorphose : ce que l'image a re&#231;u du r&#233;el, ce qu'elle l'a contraint &#224; subir et ce qu'elle lui restitue comme nouvel objet de perception.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;R&#233;el-Surr&#233;el n'est ni une fuite hors du r&#233;el, ni une surveillance du r&#234;ve par le r&#233;el, ni un compromis entre r&#233;alisme et surr&#233;alisme. Il d&#233;finit une troisi&#232;me fonction : rendre le r&#233;el capable de d&#233;passer son apparence par une m&#233;tamorphose dont il demeure la force active. Sa n&#233;cessit&#233; na&#238;t d'un monde satur&#233; d'images mais souvent appauvri en contact ; sa dynamique, de la r&#233;sistance productive entre mati&#232;re et imagination ; sa valeur, de ce qu'il peut rendre perceptible sans l'&#233;puiser dans une explication. Le trait d'union n'apaise pas la tension. Il la maintient ouverte.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Demeurez.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Travaillez.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&#201;coutez.&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;Laissez le r&#233;el r&#234;ver &#224; travers vous &#8212;&lt;/center&gt;
&lt;center&gt;comme la chaleur d'un po&#234;le, comme la brume d'un fleuve, comme la lumi&#232;re d'une fen&#234;tre au cr&#233;puscule.&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;i&gt;Paris, septembre 2026&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vision de Robert Walser</title>
		<link>https://tk-21.com/La-vision-de-Robert-Walser</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/La-vision-de-Robert-Walser</guid>
		<dc:date>2026-10-30T15:35:43Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Gast</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les points communs entre l'artiste Jean-Michel Alberola et moi-m&#234;me (lieu de naissance, art &#224; tendance philosophique, etc.) ont bien souvent rapproch&#233; nos deux cr&#233;ations, particuli&#232;rement lorsque je travaillais avec la galerie Guy Mondineu, ami de Jean-Michel.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH109/la_fille_sur_le_pont_2000_a_jm_alberola_pour_la_vision_de_robert_walser_-253d1.jpg?1793374587' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les points communs entre l'artiste Jean-Michel Alberola et moi-m&#234;me (lieu de naissance, art &#224; tendance philosophique, etc.) ont bien souvent rapproch&#233; nos deux cr&#233;ations, particuli&#232;rement lorsque je travaillais avec la galerie Guy Mondineu, ami de Jean-Michel. Or, &#224; l'entr&#233;e m&#234;me de l'exposition &lt;i&gt;Dessins sans limite&lt;/i&gt; au Grand Palais, je d&#233;couvre de Jean-Michel Alberola, &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;paupi&#232;re sup&#233;rieure, paupi&#232;re inf&#233;rieure&lt;/i&gt;). Don de la Collection Guerlain, ce dessin (encre, gouache et craie sur papier) au format de 156 x 140 cm est clairement en place d'ouverture parce qu'il s'agit d'une &#339;uvre liminaire...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jean-Michel Alberola est une figure majeure de l'art contemporain fran&#231;ais, n&#233; en 1953 &#224; Sa&#239;da, en Alg&#233;rie. Artiste plasticien aux multiples facettes &#8212; peintre, dessinateur, graveur, sculpteur et &#233;crivain &#8212; depuis les ann&#233;es 1980, il d&#233;veloppe une &#339;uvre profond&#233;ment intellectuelle o&#249; l'image et le langage dialoguent de mani&#232;re constante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usage des mots que pratique l'artiste dans ses &#339;uvres est l'une de ses singularit&#233;s. Ses peintures int&#232;grent souvent des phrases, des fragments de pens&#233;e ou des citations, inscrits directement sur la toile. Mais le texte n'illustre pas l'image : il la compl&#232;te, la contredit parfois pour ouvrir un espace de r&#233;flexion. L'&#339;uvre d'Alberola interroge donc la repr&#233;sentation, la politique, l'histoire de l'art et la place de l'artiste dans la soci&#233;t&#233;. Son style peut sembler minimaliste ou &#233;nigmatique, mais il est toujours porteur d'une forte densit&#233; conceptuelle. Les formes sont parfois simples, les couleurs sobres, mais le sens est complexe, souvent philosophique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Michel Alberola a particip&#233; &#224; de nombreuses expositions internationales, notamment &#224; la Biennale de Venise. Son travail est pr&#233;sent dans de grandes collections publiques et priv&#233;es. Il a &#233;galement enseign&#233; &#224; l'&#201;cole nationale sup&#233;rieure des Beaux-Arts de Paris, influen&#231;ant plusieurs g&#233;n&#233;rations d'artistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la peinture, Alberola est aussi un artiste engag&#233; dans la r&#233;flexion critique. Son &#339;uvre questionne les id&#233;ologies, les syst&#232;mes de pouvoir et les r&#233;cits dominants. Il ne cherche pas &#224; donner des r&#233;ponses, mais &#224; maintenir un espace de doute et de pens&#233;e. Son art invite le spectateur &#224; lire autant qu'&#224; regarder, &#224; ralentir, &#224; r&#233;fl&#233;chir. Il s'inscrit dans une tradition o&#249; l'art n'est pas seulement esth&#233;tique, mais aussi philosophique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27856 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/alberola_2005_la_vision_de_robert_walser.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH556/alberola_2005_la_vision_de_robert_walser-6ec46.jpg?1791454617' width='500' height='556' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean-Michel Alberola (2005), La Vision de Robert Walser
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Voici donc une analyse de &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser (paupi&#232;re sup&#233;rieure, paupi&#232;re inf&#233;rieure)&lt;/i&gt; (2005) de Jean-Michel Alberola, telle qu'elle est expos&#233;e dans &lt;i&gt;Dessins sans limite,&lt;/i&gt; en provenance du Cabinet d'art graphique du Centre Pompidou et du Grand Palais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#339;uvre &#233;nigmatique et fun&#232;bre, entre pens&#233;e et pictural, o&#249; le r&#244;le du dessin est d'apporter une dimension r&#233;flexive. Approchons l'&#339;uvre par la symbolique du titre, situons-l&#224; dans la chronologie de Jean-Michel Alberola et voyons ce que cette cr&#233;ation produit sur le spectateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette grande &#339;uvre sur papier (encre, gouache et craie) appartient &#224; la s&#233;rie de dessins et esquisses d'Alberola qui explore le rapport entre image et pens&#233;e, m&#233;moire et absence &#8212; des th&#232;mes qui sont au c&#339;ur de sa d&#233;marche artistique depuis les ann&#233;es 1980. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le titre est fondamental, car il ne d&#233;crit pas, mais ouvre un champ mental. La vision n'est pas ici un simple acte optique. La vision &#233;voque l'apparition int&#233;rieure, l'image mentale, la r&#233;v&#233;lation fugace, voire l'hallucination. Chez Alberola, voir signifie toujours penser. La vision est un ph&#233;nom&#232;ne fragile, instable, travers&#233; par le doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde double surgit avec &lt;i&gt;vision&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;paupi&#232;re sup&#233;rieure / paupi&#232;re inf&#233;rieure.&lt;/i&gt; Il sugg&#232;re &#224; la fois l'acte de voir et l'&#233;tat limite entre &#233;veil et sommeil, conscience et r&#234;ve. Le spectateur est plac&#233;-l&#224; dans une zone frontali&#232;re, non litt&#233;rale, o&#249; l'image n'est pas simplement repr&#233;sentative mais allusive.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Paupi&#232;re sup&#233;rieure, paupi&#232;re inf&#233;rieure &#187;, la paupi&#232;re introduit une id&#233;e d&#233;cisive : la vision est encadr&#233;e par sa propre fermeture. Entre la paupi&#232;re sup&#233;rieure et inf&#233;rieure se situe un espace extr&#234;mement mince &#8212; l'intervalle du regard. Cet interstice devient m&#233;taphore : entre veille et sommeil, entre pr&#233;sence et disparition, entre monde ext&#233;rieur et monde int&#233;rieur. La vision n'est donc jamais pleine : elle est toujours menac&#233;e de s'&#233;teindre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce titre qui r&#233;f&#232;re &#224; Robert Walser est signifiant : au d&#233;but du XX&#7497; si&#232;cle, cet &#233;crivain suisse est connu pour son &#233;criture minutieuse, introspective, presque effac&#233;e. Il termine sa vie dans un h&#244;pital psychiatrique et meurt lors d'une promenade solitaire dans la neige &#8212; image devenue embl&#233;matique. Un destin qui marque bien des lecteurs comme un glissement vers l'invisible. Dans son dessin, Alberola reprend cette dimension m&#233;lancolique et liminaire pour &#233;voquer l'atmosph&#232;re int&#233;rieure de sa disparition, l'entre-deux du regard et de la perte. L'artiste ne repr&#233;sente pas Walser de mani&#232;re illustrative, mais &#233;voque son effacement progressif, son retrait du monde, son &#233;criture microscopique (les fameux &#171; microgrammes &#187;), sa disparition blanche dans le paysage enneig&#233;. La &#171; vision &#187; pourrait alors &#234;tre : la derni&#232;re vision de Walser, ou la vision qu'Alberola a de Walser, ou encore notre vision mentale d'un &#233;crivain d&#233;j&#224; presque effac&#233;. Le dessin devient un espace de m&#233;moire fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la place de cette &#339;uvre dans la chronologie d'Alberola, notamment par rapport &#224; ses dessins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 1980-1990, Alberola d&#233;veloppe une &#339;uvre o&#249; texte et image coexistent. Il appartient &#224; une g&#233;n&#233;ration marqu&#233;e par la figuration critique et conceptuelle. Le dessin n'est jamais purement formel : il est un lieu de pens&#233;e. Il interroge la repr&#233;sentation, la politique, la m&#233;moire et la responsabilit&#233; du regard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es 2000 sont un tournant car son travail sur papier devient plus m&#233;ditatif, plus silencieux. Les grandes feuilles &#8212; m&#234;lant encre, gouache, craie &#8212; instaurent des espaces ouverts, des zones de flottement et des formes incompl&#232;tes. &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt; (2005) s'inscrit dans cette phase o&#249; le dessin devient presque atmosph&#233;rique, la narration dispara&#238;t, l'image est suspendue. Ses &#339;uvres passent d'une expression parfois plus explicitement politique &#224; une r&#233;flexion plus existentielle sur la disparition, le souvenir, la vision et la solitude de l'artiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette p&#233;riode, Alberola con&#231;oit le dessin comme un &#233;quivalent graphique du processus mental. Le dessin devient pens&#233;e en train de se faire. Les formes ne sont pas closes. Elles semblent appara&#238;tre puis s'effacer. Cela rejoint profond&#233;ment Walser : une &#233;criture qui avance en se retirant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que produit donc l'&#339;uvre sur le spectateur ? Bien &#233;loign&#233;e d'une simple illustration litt&#233;raire, &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt; figure une m&#233;moire en tensions : formes sugg&#233;r&#233;es, espaces non d&#233;finis, zones d'ombre et lignes qui ne se r&#233;solvent jamais compl&#232;tement. Son approche &#8212; h&#233;riti&#232;re d'une figuration conceptuelle &#8212; situe le regardeur devant un espace o&#249; l'&lt;i&gt;interpr&#233;tation&lt;/i&gt; remplace la &lt;i&gt;repr&#233;sentation.&lt;/i&gt; Il n'y a pas de r&#233;cit clair, pas de sc&#232;ne figurative traditionnelle. La composition tend plut&#244;t &#224; cr&#233;er une zone liminaire o&#249; se tiennent pens&#233;es, souvenirs, instants suspendus, comme si Alberola cherchait &#224; rendre visible ce qui, chez Walser, reste indicible : la subjectivit&#233; extr&#234;me, la pens&#233;e tourn&#233;e vers elle-m&#234;me, la perception qui se d&#233;robe. Ce dessin documente la pens&#233;e elle-m&#234;me en devenant une &#171; &#233;criture &#187; o&#249; lignes et surfaces sont autant de signes traduisant l'exp&#233;rience intime de l'artiste et du spectateur au sein d'une dimension r&#233;flexive. &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt; incarne une mosa&#239;que d'histoires, de r&#233;f&#233;rences et d'intuitions ; et celui qui contemple laisse r&#233;sonner ses propres associations mentales, exactement comme Walser, dont l'&#233;criture joue souvent sur l'implicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser,&lt;/i&gt; le spectateur n'est pas devant une image &#224; comprendre, mais dans un espace &#224; habiter. On ne &#171; lit &#187; pas l'&#339;uvre. On la traverse. Elle met le regard dans une position instable : voir / ne plus voir ; comprendre / douter ; pr&#233;sence / absence. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que se situe la force d'Alberola : faire du dessin un lieu o&#249; la pens&#233;e vacille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'interpr&#233;ter philosophiquement l'&#339;uvre, comment l'analyser de mani&#232;re formelle (structure, lignes, vide et mati&#232;res) ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La structure est une composition ouverte. La feuille n'est pas organis&#233;e selon une structure classique centr&#233;e ou hi&#233;rarchis&#233;e. Au contraire, l'espace semble d&#233;centr&#233;, parfois fragment&#233;. Les &#233;l&#233;ments ne convergent pas vers un point focal &#233;vident. Il existe des zones tr&#232;s actives et d'autres presque d&#233;sertes. Cette absence de centre stable produit une sensation d'instabilit&#233;. L'&#339;il circule sans trouver d'ancrage d&#233;finitif. C'est une composition en suspens, qui refuse la cl&#244;ture. On peut y voir une analogie avec la pens&#233;e : elle ne progresse pas lin&#233;airement, elle d&#233;rive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Alberola, les lignes ne sont pas affirmatives mais expriment fragilit&#233; et discontinuit&#233;. Elles sont fines, parfois trembl&#233;es, inachev&#233;es, interrompues, partiellement effac&#233;es. Elles ne d&#233;limitent pas clairement les formes : elles les sugg&#232;rent. On a l'impression que la figure pourrait dispara&#238;tre &#224; tout moment. Cette qualit&#233; du trait produit une tension essentielle : la ligne n'affirme pas l'existence, elle en indique la pr&#233;carit&#233;. Le dessin devient alors moins un contour qu'une trace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jouant un r&#244;le fondamental, les vides sont un espace actif. Le blanc du papier n'est pas un simple fond : il envahit la surface, encadre les formes et les absorbe. Ces zones de vide cr&#233;ent un effet de respiration, mais aussi d'effacement progressif. Le vide devient presque plus important que les &#233;l&#233;ments dessin&#233;s. Ce blanc &#233;voque la neige (r&#233;f&#233;rence implicite &#224; la mort de Walser), l'oubli, l'espace mental et le silence. Le vide est ici moins une absence, mais il surgit davantage comme une puissance d'engloutissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mati&#232;res se situent dans une tension entre pr&#233;cision et effacement. L'encre, la gouache et la craie coexistent. Cette combinaison cr&#233;e des contrastes entre nettet&#233; et flou, des superpositions, des zones plus opaques, et des passages plus diaphanes. Certaines parties semblent presque se dissoudre. La mati&#232;re n'est pas massive mais poreuse. L'image donne le sentiment de se constituer et de se d&#233;faire simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interpr&#233;tation philosophique de l'oeuvre la place entre le vide, la mort et l'effacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un, le regard appara&#238;t comme seuil. Le sous-titre &#8212; &lt;i&gt;paupi&#232;re sup&#233;rieure, paupi&#232;re inf&#233;rieure&lt;/i&gt; &#8212; place l'&#339;uvre dans un entre-deux. La paupi&#232;re est le seuil du monde visible : entre ouverture et fermeture. Philosophiquement, une question se pose : Que reste-t-il du monde quand le regard se ferme ? L'&#339;uvre se situe pr&#233;cis&#233;ment &#224; cet instant fragile o&#249; la vision vacille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux, le vide est la condition de l'image. Chez Alberola, le vide n'est pas n&#233;gatif : il est constitutif. L'image ne s'impose pas contre le vide : elle &#233;merge du vide et y retourne. Ce rapport rappelle certaines pens&#233;es contemporaines de l'image o&#249; la visibilit&#233; est toujours menac&#233;e par son propre effacement. Le dessin devient alors m&#233;ditation sur la condition m&#234;me de l'apparition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois, la mort para&#238;t comme disparition lente. La r&#233;f&#233;rence &#224; Robert Walser n'introduit pas une mort spectaculaire. Elle &#233;voque plut&#244;t une disparition douce, presque silencieuse. Walser meurt seul dans la neige &#8212; image d'un corps absorb&#233; par le blanc. Dans le dessin d'Alberola, les formes ne s'effondrent pas, elles se dissipent. Ce n'est pas la violence de la mort qui est repr&#233;sent&#233;e, mais la lenteur de l'effacement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre, l'effacement s'av&#232;re esth&#233;tique et &#233;thique. Alberola ne cherche pas &#224; monumentaliser la figure de Walser. Au contraire, il adopte une esth&#233;tique de retenue. Philosophiquement, cela peut se lire comme un refus de l'image spectaculaire, une critique de la surexposition, une valorisation du retrait. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'effacement devient une position &#233;thique : laisser exister sans imposer&#8230; sur le seuil !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, il s'agit d'une &#339;uvre liminaire interrogeant la place du dessin dans l'art. La Vision de Robert Walser n'est ni portrait, ni paysage, ni abstraction pure. En fait, cette cr&#233;ation figure un lieu interm&#233;diaire. Entre figuration et disparition, pens&#233;e et mati&#232;re, pr&#233;sence et absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est peut-&#234;tre cela, finalement, la &#171; vision &#187; chez Jean-Michel Alberola : non pas voir quelque chose, mais exp&#233;rimenter le moment o&#249; cela cesse d'&#234;tre visible. Pour pleinement comprendre cette &#339;uvre, il est f&#233;cond de la replacer dans une histoire du dessin moderne et contemporain, o&#249; le dessin cesse d'&#234;tre simple &#233;tude pr&#233;paratoire pour devenir un champ autonome de pens&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessin moderne n'est-il pas un passage du visible &#224; l'invisible ? Le dessin comme r&#233;v&#233;lation int&#233;rieure forme le tournant moderne. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, le dessin n'est plus seulement imitation du r&#233;el, avec la modernit&#233;. Chez des artistes comme Paul Klee, la ligne est pens&#233;e comme &#171; promenade &#187;. Elle ne d&#233;crit pas le monde mais explore un espace mental. De m&#234;me, chez Henri Michaux, le dessin devient &#233;criture nerveuse, quasi psychique. Dans cette tradition, la ligne n'est plus contour, mais trace d'un &#233;tat int&#233;rieur. Alberola s'inscrit clairement dans cet h&#233;ritage : la ligne fragile de &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt; ne cerne pas une forme stable &#8212; elle enregistre une pens&#233;e en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessin moderne est &#233;galement marqu&#233; par une &#233;conomie du vide qui passe de l'expressionnisme &#224; l'&#233;pure. Le r&#244;le fondamental du vide chez Alberola rappelle aussi certaines recherches du XX&#7497; si&#232;cle : chez Alberto Giacometti, les figures semblent rong&#233;es par l'espace. Et chez Mark Rothko, les champs color&#233;s vibrent &#224; la limite de la disparition. M&#234;me si ces artistes travaillent des m&#233;diums diff&#233;rents, un principe commun appara&#238;t : l'image n'est pas pleine, elle est menac&#233;e. Dans &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser,&lt;/i&gt; le blanc du papier agit comme un champ d'absorption. L'image existe dans un &#233;quilibre instable &#8212; comme si elle pouvait s'effacer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1960&#8211;70, le dessin devient &#233;galement un espace conceptuel. Et ce dessin conceptuel se prom&#232;ne entre texte, pens&#233;e et fragmentation. Le dessin est alors un dispositif intellectuel comme chez Marcel Broodthaers o&#249; le langage envahit l'image. Chez Joseph Beuys, le dessin est note mentale, sch&#233;ma de pens&#233;e. Alberola, d&#232;s les ann&#233;es 1980, prolonge cette tradition : le dessin n'est pas seulement visuel, il est r&#233;flexif. M&#234;me lorsque le texte est absent ou discret, comme ici, la dimension litt&#233;raire demeure (r&#233;f&#233;rence &#224; Robert Walser). L'&#339;uvre fonctionne comme une citation implicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la contemporan&#233;it&#233;, le dessin figure un lieu de fragilit&#233; : une esth&#233;tique de l'effacement. Depuis les ann&#233;es 1990&#8211;2000, beaucoup d'artistes reviennent en effet au dessin comme m&#233;dium de vuln&#233;rabilit&#233;. Contrairement &#224; l'image num&#233;rique satur&#233;e, le dessin offre lenteur, silence et mat&#233;rialit&#233; fragile. Chez Alberola, le papier devient presque un champ existentiel. Le dessin ne cherche pas &#224; produire une image forte, mais une pr&#233;sence faible. Cela le rapproche d'une tradition contemporaine o&#249; l'&#339;uvre ne s'impose pas : elle se retire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En synth&#232;se, Jean-Michel Alberola cr&#233;e l&#224; une &#339;uvre &#224; la crois&#233;e des traditions. La Vision de Robert Walser se situe &#224; l'intersection de plusieurs h&#233;ritages : le dessin moderne comme exploration int&#233;rieure (Klee, Michaux) ; la figure menac&#233;e par l'espace (Giacometti) ; le dessin comme pens&#233;e conceptuelle (Broodthaers, Beuys) et une esth&#233;tique contemporaine de la fragilit&#233;. Mais Alberola ne copie aucun mod&#232;le. Il transforme ces traditions en une m&#233;ditation singuli&#232;re sur le regard, l'effacement, la disparition et la survivance fragile de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'histoire du dessin moderne et contemporain, La Vision de Robert Walser appara&#238;t comme une &#339;uvre de seuil : elle ne montre pas. Elle sugg&#232;re. Elle ne fixe pas une image. Elle met en sc&#232;ne sa disparition possible. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, Alberola prolonge une tradition du dessin comme lieu de pens&#233;e, mais il y ajoute une dimension profond&#233;ment existentielle : le dessin devient l'espace o&#249; l'image accepte de ne pas durer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt; (2005) de Jean-Michel Alberola n'est pas simplement un dessin rendant hommage &#224; un &#233;crivain. C'est une &#339;uvre qui interroge profond&#233;ment la nature m&#234;me du regard et de l'image.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue formel, la composition est ouverte, instable, sans centre affirm&#233;. Les lignes sont fragiles, parfois interrompues, et les formes semblent inachev&#233;es. Le blanc du papier occupe une place essentielle : il ne sert pas de fond neutre, mais agit comme une force d'absorption. L'image para&#238;t &#233;merger du vide tout en &#233;tant constamment menac&#233;e par lui. Cette tension entre apparition et effacement cr&#233;e une atmosph&#232;re de suspension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre &#8212; &lt;i&gt;paupi&#232;re sup&#233;rieure, paupi&#232;re inf&#233;rieure&lt;/i&gt; &#8212; renforce cette id&#233;e. La vision n'est pas stable : elle est encadr&#233;e par sa propre disparition possible. L'&#339;uvre se situe dans cet instant fragile o&#249; le regard peut se fermer. Ce n'est donc pas une repr&#233;sentation illustrative de Robert Walser, mais plut&#244;t une m&#233;ditation sur son effacement, sur sa disparition silencieuse, et plus largement sur la pr&#233;carit&#233; de toute pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inscrite dans la tradition du dessin moderne et contemporain, l'&#339;uvre prolonge plusieurs h&#233;ritages : le dessin comme exploration int&#233;rieure, comme trace mentale, comme espace de pens&#233;e. Mais Alberola y ajoute une dimension existentielle forte. Le dessin devient un lieu de vuln&#233;rabilit&#233;. Il ne cherche pas &#224; produire une image spectaculaire ou monumentale ; il assume au contraire une esth&#233;tique de la retenue et du retrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt; nous place face &#224; une question essentielle : que reste-t-il lorsque l'image se retire ? Peut-&#234;tre seulement une trace, une m&#233;moire fragile, une sensation. Et c'est pr&#233;cis&#233;ment dans cette fragilit&#233; que r&#233;side la force de l'&#339;uvre. Ce dessin ne s'impose pas au regard : il demande du temps, du silence, et une attention lente. Il transforme l'acte de voir en exp&#233;rience de pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
La tonalit&#233; grise est une cl&#233;. Ce gris n'est pas neutre : il est interm&#233;diaire, ind&#233;cis, entre le noir de l'encre et le blanc du papier. Il installe d'embl&#233;e l'&#339;uvre dans un r&#233;gime de demi-pr&#233;sence. Rien n'est tranch&#233;, rien n'est pleinement affirm&#233;. La maison &#224; la tour (en haut &#224; droite) est une petite figuration isol&#233;e, presque marginale dans la composition, qui agit comme un point d'ancrage fragile. La tour peut &#234;tre lue comme un signe d'&#233;l&#233;vation, d'affirmation verticale, peut-&#234;tre m&#234;me d'autorit&#233; ou de d&#233;sir de stabilit&#233;. Mais cette tour est encercl&#233;e de lignes noires, comme contenue, presque mise &#224; distance. Ce n'est pas une architecture habit&#233;e ; mais une image mentale d'architecture qui flotte dans l'espace du papier comme un souvenir. Que pourrais-je y voir ? Une maison int&#233;rieure, un lieu psychique ou une construction symbolique qui ne tient que par le dessin. Les arbres &#224; gauche introduisent un fragment de paysage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ils ne constituent pas un environnement coh&#233;rent : ils sont esquiss&#233;s, presque allusifs. Ils pourraient &#233;voquer : la nature, la solitude, ou &#8212; si l'on pense &#224; Robert Walser &#8212; le paysage de la marche, du retrait. Ces arbres ne structurent pas l'espace : ils le trouent. L'abstraction d&#233;lav&#233;e en dessous dans la zone inf&#233;rieure, avec ses gris&#233;s, ses coulures, ses lavis, est peut-&#234;tre la partie la plus essentielle. L&#224;, la forme semble se dissoudre. La mati&#232;re coule, se d&#233;lite, se dilue. Si la maison repr&#233;sente une tentative de construction, cette zone repr&#233;sente la d&#233;construction. L'image donne l'impression de passer de la figure &#224; la trace, puis &#224; la disparition. Les coulures introduisent le temps : elles disent que l'image n'est pas fixe &#8212; elle s'alt&#232;re. Et puis il y a le texte. Le mot &#171; paupi&#232;re &#187;, inscrit dans l'espace du dessin, cr&#233;e une tension tr&#232;s forte : le dessin parle de ce qui peut le fermer. Le texte agit comme un encadrement symbolique : en haut et en bas, comme les deux paupi&#232;res, entre lesquelles l'image existe. L'&#339;uvre elle-m&#234;me est prise entre deux &#233;critures, comme l'&#339;il est pris entre deux paupi&#232;res. &#192; l'observer, je per&#231;ois une sorte de dramaturgie interne : en haut &#224; droite : tentative de figuration stable (maison, verticalit&#233;) ; &#224; gauche : nature esquiss&#233;e ; en dessous : dissolution ; autour : encadrement textuel. C'est presque une sc&#232;ne mentale o&#249; la construction est d&#233;j&#224; menac&#233;e par l'effacement. Et le gris, omnipr&#233;sent, relie tout cela. Il est la couleur du doute, de l'entre-deux, de la m&#233;moire incertaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#339;uvre remarquable de Jean-Michel Alberola m'inspire deux po&#232;mes. Puis, j'ai revu une &lt;i&gt;Peinture avec le Cin&#233;ma&lt;/i&gt; que j'ai &#171; peinte &#187; en 2000, &lt;i&gt;La fille sur le pont.&lt;/i&gt; D'&#233;vidence, je lui ai associ&#233; le second po&#232;me que j'ai &#233;crit en hommage &#224; &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entre deux paupi&#232;res, la maison (2026)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; Jean-Michel Alberola pour &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans la tonalit&#233; grise
&lt;br /&gt;&#8212; cette h&#233;sitation du monde &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
une maison tient en haut &#224; droite&lt;br class='autobr' /&gt;
Petite&lt;br class='autobr' /&gt;
Isol&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Une tour la traverse&lt;br class='autobr' /&gt;
verticale presque trop droite&lt;br class='autobr' /&gt;
pour cet espace de doute&lt;br class='autobr' /&gt;
Des lignes noires l'encadrent&lt;br class='autobr' /&gt;
comme si l'on craignait&lt;br class='autobr' /&gt;
qu'elle ne s'&#233;chappe&lt;br class='autobr' /&gt;
ou qu'elle ne tombe&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; gauche&lt;br class='autobr' /&gt;
quelques arbres&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas une for&#234;t&lt;br class='autobr' /&gt;
Seulement l'id&#233;e d'arbres&lt;br class='autobr' /&gt;
une rumeur v&#233;g&#233;tale&lt;br class='autobr' /&gt;
le souvenir d'un paysage&lt;br class='autobr' /&gt;
En dessous&lt;br class='autobr' /&gt;
tout se d&#233;fait&lt;br class='autobr' /&gt;
Des gris&#233;s coulent&lt;br class='autobr' /&gt;
la forme se dilue&lt;br class='autobr' /&gt;
le papier boit la mati&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est plus une image&lt;br class='autobr' /&gt;
c'est une fatigue de l'image&lt;br class='autobr' /&gt;
Et entre deux textes&lt;br class='autobr' /&gt;
le mot paupi&#232;re s'&#233;crit&lt;br class='autobr' /&gt;
En haut&lt;br class='autobr' /&gt;
En bas&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme si le dessin lui-m&#234;me&lt;br class='autobr' /&gt;
&#233;tait l'instant fragile&lt;br class='autobr' /&gt;
o&#249; l'&#339;il ne sait plus&lt;br class='autobr' /&gt;
s'il regarde&lt;br class='autobr' /&gt;
ou s'il va se fermer&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors la maison persiste&lt;br class='autobr' /&gt;
mince&lt;br class='autobr' /&gt;
dans le gris qui l'engloutit d&#233;j&#224;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fille sur le pont (2000)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; Jean-Michel Alberola pour &lt;i&gt;La Vision de Robert Walser&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rien ne tient vraiment&lt;br class='autobr' /&gt;
Une ligne h&#233;site &#8212;&lt;br class='autobr' /&gt;
comme si la main doutait d'avoir vu&lt;br class='autobr' /&gt;
Le blanc avance&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne menace pas&lt;br class='autobr' /&gt;
il recueille&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre la paupi&#232;re du haut&lt;br class='autobr' /&gt;
et celle du bas&lt;br class='autobr' /&gt;
un monde tr&#232;s mince persiste&lt;br class='autobr' /&gt;
&#224; peine une trace&lt;br class='autobr' /&gt;
une bu&#233;e de forme&lt;br class='autobr' /&gt;
qui respire encore&lt;br class='autobr' /&gt;
Puis &#231;a se retire&lt;br class='autobr' /&gt;
sans bruit&lt;br class='autobr' /&gt;
comme un pas dans la neige&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'on reste l&#224;&lt;br class='autobr' /&gt;
les yeux ouverts&lt;br class='autobr' /&gt;
sur ce qui d&#233;j&#224; s'efface&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bernard Gast, le 25 mai 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Bernard Gast &#8211; La fille sur le pont (2000), to Jean-Michel Alberola about La Vision de Robert Walser Photography called Painting with Cinema (env. 1,20 x 1,50 m) with a poem by the artist&lt;br class='autobr' /&gt;
Courtesy Blue Palm gallery (Los Angeles - USA)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Nezahualcoyotl</title>
		<link>https://tk-21.com/Nezahualcoyotl</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Nezahualcoyotl</guid>
		<dc:date>2026-10-01T19:35:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>science</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#212; mon prince, toi Nezahualcoyotl&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui t'en fus au pays des morts, &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; o&#249; l'on ne se rencontre plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour finir, pour finir, je suis ici &#224; pleurer&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi Nezahualcoyotl,&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ai-je pu aller et me perdre au pays des morts... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/science" rel="tag"&gt;science&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L143xH150/schmite-5-dd34a.jpg?1790883429' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je ne sais plus exactement pourquoi ni comment j'en &#233;tais arriv&#233; &#224; parler de lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il me faut rassembler quantit&#233; de fragments &#233;parpill&#233;s ici et l&#224; dans mon cerveau, bribes de m&#233;moire et de vagues r&#233;miniscences, et c'est l&#224; un exercice vraiment difficile... Et puis, j'ai ressorti tout un tas de notes que j'avais prises, sortes d'empl&#226;tres scripturaux...&lt;br class='autobr' /&gt;
Ah oui !... Il y a longtemps maintenant, mais pas tant que cela quand m&#234;me.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#212; mon prince, toi Nezahualcoyotl&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui t'en fus au pays des morts, &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224; o&#249; l'on ne se rencontre plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour finir, pour finir, je suis ici &#224; pleurer&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi Nezahualcoyotl,&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment ai-je pu aller et me perdre au pays des morts... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait juste au lendemain d'une grave crise, financi&#232;re cette crise, une fracture &#224; l'&#233;chelle du Monde qui fut cause de moult plaies ouvertes qui aujourd'hui encore sont loin d'&#234;tre referm&#233;es. Ce jour-l&#224; le Ma&#238;tre en modernit&#233; et moi-m&#234;me conversions sur la Complexit&#233; &#224; partir de la Science, surtout lui, et de l'&#201;conomie, surtout moi, et comme bien souvent nos propos d&#233;cousus nous avaient conduits &#224; discuter de Politique, j'insiste sur le &#171; p &#187; majuscule, et aussi &#224; &#233;voquer la Vanit&#233; des choses humaines, beaucoup. Lui, le Ma&#238;tre en modernit&#233;, et moi nous digressions sans cesse, un travers incorrigible chez nous deux, et c'est ainsi que j'en serais arriv&#233; &#224; parler de lui, non pas du Ma&#238;tre en modernit&#233; mais de Nezahualcoyotl.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Lorsque je chante les tourments de la terre,&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors la po&#233;sie m'habite, et de mes entrailles sort la tristesse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les fragments de la po&#233;sie de Nezahualcoyotl ont &#233;t&#233; emprunt&#233;s &#224; &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne parlerai pas de nos &#233;changes sur la situation politique et &#233;conomique du Monde par rapport &#224; la susdite crise car fastidieux ici, mais je vais tenter de r&#233;sumer simplement le long expos&#233; du Ma&#238;tre en modernit&#233; dans lequel il avait abord&#233; plein de domaines pas faciles du tout et &#233;maill&#233; de r&#233;flexions philosophiques qui l'&#233;taient tout autant. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis un si&#232;cle au moins nous avons quitt&#233; l'&#232;re de la Vanit&#233;, pesant h&#233;ritage arch&#233;typal et religieux, pour celle de la Relativit&#233;, d&#233;clara-t-il. C'est la prise de conscience de la Complexit&#233; qui a revivifi&#233; l'id&#233;e de Relativit&#233;, pas uniquement celle d'Einstein mais de tous les savoirs. La question fondamentale pos&#233;e par les sciences de la Nature, la Physique et la Biologie, est celle de la R&#233;alit&#233; &#224; propos de laquelle Gaston&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Bachelard, l'un des p&#232;res spirituels, le principal, du Ma&#238;tre en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; a expliqu&#233; qu'elle se renouvelait par des rectificatifs continus formant un r&#233;seau d'approximations de plus en plus pr&#233;cises. Par cons&#233;quent la Science est toujours inachev&#233;e et la Complexit&#233; demeure &#224; jamais son avenir. Le complexe va bien au-del&#224; du compliqu&#233;, il n'y a pas de graduation du complexe, le complexe est ou n'est pas, insistait-il, et ceci du fait de l'entr&#233;e en jeu permanente d'une multitude d'&#233;l&#233;ments h&#233;t&#233;rog&#232;nes qui interagissent continument, interactions qui peuvent &#234;tre troubl&#233;es par la survenue d'&#233;v&#232;nements stochastiques, c'est-&#224;-dire le Hasard. J'ai un ami qui est &#224; la fois un ing&#233;nieur et un microbiologiste, de tr&#232;s haut niveau, qui dit que le Hasard intervient dans la rencontre, dans l'espace et dans le temps, du &#171; Soi &#187;, notre organisme, et du &#171; Non-Soi &#187;, un agent pathog&#232;ne, virus ou bact&#233;rie, et que ce &#171; Non-Soi &#187; est une figure dynamique du Hasard. Le Hasard, ou plut&#244;t sa d&#233;signation comme tel, doit &#234;tre consid&#233;r&#233; comme le marqueur absolu de la relativit&#233; de nos savoirs, de l'incompl&#233;tude de nos connaissances. Le grand enjeu de toute science est de le repousser le plus loin possible chaque jour, de r&#233;duire son champ, &#224; d&#233;faut de le supprimer totalement. Chaque nouveau pas que font les chercheurs les conduits &#224; s'enfoncer davantage dans la gangue de la Complexit&#233; ce qui leur fait pointer du doigt que l'horizon de la R&#233;alit&#233; est fuyant et donc que leur savoir est tout &#224; fait relatif. &#192; l'inverse de la Vanit&#233;, la Relativit&#233; n'est pas une fatalit&#233; mais un stimulant, m&#234;me si le combat men&#233; contre elle ne sera jamais gagn&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons h&#233;rit&#233; des vieilles modernit&#233;s la croyance en un encha&#238;nement lin&#233;aire des &#233;v&#232;nements et dans un certain nombre de circonstances nous ne nous autorisons qu'une vision fragmentaire de la R&#233;alit&#233; pour ne pas faire vaciller nos certitudes cart&#233;siennes. En se refusant &#224; tout prix de consid&#233;rer certains ph&#233;nom&#232;nes comme non d&#233;termin&#233;s, &#224; l'ancienne, nous nous trouvons tent&#233;s d'envisager des causalit&#233;s parall&#232;les et ind&#233;pendantes qui se rencontreraient &#224; l'occasion, qui se croiseraient fortuitement lors de ruptures de parall&#233;lisme, de brisures de sym&#233;trie. En v&#233;rit&#233;, il faut concevoir l'Univers comme le grand syst&#232;me complexe o&#249; tout, absolument tout, est en relation, o&#249; tout est interconnect&#233;, un seul et unique organisme bien vivant dans lequel nous, humains, ne serions que d'infimes particules, une pinc&#233;e de cellules d'un grand corps n&#233; un jour d'une fluctuation quantique du vide. Par cons&#233;quent, il nous faut r&#233;solument troquer le vieux paradigme m&#233;caniste des modernit&#233;s anciennes, la lin&#233;arit&#233; des &#233;v&#232;nements, contre le seul qui vaille, le paradigme syst&#233;mique selon lequel tous les ph&#233;nom&#232;nes de l'Univers sont pr&#233;sents au m&#234;me moment et li&#233;s entre eux. Pour la physique classique le Hasard &#233;tait d&#233;sordre car pour qu'il y ait ordre tout ph&#233;nom&#232;ne, tout &#233;v&#232;nement, devait avoir une cause. La physique moderne avec son approche probabiliste a remis &#224; peu pr&#232;s les choses en place, a r&#233;tabli un certain ordre dans le d&#233;sordre &#171; hasardeux &#187; des vieilles modernit&#233;s. Elle propose une nouvelle mani&#232;re d'appr&#233;hender la R&#233;alit&#233;, de r&#233;duire de fa&#231;on substantielle l'ignorance, de conna&#238;tre bien des choses sur les choses en les discernant par les traces fugaces qu'elles peuvent laisser et en multipliant les exp&#233;riences et les calculs. C'est l&#224; comme un jeu tr&#232;s compliqu&#233; de math&#233;matiques qui se d&#233;ploierait dans un micro espace-temps ainsi qu'une d&#233;monstration pure de la beaut&#233; scientifique qui fait que toute la complexit&#233; de l'Univers pourrait se r&#233;duire &#224; une poign&#233;e d'&#233;quations, voire &#224; une seule, celle du Grand Principe.,&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant que le Ma&#238;tre en modernit&#233; discourait, quelques mots de Villon, tir&#233;s d'un dialogue entre son corps et son c&#339;ur, me revenaient : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;-	&#171; Veux-tu vivre ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Dieu m'en doint la puissance ! &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Il te faut... &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Quoi ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Remords de conscience, lire sans fin.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; En quoi ? &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Lire en SCIENCE, laisser les fols ! &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Bien j'y aviserai. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Villon, &#171; Le d&#233;bat du c&#339;ur et du corps &#187; in &#171; Villon, po&#233;sie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous sommes donc projet&#233;s tr&#232;s loin de &#171; votre &#187; Vanit&#233; qui n'est qu'une crispation sur la Mort, une tentative, plus ou moins raisonnante, de canaliser l'angoisse qu'elle inspire, poursuivait-il. Nombre de chercheurs en science de la vie que j'ai pu rencontrer se sont d&#233;clar&#233;s m&#233;lancoliques. Cette m&#233;lancolie ils ne la doivent pas &#224; la relativit&#233; de leur savoir car eux ils s'investissent totalement dans leur mission, faire reculer le Hasard, mais au fait qu'ils soient confront&#233;s quotidiennement &#224; la dure r&#233;alit&#233; du Monde et oblig&#233;s de contourner les multiples obstacles pos&#233;s sur leur chemin afin d'accomplir de mani&#232;re efficace et sereine cette mission, d&#233;plorable gouvernance des &#233;tats, aboulie ou je-m'en-foutisme des princes, paup&#233;risation croissante des populations, absence d'&#233;thique et cupidit&#233; des acteurs &#233;conomiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce fut l&#224; la conclusion du Ma&#238;tre en modernit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est alors que je sortis prestement de ma poche le petit carnet qui m'accompagnait toujours et apr&#232;s l'avoir feuillet&#233; tout aussi prestement je le citai, lui : &#171; M&#234;me les princes finiront par mourir...Nul ne peut triompher et r&#233;gner sur terre &#187;. C'est Saint-Just qui a dit &#231;a ! s'exclama alors le Ma&#238;tre en modernit&#233;. Non ! lui r&#233;pondis-je, bien que ce soit sain et juste il s'agit de Nezahualcoyotl. Connais-pas ! r&#233;agit-il laconiquement. Et moi d'expliquer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nezahualcyotl, coyote fam&#233;lique en Nahuatl&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le nahuatl est la langue des Azt&#232;ques qui s'est largement r&#233;pandue mais avec (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, prince Tolt&#232;que et &#171; tlatoani &#187;, souverain, de Acolhuacan-Texcoco, une cit&#233;-&#233;tat alli&#233;e par le sang et par les armes &#224; Tenochtitlan-Mexico, est consid&#233;r&#233; comme l'un des po&#232;tes les plus d&#233;licats de l'Am&#233;rique pr&#233;colombienne, encore est-il difficile d'en juger apr&#232;s la Conqu&#234;te et ses autodaf&#233;s. Il fut le tr&#232;s exact contemporain de Fran&#231;ois Villon et tout comme lui un personnage pas vraiment irr&#233;prochable mais pas pour les m&#234;mes raisons. Nezahualcoyotl &#233;tait un guerrier farouche qui avait particip&#233; aux &#171; guerres fleuries &#187; des Azt&#232;ques et conduit de nombreuses batailles avec les chevaliers aigles et les chevaliers jaguars.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt; &#171; Au fracas des boucliers &lt;br class='autobr' /&gt;
Se passent les jours&lt;br class='autobr' /&gt;
Des princes...&lt;br class='autobr' /&gt;
Votre fortune&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est la guerre... &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27810 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/schmite-6-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH576/schmite-6-2-889b3.jpg?1790274316' width='500' height='576' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On &#171; fit gloire &#187; &#224; Nezahualcoyotl d'avoir tu&#233; une douzaine de rois de cit&#233;s ennemies des Azt&#232;ques ou agress&#233;es par eux. La &#171; guerre fleurie &#187; n'&#233;tait pas une guerre de conqu&#234;te au sens strict du terme. Il s'agissait de se constituer un stock de victimes sacrificielles afin d'alimenter le soleil en sang et d'&#233;viter ainsi sa disparition et la destruction d'un monde, la M&#233;soam&#233;rique, trait d'union entre un nord et un sud l'un et l'autre inconnus. Et puis il s'est d&#233;barrass&#233; d'un rival en amour, un prince qui lui &#233;tait cher pourtant et qu'il pleurera dans ses po&#232;mes, Cuacuauhtzin, en l'envoyant se faire tuer dans un combat d&#233;sesp&#233;r&#233;. Nezahualcoyotl fut un homme d'un lieu et d'une &#233;poque...terrible, mais elles le sont toutes ! Je vous rejoins donc en ce que tout est relatif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Ainsi ils se sentent heureux,&lt;br class='autobr' /&gt;
Les princes :&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les fleurs de mort,&lt;br class='autobr' /&gt;
Par les lames d'obsidienne,&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la mort dans la guerre. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27811 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/schmite-7-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH722/schmite-7-2-338fe.jpg?1790274316' width='500' height='722' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais au-del&#224; de la guerre, Nezahualcoyotl aimait les chants et la danse au son des tambours, des tambourins et des maracas, les fleurs, roses, fleurs de cacao et de ma&#239;s, fleurs de corbeau, fleurs de mannite, les oiseaux aux belles plumes, quetzal, ara, alouette calandre, palombe, et puis la po&#233;sie, le &#171; chant fleuri &#187; car quand il parle de fleurs ou de chants, c'est le plus souvent de po&#232;mes dont il s'agit, d'amiti&#233; et de noblesse aussi.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Se r&#233;pandent, se r&#233;pandent nos chants&lt;br class='autobr' /&gt; Parmi les gemmes, parmi les ors,&lt;br class='autobr' /&gt;
Se d&#233;ploie l'Arbre fleuri,&lt;br class='autobr' /&gt;
Fr&#233;mit et se balance,&lt;br class='autobr' /&gt;
Il boit le miel l'oiseau-quetzal.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle boit le miel la calandre de l'aube. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27806 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/schmite-2-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH151/schmite-2-2-3d178.jpg?1790274316' width='500' height='151' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'Arbre fleuri &#187;, le &#171; tlaocan &#187;, duquel il est question ici c'est le lieu o&#249; se rencontrent les po&#232;tes ou, davantage qu'un lieu, ce qui repr&#233;sente leur union entre eux, les po&#232;tes vivants, mais aussi l'union avec les &#226;mes des po&#232;tes morts. &#171; L'arbre fleuri &#187; abrite sous sa frondaison la po&#233;sie de tous les temps. Dans le palais d'Acolhuacan les po&#232;tes tenaient c&#233;nacle. C'est dans le palais d'Acolhuacan que se d&#233;veloppait &#171; l'Arbre fleuri &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il arrive que Nezahualcoyotl fasse porter ses chants par Yoyontzin, son avatar po&#233;tique, mais, le plus souvent il n'abdique pas totalement sa personne en &#233;tablissant une mani&#232;re de dialogue entre lui, le roi, et son double.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Ici je suis venu,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis Yoyontzin,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et n'ai que le d&#233;sir ardent des fleurs [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi je cueille les fleurs pr&#233;cieuses, &lt;br class='autobr' /&gt;
Les fleurs de l'amiti&#233;,&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous deux unis, &#212; prince,&lt;br class='autobr' /&gt;
Moi, Nezahualcoyotl, le roi, et toi Yoyontzin,&lt;br class='autobr' /&gt;
Je vais chantant mes chants fleuris... &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez d&#233;fini les humains comme n'&#233;tant que d'infimes particules de l'univers-organisme. J'aime &#224; consid&#233;rer que Nezahualcoyotl et Fran&#231;ois Villon soient deux particules jumelles, des particules intriqu&#233;es, qui comme vous le savez, &#233;videmment, interagissent bien que tr&#232;s &#233;loign&#233;es l'une de l'autre, comme par t&#233;l&#233;pathie, un paradoxe pour certains physiciens d'une &#233;poque&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le paradoxe EPR, exp&#233;rience de pens&#233;e de Einstein, Podolsky et Rosen, qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ainsi, quand Villon se lamente :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; O&#249; sont les gracieux gallants&lt;br class='autobr' /&gt;
Que je suivoie au temps jadis,&lt;br class='autobr' /&gt;
Si bien chantants, si bien parlants,&lt;br class='autobr' /&gt;
Si plaisants en faits et en dits ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Les aucuns sont morts et roidis,&lt;br class='autobr' /&gt;
D'eux il n'est plus rien maintenant :&lt;br class='autobr' /&gt;
Repos aient en Paradis,&lt;br class='autobr' /&gt;
Et Dieu sauve le remenant &#187;&lt;/i&gt; Fran&#231;ois Villon&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le testament &#187;, in &#171; Villon, po&#233;sie compl&#232;te &#187;, Gallimard et Librairie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nezahualcoyotl reprend aussit&#244;t comme en &#233;cho, ou alors c'est l'inverse mais simultan&#233;ment, instantan&#233;ment :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Je vais les cherchant,&lt;br class='autobr' /&gt;
Me souvenant de mes amis...&lt;br class='autobr' /&gt;
Reviendront-ils jamais,&lt;br class='autobr' /&gt;
Reviendront-ils vivre ?&lt;br class='autobr' /&gt;
La mort ne nous frappe qu'une seule fois,&lt;br class='autobr' /&gt;
Une fois seulement, ici sur la terre&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis aussi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Il faudra qu'elle finisse pour moi&lt;br class='autobr' /&gt;
La confr&#233;rie des po&#232;tes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il faudra qu'elle finisse pour moi&lt;br class='autobr' /&gt;
La confr&#233;rie des amis ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je suis Yoyontzin,&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec les chants du dieu. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dieu ! Tout en participant &#224; la guerre fleurie et en ayant probablement fait proc&#233;der lui-m&#234;me &#224; l'arrachement de quelques c&#339;urs, avec r&#233;pugnance dit-on mais par soumission &#224; Tenochtitlan, Nezahualcoyotl s'est finalement affranchi du pl&#233;thorique panth&#233;on azt&#232;que domin&#233; par Huitzilopochtli, le dieu-soleil, Tezcatlipoca, &#171; le miroir fumant &#187; dieu de la nuit et de la guerre, Xipe-Totec, dieu de la nature et de l'agriculture mais d&#233;tenteur de l'affreux surnom &#171; notre seigneur l'&#233;corch&#233; &#187;, enfin Queltzalcoatl, le &#171; serpent &#224; plumes de quetzal &#187; sujet de diff&#233;rents mythes, tous les quatre fils d'une d&#233;esse terrifiante, Caotlicue, &#171; celle qui a une jupe de serpents &#187;, d&#233;esse de la terre et de la fertilit&#233;. Par rapport &#224; ses fr&#232;res, dieux terribles n&#233;s de l'imagination d'un peuple imp&#233;rialiste et parano&#239;de, les Azt&#232;ques, Quetzalcoatl est une divinit&#233; plut&#244;t bienveillante adopt&#233;e, avec des variantes, par la majorit&#233; des autres peuples de la M&#233;soam&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27808 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/schmite-4-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH584/schmite-4-2-f572d.jpg?1790274316' width='500' height='584' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nezahualcoyotl parle d'un dieu unique qui n'a pas de nom ni d'image mais plein de qualificatifs, par exemple &#171; Celui-par-qui-vivent-toutes-choses &#187; ou &#171; Celui-qui-s'est-donn&#233;-&#224;-lui-m&#234;me-la-vie &#187; ou encore &#171; Ma&#238;tre du proche et de l'anneau des confins du monde &#187;. C'est l'inventeur et le grand ordonnateur de ce Monde qui donne et puis qui reprend rapidement ce qu'il a donn&#233;, telles les fleurs qui sont trop vite fan&#233;es. Le dieu de Nezahualcoyotl est un dieu &#224; la fois de compassion et de m&#233;pris.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Une &#233;meraude brute,&lt;br class='autobr' /&gt;
De larges plumes de quetzal :&lt;br class='autobr' /&gt;
Ton c&#339;ur, ta parole,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#212; toi qui nous engendras&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu compatis &#224; l'homme, &lt;br class='autobr' /&gt;
Et le regarde avec piti&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais aussi :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Aigles et Jaguars, &#212; mes amis,&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; irons-nous pour finir,&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous qui sommes ici dans la douleur, &#212; princes ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Car il n'y a pas d'infortune :&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui qui nous tourmente, c'est celui qui nous tue !&lt;br class='autobr' /&gt;
Ferme soit votre c&#339;ur, &lt;br class='autobr' /&gt;
Car tous nous partirons pour le lieu des myst&#232;res. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas ici l'angoisse de mort et le d&#233;lire morbide des Azt&#232;ques. Non ! Nezahualcoyotl traduit po&#233;tiquement la d&#233;tresse de tous les peuples de la M&#233;soam&#233;rique, d&#233;tresse devant la souffrance qui marque la vie et puis la bri&#232;vet&#233; de celle-ci, devant la fragilit&#233; des civilisations elles-m&#234;mes peut-&#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; Il n'est que d&#233;dain et arbitraire,&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui par-qui-vivent-toutes-choses ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce dieu, certains ont vu Quetzalcoatl dont tous attendaient la r&#233;apparition parce qu'il s'&#233;tait enfui, honteux d'avoir &#233;t&#233; abus&#233; par son fr&#232;re Tezcatlipoca, le dieu d&#233;crit comme &#233;tant le plus cruel de tous. Par la suite, les Azt&#232;ques ont cru le reconna&#238;tre au travers d'Hernan Cortez &#224; la p&#226;le figure dont les voiles de la flotte leur faisaient sans doute penser aux ailes des oiseaux qu'ils aimaient tant, et surtout quand il galopait sur son cheval blanc, un animal &#233;trange, tandis que ses arquebuses foudroyaient tant de valeureux guerriers, chevaliers Aigles et chevaliers Jaguars. De la m&#234;me fa&#231;on mais beaucoup plus tard, dans le Yucatan, les combattants vieillis de la R&#233;volution esp&#233;raient le retour d'Emiliano Zapata. &lt;i&gt;&#171; Il n'est pas mort Zapata, disaient-il, il va revenir sur son cheval blanc &#187;&lt;/i&gt;. Plus tard encore, il est probable que le sous-commandant Marcos, dirigeant du mouvement zapatiste, ait utilis&#233; le mythe en p&#233;n&#233;trant &#224; cheval dans les villages du Chiapas. &#201;ternel espoir du retour de Quetzalcoatl !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27807 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/schmite-3-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH614/schmite-3-2-caaa2.jpg?1790274316' width='500' height='614' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les roses pr&#233;cieuses du vertige peignent mon c&#339;ur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup d'histoires de c&#339;ur dans tout ceci ! Mais j'aime &#224; croire que la belle &#226;me de Nezahualcoyotl, un homme de son &#233;poque mais hors du commun, chevalier du soleil et po&#232;te des fleurs, habite le minuscule c&#339;ur de l'un des ces colibris ivres de pollen qui vibre comme une fl&#232;che en trouant l'air humide, l'enveloppe des grands volcans de la M&#233;soam&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27812 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/schmite-8-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH374/schmite-8-2-2c96f.jpg?1790274316' width='500' height='374' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire, succincte, de Nezahualcoyotl semblait n'avoir int&#233;ress&#233; qu'&#224; demi le Ma&#238;tre en modernit&#233;. Ah ! Je vous reconnais bien l&#224;, s'exclama-t-il, la po&#233;sie ! Quoi, la po&#233;sie r&#233;pliquai-je un peu vivement ? He ben, la po&#233;sie vous l'arborez sur votre poitrine comme une sorte d'empl&#226;tre destin&#233; &#224; soigner toutes les meurtrissures de votre propre c&#339;ur ou plut&#244;t comme un colifichet de chaman que vous frotteriez &#224; chaque fois qu'une situation vous d&#233;range fortement. Il n'avait pas tort ! Nombreuses sont les choses qui me d&#233;rangent en ce monde, pour ne pas dire toutes, et donc je le gratte souvent ce grigri de chaman.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et puis la Vanit&#233;, poursuivit-il, qu'exprime &#224; sa fa&#231;on chant&#233;e votre Netzahualcoyotl, et que nous &#233;voquons sans cesse vous et moi, ce n'est qu'un angle de vue parmi beaucoup d'autres pour consid&#233;rer l'affaire humaine. La vanit&#233; c'est un th&#232;me qui rel&#232;ve davantage de la po&#233;sie que de la philosophie et donc, tout bien consid&#233;r&#233;, qui n'a pas grande consistance. Ce n'est qu'une m&#233;ditation un peu simpliste, un ramassis de jolies images, pour exprimer notre d&#233;sarroi devant les choses que nous ne comprenons pas tout &#224; fait, et surtout un auto-apitoiement sur notre propre sort car c'est de notre mort dont il s'agit et pas de celle de la civilisation, encore moins de celle de l'esp&#232;ce. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un curieux homme que ce Ma&#238;tre en modernit&#233; qui s'affichait comme un postmoderne, un compagnon de route de Lyotard qui avait fond&#233; selon lui une &#233;cole &#224; penser et non pas de pens&#233;es. &#201;pist&#233;mologue brillant, d&#233;batteur infatigable, le roi des sophistes, il se targuait d'avoir une vision litt&#233;raire du Monde mais n'en affichait pas moins une d&#233;fiance non feinte &#224; l'&#233;gard de la po&#233;sie pure et reprenait &#224; l'envi la formule d'Adorno &#171; &#201;crire un po&#232;me apr&#232;s Auschwitz est barbare &#187;, et pourtant il citait sans cesse des po&#232;tes mais ceux qu'il avait choisis.&lt;br class='autobr' /&gt;
En ce qui concerne la Vanit&#233;, il n'avait que partiellement raison et par cette raison imparfaite il me projetait en pens&#233;e dans un ailleurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait par un soir rose de l'Inde, il y a tr&#232;s longtemps, dans un gros taxi-crapaud tout gris, sorte de voiture du peuple allemand mais de fabrication locale, qui me conduisait &#224; l'a&#233;roport de Delhi. Delhi est l'une des portes d'acc&#232;s &#224; l'Inde. &#192; Delhi le colonisateur a ouvert la porte de l'Inde. B&#233;nar&#232;s, elle, en est la porte de sortie privil&#233;gi&#233;e, sortie de la triste condition humaine, sortie du cycle douloureux des r&#233;incarnations, mais par ce soir rose de l'Inde j'oubliais B&#233;nar&#232;s et je sortais par la porte d'entr&#233;e. Le taxi traversait Connaught Place, d&#233;risoire t&#233;moignage d'une nostalgie entretenue par le colonisateur et qu'il estimait romantique. L'Anglais voulait &#234;tre partout en Angleterre, voulait que ce partout ressemble &#224; l'Angleterre, mais avec un troupeau d'esclaves exotiques &#224; son service. Il y avait encore plein de gens qui circulaient sous les arcades de Connaught Place. Sur le terre-plein central certains se pr&#233;lassaient et au milieu d'eux tournaient comme des mouches agac&#233;es par la chaleur persistante quelques medicine men improvis&#233;es qui vendaient &#224; la sauvette des m&#233;dicaments, donnaient de doctes consultations et proposaient de nettoyer les oreilles avec des morceaux de coton plac&#233;s au bout de longues tiges en fil de fer. Ce soir-l&#224; la circulation &#233;tait fluide, aucun taureau brahmane fig&#233; comme une sculpture de gopuram sur la voie circulaire comme cela arrivait parfois, et on d&#233;bouchait rapidement sur une art&#232;re parfaitement anonyme c'est-&#224;-dire en tous points semblable &#224; celles qui conduisent aux a&#233;roports internationaux de toutes les capitales du Monde. &lt;br class='autobr' /&gt;
Appuy&#233; au poteau d'un feu tricolore, se cramponnant &#224; lui pour ne pas tomber, un jeune homme tr&#232;s mince, v&#234;tu uniquement d'un pagne de cotonnade et d'une esp&#232;ce de turban couvert de grosses taches de sang, faisait des signes de d&#233;sesp&#233;r&#233; aux voitures pour qu'elles s'arr&#234;tent ce qu'elles ne faisaient pas. Tout son visage exprimait le plus extr&#234;me d&#233;sespoir ce qui &#233;tait &#233;trange pour l'Inde o&#249; la souffrance est chose commune et support&#233;e le plus souvent avec d&#233;tachement, l'essentiel &#233;tant le karma et en aucune fa&#231;on cette pauvre existence de passage. Renoncement des sages de l'Hindouisme qui ont parfaitement analys&#233; la d&#233;it&#233; et ses desseins.&lt;br class='autobr' /&gt;
Parfois ce jeune homme s'arrachait de son poteau de souffrance tel, on l'imagine, un haleur de Rimbaud de son poteau de couleurs, les bras &#233;cart&#233;s en implorant un secours et s'&#233;lan&#231;ait m&#234;me au-devant des voitures. Quel drame l'avait conduit &#224; ce carrefour ? Qu'est-ce qui avait bien pu le plonger dans cet extr&#234;me d&#233;nuement ? Quel fut son pass&#233; ? Quelle pourrait bien &#234;tre sa destin&#233;e ? &lt;br class='autobr' /&gt;
C'&#233;tait un homme de douleurs dans ce soir rose de l'Inde et moi, qui devait avoir sensiblement le m&#234;me &#226;ge que lui, je me demandais qu'est-ce qui pouvait imp&#233;rativement justifier que je sois l&#224; confortablement install&#233; &#224; l'arri&#232;re de mon taxi pendant que lui, ensanglant&#233;, se cramponnait au poteau d'un feu de circulation. &#192; partir de l&#224;, plus aucune question ne pouvait avoir d'importance. Dans le soir rose de l'Inde, un mis&#233;rable jeune homme tendait un miroir, &#224; moi, cet autre jeune homme assis dans un gros crapaud gris, miroir couvert d'un voile de tristesse que je n'ai jamais pu compl&#232;tement d&#233;chirer. Vanit&#233; !&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette histoire je ne l'ai pas racont&#233;e au Ma&#238;tre en modernit&#233; car trop &#233;loign&#233;e de la mati&#232;re de nos conversations, et puis tous nous avons, enfouies quelque part au fond de notre cerveau et quand m&#234;me &#224; fleur de peau, de ces vieilles tristesses n&#233;es de nos rencontres avec le Monde et qu'on ne peut que difficilement partager.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a plus longtemps encore, en revenant vers Mexico j'ai travers&#233; en bus un gigantesque bidonville, des kilom&#232;tres et des kilom&#232;tres de d&#233;solation, partout boue graisseuse, grisailles de t&#244;le et noirceur de bois vermoulu. Toutes vitres ferm&#233;es, ce bus roulait &#224; pleine vitesse sur une autoroute qui surplombait le bidonville et malgr&#233; tout de forts relents excr&#233;mentiels l'envahissaient. Il avait &#233;t&#233; donn&#233; &#224; ce bidonville, l'un des plus grands du Monde, le nom de Nezahualcoyotl, une injure faite &#224; ce prince non seulement po&#232;te mais aussi architecte, un b&#226;tisseur de palais et de temples, un concepteur de digues pour contenir les crues du lac de Tenochtitlan, la cit&#233; &#171; des eaux et des montagnes &#187;, de parcs et de jardins, de syst&#232;mes d'irrigation, de canaux et d'aqueducs. Et pourtant Acolhuacan-Texcoco, capital culturelle de l'empire azt&#232;que &#224; l'&#233;poque de Nezahualcoyotl, est encore consid&#233;r&#233;e par certains, avec exag&#233;ration sans doute, comme l'Ath&#232;nes du si&#232;cle de P&#233;ricl&#232;s transport&#233;e ici, en M&#233;soam&#233;rique. Vanit&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27805 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/schmite-1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH178/schmite-1-7cb11.jpg?1790274316' width='500' height='178' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#212; l'&#233;ph&#233;m&#232;re instant des chants et des fleurs ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tous les fragments de la po&#233;sie de Nezahualcoyotl ont &#233;t&#233; emprunt&#233;s &#224; &#171; NEZAHUALCOYOTL, Sur cette terre, &#224; nous pr&#234;t&#233;e... &#187; (Arfuyen - 2010), traduction du nahuatl par Pascal Coumes et Jean-Claude Ca&#235;r.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston Bachelard, l'un des p&#232;res spirituels, le principal, du Ma&#238;tre en modernit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Villon, &#171; Le d&#233;bat du c&#339;ur et du corps &#187; in &#171; Villon, po&#233;sie compl&#232;te &#187;, Gallimard et Librairie G&#233;n&#233;rale Fran&#231;aise, 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le nahuatl est la langue des Azt&#232;ques qui s'est largement r&#233;pandue mais avec quelques particularismes dans la M&#233;soam&#233;rique &#224; l'&#233;poque pr&#233;colombienne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Le paradoxe EPR, exp&#233;rience de pens&#233;e de Einstein, Podolsky et Rosen, qui initie une pol&#233;mique entre Einstein et Niels Bohr portant principalement sur la remise en cause du caract&#232;re probabiliste de la m&#233;canique quantique, pour faire court.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#171; Le testament &#187;, in &#171; Villon, po&#233;sie compl&#232;te &#187;, Gallimard et Librairie G&#233;n&#233;rale Fran&#231;aise, 1964.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le feu et ses &#171; complexes &#187;</title>
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		<dc:date>2026-07-30T12:23:19Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>science</dc:subject>
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		<description>&lt;p&gt;Donc ! Le feu pr&#233;vaut sur tous les autres &#233;l&#233;ments, tout le monde semble peu ou prou s'accorder l&#224;-dessus, et pour ce qui est du feu, la pens&#233;e de Gaston est incontournable.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH79/sans_titre-6a230.jpg?1785414780' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Donc ! Le feu pr&#233;vaut sur tous les autres &#233;l&#233;ments, tout le monde semble peu ou prou s'accorder l&#224;-dessus, et pour ce qui est du feu, la pens&#233;e de Gaston est incontournable. Vous savez, vous, combien je l'aime Gaston, lui que je consid&#232;re comme LE p&#232;re de l'&#233;pist&#233;mologie, tout du moins en France, mon p&#232;re spirituel &#224; moi, me confessa tout empreint d'&#233;motion le Ma&#238;tre en modernit&#233; *. &#192; l'inverse, vous connaissez mon aversion pour tout ce qui touche de pr&#232;s ou de loin au freudisme et plus g&#233;n&#233;ralement &#224; la psychanalyse. Charlatanisme ! rugit-il comme &#224; chaque fois qu'il &#233;voquait la th&#233;matique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous proposons donc de ranger sous le nom de complexe de Prom&#233;th&#233;e toutes les tendances qui nous poussent &#224; savoir autant que nos p&#232;res, plus que nos p&#232;res, autant que nos ma&#238;tres, plus que nos ma&#238;tres [...] Le complexe de Prom&#233;th&#233;e est le complexe d'&#338;dipe de la vie intellectuelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;text-align:right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gaston Bachelard&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;La psychanalyse du feu&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gaston Bachelard, La psychanalyse du feu Gallimard, 1949, Collection (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; Eh bien, Gaston, il fait la psychanalyse du feu mais sa psychanalyse &#224; lui je la trouve rigolote, pardon, distrayante, parce qu'&#224; &#224; la fois &#233;rudite, po&#233;tique et humoristique. Tout d'abord, il faut rappeler que faire de la po&#233;sie un compl&#233;ment de la science c'est le r&#244;le qu'assigne Gaston &#224; la philosophie. Quant &#224; l'humour c'est dans la nature de Gaston, un humour nourri par son &#233;rudition. Pour ce qui est de la psychanalyse, il ne s'agit pas d'allonger les gens sur un divan et de leur faire raconter leurs r&#234;ves. Pas du tout ! Le r&#234;ve n'int&#233;resse pas Gaston, parce que trop centr&#233; sur un objet, trop lin&#233;aire, et puis aussi, paradoxalement, trop cafouilleux. Lui, il privil&#233;gie la r&#234;verie parce que, &#224; l'instar des plan&#232;tes d'Hildegarde von Bingen, elle se d&#233;veloppe en &#233;toile. La r&#234;verie part dans une direction puis revient en son centre pour repartir dans une autre direction et ainsi de suite. La r&#234;verie rayonne, scintille, et en cela elle &#171; emp&#234;che l'ankylose de la logique &#187;. C'est elle qui &#171; pr&#233;pare le mieux &#224; la pens&#233;e rationnelle &#187;. Car Gaston est aussi un scientifique, ne l'oublions pas, et ce qu'il veut faire c'est la &#171; psychanalyse de la connaissance objective &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gaston croit en un &#171; inconscient de l'esprit scientifique &#187; et, selon ses propres termes, il veut &#171; montrer dans l'exp&#233;rience scientifique les traces de l'exp&#233;rience enfantine &#187; et puis aussi quelques r&#233;sidus primitifs qui trainent ici ou l&#224;. Autrement dit, pour arriver &#224; la connaissance objective il faut d&#233;broussailler, et il n'y va pas de main morte dans le d&#233;broussaillage Gaston. Il s'agit de rejeter toutes les images primitives, les affirmations qui ne reposent pas sur des exp&#233;riences syst&#233;matiques, les impressions n&#233;es des qualit&#233;s suppos&#233;es du seul objet, les &#171; intuitions substantialistes &#187;, les repr&#233;sentations animistes, les lamentables tautologies, les &#171; fausses &#233;vidences &#187;. La psychanalyse de la connaissance objective s&#233;pare les faits, je dirai &#171; ph&#233;nom&#233;nologiques &#187;, des valeurs strictement subjectives. Il y a plein de sexualit&#233; l&#224;-dedans, psychanalyse oblige, et une foule de complexes issus de la riche r&#234;verie de Gaston.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, si nous reprenons notre d&#233;bat sans fin autour de la Complexit&#233;, nous pouvons affirmer que le complexe, au sens psychanalytique du terme, n'a rien de complexe. Dans le Laplanche, l'une de vos bibles &#224; vous il me semble, on d&#233;finit le complexe comme, je cite, un &#171; ensemble organis&#233; de repr&#233;sentations et de souvenirs &#224; forte valeur affective, partiellement ou totalement inconscients &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J. Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la Psychanalyse, Presses (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce qui ne veut pas dire grand-chose, vous en conviendrez, du point de vue de la Complexit&#233;. Si je vais voir du c&#244;t&#233; de l'immunologie, par exemple, l&#224; j'en trouve un vrai de complexe, le complexe majeur d'histocompatibilit&#233;. Pour faire simple c'est comme une sorte de minuscule plateau mol&#233;culaire qui se trouverait &#224; la surface de chaque cellule et qui pr&#233;senterait des peptides, c'est-&#224;-dire des fragments cellulaires du soi ou du non-soi, c'est-&#224;-dire encore d'infimes encha&#238;nements d'acides amin&#233;s issus des cellules de l'organisme ou bien d'agents infectieux, ce qui d&#233;clencherait ou non une r&#233;ponse immunitaire, ou l'apoptose&#8230; ou rien du tout. &#199;a mettrait en sc&#232;ne une demi-douzaine de g&#232;nes et quantit&#233; de prot&#233;ines, et &#231;a activerait la communication intercellulaire afin de recruter, ou non, des &#171; Natural killers &#187;, des macrophages ou des lymphocytes&#8230; en fonction du besoin. Voil&#224; ce qu'est un v&#233;ritable syst&#232;me complexe ! La mise en r&#233;seau d'innombrables unit&#233;s toutes orient&#233;es vers l'action, ici action combin&#233;e en vue d'assurer l'int&#233;grit&#233; de l'organisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre exemple puis&#233; cette fois-ci dans l'&#233;pig&#233;n&#233;tique, cet enfant n&#233; de l'union de l'&#233;pigen&#232;se, c'est-&#224;-dire de la gen&#232;se graduelle, c'est-&#224;-dire encore du d&#233;veloppement de l'embryon, et de la g&#233;n&#233;tique, mais peut-&#234;tre plus sensible au Monde que ces deux derni&#232;res puisqu'elle accuse les stress multiples que lui impose ce monde et tente d'expliquer de quelle mani&#232;re ils impactent le g&#233;nome, m&#233;thylation de l'ADN, modification des histones et de la chromatine. Les complexes Polycomb et Trithorax sont des associations de prot&#233;ines qui favorisent l'expression d'un certain nombre de g&#232;nes et en inhibent d'autres afin de maintenir un &#233;tat cellulaire correct au fil des divisions multiples. Polycomb et Trithorax sont recrut&#233;s par des prot&#233;ines sp&#233;cifiques, les facteurs de transcription, pour intervenir au niveau de la chromatine, vous savez cette gaine prot&#233;inique qui compactifie et prot&#232;ge l'ADN, soit en l'ouvrant pour faciliter la transcription en s&#233;quence ARN, soit en la refermant afin d'en assurer la stabilit&#233;. Les Polycomb, ils sont deux complexes en fait, interdisent l'expression de certains g&#232;nes, ce sont des r&#233;presseurs, tandis que Trithorax favorise l'activation d'autres g&#232;nes, c'est donc en toute logique un activateur. Polycomb et Trithorax sont tout &#224; fait compl&#233;mentaires. Ils jouent un r&#244;le tr&#232;s important dans la diff&#233;renciation cellulaire et ils sont m&#234;me fondamentaux pour la mise en place du programme d&#233;veloppemental ainsi que pour la m&#233;morisation des &#233;tats chromatiniens, la m&#233;moire cellulaire en quelque sorte. Je ne d&#233;velopperai pas davantage bien que l'on puisse en dire encore beaucoup &#224; ce sujet. Si ce n'est que l'Immunologie et la G&#233;n&#233;tique ont d&#233;chir&#233; les vieux feuillets de la M&#233;decine traditionnelle et qu'elles ont bris&#233; avec leurs complexes et leurs syst&#232;mes qui le sont encore plus l'arbitraire des vieilles bo&#238;tes disciplinaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, pour la science, LA VRAIE, les complexes sont des modules ou des sous-syst&#232;mes, complexes, de syst&#232;mes complexes. La psychanalyse ne fait pas partie de la vraie science, je vous l'ai dit et r&#233;p&#233;t&#233;, mais nombreux sont les psychanalystes qui se sont gav&#233;s de ce qu'eux appellent des complexes. Freud lui-m&#234;me se d&#233;clarait plut&#244;t hostile &#224; ce concept, il faut bien l'admettre, parce qu'&#224; ses yeux sans valeur th&#233;orique r&#233;elle et surtout parce que grand effaceur de singularit&#233;s cliniques. Tout au plus reconnaissait-il le complexe d'&#338;dipe, dont il &#233;tait le r&#233;v&#233;lateur incontestable et dont il avait brillamment d&#233;fendu l'universalit&#233;, je dois le reconna&#238;tre, face &#224; Malinowski &#224; partir du cas trobriandais, comme vous le savez parfaitement, et puis aussi le complexe de castration mais qui est, lui, une partie int&#233;grante de l'&#338;dipe, en tant que porte de sortie ou porte d'entr&#233;e de celui-ci, selon que l'on soit gar&#231;on ou fille.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/sans_titre8.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L354xH800/sans_titre8-0160f.jpg?1784971860' width='354' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Judith et Holopherne, Giorgione
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Mus&#233;e de l'Hermitage, Saint-P&#233;tersbourg
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;i&gt;La sexualit&#233; sauvage affich&#233;e par Judith m'am&#232;ne &#224; consid&#233;rer cette sc&#232;ne comme une &#233;masculation plut&#244;t qu'une d&#233;capitation.&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Tout ceci est FACILE. Maman la premi&#232;re femelle poss&#233;d&#233;e plus qu'elle ne nous a poss&#233;d&#233;, qui nous a nourri et tenu bien au chaud en son giron, et qui nous a refil&#233; plein de cadeaux sous forme d'anticorps lors de notre passage dans son vagin, on ne peut que l'adorer&#8230; ou la d&#233;tester si on est une fille et qu'on constate qu'elle nous a priv&#233;e de zizi. Pauvre &#201;lectre ! commenta guilleret le Ma&#238;tre en Modernit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bref ! S'il ne peut pr&#233;tendre &#224; l'universalit&#233; comme l'&#338;dipe, le complexe autre ne saurait &#234;tre davantage qu'une &#233;tiquette litt&#233;raire, une image po&#233;tique, plus ou moins jolie, &#224; ambition cat&#233;gorisante. Donc, tout impr&#233;gn&#233; de po&#233;sie qu'il est, Gaston ne l&#233;sine pas sur les complexes et le premier qu'il invoque c'est&#8230; le &#171; complexe d'Emp&#233;docle &#187;. La l&#233;gende veut, et en ceci elle fut amplement relay&#233;e par Friedrich H&#246;lderlin, qu'Emp&#233;docle se jet&#226;t d&#233;lib&#233;r&#233;ment dans le feu liquide de l'Etna. Pourquoi ? Emp&#233;docle &#233;tait un obs&#233;d&#233; de la puret&#233; et croyait fermement en la transmigration des &#226;mes. Le feu permet de se d&#233;barrasser du corps impur et de repartir tout neuf vers un au-del&#224; n&#233;cessairement meilleur. Le sacrifice par le feu est un acte de foi et de sagesse. &#171; ... tu seras puissante, tu luiras, flamme juv&#233;nile, tu transformeras ce qui est mortel en flamme et &#226;me pour que cela monte avec toi jusqu'&#224; l'&#233;ther sacr&#233;&#8230; &#187;, fait d&#233;clamer H&#246;lderlin &#224; Emp&#233;docle en gravissant l'Etna&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Friedrich H&#246;lderlin, La mort d'Emp&#233;docle, trad : D. Huillet et J.M. Straub, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH145/sans_titre_2-b573a.png?1784972554' width='500' height='145' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le feu est une incitation &#224; la r&#234;verie, particuli&#232;rement quand on est assis au coin du feu. La r&#234;verie au coin du feu, dit Gaston, &#171; amplifie le destin humain ; elle relie le petit au grand, le foyer au volcan &#187;. Le complexe d'Emp&#233;docle c'est cette fascination de l'homme devant et pour le feu. Hypnose d'incendie miniaturis&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L362xH250/sans_titre_3-2e6f3.png?1784972554' width='362' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le feu trouve son origine dans la sexualit&#233;, tout est une question de frottement, et c'est ici que Gaston est vraiment dr&#244;le quand il affirme que l'homme primitif a d&#233;couvert le feu en prenant plaisir &#224; frotter deux bouts de bois ou deux silex ensemble. &#171; &#8230; on n'aime pas autrement les pierres que les femmes &#187;, dit-il, et d'en conclure, &#171; un &#233;tat psychologique exceptionnel, fortement teint&#233; d'affectivit&#233;, [est toujours] &#224; l'origine d'une d&#233;couverte objective &#187;. L'affectivit&#233; certes, mais doit-on la confondre pour autant avec le plaisir sexuel ? L'univers d'Hildegarde avec ses roues de feu pourrait-il se r&#233;duire &#224; la repr&#233;sentation d'un dieu, celui des chr&#233;tiens, sous la forme d'un sexe, f&#233;minin en l'occurrence ? L'univers-Yoni ? Et c'est ainsi que l'on glisse au &#171; complexe de Novalis &#187;. Ah Novalis ! Un autre esprit universel ! Po&#232;te, philosophe, math&#233;maticien, juriste, min&#233;ralogiste, ing&#233;nieur des mines, l'Homme universel d'Hildegarde qui ouvrirait alors ses bras pour embrasser toute la connaissance. &#171; Der ist der herr der Erde &#187;, c'est lui le ma&#238;tre de la Terre &#171; qui comprend l'architecture secr&#232;te de ses bras de pierre et descend avec vaillance jusqu'en son atelier&#8230; Il est tout enflamm&#233;e d'elle comme d'une fianc&#233;e&#8230; &#187;. L'obsession de Novalis est celle de la p&#233;n&#233;tration des choses et des &#234;tres, et parmi toutes ces choses la Terre, pour &#233;prouver la chaleur de son feu int&#233;rieur. Cette qu&#234;te aurait-elle motiv&#233; les multiples descentes aux Enfers des h&#233;ros grecs et plus tard celle de Dante Alighieri ? &#171; Novalis a r&#234;v&#233; la chaude intimit&#233; terrestre comme d'autres la froide et splendide expansion du ciel &#187;, nous dit Gaston. Ainsi, Novalis le polytechnicien &#171; minard &#187; serait une sorte de Malevitch &#224; l'envers. &#171; Les brises de l'aube des temps soufflent saintes &#224; son visage, et dans la nuit des gouffres il voit rayonner une lueur &#233;ternelle &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Novalis, Der Herr der Erde (Le ma&#238;tre de la terre), in Anthologie bilingue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27679 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L436xH278/sans_titre_4-50c1f.png?1784972554' width='436' height='278' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;tonnant ! s'esclaffa le Ma&#238;tre en modernit&#233;, moi qui me d&#233;fie d'Allemagne, souvenez-vous la mort est un ma&#238;tre d'Allemagne&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Paul Celan, Todesfuge (Fugue de la mort), in Anthologie bilingue de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ah Celan !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27680 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH181/sans_titre_5-c84f1.png?1784972554' width='500' height='181' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Moi qui n'appr&#233;cie gu&#232;re le romantisme, d'Allemagne ou d'ailleurs, d'ailleurs, eh bien j'adore r&#233;citer H&#246;lderlin et Novalis. Je suis un complexe &#224; moi tout seul, conclut-il en riant tr&#232;s fort. Donc, pour Gaston, reprit-il au bout d'un moment, le complexe de Novalis d&#233;coule de ce qu'il appelle le &#171; calorisme novalisien &#187;, c'est-&#224;-dire ce besoin de chaleur p&#233;n&#233;trante et partag&#233;e, &#224; partir de ce sentiment d'un feu int&#233;rieur &#224; toutes choses, surtout &#224; celles des profondeurs. Le feu est sexualis&#233;, ne cesse-t-il de r&#233;p&#233;ter, Gaston, pas Novalis, et pour l'homme la conqu&#234;te du feu c'est une &#171; conqu&#234;te sexuelle &#187;. Pourtant, le feu est le principe m&#226;le, celui qui avec l'air pour beaucoup, avec la Terre pour Hildegarde, forme les hommes, par opposition &#224; l'eau, avec la Terre pour beaucoup d'autres, qui est le principe femelle. Les hommes sont chauds et secs. Les femmes sont froides et humides. Si l'on d&#233;sire des enfants m&#226;les, eh bien il faut se nourrir d'aliments chauds et secs, ce n'est pas plus compliqu&#233; que cela. Mais, pour Gaston, ce ne sont l&#224; que &#171; m&#233;taphores insignifiantes &#187; et sottises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le feu est &#224; l'origine d'une production consid&#233;rable d'images po&#233;tiques, ce qui le r&#233;jouit, c'est certain, &#171; le feu est parmi les facteurs d'images le plus dialectis&#233; &#187;, constate-t-il, mais &#231;a ne l'emp&#234;che pas de d&#233;noncer les affirmations &#224; son propos, extr&#234;mement nombreuses au fil des si&#232;cles, qui ne reposent pas sur une &#171; exp&#233;rience objective &#187; tout en se revendiquant souvent d'un scientisme plut&#244;t approximatif, &#224; voir les all&#233;gations nombreuses des chimistes classiques. Les alchimistes, que Gaston respecte &#233;norm&#233;ment, vont beaucoup plus loin dans la sexualisation du feu. Ils parlent de &#171; la verge du feu &#187; qui ouvre la mati&#232;re et qui poss&#232;de les corps de l'int&#233;rieur. &#171; Toute l'alchimie, dit-il, est travers&#233;e par une immense r&#234;verie sexuelle &#187;. Les vases alchimiques ne sont que rotondit&#233;s suggestives et orifices multiples, ou bien phallus de verre, dans lesquels se formera le concentr&#233; merveilleux, le pr&#233;cipit&#233; magnifique, l'or issu de l'union de la mati&#232;re vile, ou subtile, et du feu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27681 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L280xH224/sans_titre_6-bc120.png?1784972554' width='280' height='224' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le feu est g&#233;n&#233;rateur, &#171; une puissance qui engendre &#187;, et les &#233;tincelles sont sa semence. Le feu est tout &#224; la fois principe de mort et principe de vie, flammes r&#233;g&#233;n&#233;ratrices du ph&#233;nix, pure renaissance d'Emp&#233;docle&#8230; peut-&#234;tre. Il y a aussi cet &#233;merveillement devant le feu liquide, l'eau qui br&#251;le et an&#233;antit la mati&#232;re, l'eau-forte des graveurs qui mord le cuivre, jusqu'&#224; le perforer parfois, jusqu'&#224; magnifier le blanc, source de vie et de ravissement pour Pierre Soulages, ce m&#233;taphysicien de la lumi&#232;re, paradoxalement, vous vous souvenez on en a parl&#233;, ou bien encore l'eau de vie mais aussi l'eau de feu qui ravagea le cerveau des natifs de l'Am&#233;rique, entre autres, cause douteuse de moult combustions spontan&#233;es selon certains t&#233;moignages troubles des si&#232;cles pass&#233;s, comme le relate Gaston, r&#234;verie de Ernst Hoffmann devant un bol de punch enflamm&#233;, embrasement d'alcool qui nourrira nombre de ses contes. &#171; Complexe d'Hoffmann &#187; pouvant se r&#233;sumer en la subjugation caus&#233;e par les vapeurs incandescentes du liquide br&#251;lant, les d&#233;mons du feu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si beaucoup de ce qui est formul&#233; &#224; son propos peut &#234;tre qualifi&#233; de beau et po&#233;tique, globalement toutes les appr&#233;ciations relatives au feu rel&#232;vent du &#171; pr&#233;scientifique &#187;, et &#224; ce titre, Gaston retient encore deux complexes reposant sur ce qu'il baptise des &#171; intuitions substantialistes &#187; et qui ornementent, plut&#244;t qu'ils n'approfondissent, les complexes pr&#233;c&#233;dents. Le &#171; complexe de Pantagruel &#187;, d'une part, totalement animiste celui-ci en ce qu'il repose sur la croyance d'un feu qui se nourrit de tout ou que l'on nourrit de tout. On &#171; l'alimente &#187; et il d&#233;vore. Le &#171; complexe d'Harpagon &#187;, d'autre part, qui repose sur une esp&#232;ce de th&#233;saurisation de ce qui est pr&#233;cieux dans ce que nous absorbons, par exemple le feu de l'alcool qui r&#233;chauffe sans doute mais qui tout de m&#234;me finira par consumer celui qui le boit. Mais, le complexe, au sens psychanalytique du terme, est essentiel, selon Gaston, car c'est lui qui donne &#171; son unit&#233; &#187; &#224; toute &#339;uvre po&#233;tique, c'est ce qu'il croit Gaston tout du moins, tout comme la m&#233;taphore est &#233;galement essentielle parce que, image r&#233;duite et fortement affective, elle conduit &#224; la r&#234;verie qui donne elle-m&#234;me naissance &#224; l'esprit scientifique puisqu'elle &#171; emp&#234;che l'ankylose de la logique &#187;, comme on l'a dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il ne faut pas en rester l&#224;, bien au contraire. Il faut, toujours selon lui, psychanalyser l'esprit scientifique pour pr&#233;cis&#233;ment mettre un terme &#224; cette r&#234;verie et passer enfin &#224; la &#171; pens&#233;e discursive &#187;, &#224; l'examen de la r&#233;alit&#233; objective. La psychanalyse de la connaissance objective purifie, ou mieux purge l'inconscient de l'esprit scientifique de tout ce qui pourrait ressortir peu ou prou du pr&#233;scientifique en op&#233;rant un glissement brutal de l'image arch&#233;typale, jungienne, et m&#234;me po&#233;tique, &#224; un degr&#233; vraiment &#233;lev&#233; d'abstraction, &#171; l'abstraction scientifique &#187;. Il s'agit &#224; un moment d'interdire, et m&#234;me de &#171; d&#233;sagr&#233;ger &#187; la r&#234;verie en imposant la pens&#233;e discursive. On pourrait croire que Gaston se contredit. On se tromperait ! Il y a un temps pour tout, temps pr&#233;paratoire et f&#233;cond de la r&#234;verie, temps de la pens&#233;e r&#233;fl&#233;chie sur la base d'exp&#233;riences objectives. Gaston a &#233;crit sur chaque &#233;l&#233;ment de la quaternit&#233; de la Nature &#224; partir des m&#234;mes bases, psychanalytiques, sur l'eau, &#171; L'eau et les r&#234;ves &#187;, sur l'air, &#171; L'air et les songes &#187;, sur la terre, &#171; La terre ou les r&#234;veries de la volont&#233; &#187; ou bien encore &#171; La terre et les r&#234;veries du repos &#187;, mais nous, nous en resterons au feu parce que c'est le feu qui est vraiment central dans l'imagerie de Hildegarde von Bingen. Probablement e&#251;t-il fallu proc&#233;der &#224; l'analyse de Hildegarde von Bingen, analyse dans le sens de psychanalyse bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L304xH400/sans_titre_7-e1a8c.png?1784972554' width='304' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dieu est de feu et l'&#226;me des Hommes est ign&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;i&gt;Extrait de &#171; Autour de la Cosmogonie/Cosmologie de Hildegarde von Bingen &#187;&lt;/i&gt;&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Gaston Bachelard, &lt;i&gt;La psychanalyse du feu&lt;/i&gt; Gallimard, 1949, Collection Folio/Essai, 1992.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;J. Laplanche et J.-B. Pontalis, Vocabulaire de la Psychanalyse, Presses Universitaires de France, 1967).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Friedrich H&#246;lderlin, La mort d'Emp&#233;docle, trad : D. Huillet et J.M. Straub, 1986, Ombres, 1987.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Novalis, Der Herr der Erde (Le ma&#238;tre de la terre), in Anthologie bilingue de la po&#233;sie allemande, La Pl&#233;iade, Gallimard, 1995).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Paul Celan, Todesfuge (Fugue de la mort), in Anthologie bilingue de la po&#233;sie allemande, La Pl&#233;iade, Gallimard, 1995). &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La mort est un ma&#238;tre d'Allemagne&lt;br class='autobr' /&gt;
Tes cheveux d'or Margarete&lt;br class='autobr' /&gt;
Tes cheveux de cendre Sulamith &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;* Le Ma&#238;tre en modernit&#233;, &#233;pist&#233;mologue brillant et penseur postmoderne, se revendique de trois p&#232;res spirituels auxquels il fait continuellement r&#233;f&#233;rence : &#171; Gaston &#187;, Gaston Bachelard, &#171; Paul &#187;, Paul Val&#233;ry, ainsi qu'&#233;trangement, pour moi, &#171; Albert &#187;, Albert Camus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des murs derri&#232;re les mots</title>
		<link>https://tk-21.com/Des-murs-derriere-les-mots</link>
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		<dc:date>2026-07-04T19:55:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;ric Poindron et Pol Lujan</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;des mots morts derri&#232;re les murmures&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/013-15_ans_tk21-3281-dabd5.jpg?1783195278' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;des mots morts derri&#232;re les murmures&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt; &lt;br&gt;
Les murs n'ont pas d'oreille, les murs ont des yeux&lt;br class='autobr' /&gt;
Les passants portent des horloges baudelairiennes de sous leurs paupi&#232;res de poussi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre deux briques un c&#339;ur rouill&#233; pousse comme une herbe hors-saison&lt;br class='autobr' /&gt;
Les murs respirent &#224; voix basse et cachent dans leurs fissures des oiseaux SDF&lt;br class='autobr' /&gt;
Un couple traverse les mots tenant entre leurs mains un morceau de ciel oubli&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
La ville d&#233;plie ses ailes de pierre sous les pas des vivants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les fen&#234;tres regardent les hommes qui essaient de voler dans leur sommeil.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur les fa&#231;ades les mots griffonn&#233;s r&#234;vent encore de leur premier cri.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les amants &#233;changent des constellations invisibles au coin des rues fatigu&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les briques habillent les si&#232;cles de silence et quelques &#233;clats de rire s'&#233;chappent des balcons d&#233;serts.&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque ombre transporte un jardin public dans son cabas trou&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les lettres peintes sur les murs se prennent pour des nuages bavards.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des mains se fr&#244;lent et la ville vacille d'une tendresse soudaine.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rue avale le jour et recrache des actrices de trottoir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au milieu du b&#233;ton, les vivants inventent encore des printemps impossibles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la rue couverte d'affiches et de r&#234;ves, continue d'&#233;crire son futur sur les murs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un ange boite alors Lautr&#233;amont passe &#224; sa place.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les vivants ont des bancs publics et les murs ont des yeux&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/001-15_ans_tk21-4498.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH715/001-15_ans_tk21-4498-db0da.jpg?1781772844' width='500' height='715' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/002-15_ans_tk21-9501.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/002-15_ans_tk21-9501-a7521.jpg?1781772844' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/003-15_ans_tk21-7747.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/003-15_ans_tk21-7747-7082a.jpg?1781772844' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/004-15_ans_tk21-9175.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/004-15_ans_tk21-9175-f5a39.jpg?1781772844' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/005-15_ans_tk21-3255.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/005-15_ans_tk21-3255-df641.jpg?1781772844' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/006-15_ans_tk21-1816.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/006-15_ans_tk21-1816-53852.jpg?1781772844' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27385 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/007-15_ans_tk21-1915.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH341/007-15_ans_tk21-1915-3fca7.jpg?1781772844' width='500' height='341' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27386 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/008-15_ans_tk21-0468.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH331/008-15_ans_tk21-0468-5757e.jpg?1781772844' width='500' height='331' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27387 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/009-15_ans_tk21-1701.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/009-15_ans_tk21-1701-04e5c.jpg?1781772844' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/010-15_ans_tk21-2833.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/010-15_ans_tk21-2833-82ae2.jpg?1781772844' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class='spip_document_27388 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/011-15_ans_tk21-3964.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH354/011-15_ans_tk21-3964-e2975.jpg?1781772844' width='500' height='354' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27389 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/012-15_ans_tk21-4784.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/012-15_ans_tk21-4784-286ed.jpg?1781772845' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27390 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/014a-15_ans_tk21-7203.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/014a-15_ans_tk21-7203-f145f.jpg?1781772845' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/015a-15_ans_tk21-3101.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH751/015a-15_ans_tk21-3101-f88e6.jpg?1781772845' width='500' height='751' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faire liens</title>
		<link>https://tk-21.com/Faire-liens</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Faire-liens</guid>
		<dc:date>2026-07-04T19:52:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Sophie Braganti , Christophe Galatry et Esther Salmona</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>marche</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour les quinze ans de la revue TK-21, quoi de plus pertinent que de c&#233;l&#233;brer le lien, virtuel comme r&#233;el, toujours en cr&#233;ation et devenir, toujours &#233;voluant. La notion de lien, num&#233;rique, est un outil majeur dans la diffusion du savoir et des pratiques de cr&#233;ation, comme le reflet de formes de pens&#233;es. Il serait une mat&#233;rialisation du r&#234;ve d'un Aby Warburg de la fin du 20&#7497;, d&#233;but du 21&#7497; si&#232;cle.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/marche" rel="tag"&gt;marche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH90/es-chr09_800-a264e.jpg?1783195279' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les quinze ans de la revue TK-21, quoi de plus pertinent que de c&#233;l&#233;brer le lien, virtuel comme r&#233;el, toujours en cr&#233;ation et devenir, toujours &#233;voluant. La notion de lien, num&#233;rique, est un outil majeur dans la diffusion du savoir et des pratiques de cr&#233;ation, comme le reflet de formes de pens&#233;es. Il serait une mat&#233;rialisation du r&#234;ve d'un Aby Warburg de la fin du 20&#7497;, d&#233;but du 21&#7497; si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;er des liens, faire lien, tester et &#233;prouver ce qui lie, c'est le d&#233;sir de cette s&#233;rie : entre images, entre textes, toujours un troisi&#232;me terme appara&#238;t, qui n'est pas visible, mais peut-&#234;tre lisible, perceptible, intelligible. Du lien &#224; la relation, du contact &#224; la narration, le pas est quasiment franchi, il suffit du regard qui se d&#233;place, et de la dur&#233;e qu'il n&#233;cessite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, nul besoin d'autre chose qu'un d&#233;clencheur.&lt;br class='autobr' /&gt;
La pens&#233;e alors rebondit encore vers Aby Warburg et son &lt;i&gt;Atlas Mn&#233;mosyne&lt;/i&gt; : disposer ensemble des images disparates et les lier &#224; des textes, des cartes, des objets, fait surgir une possible m&#233;moire collective, des formes que nul texte seul, nulle image seule, ne pourrait exprimer.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est une fa&#231;on de cr&#233;er un espace entre deux par apposition d'un autre &#233;l&#233;ment qui ferait sens avec le premier. Non pas comme miroir mais plut&#244;t comme rencontre, friction des temporalit&#233;s diff&#233;rentes, non illustration d'un face &#224; face mais acte de pr&#233;sence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presque &#224; l'inverse c'est &#171; faire d&#233;clencher &#187;, ce qu'un objet peut engendrer par association d'id&#233;es ou pens&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un lien, sur un vide, se tend une ligne invisible, deux objets se et nous racontent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jamais ces entit&#233;s ne sauront &#224; quel point elles sont tress&#233;es, images sur images et hors d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une forme peut appara&#238;tre de chaque rapprochement, m&#234;me le plus t&#233;nu, c&#244;te &#224; c&#244;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relier deux formes d'&#233;criture, c'est faire sens, ouvrir deux mondes pour en d&#233;voiler un troisi&#232;me, invisible.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Braganti / Galatry&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_27362 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/montre_al-03.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/montre_al-03-6beed.jpg?1781337241' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/montre_al-01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/montre_al-01-7aea9.jpg?1781337241' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/montre_al-04.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/montre_al-04-3da96.jpg?1781337241' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/montre_al-05.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/montre_al-05-b83e2.jpg?1781337241' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/otawa-06.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/otawa-06-3db9d.jpg?1781337241' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/que_bec-02.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/que_bec-02-58c4b.jpg?1781337241' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/venise-07.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/venise-07-d957a.jpg?1781337241' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;center&gt;&lt;small&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Esther SALMONA / Christophe GALATRY&lt;/h2&gt;&lt;/center&gt;&lt;small&gt;
&lt;div class='spip_document_27369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr03.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH300/es-chr03-c69b3.jpg?1781337241' width='500' height='300' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH340/es-chr01-6c880.jpg?1781337241' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr05.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH340/es-chr05-c8d87.jpg?1781337241' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr07.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH340/es-chr07-818b7.jpg?1781337241' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH382/es-chr11-17e51.jpg?1781337241' width='500' height='382' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr13.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH352/es-chr13-96368.jpg?1781337241' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr15.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH340/es-chr15-e53ee.jpg?1781337241' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27376 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr17.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH340/es-chr17-1bfd9.jpg?1781337241' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/es-chr19.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH340/es-chr19-00af4.jpg?1781337241' width='500' height='340' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des photographies de Christophe GALATRY
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des photographies et textes d'Esther SALMONA
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Des textes de Sophie BRAGANTI&lt;br class='autobr' /&gt; Esther SALMONA / Christophe GALATRY&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image d'introduction : Christophe Galatry / Esther Salmona 2026&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Circonf&#233;rence, mais, mais</title>
		<link>https://tk-21.com/Circonference-mais-mais</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Circonference-mais-mais</guid>
		<dc:date>2026-05-31T10:03:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thomas Zoritchak</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Image</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Malgr&#233; le festival de Cannes, qui vient de commencer Et l'effervescence m&#233;diatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Les paillettes dans les yeux, ces gens glamours&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat de certain.e.s pour participer &#224; tout prix Etre l&#224;&#8230; ou &#234;tre vu l&#224;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/Image" rel="tag"&gt;Image&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH133/20260515a_titre_p1_800-c6b2d.png?1780223763' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Malgr&#233; le festival de Cannes, qui vient de commencer Et l'effervescence m&#233;diatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Les paillettes dans les yeux, ces gens glamours&lt;br class='autobr' /&gt;
Le combat de certain.e.s pour participer &#224; tout prix &#202;tre l&#224;&#8230; ou &#234;tre vu l&#224;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt;
En parall&#232;le la biennale de Venise a aussi d&#233;marr&#233; L'actualit&#233; est dense&lt;br class='autobr' /&gt;
D'autres s'y trouvent&lt;br class='autobr' /&gt;
Font part de ce qu'ils sont en train de regarder, voir, faire, &#224; quoi ils participent &#199;a a l'air trop bien. J'y vais quand ? je planifie mon voyage&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais eux se trouvent dans un moment stimulant Exceptionnel&lt;br class='autobr' /&gt;
Concentration de personnes influentes dans le milieu L&#224; aussi paillettes, luxe apparent, et un prix &#224; payer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quinze car il a quinze ans. C'est l'anniversaire de la petite / du petit Qu'as-tu envie de lui dire ? plein de choses&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais attention, c'est un &#226;ge ingrat. Tu n'es plus enfant et pas encore adulte Sans r&#233;el statut mais heureusement plein d'&#233;nergie&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu manigances, tu t'organises&lt;br class='autobr' /&gt;
Et sans le savoir tu fais des d&#233;couvertes, qui ensuite changeront ta vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; bim, il y a deux jours, tu apprends une nouvelle, certes tr&#232;s locale Cette galerie que tu connais depuis toujours&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui a accompagn&#233; tes ann&#233;es d'&#233;tudes&lt;br class='autobr' /&gt;
Ferme ses portes, apr&#232;s 36 ans d'activit&#233;s C'est triste&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu ne savais pas que &#231;a couvait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morte &#224; trente-six ans, comme B finalement&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le d&#233;c&#232;s d'une personne n'a rien &#224; voir avec une cessation d'activit&#233; Ce n'est pas rempli de la m&#234;me mani&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art c'est ce qui rend la vie plus int&#233;ressante que l'art (Filliou) La vie, ses creux et ses bosses, ses pleins et ses d&#233;li&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
L'individu seul face au monde, plus ou moins hostile, plus ou moins bienveillant&lt;br class='autobr' /&gt;
L'entreprise (allez, au boulot, il va falloir s'y mettre) plusieurs personnes rassembl&#233;es Et travaillant plus ou moins dans la m&#234;me direction&lt;br class='autobr' /&gt;
Unit&#233; de lieu et unit&#233; de temps&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je peux te raconter si tu m'invites &#224; manger, &#231;a fera un premier aper&#231;u&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux jours apr&#232;s, tu apprends qu'une fondation ferme aussi ses portes Dr&#244;le de semaine&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin, fa&#231;on de parler, bien-s&#251;r&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cette phrase de Filliou, tu veux en parler ? pas forc&#233;ment Elle pose question, c'est s&#251;r&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu veux mon avis elle sous-entend d&#233;j&#224; que l'art, ainsi que toute activit&#233; humaine Se caract&#233;rise comme &#233;tant par d&#233;finition tr&#232;s limit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un point de vue, aussi fort, puissant, pertinent soit-il Non ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Premi&#232;re piste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la vie ? elle d&#233;borde, ne se laisse pas apprivoiser, t'&#233;chappe Forc&#233;ment&lt;br class='autobr' /&gt;
Tu ne peux la contraindre Ni la reproduire&lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a n'a aucun int&#233;r&#234;t&lt;br class='autobr' /&gt;
Et ce n'est tout simplement pas possible&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un seul cerveau ne peut y parvenir Car cet organe&lt;br class='autobr' /&gt;
Outil&lt;br class='autobr' /&gt;
Est reli&#233; &#224; un corps&lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-ci vit, s'use, suit un ou plusieurs trajets Et tout &#231;a l'influence&lt;br class='autobr' /&gt;
Le conditionne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, bah, ya pas photo Tout &#224; fait Thierry&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est mon dernier mot, Jean-Pierre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon alors, tu m'invites au resto ? parfait, c'est ce que j'allais te proposer. On va chez S&#233;bastien ? &#231;a me va. C'est pas parce que c'est un copain, mais j'adore ce qu'il fait&#8230; et d'ailleurs lui aussi je le connais depuis un bail&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'accord, on commence par quoi ? tu as un titre ? oui, bien-s&#251;r Notes &lt;strong&gt;15 ans au moment des faits.&lt;/strong&gt; &#199;a me semble appropri&#233;. Oui&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la th&#233;matique ? il m'a propos&#233; &lt;strong&gt;Pissenlit par la racine.&lt;/strong&gt; C'est bof, non ? R&#233;fl&#233;chissons cinq minutes. Il s'agit de mauvaises herbes. L'aspect naturel et intrusif me plaisent bien. Tu plantes des graines, tu arroses, et &#231;a pousse. Voici le sch&#233;ma, la structure. Vois-&#231;a comme th&#233;orique. Mais ensuite tu es libre. C'est un principe d'&#233;quivalence. Tu peux le r&#233;aliser, ou pas. Bien fait / mal fait / pas fait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, je d&#233;roule, et ensuite, trois petits points (on verra bien, &#231;a ne m'appartient plus)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; par cette co&#239;ncidence : elle est d&#233;c&#233;d&#233;e peu avant ses 98 ans et j'apprends quelques jours plus tard qu'une copine est r&#233;cemment tomb&#233;e enceinte (naissance pr&#233;vue bient&#244;t, en juillet). Mais elle n'en parle pas trop, elle est secr&#232;te. Par exemple on ne sait pas encore si c'est un gar&#231;on ou une fille&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je prends en compte les &#226;ges : 94 jusqu'&#224; pr&#233;sent, mais presque 95 Elle a 35 (ils ont vingt ans de diff&#233;rence)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;78&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant plus de 10 ans&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a 23 mais affirme : on n'a plus vingt ans (&#224; quelqu'un d'environ 60) 34&lt;br class='autobr' /&gt;
Entre 5 et 12 ans&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;101&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 14, voire 15,&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans quel &#233;tat seras-tu &#224; son &#226;ge ? (si jamais tu y arrives&#8230;. rires) Bient&#244;t c'est cool, on pourra rajeunir nos cellules&lt;br class='autobr' /&gt;
La vie &#233;ternelle, c'est g&#233;nial 17 ans non plus&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui mais pour qui ? hahaha lol On n'est pas assez sur Terre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas encore 18&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est rarement les plus int&#233;ressants qui sont mis en avant Mais les plus rentables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trente ans, ado&lt;br class='autobr' /&gt;
A cent &#224; l'heure, &#48744;&#47532; &#48744;&#47532;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel int&#233;r&#234;t ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a 9 ans, 13, 17 (daronne)&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout le monde a un prix. Il propose 200 &#8364; en liquide Le feu s'est d&#233;clar&#233; vers 23 heures&lt;br class='autobr' /&gt;
En dix minutes, les flammes faisaient plusieurs m&#232;tres de haut Tu as 47, 62, 53, 72, 82 ans (coches la case correspondante) Des ann&#233;es de vie sur place&lt;br class='autobr' /&gt;
Page tourn&#233;e en quelques heures Point final&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quelle est la prochaine &#233;tape ? organiser une sorte de casting. Rencontrer des gens &#224; partir des &#226;ges indiqu&#233;s ci-dessus. Tu les rencontres, tu les fais parler. De ce qu'ils veulent, c'est important. On collecte des histoires, des propos, des paroles. Des mani&#232;res de parler&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il me faudrait assez vite un logement, avec bureau ind&#233;pendant, &#233;videmment. A minima une table, une chaise, un peu d'espace, et des murs vides. Autrement dit un atelier. Exactement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ensuite un peu de temps. Je peux avoir une journ&#233;e, une semaine, un mois, six mois, un an. Il n'y a pas vraiment de limite. Mais tu imagines bien que le temps qu'on me donnera aura une influence sur le r&#233;sultat. &#199;a fait partie de l'&#233;quation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le disait le cowboy, reste ouvert et reste concentr&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27316 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/2018_monochrome_a_l_arbre_sec.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH667/2018_monochrome_a_l_arbre_sec-b369b.jpg?1780090207' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;2018, monochrome &#224; l'arbre sec
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>A&#768; me&#770;me les e&#769;le&#769;ments&#8232;- Dancing with elements</title>
		<link>https://tk-21.com/A%CC%80-me%CC%82me-les-e%CC%81le%CC%81ments</link>
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		<dc:date>2026-05-03T18:24:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olga Caldas et Zack Rogow</dc:creator>


		<dc:subject>photographie contemporaine</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Zack Rogow, poems&lt;br class='autobr' /&gt;
Olga Caldas, photographs&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Lire-ecrire" rel="directory"&gt;Voir, Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/olga_caldas_zack_rogow__page_49_image_0001-1854d.jpg?1777833662' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Zack Rogow, poems&lt;br class='autobr' /&gt;
Olga Caldas, photographs&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;br&gt; NEW YORK&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; SAN FRANCISCO&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; PARIS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; PRAIA DA AMOROSA&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27044 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_03_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/olga_caldas_zack_rogow__page_03_image_0001-03801.jpg?1773850757' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;W A T E R&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;E A R T H&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;F I R E&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A I R&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_13_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/olga_caldas_zack_rogow__page_13_image_0001-67881.jpg?1773850757' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;The Ocean, for Example&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;What does the ocean do when it creates a failure&lt;br class='autobr' /&gt;
of a wave, a mangy little billow that fizzles onto the shore,&lt;br class='autobr' /&gt;
a dud that never goes beyond muddled ruffles ?&lt;br class='autobr' /&gt;
What does the ocean do then ? It makes another wave.&lt;br class='autobr' /&gt;
And what does the ocean do when it spins a perfect turquoise Murano wave,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a liquid aqua cylinder flawlessly unfurling ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27050 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_10_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/olga_caldas_zack_rogow__page_10_image_0001-bb400.jpg?1773850757' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;What does the ocean do then ? I think you already know.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27049 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_09_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/olga_caldas_zack_rogow__page_09_image_0001-fef72.jpg?1773857283' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_15_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/olga_caldas_zack_rogow__page_15_image_0001-0818e.jpg?1773857283' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Que fait l'oc&#233;an, lorsqu'il &#233;choue&lt;br class='autobr' /&gt;
et ne cr&#233;e qu'un petit mouton miteux qui gargouille jusqu'au rivage&lt;br class='autobr' /&gt;
un rat&#233; qui s'&#233;puise en glouglous ? Que fait-il alors l'oc&#233;an ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait une autre vague.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_13_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/olga_caldas_zack_rogow__page_13_image_0001-67881.jpg?1773850757' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et que fait l'oc&#233;an lorsqu'il souffle&lt;br class='autobr' /&gt;
une vague Murano turquoise parfaite,&lt;br class='autobr' /&gt;
un cylindre liquide qui se d&#233;roule &#224; merveille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que fait-il alors l'oc&#233;an ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que vous le savez d&#233;j&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_14_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/olga_caldas_zack_rogow__page_14_image_0001-6bdf8.jpg?1773850757' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Traduction Armelle Blackledge &amp; Fran&#231;oise Vidal&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27052 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_12_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/olga_caldas_zack_rogow__page_12_image_0001.jpg' width=&#034;945&#034; height=&#034;630&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La vie est une cr&#233;ation continue</title>
		<link>https://tk-21.com/La-vie-est-une-creation-continue</link>
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		<dc:date>2026-02-02T11:12:13Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bernard Gast</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s l'analyse, la po&#233;sie suit la philosophie. Comment ne pas &#233;crire des po&#232;mes pour Henri Bergson, qui insiste tant sur l'intuition et l'imm&#233;diat instant ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2785-42e65.jpg?1772186898' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s l'analyse, la po&#233;sie suit la philosophie. Comment ne pas &#233;crire des po&#232;mes pour Henri Bergson, cet homme qui insiste tant sur l'intuition et l'imm&#233;diat instant ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intuition du temps I&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le tumulte du monde, Bergson est un phare&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; d&#233;chiffrer les myst&#232;res du temps et de la vie&lt;br class='autobr' /&gt;
Il invite, non seulement &#224; penser, mais &#224; percevoir&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; naviguer entre langage et intuition&lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots touchent surtout la surface&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#233;chouent &#224; cerner l'infini&lt;br class='autobr' /&gt;
Prisonniers d'une logique &#224; entraver l'&#226;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; m&#234;me du verbe&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art est un refuge de la v&#233;rit&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'instinct lutte avec l'intelligence&lt;br class='autobr' /&gt;
Et l'intuition figure le guide int&#233;rieur v&#233;ritable&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque instant dessine une transformation&lt;br class='autobr' /&gt;
Fleuve qui coule, &#233;ternel et inconstant&lt;br class='autobr' /&gt;
Le moi fondamental, enfoui sous les masques&lt;br class='autobr' /&gt;
Attend l'appel du chant pr&#233;sent&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;moire est un tissu de souvenirs&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; s'entrelacent les &#233;chos du pass&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'esprit vibre par del&#224; la chimie&lt;br class='autobr' /&gt;
Le cerveau n'est pas ma&#238;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais serviteur de l'existence&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; travers lui, l'&#234;tre apprend &#224; vivre&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; ressentir les nuances de l'inconnu&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intuition reconna&#238;t ce lien sacr&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui unit &#224; la vie, &#224; l'autre, au divin&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intuition m&#232;ne au c&#339;ur de toute chose&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans cette danse &#233;ternelle : la vie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intuition du temps II&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bergson est au c&#339;ur de l'instant qui s'&#233;chappe&lt;br class='autobr' /&gt;
Geste, h&#233;sitation d'une aventure fragment&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Le langage est un filet trop l&#226;che pour capturer l'existant&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mot se d&#233;bat, &#233;choue &#224; transmettre la pulsation du vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
Instinct et intelligence&lt;br class='autobr' /&gt;
L'un danse, l'autre construit&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ce bal, une tension&lt;br class='autobr' /&gt;
Qui suis-je vraiment ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intuition surgit&lt;br class='autobr' /&gt;
P&#233;n&#232;tre la mati&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Saisit l'indicible&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est une mer &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque vague, un instant&lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque ressac, la m&#233;moire qui joue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pass&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce courant souterrain&lt;br class='autobr' /&gt;
tactile et vibrant de souvenirs &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui flottent et s'entrem&#234;lent&lt;br class='autobr' /&gt;
T&#233;moins de l'existence &#233;coul&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la m&#233;moire&lt;br class='autobr' /&gt;
Un jardin secret, anarchique&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; les impressions poussent&lt;br class='autobr' /&gt;
Fleurs &#233;ph&#233;m&#232;res dans la terre de l'inconscient&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne pas r&#233;duire, ne pas plier les dimensions de l'&#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
Plut&#244;t explorer l'&#233;merveillement&lt;br class='autobr' /&gt;
Les profondeurs fluctuantes&lt;br class='autobr' /&gt;
De l'&#226;me complexe o&#249; se d&#233;couvre un &#233;cho&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce que je suis, ce que je dois &#234;tre&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une mosa&#239;que de sensations&lt;br class='autobr' /&gt;
Acc&#233;der &#224; soi&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est s'aventurer dans l'inconnu&lt;br class='autobr' /&gt;
Se glisser entre les heures&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;treindre l'opacit&#233; du moment&lt;br class='autobr' /&gt;
Bergson ouvre les portes&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas &#224; pas, vers la part ignor&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Et la qu&#234;te inachev&#233;e de l'authenticit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'intuition du temps III&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je change donc sans cesse&lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps est un fluide qui fa&#231;onne l'esprit&lt;br class='autobr' /&gt;
Touchant l'essence du myst&#232;re vivant&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais les mots, en fiers b&#226;tisseurs,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;rigent des murs autour de l'&#226;me&lt;br class='autobr' /&gt;
Au tr&#233;fonds se dessine le drame humain&lt;br class='autobr' /&gt;
Des fant&#244;mes d'images dansent au bord&lt;br class='autobr' /&gt;
Et dans l'ombre, &#233;clot l'intuition&lt;br class='autobr' /&gt;
Se glissant entre l'essence et l'instant&lt;br class='autobr' /&gt;
Sans condition, l'intuition d&#233;voile le divin&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;veille l'&#226;me &#224; sa pr&#233;sence&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps est une &#233;toffe qui tisse les jours&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Bergson murmure le secret du temps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://koleom.jimdofree.com" class="spip_out"&gt;Peter KOL&#233;OM&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : Peter KOL&#233;OM &#8211; Un jour d'audace (2025), Crayon noir (9 x 9 cm), Collection priv&#233;e &#169; Adagp&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/@galerieintime&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/@galerieintime&lt;/a&gt; (La chaine de la Galerie Intime)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://koleom.jimdofree.com/dessins/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://koleom.jimdofree.com/dessins/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.instagram.com/bernardgast/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.instagram.com/bernardgast/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#339;ufs durent</title>
		<link>https://tk-21.com/Les-oeufs-durent</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Les-oeufs-durent</guid>
		<dc:date>2025-12-28T15:44:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH137/arton2777-24234.jpg?1772187470' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='137' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et voici dans ce livre le big bang de mots vampirise ce qui boit le sang, rature l'existence. C'est le bal des mots dits pour un bain de jouvence aux milieux des miasmes et des douleurs. D'o&#249; ce continent f&#233;erique face au noir qui &#233;treint. Le tout-en-un souci de clart&#233; pour exprimer ici une col&#232;re noire qui ne se contente jamais de son cri. Ici son action joue entre les mots Et celle qui d&#233;passe toujours bien des seuils essentiels fait de la col&#232;re &#224; la fois un seuil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son essence provient de l'enfance o&#249; tout part, tout revient mais o&#249; la vie d'adulte s'exerce &#224; un apprentissage de la distance. Mais si la col&#232;re reste la musique de ses aubes, en naissent de volutes noy&#233;es loin d'un laiteux effet-m&#232;re que Juliette Brevilliero &#8212; &#224; moiti&#233; qui elle est et qui elle fut &#8212; ne se contente pas d'errer mais trouve par ses po&#232;mes (plus que des pare-fum&#233;e) existence et sa v&#233;rit&#233; loin de l'insouciance, du calme et de la l&#233;g&#232;ret&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
D'autant que l'&#339;uvre de Juliette Brevilliero renverse les principes trop placides de la po&#233;sie souvent riv&#233;e au culte de l'occident. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour une telle auteure, trouver le chemin de l'esp&#233;rance et de la d&#233;sesp&#233;rance, &#233;crire est une affaire complexe, exp&#233;rimentale, &#233;volutive. Et dans ce livre, le sourire au monde n'est pas simple mais &#8212; paradoxalement &#8212; l'onde de la col&#232;re est une gr&#226;ce. Son irruption fait parfois qu'on ne sait que penser. Mais, avec le temps, une telle femme est r&#233;gulatrice en passant du chemin des hommes et des femmes avec parfois une once de gaiet&#233;, m&#234;me si &#224; qui elle s'adresse, re&#231;ut la nostalgie en h&#233;ritage. Pour le meilleur et pour le pire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Pleuvent ici des souvenirs f&#234;l&#233;s sur ce livre de chair, d'&#226;me et de papier l&#224; o&#249; les ponts de Paris ne suffisent pas pour celle dont son errance et son enqu&#234;te fil&#233;e se h&#226;te vers elle mais qui par ses allit&#233;rations, sa pulsion &#233;crit des textes tr&#232;s noirs sur page blanche mais pour &#8212; inconsciemment peut-&#234;tre &#8212; renverser la donne.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici ses po&#232;mes s'imbriquent, se t&#233;lescopent, se d&#233;coupent, se malaxent, dans une chirurgie de l'existence. Preuve que sa po&#233;sie reste bien au-del&#224; de la d&#233;su&#233;tude et ses pr&#233;suppos&#233;s. Elle incarne la col&#232;re qui pourrait gueuler vers un possible appel &#224; la libert&#233; d'&#234;tre parmi des al&#233;as existentiels. De la vie, le ciel se fait &#226;pre car elle reste farouchement d&#233;faite mais ici en fa&#231;on d'&#233;veiller, au sein d'une &#233;pop&#233;e, l'auteure cavale et se d&#233;cha&#238;ne en de tels po&#232;mes.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Se retrouvent col&#232;re, n&#233;gociation, pulsions en un tel assemblage de vers et de proses po&#233;tiques jusqu'&#224; un &#171; insens&#233; mirage &#187; face &#224; la r&#233;alit&#233;. De fait existe une sorte d'Odyss&#233;e face &#224; des espaces satur&#233;s, l&#224; o&#249; les mots ne sont pas que des baumes ou des cataplasmes mais des accouchements progressifs face &#224; ce qui fut et ce qui arrive. Mais dans un tel cas les &#339;ufs durent.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Reste chez Juliette Brevilliero une ivresse du langage. Elle en n'est pas m&#233;galomaniaque mais reste juste face &#224; tout ce qui la et nous matraque. Elle se d&#233;robe &#224; la nuit et devient pour nous une guide. Louons donc sa sorte d'avidit&#233; scripturale par laquelle elle nous secourt au sein d'une spectaculaire alt&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes la col&#232;re est gla&#231;ante, parfois sans queue ni t&#234;te ou mouroir aux alouettes. Mais l'auteure poursuit son &#171; pas au-del&#224; &#187; cher &#224; Blanchot o&#249; parfois se touche le fond. Car la col&#232;re enfantine fait toucher un n&#233;ant sans fond, mais ici elle devient bien arm&#233;e (comme Mallarm&#233;) contre la r&#233;alit&#233; mais pour la v&#233;rit&#233;. P&#233;n&#233;tr&#233;e parfois de la sagesse de l'Inde, l'auteure se d&#233;gage de la rage des chiens en des sortes de valses d&#233;licates qui frisent parfois l'insouciance.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La verve de la cr&#233;atrice permet que la pens&#233;e par de tels mots provoque l'inconscient. C'est une mani&#232;re de faire fuser ce qui normalement et ailleurs se refuse tant l'infusion demeure nocturne. Et dans ses scansions (en partie de ses textes de prose po&#233;tiques) le noir de nuit perdure mais l'aube supplie de d&#233;gager les couleurs pass&#233;es et de s'&#233;treindre d'elle-m&#234;me loin de la nostalgie.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De chair et de chant, un tel livre devient une fontaine &#171; ub&#233;rale &#187; l&#224; o&#249; l'ineffable a bien des choses &#224; dire et &#224; monter. De plus l'auteure en transforme leurs paradoxes en explorant sa face cach&#233;e &#8212; &#226;me comprise. Sa col&#232;re est une facette avec laquelle il faut n&#233;gocier mais en devenant dupe de rien, &lt;i&gt;&#171; entre onirisme, r&#233;alit&#233; et surr&#233;alit&#233; &#187;&lt;/i&gt; comme l'auteure &#233;crivait lors d'une de ses interviews. Un tel &#171; &#233;tat des lieux &#187; fait grincer avec une sensorialit&#233; musicale et intelligente des promesses d'enchantements. Mais seront-elles toujours tenues ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_22988 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/colere-juliette-brevilliero_livre.jpg' width=&#034;402&#034; height=&#034;640&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Juliette Brevilliero &#171; Col&#232;re &#187;, coll. Po&#233;sie, &#201;ditions Ma&#239;a, 2025, 124 p., 20,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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