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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>D'un livre, l'autre : l'Incompossible</title>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Tandis que je me trouvais &#224; mon bureau, pench&#233; sur mon &#233;cran, entour&#233; de mes livres, j'avais la sensation singuli&#232;re que ma fille, son espi&#232;gle et bienveillant petit fant&#244;me, se tenait derri&#232;re moi, &#233;piant par-dessus mon &#233;paule ce que j'&#233;tais en train d'&#233;crire et, avec moi, s'enchantant de la vieille histoire que si souvent nous avions racont&#233;e ensemble. Comme si, ayant maintenant chang&#233; de r&#244;le, pareille &#224; Peter, flottant dans le vide, de l'autre c&#244;t&#233; d'une immat&#233;rielle fen&#234;tre ferm&#233;e derri&#232;re laquelle je n'aurais pas pu la rejoindre (Philippe Forest).&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/miniture_article_1.jpg-3704494134-831ab.webp?1783201143' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis que je me trouvais &#224; mon bureau, pench&#233; sur mon &#233;cran, entour&#233; de mes livres, j'avais la sensation singuli&#232;re que ma fille, son espi&#232;gle et bienveillant petit fant&#244;me, se tenait derri&#232;re moi, &#233;piant par-dessus mon &#233;paule ce que j'&#233;tais en train d'&#233;crire et, avec moi, s'enchantant de la vieille histoire que si souvent nous avions racont&#233;e ensemble. Comme si, ayant maintenant chang&#233; de r&#244;le, pareille &#224; Peter, flottant dans le vide, de l'autre c&#244;t&#233; d'une immat&#233;rielle fen&#234;tre ferm&#233;e derri&#232;re laquelle je n'aurais pas pu la rejoindre (Philippe Forest).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au livre qu'il a autrefois &#233;crit - le superbe et douloureux &#171; L'enfant &#233;ternel &#187; - Philippe Forest avait donn&#233; pour titre le d&#233;but de la premi&#232;re phrase du roman de Barrie (premi&#232;re version &#233;crite de Peter Pan : &#171; Tous les enfants, sauf un &#187;. &#192; celui qu'il publie aujourd'hui, il donne pour titre la fin de sa derni&#232;re phrase &#187; : Gais, innocents et sans c&#339;ur. Ces deux livres se r&#233;unissent et se rejoignent enfin dans les deux bouts de la cha&#238;ne et les deux bouts d'une fable et d'une r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fable de Peter Pan a contenu la sienne - la vraie, m&#234;me si son nouveau roman disparait au sein de la l&#233;gendaire fiction de J.M. Barrie, auteur de Peter Pan. Et Forest de pr&#233;ciser : &#171; L'histoire se termine. Elle recommence aussi. La derni&#232;re phrase formule la promesse que tiendra la premi&#232;re lorsqu'il se trouvera quelqu'un pour reprendre le roman et pour le rouvrir &#224; la page par laquelle il d&#233;butait. &#187; Et pour le romancier le propre des contes est que jamais ils ne se terminent que pour recommencer aussit&#244;t. Ceux qui les racontent ou qui les &#233;coutent ont disparu depuis longtemps, personne ne se souvient plus d'eux ni de ce que fut leur vie, mais, myst&#233;rieusement, ils leur survivent. Ils scintillent dans le soir comme la F&#233;e Clochette de Peter Pan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si Barrie avait &#233;crit que les enfants sont &#171; sans c&#339;ur &#187;, pour Forest ils parlent de la cruelle et triste loi du Temps. L'existence reste un &#171; sauve qui peut ! &#187; o&#249; tous les coups sont permis, surtout si l'on pense au Capitaine Crochet. Certes le monde n'est qu'un meurtrier man&#232;ge dont la roue d&#233;p&#234;che vers le rien mais selon l'auteur ceux qui s'abandonnent &#224; son abominable vertige, y ont pris leur passager plaisir. Ce n'est la faute de personne. Nul n'est coupable. Chacun, innocent, jouit ainsi, bravement, gaiement, du r&#233;pit que lui accorde le crocodile dont le ventre, monotone et imperturbable m&#233;tronome, &#233;nonce le verdict &#224; l'ex&#233;cution duquel l'existence ne sursoit jamais tr&#232;s longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les histoires n'aient jamais de fin, c'est ce que dit Barrie et Forest le croit (un peu) m&#234;me si, bien s&#251;r, il en va autrement de la vie, sans rien nous faire oublier de son am&#232;re le&#231;on. Elles nous consolent un peu du terrible tour que lui donne le Temps. La loi veut que les enfants grandissent, qu'ils vieillissent et qu'ils meurent. Wendy s'en souvient quand Peter l'oublie. Mais lui, n'a qu'une id&#233;e en t&#234;te. Il veut jouer encore et toujours aux jeux qui lui plaisent, profiter sans peine de l'&#233;ternel recommencement de la vie, s'enchanter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fond, c'&#233;tait le souhait de Philippe Forest lorsqu'il racontait Peter Pan &#224; sa fille. &#171; Nous nous plaisions des m&#234;mes choses sur lesquelles, parfois, nous versions les m&#234;mes larmes. Nous les d&#233;couvrions, nous les retrouvions. Et nul, pas m&#234;me nous, n'aurait pu dire quel sens avait le sourire que l'on voyait &#224; nos deux visages, si nous faisions seulement semblant d'&#234;tre gais ou alors simplement semblant d'&#234;tre tristes &#187;, &#233;crit Forest. Preuve que son nouveau roman fait avec le premier le joint parfait &#8211; enfin si l'on peut dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autant que Forest nous touche une fois de plus, en acm&#233; : &#171; Tandis que je me trouvais &#224; mon bureau, pench&#233; sur mon &#233;cran, entour&#233; de mes livres, j'avais la sensation singuli&#232;re que ma fille, son espi&#232;gle et bienveillant petit fant&#244;me, se tenait derri&#232;re moi, &#233;piant par-dessus mon &#233;paule ce que j'&#233;tais en train d'&#233;crire et, avec moi, s'enchantant de la vieille histoire que si souvent nous avions racont&#233;e ensemble. &#187; En fait Peter Pan est un astre et comme le romancier nous nous nourrissons de lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Forest, &#171; Gais, innocents et sans c&#339;ur&#034;. &#192; propos de Peter Pan &#187;, &lt;br class='autobr' /&gt;
coll. Blanche, Gallimard, 2026, 160 p., 18 &#8364;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27526 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/1-38.jpg' width=&#034;228&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le c&#339;ur fant&#244;me</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Axel Le&#769;otard et Dunia Ambatlle</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Toute v&#233;rit&#233; est une interpr&#233;tation de la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L149xH150/corridor-ca950.jpg?1780220498' class='spip_logo spip_logo_right' width='149' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Toute v&#233;rit&#233; est une interpr&#233;tation de la r&#233;alit&#233;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;big&gt;&lt;strong&gt;&#8230; Et la r&#233;alit&#233; est une &#233;nigme sans solution&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/big&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;Pour voir le livre en plein &#233;cran :&lt;/strong&gt; &lt;/center&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&#034;https://online.fliphtml5.com/ojhgc/wupg/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://online.fliphtml5.com/ojhgc/wupg/&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;iframe style=&#034;width:600px;height:334px&#034; src=&#034;https://online.fliphtml5.com/ojhgc/wupg/&#034; seamless=&#034;seamless&#034; scrolling=&#034;no&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowtransparency=&#034;true&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; &gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'outre voir</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>photographie contemporaine</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>Eros</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;C&#233;cilia Jauniau s'attache &#224; des individus, &#224; des personnalit&#233;s. Elle a &#233;tudi&#233; la peinture et les arts plastiques &#224; l'Universit&#233; Paris 8 puis au Queen's College de New York. Elle y a d&#233;couvert la photographie et plus particuli&#232;rement le portrait et le nu f&#233;minin.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Eros" rel="tag"&gt;Eros&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L148xH150/cecilaj-81f7d.jpg?1780165489' class='spip_logo spip_logo_right' width='148' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C&#233;cilia Jauniau s'attache &#224; des individus, &#224; des personnalit&#233;s. Elle a &#233;tudi&#233; la peinture et les arts plastiques &#224; l'Universit&#233; Paris 8 puis au Queen's College de New York. Elle y a d&#233;couvert la photographie et plus particuli&#232;rement le portrait et le nu f&#233;minin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but se sa carri&#232;re, s'appuyant sur des images chin&#233;es, C&#233;cilia Jauniau recherchait des visages durs et s&#233;v&#232;res afin d'y discerner les femmes qui se cachaient derri&#232;re. Leur retenue avait trait &#224; leur histoire personnelle et familiale. Ces femmes &#233;taient montr&#233;es corset&#233;es mais - et cons&#233;quence - tout autant d&#233;shabill&#233;es. Il s'agissait de d&#233;senclaver celles qui &#233;taient prisonni&#232;res de l'enfer de leur propre repr&#233;sentation. &#171; Les lib&#233;rer passe par le d&#233;sir, l'envie de suivre leur instinct. Elles sont prises en tenaille par la soci&#233;t&#233; et les convenances, j'ai envie de les d&#233;brider &#187; &#233;crivait l'artiste. Le nu lui a ouvert un nouveau champ. Il lib&#232;re moins l'image qu'une &#171; parole &#187; murmur&#233;e ou muette. Le corps y reprend ce qui lui a &#233;t&#233; confisqu&#233;. Il peut assumer ses d&#233;sirs. En ce sens C&#233;cilia Jauniau reste passionn&#233;e par les corps morcel&#233;s de Bellmer, le f&#233;tichisme de Molinier, la puissance figurale de Nan Goldin et la crudit&#233; d'un Saudek et ses corps de femmes abandonn&#233;s, crus, d&#233;goulinants, fa&#231;onn&#233;s, pervers. &#171; Ce sont des d&#233;monstrations presque monstrueuses &#187; proclame l'artiste. Elle a d&#233;couvert l&#224; le grand chemin de sa recherche. Ne choisissant jamais des mod&#232;les professionnels, elle trouve ses femmes par annonces puis elles discutent longuement. Comme l'&#233;crit l'artiste, &#171; elles rel&#232;vent un d&#233;fi la plupart du temps. Leur d&#233;marche est li&#233;e &#224; leur histoire personnelle. Ce passage &#224; l'acte, cette mise &#224; nu est quasi th&#233;rapeutique. Elles ressentent le besoin de s'affirmer pour maintes et maintes raisons, comme une rupture familiale, une culture trop oppressante. Leur geste va contre leur &#233;ducation o&#249; les brimades qu'elles ont pu subir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans &#171; Place Dauphine &#187;, C&#233;cilia Jauniau garde l'art de pratiquer des raisons subliminales. Ses photos influencent la vision des voyeurs (et voyeuses) voire leurs songes naissants dans ses jeux non du hasard mais du r&#233;el (parfois l&#233;g&#232;rement caviard&#233;). &#192; sa mani&#232;re elle r&#233;invente un chant de Maldoror l&#224; o&#249; la pens&#233;e d'autrui veut s'infiltrer dans son sexe ouvert ou &#171; &#233;pingl&#233; &#187;. La photographe par ses propres mises en sc&#232;ne, collages et sensations, d&#233;couvre l&#224; o&#249; g&#233;n&#233;ralement reste du manque d'&#234;tre son intimit&#233;. Existe l&#224; forc&#233;ment un chapelet de d&#233;sirs parfois agraf&#233;s dans un impensable dont il faut aimer le r&#234;ve de l'impudeur et de sa &#171; fatale &#187; beaut&#233;. Il s'agit toujours de regarder le sexe en face dont son honneur peut &#234;tre parfois ouvert entre deux chaises. Il n'existe pas pour lui de mauvais profil. Celui-ci est toujours bon dans son long sillage. Et nous faisons bien des culbutes &#224; travers ce miroir qui ne joue que tr&#232;s rarement avec son ombre. Et quoique marqu&#233;, le rose ne subit jamais d'ecchymoses. Nous sommes pleins de cette vision o&#249; certains ou certaines pensent que leur cerveau prend l'eau. Et ce sexe parfois aussi. C'est un origami crochet&#233; ou qui s'envole. Pour Cecilia Jauniau son sexe est plus que sa dauphine, sa muse et ranime nos flammes qui d&#233;bordent de sa propre salive du fond de sa galerie. Tout reste fascinant, non sans humour discret, v&#233;riste. C'est l'&#233;loge du secret. &#201;ric le souligne.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/cecila.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH637/cecila-45ede.jpg?1778056456' width='500' height='637' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;C&#233;cilia Jauniau et Eric, &#171; Place Dauphine &#187;, non pagin&#233;, &#224; commander &#224; La Musardine (Paris) ou sur son facebook et Instagram.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#339;uvre et son syndrome</title>
		<link>https://tk-21.com/L-oeuvre-et-son-syndrome</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Sans le savoir (ou presque) James-Matthew Barrie a cr&#233;&#233; par Peter Pan non seulement un mythe mais un syndrome. Il fut d'ailleurs victime de son personnage. Le fils pr&#233;f&#233;r&#233; de sa m&#232;re (David) qui avait &#224; peu pr&#232;s le double de son &#226;ge (13 ans), mourut lorsque le futur auteur n'avait pas encore sept ans. Il essaya de le remplacer dans le c&#339;ur de sa m&#232;re, allant jusqu'&#224; s'habiller avec les v&#234;tements du d&#233;funt pour s'identifier &#224; lui.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/jpgp_peter_pan-0ccbc.jpg?1777833663' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sans le savoir &#8212; ou presque &#8212; James-Matthew Barrie a cr&#233;&#233; par Peter Pan non seulement un mythe mais un syndrome. Il fut d'ailleurs victime de son personnage. Le fils pr&#233;f&#233;r&#233; de sa m&#232;re, David, qui avait &#224; peu pr&#232;s le double de son &#226;ge &#8212; 13 ans &#8212; mourut lorsque le futur auteur n'avait pas encore sept ans. Il essaya de le remplacer dans le c&#339;ur de sa m&#232;re, allant jusqu'&#224; s'habiller avec les v&#234;tements du d&#233;funt pour s'identifier &#224; lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enfance de J. M. Barrie est marqu&#233;e par ce drame, et le petit James se construit sur une f&#234;lure. Toute sa vie, il essaye d'emporter l'amour de sa m&#232;re, mais n'y parvient jamais tout &#224; fait. Il se donne mission de consoler sa m&#232;re de cette perte, et son besoin d'&#233;crire provient tr&#232;s probablement d'une volont&#233; de r&#233;cr&#233;er le monde en niant le drame. Le th&#232;me de la jeunesse &#233;ternelle est r&#233;current dans son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. Barrie &#233;tait un homme menu et fluet, de petite taille. On a parfois soulign&#233; sa d&#233;marche quasi-enfantine &#8212; tel son h&#233;ros Peter qui ne veut pas grandir. On suppose, sans la moindre preuve, que ce personnage atypique &#233;tait androgyne et que ce fut l'une des raisons de son divorce. Le personnage de Peter Pan appara&#238;t pour la premi&#232;re fois dans un roman fantaisiste intitul&#233; &lt;i&gt;&#171; Le petit oiseau blanc &#187;.&lt;/i&gt; J. M. Barrie d&#233;veloppe le personnage de Peter pour cr&#233;er la pi&#232;ce de th&#233;&#226;tre &#171; Peter Pan, ou le gar&#231;on qui ne voulait pas grandir &#187;, et sa carri&#232;re n'eut plus d'interruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tel h&#233;ros est caract&#233;ris&#233; par le refus persistant de quitter l'enfance &#8212; on en trouve plus tard chez le &lt;i&gt;Roi de la Pop&lt;/i&gt; Michael Jackson une illustration saisissante. Il pr&#233;senta d&#232;s son plus jeune &#226;ge des signes distinctifs de cette pathologie. Elle marquera profond&#233;ment sa vie personnelle et professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comme chez Michael Jackson, dans la vie de J. M. Barrie, les racines de ce syndrome remontent &#224; sa structure familiale particuli&#232;re et aux conditions de son d&#233;veloppement pr&#233;coce dans une fratrie de dix enfants o&#249; s'installent des dynamiques dysfonctionnelles. L'enfant devrait normalement construire son identit&#233; &#224; travers des interactions sociales &#233;quilibr&#233;es mais de fait, il ne les trouva que plus tard dans ses &#233;tudes et sa vie &#224; Londres en tant que dramaturge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, Peter Pan &#233;chappe &#224; son cr&#233;ateur. Il n'a rien d'un &#171; Bambi &#187;, ignore sa fragilit&#233; en conduisant ses proches vers une certaine maturit&#233;. Son histoire et son mythe nous ram&#232;nent au monde des contes de f&#233;es, de l'attraction naturelle vers le monde de l'enfance et sa capacit&#233; &#224; &#233;tablir des relations privil&#233;gi&#233;es avec les jeunes, voire avec des adultes, en acceptant le conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun peut y voir, &#224; tort ou &#224; raison, une identification profonde &#224; l'enfance comme refuge psychologique. Mais reste &#224; savoir si Peter Pan se per&#231;oit lui-m&#234;me comme un enfant et trouve naturel de partager leur univers ? De fait, loin d'un stress &#233;motionnel, il subsume les adultes et leur pouvoir. Avec ses compagnons (et certes avec une conjonction magique et f&#233;tiche), il r&#233;pond aux incompr&#233;hensions du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'existe donc pas dans cette f&#233;erie la phobie du monde adulte et de ses responsabilit&#233;s. Les adultes autoritaires n'incarnent plus des mod&#232;les masculins matures, mais face &#224; eux Peter Pan est rassurant, escogriffe, aventurier. De fait, Peter Pan joue le r&#244;le de figure parentale alternative qui gomme toute carence relationnelle. Un tel h&#233;ros est l'as de performance face aux pirates. Et apr&#232;s tout il devient une th&#233;rapie et une sublimation litt&#233;raire du syndrome dont il h&#233;rita.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J. M. Barrie exprime, &#224; travers lui et son &#339;uvre, une conqu&#234;te d'expression &#233;motionnelle et des moments cr&#233;atifs o&#249; il acc&#233;da &#224; un accomplissement. Par le succ&#232;s de son h&#233;ros, il est sans doute sorti de sch&#233;mas psychologiques &#233;tablis dans l'enfance. Il a r&#233;alis&#233; une reconstruction contre le refus persistant de la maturit&#233; &#233;motionnelle et contre l'&#233;vitement des responsabilit&#233;s adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, exit dans les attitudes des enfants de son histoire la conservation de traits comportementaux infantiles et la recherche de protection dans l'univers de l'enfance. Sans troubles anxieux li&#233;s &#224; la perspective de grandir. Au contraire. Preuve que l'univers de Peter Pan reste une &#339;uvre ouverte et &#224; suivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_27131 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/19-12.jpg' width=&#034;188&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;James Matthew Barrie, &#171; Peter Pan &#187;, &#201;dition de Cornelius Crowley, Jean-Michel D&#233;prats et Philippe Forest, Collection &#171; Biblioth&#232;que de la Pl&#233;iade &#187; (n&#176;684), Gallimard, 2026, 1168 p., 67 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>La le&#231;on du langage</title>
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		<dc:date>2026-05-03T18:03:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans les &#171; Histoires de Samora M&#226;chel &#187;, il ne s'agit pas de saccage ni de destruction, mais d'un retour dans une forme d'exaltation et d'une paradoxale r&#233;surrection. D'autant que Pierre Guyotat &#233;tait habit&#233; par l'Histoire, celle des soci&#233;t&#233;s et des corps, comme par celle de la langue. &lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/jpgp_guyotat-24e71.jpg?1777833663' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les &#171; Histoires de Samora M&#226;chel &#187;, il ne s'agit pas de saccage ni de destruction, mais d'un retour dans une forme d'exaltation et d'une paradoxale r&#233;surrection. D'autant que Pierre Guyotat &#233;tait habit&#233; par l'Histoire, celle des soci&#233;t&#233;s et des corps, comme par celle de la langue. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La lecture publique qu'il fit de ce livre fut une &#233;preuve. Il la vivait comme telle, mais aussi comme un accomplissement d'une teste au rythme &#233;trange, inou&#239; non sans une extraordinaire douceur. Tous ceux qui l'ont entendu lire le savent, c'&#233;tait comme une exp&#233;rience de transsubstantiation : des sc&#232;nes de bordel chant&#233;es avec la tendresse murmur&#233;e d'une berceuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;crit ou vocalis&#233; le livre est la &#171; poche de rythmes &#187; l&#224; l'id&#233;e y est d'abord. Son rythme est li&#233; au souffle, au battement du c&#339;ur, &#224; la vision sociale et organique qu'il avait de la langue. Elle &#233;tait pour lui vivante, travaill&#233;e par ses origines mais la transformation de la langue &#233;tait en plus un acte politique pour la rendre plus vive m&#234;me si, surtout, un c&#339;ur bat : celui de l'humanit&#233; avec ses contradictions, sa violence et sa tendresse dans le frottement des extr&#234;mes l&#224; &#171; l'ordure et la m&#233;taphysique &#187; qui fait chanter la langue. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humain est ici sauvage, violent et saisissant de nos soci&#233;t&#233;s. Ici le &#171; prostitutionnel &#187; &#8212; &#224; savoir le personnage omnipr&#233;sent &#8212; est celui du &#171; putain &#187; qui ne veut pas qu'on l'abandonne &#224; un autre &#233;tat sans pour autant se faire consoler. Et ce l&#224; o&#249; ces &#171; Histoires &#187; tiennent le monde qu'elles repr&#233;sentent pour celui qui ne terrifierait que s'il &#233;tait r&#233;el. Or il n'y a rien de plus r&#233;el, ni de plus naturel que le monde que Guyotat montre par une langue et non de leurs &#171; effets &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre les &#233;diteurs des &#171; Histoires de Samora M&#226;chel &#187; offrent quelques cl&#233;s. Par exemple les r&#232;gles dites de la &#171; bab&#233;lisation &#187;, concernant les lettres &#171; a &#187;, &#171; e &#187;, &#171; u &#187;, &#171; i &#187;. Mais ils expliquent encore comment dire &#224; la place de &#171; cinq &#187; &#171; &#231;anq &#187;, et &#171; vingt &#187; &#171; vangt &#187;. Dans ce texte les lettres ne disparaissent pas : elles se m&#233;tamorphosent, pour ralentir, acc&#233;l&#233;rer, muscler le texte et lui offrir du &#171; Change &#187; comme l'appelait Jean-Claude Montel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas limiter cette langue o&#249; l'oralit&#233; r&#232;gnerait en ma&#238;tre. Tout est &#171; bien &#187; &#233;crit certes mal, mais pour exprimer mieux et sans jamais pour l'auteur de se faire complice d'une illusion ou participer &#224; un fantasme. Guyotat &#233;crit son langage en et avec lui, voire &#224; sa place mais pour le signer en m&#234;me temps que lui. Et surtout existe ici &#8212; comme dans &#171; Prog&#233;nitures &#187; ou &#171; Joyeux animaux de la mis&#232;re &#187; &#224; une &#171; le&#231;on sur la langue fran&#231;aise &#187; pour reprendre le titre que Guyotat avait donn&#233; &#224; ses cours &#224; l'universit&#233; de Paris VIII Saint-Denis,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_27129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/17-14.jpg' width=&#034;244&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pierre Guyotat, Histoires de Samora M&#226;chel, Gallimard, Hors-s&#233;rie Litt&#233;rature, 2026, 710 p., 28 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Au-del&#224; des m&#232;res</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/couv_retourner_le_regard_copie-01b42.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin de l'agitation ali&#233;nante des images J&#233;r&#233;my Liron cultive une certaine retraite agissante. Ses &#339;uvres nous &#171; scotchent &#187; car elles sont soustraites aux faux enchantements de l'artifice au sein m&#234;me de territoires construits plus pour l'ostentation que le recueillement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le retrait reste la qualit&#233; premi&#232;re de ce travail qui distribue les signes presque imperceptibles de changements d'&#233;poque, de temps. L'artiste nous redonne un sens auroral qui se perd de plus en plus. Sans que les choses apparaissent avec clart&#233; on vient rechercher ici, dans la retraite et son recul, une autre, plus vivace et originaire de ce que nous m&#234;mes avons connu et &#233;prouv&#233; dans nos &#233;tranges et provisoires &#233;piphanies matricielles voire marines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soustrait aux prises habituelles, en recul, priv&#233; de relief ou simplement de l'&#233;vidence allant de soi le long des jours, le paysage chez Liron est donc soumis &#224; une &#233;trange &#233;rosion et &#233;rection. La terre tend aimant&#233;e vers la m&#232;re voir la mer de celle-l&#224; et ses ou nos souvenirs une fois de plus semblent eux aussi se perdre en elle. Le paysage change mais en restant le m&#234;me. C'est (aussi) une mani&#232;re de retrouver une forme d'extase ou de ne pas la quitter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, noter, dessiner, peindre, garder trace de tous ces moments o&#249; le temps est soudain suspendu deviennent un jeu d'&#233;chos &#8212; voire de conjurer la m&#233;lancolie. Preuve que le cr&#233;ateur n'est pas de ceux qui se contentent d'errer dans les paysages qui le pr&#233;c&#232;dent. Par ses toiles, photographies, sculptures et vid&#233;os, il aborde par exemple le paysage baln&#233;aire &#224; travers une exp&#233;rience commune. Qui ne se souvient pas de vacances aussi familiales que maritimes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains elles &#233;taient le signe d'une joie d&#233;bordante, pour d'autres d'une sorte d'anxi&#233;t&#233;. L'un et l'autre de ces sentiments font porter une attention particuli&#232;re au paysage d'emprunt. Mais l'auteur est sensible &#224; des &#171; pans &#187; que nous ignorions face &#224; ceux que nous fr&#233;quentons au quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un d&#233;part ponctuel, le cr&#233;ateur g&#233;n&#232;re toujours un processus tr&#232;s particulier. Des &#233;l&#233;ments architecturaux font ainsi irruption dans des paysages o&#249; la v&#233;g&#233;tation veut garder le premier plan. J&#233;r&#233;my Liron peint aussi des villas rectilignes, anguleuses, mais il sait porter son regard sur des d&#233;tails qui sont autant d'intrusions, d'accidents de parcours. Tout est l&#224; mais vacille, comme affaibli, sans fermet&#233;, soudain distant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais dans ses &#339;uvres comme dans ses textes Liron touche &#224; l'essence-m&#234;me de la critique d'art. Car en cette posture instinctive pour lui, il met en sc&#232;ne un regard qui cherche &#224; n'en plus finir, au point de parvenir &#224; une sorte d'&#233;lucidation extr&#234;me. &lt;i&gt;&#171; S'il se sert du m&#233;dium de l'&#233;criture, c'est qu'il est seul capable, comme un hydrolat, de s'impr&#233;gner d'une mati&#232;re premi&#232;re per&#231;ue et assimil&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit L&#233;a Bismuth la pr&#233;faci&#232;re du livre. Ici Liron devient le v&#233;ritable critique d'art qui retourne le regard, d&#233;passe le &#171; go&#251;t &#187; pour atteindre, une subjectivit&#233; partageable, &lt;i&gt;&#171; une forme paradoxale d'objectivit&#233; intime &#187;&lt;/i&gt; ajoute la pr&#233;faci&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste l'a d'ailleurs lui m&#234;me bien compris lorsqu'il affirme : &lt;i&gt;&#171; Ne passe-t-on pas la majeure partie de son temps &#224; inventer par petites parcelles les souvenirs exacts de ce qui ne cesse continuellement de nous &#233;chapper ? &#187;&lt;/i&gt;. Le cr&#233;ateur en inventant ou en devenant critique de son travail les retient : mais de mani&#232;re distanci&#233;e, &#224; travers l'&#233;pure mais aussi par effet de vitre de son livre. Elle laisse passer la lumi&#232;re et tient lieu aussi d'&#233;cran pour un tel artiste et &#233;crivain dont le regard n'est jamais inerte. Il fonce toujours au-del&#224; de ses propres &#171; m&#232;res &#187; (primitives ou plus retard&#233;es) qui le porte vers les lointains non d'en face mais dedans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_26959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/11-33.jpg' width=&#034;340&#034; height=&#034;340&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J&#233;r&#233;my Liron, &#171; Retourner le regard &#187;, L'Atelier contemporain, 2026, 424 p., 25 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Hauts voltages / hautes voltiges</title>
		<link>https://tk-21.com/Hauts-voltages-hautes-voltiges</link>
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		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH119/arton2813-7cd00.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux propose ici ce que certains croient trouver : la compilation de son &lt;i&gt;&#171; d&#233;sastre tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue + tr&#232;s langue &#187;&lt;/i&gt; qui demeure une des plus grandes entreprises litt&#233;raires du temps avec &#224; la fois tous les effacements possibles du simple logos pour une autre dignit&#233; du verbe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais ici, il ne s'agit pas de &lt;i&gt;L'Ecriture du d&#233;sastre&lt;/i&gt; de Maurice Blanchot. Les mots avancent l&#224; o&#249; &lt;i&gt;&#171; l'alfa b&#233;e &#187;&lt;/i&gt; et la syntaxe se d&#233;multiplie, sous pr&#233;texte de classements, pour d&#233;sorganiser l'apparent logos, avec gourmandise et goinfrerie, de ses ordres admis. Face &#224; la cupidit&#233; lib&#233;rale, la litt&#233;rature offre un retour d'ombre, en prouvant combien tout logos peut s'enrayer lorsque les c&#244;tes du non-sens montent mais pour le redresser.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ici les &lt;i&gt;&#171; courants &#187;&lt;/i&gt; de Philippe Jaffeux ont pris la forme d'un processus s&#233;riel, r&#233;p&#233;titif et minimal ; dans ses carr&#233;s parfaits de 26 affirmations en 26 lignes, un d&#233;chiffrement de notre conscience, quitte &#224; nous donner du plomb dans l'aile. Il poursuit ainsi sa campagne de fouilles selon la potence et le ciel o&#249; il &lt;i&gt;&#171; explore l'insouciance d'une hasar&#171; t &#187; qui observe l'&#233;tude d'une ignorance &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; o&#249; ses incisions sont fines par la lame des lignes (et leur &#226;me). Elles reconstituent notre savoir o&#249; parfois des r&#233;p&#233;tions semblent se r&#233;gler sur un tel &lt;i&gt;&#171; abus &#187;&lt;/i&gt; (dit l'auteur) mais sans exc&#232;s et, sauf son respect pour, s'ajuster &#224; la mesure d'un d&#233;s&#233;quilibre juste, dans ce qui devient une sorte de br&#233;viaire dont la racine est carr&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De telles aventures (si l'on peut dire) de la r&#233;flexion la plus profonde cr&#233;ent notre joie par une telle lecture puisque ses tablettes et tablatures tentent d'intercepter un chaos &lt;i&gt;&#171; impassible &#187;&lt;/i&gt;. Existent l&#224; des m&#233;t&#233;orites lan&#231;ant des pierres sur nos incertitudes gr&#226;ce &#224; de telles &lt;i&gt;&#171; v&#233;rit&#233;s &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur s'arrime en son logos plus ou moins alpha b&#233;tique &#224; nous sortir de notre animalit&#233; dans son savoir &#224; flux et &#224; sens dont ici aucun n'est interdit. Bref ce que l'on n'apprend ne pas savoir permet de comprendre que la puissance des ab&#238;mes est dans le cerveau d'un tel h&#233;ros. Il est entre Ulysse et cas l'ipso dans son don et son odyss&#233;e. Et contre ceux qui la ferme, il l'ouvre dans ses joyaux et diamants dont la sophistique se divise du poulpe par la pens&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce nouvel ouvrage devient une p&#233;pite incandescente, d'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de la traduire en mots, pour mieux la canaliser, l'approcher, l'apprivoiser. Car la premi&#232;re &#233;motion (ou la r&#233;flexion derni&#232;re) ouvre, emporte, fige, t&#233;tanise entre invocation c&#233;leste et imminence du danger d'&#234;tre refa&#231;onn&#233;s par des affirmations parfois compliqu&#233;es pour les raisonneurs. Mais les sentences de l'auteur, elles, ne sont jamais bancales.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Existe l&#224; une forme d' &lt;i&gt;&#171; orph&#233;lisme &#187;&lt;/i&gt; d'un genre particulier, g&#233;om&#233;trique et &#171; cadr&#233;e &#187;. Jaffeux renonce aux d&#233;combres et ruines des penseurs et les d&#233;passe par un autre p&#244;le : &#224; savoir, celui des naissances et l'&#233;preuve d'accouchements de la pens&#233;e en des constellations &#233;lectives au moment o&#249; l'habitus et la norme n'ont pas encore droit de cit&#233; &#8212; et pour cause.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Philippe Jaffeux, &lt;i&gt;Courants fous&lt;/i&gt;, &#201;ditions Les M&#233;t&#233;ores, 2026, 80 p., 12 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'amour alcool de mante</title>
		<link>https://tk-21.com/L-amour-alcool-de-mante</link>
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		<dc:date>2026-03-01T12:14:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir (ou sa confusion ), reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH124/arton2812-c8aa5.jpg?1772367389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='124' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le choix des &#233;crits republi&#233;s dans La Pl&#233;iade prouve que la vie de Marguerite Duras est tout autant son &#339;uvre. Dans l'addiction de l'amour ou du d&#233;sir &#8212; ou sa confusion &#8212;, reste une atmosph&#232;re, un effluve, un alcool dont l'&#233;crivaine ne fut plus vraiment responsable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour elle, l'amour ne r&#233;pond de rien. Mais demande tout : &lt;i&gt;&#171; J'ai pass&#233; des semaines avec lui, les plus d&#233;cisives &#187;&lt;/i&gt; &#233;crit-elle. Mais quand il est absent, l'auteure &#233;crit. C'est la maladie de la mort, maladie de la vie. C'est un but. Une course.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais il y a plus, car chez Duras les amants sont coup&#233;s du monde et ils r&#234;vent &#8212; le mot est important &#8212; m&#234;me s'il y a loin chez eux la coupe aux l&#232;vres. Ils r&#234;vent de vivre comme le reste d'une peuplade perdue dans le temps lui-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais bien plus encore. Car dans cet espace, les amants durassiens sont &#233;pris, d&#233;sempar&#233;s et achev&#233;s. Il leur faut &#8212; faudrait &#8212; ainsi sortir de l'histoire et de l'Histoire, afin d'atteindre un &#171; temps pur &#187; qui n'appartiendrait qu'&#224; eux. Un temps sans conscience, un temps des premiers &#234;tres. L'amour devient non seulement le philtre myst&#233;rieux qui unit et s&#233;pare mais le filtre contre la r&#233;ceptivit&#233; organis&#233;e, &#224; l'hospitalit&#233; sociale exogame, s&#233;lective, qui ne cesse de trier et ne peut accepter la passion, par nature obsessionnelle, qui d&#233;range son ordre.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais chez elle, l'amour est aussi la chair qui se manifeste. Ses h&#233;ro&#239;nes tentent de sortir du jeu d'inhibition psychique et de la stupeur sexuelle organis&#233;es. Toutefois, un tel luxe la soci&#233;t&#233; ne peut se l'offrir tant elle aime risquer de faire capoter la passion dans quelque chose de mystique que toute sexualit&#233; entrave. Mais chez Duras, m&#234;me si la cr&#233;atrice ne l'exhibe pas, la chair n'est plus un &#233;cran. Elle est au centre du dispositif romanesque.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui-ci permet d'entendre ce qui n'a pas de nom, de s'approcher de soi en s'approchant de l'autre. L'&#233;treinte ouvre le refoul&#233;, &#224; savoir ce qu'on a repouss&#233; dans la solitude qu'aucun ne m&#233;rite. Et donc en cons&#233;quence ses h&#233;ro&#239;nes deviennent des menteuses &#224; force d'&#234;tre sinc&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Les mots ne peuvent contenir la fi&#232;vre, ils la biaisent, en font (presque) un usage pervers. Comme si le langage lui-m&#234;me (parce qu'il est social) aime &#8212; ne l'aimant pas &#8212; contredire la passion.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais l'amour ne sera qu'un temps non partag&#233;, non v&#233;cu ensemble, si ce n'est que par bouff&#233;es d'autant plus immenses qu'elles sont &#224; la base m&#234;me r&#233;duites &#224; leur plus simple expression &#224; l'&#233;chelle du temps humain. Toutefois, en d&#233;pit de l'&#233;chec &#171; programm&#233; &#187;, les amants d&#233;couvrent que leur corps parle, peut parler une langue &#233;trang&#232;re, extraordinairement mutique.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Cela n'est pas neuf, cela pourrait sembler &#171; fleur bleue &#187;. Mais l'auteure donne &#224; cet &#233;tat une dimension tragique neuve. On n'est pas &#224; V&#233;rone, mais &#224; Venise, Calcutta, Paris. Trouville enfin. Et si, &#224; mesure que la passion semble apprendre les rudiments du langage et de la peau, les mots s'effondrent en phrases spasmes ? D&#232;s lors, rien ne se cr&#233;e, tout se transforme. En culpabilit&#233; ou en omission.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
En cons&#233;quence l'&#234;tre ne peut se d&#233;nuder que dans le langage. Il devient le seul recours. Mais si &#8212; et comme l'&#233;crit Pascal Quignard &lt;i&gt;&#171; Entre les jambes de la premi&#232;re femme le premier ermite montra d&#233;j&#224; son visage &#187; &lt;/i&gt; &#8212; &#224; travers son &#339;uvre, Duras nous rend plus perspicaces ?&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sans doute la question du sexe hante l'&#233;criture de Marguerite dans la mesure o&#249; s'y rencontre l'inad&#233;quation fondamentale de la langue aux choses, de la femme et de l'homme. Mais pour n'&#234;tre pas le pauvre jouet du m&#226;le et comme ses h&#233;ro&#239;nes, Duras se veut magique en &#233;crivant l'amour : la raison courte d'haleine, silencieuse d&#233;pose et range son fouet par ses phrases, ses lacunes. Dans ses foudroyantes joie et douleur.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
De plus Marguerite Duras divulgue des noces &#233;rotiques pour remettre en jeu le d&#233;sir. L'&#201;poux s'adresse &#224; elle, elle s'adresse &#224; l'amant. Ravie en esprit, ravie physiquement, souffrant le Calvaire, revivant la Passion, mourant &#224; elle le transport amoureux la p&#233;n&#232;tre comme elle fut p&#233;n&#233;tr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &#233;crire, dit-elle. L'&#233;criture ne se quitte pas. C'est une maladie, une addiction, un alcoolisme. &#201;crire ce qu'on ne sait pas. Ou plus. Ou trop bien. &#201;crire ne sauve rien. &#201;crire sauve &#171; la Petite &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23174 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/png/11.png' width=&#034;277&#034; height=&#034;445&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Marguerite Duras, &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Amant et autres &#233;crits, &lt;br class='autobr' /&gt;
La Pl&#233;iade, &lt;br class='autobr' /&gt;
Gallimard 2026, 992 p. &#8211; &lt;br class='autobr' /&gt;
64,00 &#8364;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>M&#233;moires interdites</title>
		<link>https://tk-21.com/Memoires-interdites</link>
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		<dc:date>2026-02-03T09:27:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il arrive qu'on trouve sur un banc public, sur la table d'un restaurant, sur le rebord d'une fen&#234;tre, sur le si&#232;ge arri&#232;re d'un taxi, ou dans tout autre lieu plus insolite, un livre abandonn&#233;.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2801-5b827.jpg?1772186812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il arrive qu'on trouve sur un banc public, sur la table d'un restaurant, sur le rebord d'une fen&#234;tre, sur le si&#232;ge arri&#232;re d'un taxi, ou dans tout autre lieu plus insolite, un livre abandonn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut l'ignorer. On peut le prendre en main et parfois d&#233;couvrir sur la page de garde un texte manuscrit, indiquant que l'abandon &#233;tait volontaire et qu'il serait judicieux que le livre ainsi propos&#233; &#224; une nouvelle lecture soit ensuite remis en circulation. Chaque lecteur, chaque lectrice peut librement ajouter un mot, souligner une phrase ou corner une page. Le livre garde ainsi la m&#233;moire de son p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des enfants ont remarqu&#233; qu'il est fr&#233;quent de mettre en terre des &#234;tres chers d&#233;c&#233;d&#233;s et d'en conserver le souvenir par diff&#233;rents stratag&#232;mes. Ils ont &#233;galement constat&#233; que des graines ensevelies, &#224; la bonne profondeur dans un terreau nourricier, peuvent germer et des plantes ensuite grandir pour offrir au soleil de belles efflorescences. Ils se sont r&#233;unis en petits groupes pour organiser des c&#233;r&#233;monies clandestines d'enterrement de leurs jouets pr&#233;f&#233;r&#233;s, dans l'espoir que leurs r&#234;ves puissent un jour devenir r&#233;alit&#233;. L'&#201;tat est rapidement intervenu pour interdire le transport des jouets dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant constat&#233; des all&#233;es et venues suspectes ainsi que des regroupements de plus de six individus dans des lieux de m&#233;moire, l'&#201;tat a promulgu&#233; une loi prohibant toute circulation &#224; plus d'un kilom&#232;tre &#224; partir des domiciles et rappel&#233; le d&#233;cret sur l'occupation de l'espace public interdisant d'&#234;tre ici et ailleurs en m&#234;me temps. En cons&#233;quence, les forces de police charg&#233;es du maintien de l'ordre sont partout et les physiciens pr&#233;tendant que la superposition des &#171; ici &#187; et des &#171; ailleurs &#187; est une r&#233;alit&#233; quantique ont &#233;t&#233; interdits d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines rues, on voit des recluses et des reclus &#233;tendre &#224; leur fen&#234;tre des tissus de couleurs, des robes, des tuniques, des vestes ou des foulards. Ces parures sont devenues inutiles depuis l'interdiction d'acc&#233;der au-dehors qui a rendu superflu le plaisir d'&#234;tre, de rencontrer et de s&#233;duire. Ainsi la ville dansante est devenue un labyrinthe de rues vides habill&#233;es d'oripeaux, eux-m&#234;mes rapidement r&#233;prim&#233;s parce que consid&#233;r&#233;s comme subversifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les acc&#232;s aux plages sont d&#233;sormais interdits parce que la contemplation nostalgique d'un horizon a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e dangereuse pour la sant&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des bruits de r&#233;voltes peuvent habiter un monde sans m&#233;moires. De percutantes sonorit&#233;s, infimes d'abord, parce que personnelles, puis r&#233;unies en irr&#233;sistibles et tumultueuses clameurs collectives, occupent alors bruyamment l'espace public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus N&#176;03 : M&#233;moire et bruits&lt;br class='autobr' /&gt;
En librairie sur commande et en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-10 &#8207; : &#8206; 2372282204&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-13 &#8207; : &#8206; 978-2372282208&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/gif/couv-se03-pr-com-4-tk.gif' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ce qui tue</title>
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		<dc:date>2026-02-02T10:59:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Paul Gavard-Perret</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH139/arton2797-79338.jpg?1772187081' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='139' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187; nous vivons dans un autre monde que r&#233;el, constamment immerg&#233;s et en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour Alain Marc, la langue est une b&#234;te respiratoire. Elle revient &#224; sa racine et elle est sa fianc&#233;e fant&#244;me. L'auteur ram&#232;ne une nouvelle fois &#224; la richesse sonore et non &#224; l'abstraction de la langue. Sa pens&#233;e miroite dans une &#233;nergie o&#249; les mots ne sont pas les choses mais la pens&#233;e s'entend par l'incarnation qu'ils lui donnent. Et &#224; travers cette langue et son exp&#233;rience, Alain Marc donne l'id&#233;e que la pens&#233;e est une course de haie au sein d'une richesse phonique, sa danse et son mouvement sourd. Il continue &#224; travailler &#224; l'aveugle, sachant que l'&#233;criture en sait plus que lui au nom d'une r&#233;v&#233;lation, d'une m&#233;tamorphose, d'une transfiguration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La chair de l'homme &#187; (pour reprendre un titre de Novarina) repr&#233;sente le trou o&#249; se d&#233;verse ou plut&#244;t se r&#233;vulse une histoire qui nous bouleverse &#224; coup de r&#233;p&#233;titions, d'ictus &#8212; chaque fragment d'un texte refl&#233;tant son ensemble en perp&#233;tuel mouvement. Tout fonctionne au nom de la variation l&#224; o&#249; la mati&#232;re redevient poussi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Chaque mot comme chaque image n'est donc que ce qu'en disait d&#233;j&#224; Diderot lorsqu'il &#233;crivait : &lt;i&gt;&#171; dans mon imagination, elle n'est qu'une ombre passag&#232;re &#187;&lt;/i&gt;. Mais cette ombre poss&#232;de la capacit&#233; &#224; devenir un lieu, une impersonnelle et inqui&#233;tante zone du vivant l&#224; o&#249; le sens bascule. L'auteur &#233;vide les espaces sens&#233;s. Il nous d&#233;place de ses lieux d'absence o&#249; tout d&#233;sir de voir le place.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce texte n'est ni le propre ni le figur&#233;, ni le pur ou le r&#233;alis&#233;, mais une zone o&#249; nous perdons notre capacit&#233; de penser seulement avec lucidit&#233;. L'&#339;uvre nous permet ainsi de nous perdre et de nous retrouver, tant elle souligne le fait que, comme le signalait Giacometti, &lt;i&gt;&#171; j'ai toujours eu l'impression d'&#234;tre un personnage vague, un peu flou, mal situ&#233; &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#339;uvre reste ainsi rarissime, o&#249; le corps ne dispara&#238;t pas et o&#249; le monde des apparences est exclu. Il y a soudainement une place pour quelque chose d'autre, qui est bien plus que la figuration d'une ombre &#171; port&#233;e &#187;. Ici, les rep&#232;res s'effacent pour laisser appara&#238;tre l'humain. Nous ne sommes m&#234;me plus dans le peu de choses mais dans l'air du lieu et dans l'aire d'un jeu qui nous absorbe et nous dig&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces &#171; Po&#232;mes &#224; dire et &#224; crier &#187;, nous vivons dans un autre monde, non r&#233;el, constamment immerg&#233;s en essayant de surmonter notre angoisse d&#232;s que tout part : &lt;i&gt;&#171; D&#233;sir de Vie ou de Mort / Qu'ai-je d&#233;cid&#233; &#224; l'Aurore de ma / VIE &#187;&lt;/i&gt;. L'enfance &#233;tait pour lui une mauvaise donne. Dans ces moment-l&#224;, c'&#233;tait toujours son regard qui &lt;i&gt;&#171; s'arr&#234;tait de Vivre en Premier &#187;&lt;/i&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Perdre la m&#233;moire permet de &lt;i&gt;&#171; ne pas / Continuer &#224; Sur Vivre / Mais bien un jour se d&#233;cider / DE VIVRE &#187;&lt;/i&gt;. C'est l&#224; devenir qui on est dans le territoire du seul. L&#224; o&#249; les po&#232;mes de Marc s'amenuisent mais en tout l'inverse d'un &#233;tiolement. A chaque espace d'un instant la r&#232;gle est : &lt;i&gt;&#171; Debout /Rester la / T&#234;te Droite &#187;&lt;/i&gt; et r&#233;parer les Bleus de l'&#226;me pour avoir &lt;i&gt;&#171; le courage de dire JE &#187;&lt;/i&gt;. Car c'est bien la premi&#232;re Victoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la salle de jeu &#224; vivre est toujours l&#224;, o&#249; &lt;i&gt;&#171; m&#234;me les choses ont une M&#233;moire &#187;&lt;/i&gt;. L'auteur, ici, est le t&#233;moin aujourd'hui sans objet d'un pass&#233; que l'on n'oublie jamais l&#224; o&#249; la soci&#233;t&#233; exclut les fous. Et ce parce que personne ne supporte et &lt;i&gt;&#171; a peur pour lui-m&#234;me &#187;&lt;/i&gt; de r&#233;aliser qui nous sommes, dans la soci&#233;t&#233; des animaux, m&#234;me quand le jugement s'an&#233;antit. C'est l&#224; alors que l'on se trouve au bord de la mort mais au d&#233;bordement de l'existence.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_23086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/alain_marc_couv.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;615&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Alain Marc, &#171; le Choix de la folie, le Grand cycle de la vie ou l'odyss&#233;e humaine #2 &#187;, Co&#233;ditions Douro et Z4 Editions, 2026, 164 p., 15 &#8364;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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