<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://tk-21.com/spip.php?id_auteur=4146&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le temps de l'&#339;uvre</title>
		<link>https://tk-21.com/Le-temps-de-l-oeuvre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Le-temps-de-l-oeuvre</guid>
		<dc:date>2026-05-03T18:14:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>
		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans &#171; la condition de l'homme moderne &#187;, un texte qui date de 1958, Hannah Arendt &#233;crit cette phrase qui r&#233;sonne aujourd'hui cruellement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; L'Homme moderne a perdu le monde pour le Moi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH86/arendt-70cce.jpg?1777833663' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &#171; la condition de l'homme moderne &#187;, un texte qui date de 1958, Hannah Arendt &#233;crit cette phrase qui r&#233;sonne aujourd'hui cruellement :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; L'Homme moderne a perdu le monde pour le Moi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est dire que ce n'est plus l'Homme, celui qui s'est cru cr&#233;&#233; par Dieu et &#224; ce titre au centre de l'univers, mais l'individu, ce chaque-un qui se pose au centre d'un monde progressivement dissous sous les assauts de sa suffisance. Chaque observateur critique le constate, notre actualit&#233; est essouffl&#233;e, prise dans une succession d'&#233;v&#232;nements qui sont sans pass&#233;, sans m&#233;moire, sans avenir. Et l'individu, monade esseul&#233;e, semble ne pas &#234;tre hors du temps, mais priv&#233; de temps, sans m&#233;moire. Pourtant na&#238;tre, appara&#238;tre dans le monde, c'est h&#233;riter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;R&#233;duite &#224; l'imm&#233;diat, l'opinion dispers&#233;e ignore la loi commune pour ne reconna&#238;tre que la sienne, uniquement mienne, l&#233;gitime parce que mienne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, l'&#233;motion devient &#233;motivit&#233; ou ressenti, s'&#233;tourdit de sa propre inflation, se blesse au moindre accident, revendiquant son allergie &#224; l'autre, victime d'une hypertrophie de la sensibilit&#233; d&#233;faite de toute pens&#233;e. Chacun devient l'agress&#233; de l'autre. Le ressenti, c'est l'imm&#233;diatet&#233; d'une &#233;motion sans transport, sans mouvement, sans &#233;preuve. La v&#233;rit&#233; s'en passe : ni &#233;preuve, ni preuve, elle s'est d&#233;tach&#233;e de l'&#233;preuve du monde pour se confiner dans cette fiction, Moi. Relatif sans doute, le sympt&#244;me est grave.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'imm&#233;diatet&#233; est sans m&#233;moire, tout s'efface &#224; peine un &#233;v&#232;nement est-il apparu ; l'imm&#233;diatet&#233;, au sens propre, n'a pas le temps. Le pass&#233; est r&#233;duit &#224; des feuilles d'automne dispers&#233;es dans le vent. Sans m&#233;moire, le monde est sans &#233;paisseur, plat comme le dernier communiqu&#233;. Sans m&#233;moire, la politique peut mentir &#224; loisir. Le temps du tout se vaut a laiss&#233; la place au rien ne vaut, le temps o&#249; ce qui vaut &#224; midi ne vaut plus &#224; 16 h.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre monde, ce monde qui est n&#244;tre parce qu'il se partage, ce monde qui n'est pas mort encore, quoique malade, une place majeure est tenue par l'&#339;uvre, celle qui p&#233;rennise la vie. Elle est ce qui reste apr&#232;s la mort, modeste ou grandiose, elle survit. C'est tout aussi bien un ouvrage, le mot est moins intimidant, le fruit d'un travail humain destin&#233; &#224; l'usage et non &#224; la consommation. C'est par ces d&#233;p&#244;ts qui sont autant de traces que nous vivons dans le temps. Sans &#339;uvre, le temps se meurt ; il n'est plus que ce qui s&#233;pare la naissance de la mort. Le pass&#233; n'est plus seulement enfoui, il est sans existence. L'&#339;uvre est la m&#233;moire du monde, la m&#233;moire d'un monde n&#244;tre ; elle est du monde ce qui autorise, oblige et justifie le partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chacun, j'imagine (!), aura remarqu&#233; combien la culture ne fut pas un enjeu ni un d&#233;bat au cours des derni&#232;res &#233;lections municipales. Je crains que ce ne soit pas un simple oubli, mais un d&#233;ni. Comme si cette question &#233;tait superflue, tr&#232;s secondaire au regard des temps difficiles qui sont les n&#244;tres. Si la culture est r&#233;duite &#224; un loisir, alors en effet elle a quitt&#233; le champ politique. Or, sans culture et sans les &#339;uvres qui la rythme, la politique se corrompt &#224; l'imm&#233;diatet&#233;. Ce que nous cr&#233;ons, le &#339;uvres d'art ou les &#339;uvres d'usage, le tableau ou la table, sont ce qui situe chacun dans un temps long. Sans ces objets vivants, sans ces traces qui nous survivent, ne reste de la vie que sa bri&#232;vet&#233;, la promesse de la mort, le non-sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais aim&#233; l'expression &#171; politique culturelle &#187; lui pr&#233;f&#233;rant politique de la culture et culture de la politique. Ce n'est pas une simple diff&#233;rence s&#233;mantique. Il s'agit d'une responsabilit&#233; diff&#233;rente devant la cr&#233;ation, qui est aussi cr&#233;ation du temps. Souvenons-nous de ce qu'&#233;tait &#171; la belle mort &#187; chez les Grecs : la mort dont les temps &#224; venir se souviendront, la mort inoubliable. La mort qui affirme que le temps est un pass&#233; et un avenir, que le pr&#233;sent est le passage de l'un &#224; l'autre. Celui dont on dit qu'il a marqu&#233; son temps est cr&#233;ateur du temps. Il marque l'histoire, il en l&#232;gue la trace, il constitue la m&#233;moire sans laquelle l'humain n'est plus qu'un errant. C'est pourquoi, lorsque la politique r&#233;duit la culture &#224; un &#233;ph&#233;m&#232;re divertissement, elle se condamne en ruinant sa n&#233;cessit&#233; m&#234;me. Elle c&#232;de &#224; l'imm&#233;diat. On dira qu'elle est de courte vue pour ne pas dire qu'elle est aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique de la culture n'a pas pour premi&#232;re t&#226;che de plaire ; elle doit &lt;i&gt;s'adresser,&lt;/i&gt; ce qui est tout autre chose. L'&#339;uvre est une offre, une offrande, une adresse patiente et disponible pour chacun qui veut s'en saisir. La politique, municipale entre autres, a pour responsabilit&#233; d'augmenter les conditions de possibilit&#233; de cette saisie. &#201;ducation, action culturelle, etc. C'est une lutte difficile. Il s'agit de faire entendre que ce qui se tient &#224; distance n'est pas inaccessible ou r&#233;serv&#233; &#224; une &#233;lite, ou une pr&#233;tention m&#233;prisante, mais le signe d'une pr&#233;caution due &#224; tout nouvel ami. La politique ne peut pas fuir cette difficult&#233; en se r&#233;fugiant dans la dispersion de l'imm&#233;diat sans se d&#233;faire de son origine premi&#232;re : &#233;laborer &lt;i&gt;la relation&lt;/i&gt; entre ses citoyens. Marie-Jos&#233; Mondzain remarquait que pour qu'il y ait partage, encore fallait-il cr&#233;er le lieu du partage. Quel plus beau, quel plus riche lieu que celui de l'art ? Cr&#233;er le lieu du partage est une responsabilit&#233; d&#233;mocratique initiale. Preuve par l'absurde : l'obstination que mettent les r&#233;gimes autoritaires ou dictatoriaux &#224; l'emp&#234;cher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'art est une permanence. M&#234;me au th&#233;&#226;tre qui est &#233;ph&#233;m&#232;re dans sa pr&#233;sentation, il reste toujours l'hypoth&#232;se d'une permanence du souvenir, de l'&#233;motion r&#233;elle, celle qui transporte. Ce souvenir est une permanence dans le temps, une suspension de l'oubli, un ailleurs de l'usage. La diff&#233;rence la plus simple entre l'&#339;uvre d'art et le divertissement se tient l&#224;, au c&#339;ur de cet ailleurs qui &#233;chappe &#224; la simple n&#233;cessit&#233; de survie. L'&#339;uvre d'art est ainsi la source de l'aptitude humaine &#224; penser. Se cultiver permet &#224; chacun selon ses go&#251;ts et les diff&#233;rents moments de sa vie de se cr&#233;er l'immense bonheur de la rencontre, de voir un tableau en se rappelant un livre et d'&#233;clairer l'un par l'autre. Ce n'est qu'un exemple ! Cela dit pourtant combien le temps s'&#233;largit au cours de cette exp&#233;rience puisque le regard du moment plonge dans un autre temps de sa vie et voit au-del&#224;.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'identit&#233;, cette question manipul&#233;e, maltrait&#233;e, d&#233;form&#233;e, n'a pourtant de r&#233;alit&#233; que par ce que Paul Ric&#339;ur a nomm&#233; &lt;i&gt;l'identit&#233; narrative.&lt;/i&gt; Or, pour constituer le r&#233;cit de sa vie, aux diff&#233;rents moments de l'existence, pour constater sa variabilit&#233; et ses constantes, il est n&#233;cessaire de pouvoir &#171; lire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lire sa propre vie, en percevoir les temps lourds ou lumineux, l'interpr&#233;ter, &#233;tablit un Moi devenu Soi dans le temps. Hors ce temps long de la narration, &#171; je &#187; n'est qu'une identit&#233; grammaticale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiquement, les partis ou les mouvements qui se revendiquent du peuple (c'est toujours une supercherie : quel peuple ?) devraient comprendre que ce qui peut faire identit&#233; est la culture, mais que celle-ci est nomade et qu'aucune culture n'est chimiquement pure. Aucune culture n'est identique &#224; elle-m&#234;me. Tout est emprunt. L'&#339;uvre en est la preuve. D'o&#249; la manipulation de ce que d'aucuns d&#233;noncent au nom de l'appropriation culturelle, cette expression malheureuse qui confond la spoliation des &#339;uvres avec l'emprunt et l'inspiration l&#233;gitime !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se perd ici au nom de l'identit&#233;, c'est la singularit&#233;. Identit&#233; dit identique, du m&#234;me au m&#234;me, comme une mode totalitaire qui ne souffre aucun &#233;cart. L'art r&#233;pond &#224; cette manipulation. Au sein de cette culture m&#233;tiss&#233;e, l'art occupe la place f&#233;conde de ce qui d&#233;place ou transforme ; sa terre et sa langue ne sont pas des racines immobilis&#233;es comme ce que voudraient croire les extr&#234;mes droites, mais les moteurs de son nomadisme. Au fond, l'art est apatride ! Parce qu'il connait sa terre, il se moque des fronti&#232;res ! Ses circulations dans l'espace sont aussi l'invention du temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rodin vs Epstein </title>
		<link>https://tk-21.com/Rodin-vs-Epstein</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Rodin-vs-Epstein</guid>
		<dc:date>2026-04-05T10:00:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>morale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/morale" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH116/study_of_a_nude_female_figure_satyress_auguste_rodin_public_domain-9a89d.jpg?1775383396' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les violeurs de Madame P&#233;licot &#233;taient sans doute de cette cat&#233;gorie : m&#233;diocres et sans talent. Mais Epstein ? Un propos rapport&#233; dit tout : les femmes, c'est comme les crevettes, on leur coupe la t&#234;te et on garde le reste. Il n'y a pas plus atroce fa&#231;on de d&#233;clarer qu'il n'y a pas d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de visage : pas d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par contraste cela me fait penser &#224; la beaut&#233; des corps aur&#233;ol&#233;s d'un visage. Cela me fait penser aux splendides audaces de Marl&#232;ne Dumas capable d'exposer la crudit&#233; derri&#232;re une nudit&#233; dont on ne sait plus si le visage dit la jouissance ou la mort. Il y a l&#224; une pens&#233;e, une fouille dangereuse sans doute, qui renvoie tout pr&#233;dateur &#224; l'horreur banale de sa pratique. Ou aux dessins &#233;rotiques de Rodin parmi les plus audacieux. Rodin plonge dans le corps f&#233;minin comme on se noie dans un paysage. L'attraction d'un corps, c'est rendre visible l'illimit&#233;. Le viol, c'est sa r&#233;duction au sans-t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epstein ne fut certes pas un homme banal, mais ce violeur en s&#233;rie, par la multiplication vertigineuse de ses victimes, banalise le crime en interdisant toute identit&#233; aux victimes, identiques les unes aux autres, soumises au m&#234;me &#171; prototype &#187;, disparaissant donc sous l'unicit&#233; de leur fonction. Son vaste appartement de l'avenue Foch &#233;tait, para&#238;t-il, couvert de photos de femmes nues. C'est une passion de pornographe : aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'artiste repr&#233;sente le corps et le sexe, non pour s'y arr&#234;ter dans une attitude de voyeur, mais pour plonger au c&#339;ur d'une &#233;nigme dont le sexe est le trouble ou l'effroi. Il ne coupe pas la t&#234;te de M&#233;duse, tant il sait qu'il n'y a de M&#233;duse qu'en lui ! Il l'emporte ! Un autre &#8212; le m&#234;me ? &#8212; peint une nuque d&#233;voil&#233;e par des cheveux nou&#233;s en chignon pour pr&#233;senter l'image du d&#233;sir et un hommage &#224; la beaut&#233;. La nuque ne serait-elle qu'une m&#233;taphore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le violeur en s&#233;rie est aveugle car il ne per&#231;oit pas l'unique au sein du multiple. &lt;i&gt;&#171; Nous exposons l'unique &#224; la lumi&#232;re du soir et elle est un secret, nous l'exposons &#224; la lumi&#232;re de son secret et elle rev&#234;tue de tendresse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cees Nooteboom in Philippe et les autres, folio P. 177&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dessins &#233;rotiques de Rodin sont des uniques, des paysages myst&#233;rieux qui illimitent le regard. Chaque corps est le r&#233;ceptacle d'une beaut&#233; qui retourne &#224; la fiction qui l'a fait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rotisme se d&#233;ploie dans la fiction (ou le r&#233;cit) qui pr&#233;c&#232;de la d&#233;nudation. Le pornographe &#8212; le violeur &#8212; est sans imaginaire. Il se noie dans l'abondance d'une r&#233;alit&#233; qu'il prive de la suspension du temps. Or, le d&#233;sir dans le temps du ravissement suspend le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela &#234;tre ravi. En annulant l'unicit&#233; du corps, le criminel d&#233;truit une beaut&#233; dont il n'a pas id&#233;e. Le &#171; g&#233;nie du crime &#187; avoue une mis&#232;re de la pens&#233;e l&#224; o&#249; l'artiste dresse son d&#233;sir vers un ciel habit&#233; de la lumi&#232;re de son secret. Epstein, au fond, ne m'int&#233;resse pas, seuls ses exc&#232;s me disent que n'est pas saisi par l'&#233;nigme du corps qui veut. Il y faut une pens&#233;e et un abandon dont le violeur est incapable. Rodin s'abandonne &#224; son trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le corps ouvert, le violeur (se) ment. Il se ment car il refuse d'exc&#233;der son d&#233;sir en le diminuant par la possession de l'autre-absent. Rodin retourne le paradis et le regarde bien en face ; enfer et paradis confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que je comprends Rodin serait pr&#233;tentieux. Mais je vois dans l'abondance des dessins une bacchanale vertigineuse, une m&#233;taphysique du plaisir ou un au-del&#224; de l'impudeur qui offre &#224; la femme repr&#233;sent&#233;e l'abondance de &lt;i&gt;sa propre&lt;/i&gt; jouissance. Rodin n'est pas spectateur, il est d&#233;miurge. Il r&#233;v&#232;le ce que l'on n'osait savoir par sa pr&#233;sence absente tel un Freud silencieux devant le divan.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; Il y eut dans notre actualit&#233; r&#233;cente R&#8230;, l'ours producteur, puis Epstein, le danseur sans t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis&#232;re des pr&#233;dateurs ! Mis&#232;re des sans-amour. Ces hommes font de leur puissance un mur infranchissable devant le plus beau des sentiments. L'amour s'y fracasse. Ils ne connaissent pas le bonheur des fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fronti&#232;re de l'autre corps pour le violeur, la fronti&#232;re &#8212; politique &#8212; des autres mondes pour le tyran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violeurs ont affreusement leur &#233;quivalence politique. Trump, Poutine et tant d'autres sont &#224; la politique ce que sont les violeurs &#224; la vie commune. Tous vivent un monde sans autres. Remarque-t-on assez cette analogie de l'horreur ? Remarque-t-on assez cette identit&#233; de la pr&#233;dation politique qui viole les territoires et de la pr&#233;dation sexuelle qui viole les corps ? Le crime g&#233;opolitique et le crime sexuel seraient-ils de m&#234;me nature ? Bien s&#251;r ! Passion de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le go&#251;t des tyrans pour l'argent, ils se font plus discrets sur leur go&#251;t pour l'abus des corps. Encore que Trump&#8230; Ils ont en commun, ces tyrans et ces violeurs, un monde sans autres et plus encore &#8212; si je peux dire &#8212; sans art. L'art n'a de cesse d'interroger la pr&#233;sence autre, il ne cesse de renvoyer le voyeur &#224; ses aveuglements et de proposer &#224; chacun l'art de &lt;i&gt;voir.&lt;/i&gt; Voir et non seulement regarder, c'est traverser l'image, le paysage, le visage, tout autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art ou l'inviolable pr&#233;sence de l'&#233;tranger. Passion de vie !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas que l'artiste de g&#233;nie comprenne toujours ce qu'il fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de comprendre mais d'&#234;tre en face. &#202;tre en face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le face &#224; face constitue la r&#233;alit&#233; du geste artistique l&#224; o&#249; le lugubre violeur reste sans vis-&#224;-vis. L'art expose l'unique, il cr&#233;e son secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposons l'unique, nous cr&#233;ons son secret&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cees Nooteboom in &lt;i&gt;Philippe et les autres,&lt;/i&gt; folio P. 177&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : &#201;tude d'un nu f&#233;minin, Auguste Rodin, 1905&#8211;8. Graphite and watercolor. Domaine Public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que Dire ?</title>
		<link>https://tk-21.com/Que-Dire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Que-Dire</guid>
		<dc:date>2026-02-03T09:24:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>censure</dc:subject>
		<dc:subject>Image</dc:subject>
		<dc:subject>morale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Lorsque Martial Verdier m'a propos&#233; d'&#233;crire un article pour TK-21 LaRevue, je fus touch&#233; par sa confiance. Rentr&#233; chez moi, je me suis trouv&#233; d&#233;pourvu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que dire ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/censure" rel="tag"&gt;censure&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/Image" rel="tag"&gt;Image&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/morale" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH138/arton2794-46709.jpg?1772186812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='138' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque Martial Verdier m'a propos&#233; d'&#233;crire un article pour TK-21 LaRevue, je fus touch&#233; par sa confiance. Rentr&#233; chez moi, je me suis trouv&#233; d&#233;pourvu. &lt;br class='autobr' /&gt;
Que dire ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Moi qui ai pass&#233; ma vie &#224; tenter de t&#233;moigner des relations aussi difficiles que f&#233;condes entre l'art et la d&#233;mocratie, je me trouvais pris de court. Que dire ? Que peut-on encore esp&#233;rer dans un monde d&#233;bord&#233; par la barbarie et le mensonge ? Les mots eux-m&#234;mes font la guerre (cf. Barbara Cassin &#171; la guerre des mots &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barbara Cassin, &#171; la guerre des mots &#187;, Flammarion, 2025.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ou Dominique Edd&#233; &#171; la mort est en train de changer &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dominique Edd&#233;, &#171; la mort est en train de changer &#187;, &#201;ditions LLL, 2025.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;). Pourtant ces livres t&#233;moignent d'une r&#233;sistance lucide, profonde, n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mon malaise ne s'est pas apais&#233; en allant visiter &#224; la Bourse du commerce &#224; Paris l'exposition consacr&#233;e aux Minimalistes. Si le visible, le trop visible, est malade de la violence, l'absence d'image ou l'image vide ne r&#233;pondent ni par le silence ni par cette quelconque pr&#233;sence &#224; l'horreur de notre monde. L'image est comme &#233;vanouie. Or, je ne vois qu'elle, l'image, pour d&#233;passer la visibilit&#233; et se d&#233;faire du trop visible. Pourquoi cette exposition &lt;i&gt;maintenant&lt;/i&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt; Dois-je pr&#233;ciser que l'image dont je parle est l'exacte contraire de l'envahissement &#171; d'images &#187; dont notre quotidien est abreuv&#233;, &#233;tourdi, d&#233;cervel&#233;. Ces pseudo-images, selfies et autres c&#233;l&#233;brations du Moi, sont &#224; la conscience de soi ce que l'algorithme est &#224; la sensibilit&#233;. M&#234;me la captation par le t&#233;l&#233;phone de faits, de moments de r&#233;alit&#233;, aussi utiles sont-ils pour t&#233;moigner de massacres innommables, m&#234;me ceux-l&#224; peuvent &#234;tre l'objet de contre-fa&#231;ons par IA interpos&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mensonge d&#233;borde le r&#233;el.&lt;br class='autobr' /&gt;
La technique n'a que faire de la v&#233;rit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir affirme ; le r&#233;el doit se soumettre. Trump, Poutine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis la guerre de Troie, le sc&#233;nario est le m&#234;me. Femmes viol&#233;es, villes d&#233;truites, enfants enlev&#233;s ou tu&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Agamemnon enl&#232;ve Cassandre, il sera tu&#233; par Clytemnestre qui elle-m&#234;me, etc&#8230; Depuis, il semble qu'Ath&#233;na d&#233;gout&#233;e ait rejoint l'Olympe pour ne plus en sortir, laissant les humains &#224; leurs horreurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre se r&#233;p&#232;te. Seul changement mais de taille : la technique. On peut tuer en masse, de loin, sur plusieurs sites simultan&#233;s. Formidable progr&#232;s ! La technique, encore elle, permet de diffuser le mensonge au monde entier et de maquiller le massacre en l&#233;gitime d&#233;fense. Qu'est devenue la culture, que peut-elle, dans cette histoire retourn&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il nous reste l'&#233;tude pr&#233;cise, &#233;loign&#233;e de tout ce manich&#233;isme dont l'opinion raffole, j'&#233;voquais deux auteurs au d&#233;but de cet article &#8212; il en est d'autres. Il nous reste la fiction dont le cin&#233;ma, ici et l&#224;, s'honore.&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;habiliter la fiction et son pouvoir de d&#233;voilement de la v&#233;rit&#233; est une t&#226;che encore &#224; notre port&#233;e dans nos pays o&#249; le droit n'est pas enseveli, &#224; nous qui ne sommes pas soldats ni terroris&#233;s par un ordre religieux ou dictatorial. (Les deux en Russie s'entendent &#224; merveille !).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;i&gt;&#171; L'accouplement de la conscience et de l'algorithme&#8230; est en train d'accoucher d'un rejeton qui n'est d&#233;j&#224; plus que tr&#232;s partiellement surveill&#233; par la conscience. &#187; &lt;/i&gt; (D. Edd&#233;). Ce rejeton fera-t-il encore la distinction entre la v&#233;rit&#233; de fiction et le mensonge du pseudo-r&#233;el ? Ce rejeton comprendra-t-il, par exemple, que la censure op&#233;r&#233;e au nom de &#171; l'appropriation culturelle &#187; est plus qu'une imb&#233;cilit&#233;, c'est un acte liberticide qui ignore ce que les mots culture, art, rec&#232;lent de richesses partag&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
Partag&#233; ! Quel mot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'image, la &#171; grande &#187; image, celle qui va, disons de Rembrandt &#224; Marl&#232;ne Dumas, de Schiele &#224; Bacon, de Jean Rustin &#224; Kieffer, cette image t&#233;moigne de la douleur du retour sur soi &lt;i&gt;en terre &#233;trang&#232;re&lt;/i&gt;. La terre de l'autre. Ces images sont &#224; la peinture ce que la m&#233;taphore est &#224; la litt&#233;rature. Ces images sont silencieuses ; elles ne font pas silence. L'intelligence c&#232;de devant la pens&#233;e. Nous savons combien l'intelligence est versatile et peut &#234;tre bavarde. La pens&#233;e reste suspendue au-dessus du vide. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous vivons dans un monde o&#249; il est difficile de ne pas se taire, il nous appartient n&#233;anmoins de ne pas renoncer &#224; ce qui fait humanit&#233;. Je sais combien un humanisme sentimental a pu &#234;tre moqu&#233;, &#224; juste titre puisqu'il d&#233;dommageait la conscience &#224; peu de frais. Il en est un autre : un humanisme de lutte. Un humanisme qui ne c&#232;dera pas. Toute vie est de droit &#233;gal. Les fronti&#232;res sont l&#233;gitimes tant que nous pouvons les passer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; quand le pouvoir exub&#233;rant de la vie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; La haine c'est le mal, le bien c'est l'amour &#187;&lt;/i&gt; r&#233;sumait Vladimir Jank&#233;l&#233;vitch, ce grand philosophe de la morale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je m'autorise de lui pour clore cet article par ce qui appara&#238;tra comme une na&#239;vet&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Barbara Cassin, &#171; la guerre des mots &#187;, Flammarion, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dominique Edd&#233;, &#171; la mort est en train de changer &#187;, &#201;ditions LLL, 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Je&#769;rome Martin Langlois, Cassandre implorant la vengeance de Minerve contre Ajax (1810). Mus&#233;e du Louvre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La beaut&#233; offens&#233;e</title>
		<link>https://tk-21.com/La-beaute-offensee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/La-beaute-offensee</guid>
		<dc:date>2025-09-29T15:14:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un grand ami d'Anvers, com&#233;dien, me parle de la mis&#232;re qui r&#232;gne dans le conservatoire de la ville. Tout professeur doit se plier au diktat des &#233;l&#232;ves : pas d'apprentissage obligatoire de textes, pr&#233;cautions de genre dans la langue, pas de contact physique au plateau, etc.&lt;br class='autobr' /&gt; Mon ami refuse d'enseigner dans ces conditions.&lt;br class='autobr' /&gt; La sp&#233;cificit&#233; du th&#233;&#226;tre tient &#224; la pr&#233;sence des corps : encore faut-il que ceux-ci soient libres.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH103/arton2748-4d87b.jpg?1772240718' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un grand ami d'Anvers, com&#233;dien, me parle de la mis&#232;re qui r&#232;gne dans le conservatoire de la ville. Tout professeur doit se plier au diktat des &#233;l&#232;ves : pas d'apprentissage obligatoire de textes, pr&#233;cautions de genre dans la langue, pas de contact physique au plateau, etc.&lt;br class='autobr' /&gt; Mon ami refuse d'enseigner dans ces conditions.&lt;br class='autobr' /&gt; La sp&#233;cificit&#233; du th&#233;&#226;tre tient &#224; la pr&#233;sence des corps : encore faut-il que ceux-ci soient libres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que s'est-il perdu ? Avec l'autorit&#233; d'une exp&#233;rience et la chaleur du guide, tout acc&#232;s &#224; la beaut&#233;. S'il se trouve toujours un grand nombre d'humains souriants, accueillants, surprenants, pourquoi dans un conservatoire (ou dans certaines universit&#233;s) un tel refus, un tel ordre d'&#233;troite morale, un tel manich&#233;isme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je n'ai pas de r&#233;ponse satisfaisante sauf &#224; creuser les m&#233;andres de ces replis narcissiques. Mais il me semble que ce nouveau moralisme d&#233;grade toute beaut&#233;. Or, parce que le monde est quotidiennement offens&#233;, il importe plus que jamais que tout art soit cette lumi&#232;re apte &#224; saisir l'humain au creux de son opacit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Laissons la transparence au March&#233; et aux mensonges !&lt;br class='autobr' /&gt; Aucune beaut&#233; ne se cr&#233;e sur une morne plaine.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; La beaut&#233; est un masque et une opacit&#233; rayonnante. Elle dissimule et r&#233;v&#232;le. Pour son humble cr&#233;ateur, elle est une &#233;preuve. Une r&#233;v&#233;lation peut-&#234;tre. Elle ne se contient dans aucun ordre. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#233;sir &#233;clatant de sentiments m&#234;l&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt; Merveille du chant tragique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Refuser &#224; l'&#339;uvre sa solitude, son &#226;pret&#233; m&#234;me, lui &#244;ter son &#233;trange singularit&#233;, refuser le dur labeur de son approche, prendre cette pose pl&#233;b&#233;ienne et paresseuse telle que me la d&#233;crit mon ami anversois, offense la beaut&#233; en sa chair et d&#233;truit toute n&#233;cessit&#233; d'interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces mouvements d'opposition st&#233;rile sont sans doute minoritaires. Ils ont lieu dans un monde &#233;tourdi de violences qui applaudit cette apathie devant le dur travail de lib&#233;ration. Le paradoxe dramatique de cette situation est que cette opposition moraliste au pouvoir sert finalement les int&#233;r&#234;ts de ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Qu'est-ce qu'un art domestiqu&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Or, je suis convaincu &#8212; foi de vieux th&#233;&#226;treux ! &#8212; qu'aucune d&#233;mocratie n'est possible sans cet art de l'interpr&#233;tation qui accepte et f&#234;te les sangs m&#234;l&#233;s. Interpr&#233;ter oblige &#224; se tenir &#233;loign&#233; de toute v&#233;rit&#233; univoque : encore faut-il se placer devant une &#339;uvre riche, polys&#233;mique, apte &#224; chanter le monde jusqu'au c&#339;ur de sa trag&#233;die. D'Eschyle &#224; Sarah Kane, de Sophocle &#224; Pinter ou Fosse, de Racine &#224; Tch&#233;khov, la litt&#233;rature r&#233;v&#232;le une richesse infinie.&lt;br class='autobr' /&gt; Politiquement, interpr&#233;ter, c'est se tenir au creux de cet oxymore qu'est la r&#233;union en un mot : Demos-kratos (Peuple/Pouvoir). On pourrait traduire : souverainet&#233; et puissance.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; Je comprends que pour la g&#233;n&#233;ration dite 2000, l'&#233;tat du monde rende difficile l'acc&#232;s &#224; l'espoir. Espoir d'une vie meilleure pour soi, pour la terre, pour l'humanit&#233; toute enti&#232;re. Je le comprends ; je n'excuse pas les attitudes de repli et de censure qui en r&#233;sultent. Pour en rester aux questions artistiques qui m'occupent ici, il suffit d'aller au mus&#233;e Jacquemart-Andr&#233; voir l'exposition consacr&#233;e &#224; Georges De La Tour pour constater qu'il n'y a pas de progr&#232;s en art. Il s'agit plut&#244;t d'un syst&#232;me de variations &#224; partir des h&#233;ritages. Bacon dialogue avec Picasso qui dialogue avec V&#233;lasquez qui dialogue&#8230; etc. Ce qui caract&#233;rise une &#233;poque est d'un autre ordre et s'&#233;value selon la pertinence de la variation et la f&#233;condit&#233; de son apport. &lt;br class='autobr' /&gt; Je voudrais dire &#224; mes amis &#233;tudiants qu'ils acc&#233;deront d'autant mieux &#224; leur &#233;poque et &#224; ses cruaut&#233;s qu'ils fouilleront ce pass&#233; dont notre monde offens&#233; est le r&#233;sultat. Offenser la douleur qui en r&#233;sulte est une impasse.&lt;br class='autobr' /&gt; Refuser au pass&#233; sa longue pr&#233;sence, au pr&#233;sent aveugle l'avenir.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH384/georges_de_la_tour-97d71.jpg?1759159166' width='500' height='384' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Trait de (D&#233;)Union</title>
		<link>https://tk-21.com/Trait-de-De-Union</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Trait-de-De-Union</guid>
		<dc:date>2025-05-05T08:59:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Toute &#339;uvre de l'art ou de l'esprit est une intervention dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle peut &#234;tre insolente, d&#233;stabilisatrice ou conformiste, p&#233;renne ou &#233;ph&#233;m&#232;re, reste qu'elle s'inscrit dans le monde, ce monde qu'Hannah Arendt d&#233;finit par la pr&#233;sence des &#339;uvres.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH110/arton2657-be183.jpg?1772244118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Toute &#339;uvre de l'art ou de l'esprit est une intervention dans le monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle peut &#234;tre insolente, d&#233;stabilisatrice ou conformiste, p&#233;renne ou &#233;ph&#233;m&#232;re, reste qu'elle s'inscrit dans le monde, ce monde qu'Hannah Arendt d&#233;finit par la pr&#233;sence des &#339;uvres. J'ai appris de Paul Ric&#339;ur que toute identit&#233; est narrative (donc mouvante), de Pierre Rosanvallon que l'&#233;galit&#233; est de relation (et non de nature) et de Marie-Jos&#233; Mondzain que le partage supposait la cr&#233;ation du lieu du partage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous&lt;/i&gt; savons que la d&#233;mocratie est une tension : D&#233;mos et Kratos (peuple et pouvoir) ne s'accordent que difficilement selon des processus que le droit arbitre. Il faudrait &#233;crire d&#233;mo-cratie. Le trait &#171; d'union &#187; signifiant l'&#233;cart ou la tension qui subsiste n&#233;cessairement entre les forces. Il me semble que l'&#339;uvre se tient dans ce trait. Elle unit ou d&#233;sunit, c'est selon&#8230; L'&#339;uvre conformiste plaira au tr&#232;s grand nombre et sera f&#234;t&#233;e par le populiste ; l'insolente s'inscrira dans la seulement &#171; possible &#187; adh&#233;sion, sera minoritaire et pourra &#234;tre qualifi&#233;e de d&#233;g&#233;n&#233;r&#233;e ! L'invention artistique offre une &lt;i&gt;relation&lt;/i&gt; possible, sachant qu'aucune demande ne la pr&#233;c&#232;de. Cependant, ma longue exp&#233;rience au th&#233;&#226;tre m'a permis de v&#233;rifier qu'une politique assidue peut durablement enrichir la curiosit&#233;. J'ai choqu&#233; nagu&#232;re en affirmant que l'art &#233;tait une activit&#233; (auteur et spectateur) &#171; d'aristo&#239; &#187;. Il fallait entendre que chacun d'entre nous est un possible aristo&#239; dans ce moment o&#249; il voit cette &#339;uvre qui le regarde. C'est une action, non une passivit&#233;. Les politiques culturelles qui se r&#233;clament d'une culture pour tous sont mensong&#232;res ou populistes. Elles se rangent du c&#244;t&#233; d'un peuple holistique qui n'existe pas. Aucune dictature n'emp&#234;chera quelques dissidences. Le grand art est dissident, en ce sens d&#233;mo-cratique : il interpr&#232;te, la V&#233;rit&#233; vacille. La relation est toujours singuli&#232;re. La foule dans un mus&#233;e ne dit rien de cette relation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les arts de production &#8212; le th&#233;&#226;tre en particulier &#8212; sont pris en tenaille : il faut des spectateurs le plus nombreux possible dans la salle, sachant que nombre d'entre eux pr&#233;f&#232;reront le d&#233;j&#224; vu &#224; la nouveaut&#233;. Il faut tenir cette contradiction, parier sur la vivante g&#233;n&#233;rosit&#233;, en somme : r&#233;sister ! La relation dans une salle qui est lieu de partage (dans le double sens d'accord et de d&#233;saccord : partager ce qui partage) est une &#233;gale diff&#233;renciation. Lorsque la salle fait masse, lorsque l'&#339;uvre invite une adh&#233;sion aveugl&#233;e, plus aucun partage ne peut avoir lieu et la libert&#233; s'effondre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot d'ordre au jourd'hui est inclusion ; il succ&#232;de &#224; diversit&#233;. Tr&#232;s bien ! Mais prenons garde que ce ne soit pas aux d&#233;pens de la libre insolence de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malraux nous disait : &lt;i&gt;cr&#233;ez et allez &#224; la rencontre du plus grand nombre possible. Cr&#233;ez d'abord car c'est la cr&#233;ation qui sera l'objet de la rencontre avec un certain nombre.&lt;/i&gt; Cette utopie est-elle toujours vivante ? O&#249; en sommes-nous de nos songes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;br&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Nicolas de Sta&#235;l, Agrigente, 1953 &#8211; Huile sur toile (200 &#215; 150 cm), Mus&#233;e national d'Art moderne, Centre Pompidou, Paris&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#234;verie</title>
		<link>https://tk-21.com/Reverie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Reverie</guid>
		<dc:date>2024-12-01T18:09:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Par chance ce jour-l&#224;, il n'y avait que tr&#232;s peu de visiteurs au Rijksmuseum d'Amsterdam. J'ai pu m'arr&#234;ter longtemps devant un des tableaux les plus c&#233;l&#232;bres de Rembrandt, et pour moi des plus &#233;mouvants : un des derniers autoportraits. Depuis cette image ne me quitte pas. Puis, dans une galerie parisienne, j'ai trouv&#233; le tableau d'un peintre, Saada. Atteint d'un cancer, il se sait condamn&#233; et peint un autoportrait explicitement r&#233;f&#233;r&#233; &#224; Rembrandt. J'ai pu l'acqu&#233;rir. Que voient-ils ces deux hommes au terme de leur vie ?&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH114/arton2571-746a3.jpg?1772244118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='114' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par chance ce jour-l&#224;, il n'y avait que tr&#232;s peu de visiteurs au Rijksmuseum d'Amsterdam. J'ai pu m'arr&#234;ter longtemps devant un des tableaux les plus c&#233;l&#232;bres de Rembrandt, et pour moi des plus &#233;mouvants : un des derniers autoportraits. Depuis cette image ne me quitte pas. Puis, dans une galerie parisienne, j'ai trouv&#233; le tableau d'un peintre, Saada. Atteint d'un cancer, il se sait condamn&#233; et peint un autoportrait explicitement r&#233;f&#233;r&#233; &#224; Rembrandt. J'ai pu l'acqu&#233;rir. Que voient-ils ces deux hommes au terme de leur vie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis des ann&#233;es, je reste incapable de nommer ce que je vois dans ces portraits qui me regardent. L'&#233;nigme est toujours ind&#233;chiffrable et je me refuse &#224; c&#233;der &#224; la r&#233;ponse simple : la mort. Non, c'est autre chose. Il y a au fond de cette solitude une acceptation peut-&#234;tre, dont je me sens encore &#233;loign&#233; malgr&#233; l'&#226;ge qui m'atteint.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;motion devant Rembrandt puis Saada est un voyage immobile vers l'inconnu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeune homme, encore adolescent, je regardais les peintures de Schiele. Elles me troublaient et me posaient des questions auxquelles je ne trouvais aucune r&#233;ponse, comme devant un d&#233;sir inconnu. Puis Jean Rustin, puis Marl&#232;ne Dumas... Toujours ces corps entre jouissance et mort. Il m'a fallu des ann&#233;es pour comprendre que seules les questions te regardent ; les r&#233;ponses sont aveugles. La sphinge sourit devant celui qui cherche ailleurs : ce n'est que toi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art est puissance de questions. Il fouille cette histoire humaine o&#249; les hommes vont souvent chercher en Dieu une r&#233;ponse dont Dieu, s'il existe, rit. Seul l'amour cr&#233;e un ciel habit&#233; et l'amour est un corps. H&#233;lo&#239;se le sait qui retrouve le corps d'Ab&#233;lard jusqu'en ses pri&#232;res et ses devoirs d'abbesse : &lt;i&gt;&#171; Au milieu des solennit&#233;s m&#234;mes de la messe o&#249; la pri&#232;re doit &#234;tre la plus pure, les images licencieuses de ces volupt&#233;s s'emparent si bien de ce c&#339;ur mis&#233;rable que je suis plus occup&#233;e de leur turpitude que de la pri&#232;re. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre auquel j'ai consacr&#233; ma vie traverse des corps. Penth&#233;e d&#233;vor&#233; qui se fait voyeur quand il s'agit d'&#234;tre voyant &#8212; On se souvient : Penth&#233;e refuse &#224; Dionysos son statut de dieu ; il l'enferme ; Dionysos d'un geste &#233;croule les murs de sa prison et entra&#238;ne les bacchantes &#224; l'ext&#233;rieur de la cit&#233;. Penth&#233;e se cache dans un arbre ; d&#233;couvert, il est d&#233;pec&#233; comme un animal par les femmes en transe&#8212;. Regarder ne suffit pas pour voir. Mais voir est une &#233;nigme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'art oblige la nuance car il est la m&#233;moire de la longue histoire tragique. Ren&#233; Char le rappelait &#224; la sortie de la guerre en disant qu'il ne pardonnait pas aux Allemands de l'avoir oblig&#233; pendant cinq ans &#224; partager le monde en deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
La nuance ou le refus du partage binaire.&lt;br class='autobr' /&gt; Je n'en finis pas de me demander : que vois-je quand je regarde ? La difficult&#233; o&#249; je me trouve &#8212; impossible de me donner une r&#233;ponse &#8212; m'am&#232;ne &#224; percevoir le vacillement de l'&#339;uvre. Si l'&#339;uvre tremble, c'est qu'elle-m&#234;me cherche une exactitude qui doute de la v&#233;rit&#233; commune. L'art le plus en rupture ne serait-il pas, souvent, le refus du devenir &#8212; banal d'une &#339;uvre dont on ne voit plus l'&#233;nigme, croyant la conna&#238;tre. Il n'est pas seulement &#171; radical &#187; dans le sens que l'on donne aujourd'hui &#224; ce mot.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je cherche dans l'art la pierre de doute lanc&#233;e &#224; la perception et &#224; la pens&#233;e de chacun. Ses &#171; radicalit&#233;s &#187; &#233;ventuelles regardent l'histoire sans la r&#233;duire aux jugements simples.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi, devant les d&#233;bordements &#233;motionnels qui traversent une partie de la jeunesse aujourd'hui, devant cette fr&#233;n&#233;sie du jugement, il me semble que l'art (peinture, litt&#233;rature, etc) peut &#234;tre un rempart n&#233;cessaire. Foucault ironisait en son temps en disant que le dernier homme sur terre se mettrait derri&#232;re une table en hurlant : je veux juger, je veux juger !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le portrait de Rembrandt m'habite depuis tant d'ann&#233;es, c'est, je crois, parce que devant la qu&#234;te de sens que cherche l&#233;gitimement chacun et devant l'effondrement de ce qu'on a appel&#233; &#171; les grands r&#233;cits &#187;, il y a dans cette image la conjonction d'une pr&#233;sence, d'un indicible et le sentiment d'une vie v&#233;cue, c'est-&#224;-dire d'une circulation du divers de la vie. Le sens se cacherait-il dans le r&#233;cit sensuel de la vie qui court ? Lorsqu'il peint ce portrait, Rembrandt a tout perdu, richesse, femme, enfant. Toute vanit&#233; a fondu. Son regard serait celui de l'humilit&#233; d'un homme parmi les hommes.&lt;br class='autobr' /&gt; Toutes les grandes &#339;uvres devant lesquelles on fait silence nous marquent d'une empreinte sensible dont le d&#233;chiffrement sera inattendu, long, durable. Un devenir humain ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21900 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH649/saada-img_1395-407ce.jpg?1772213258' width='500' height='649' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Henri Saada, autoportrait au pastel
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;mocratie est un th&#233;&#226;tre</title>
		<link>https://tk-21.com/La-democratie-est-un-theatre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/La-democratie-est-un-theatre</guid>
		<dc:date>2024-01-01T12:07:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Philosophie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a ses sc&#232;nes, elle a ses acteurs, elle a ses spectateurs ; elle ne conna&#238;t pas son texte. Elle a ses protocoles, elle a ses d&#233;cors, elle &#233;nonce, prononce, d&#233;nonce ; elle s'oublie.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/The%CC%81orie-s" rel="directory"&gt;The&#769;orie(s)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/Philosophie" rel="tag"&gt;Philosophie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2389-71f96.jpg?1772244118' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La d&#233;mocratie a ses sc&#232;nes, elle a ses acteurs, elle a ses spectateurs ; elle ne conna&#238;t pas son texte. Elle a ses protocoles, elle a ses d&#233;cors, elle &#233;nonce, prononce, d&#233;nonce ; elle s'oublie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre a ses sc&#232;nes, il a ses acteurs, il a ses spectateurs, il conna&#238;t son texte. Il est un art &#8212; parfois &#8212; une m&#233;moire souvent qui na&#238;t d'une longue histoire. Son texte est la variation reconduite de ce souvenir. Quel est ce souvenir ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_20435 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;8&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/kratos.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH357/kratos-f5dbb.jpg?1701616598' width='500' height='357' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Kratos
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le th&#233;&#226;tre rappelle que Kratos &#8212; Pouvoir &#8212; est un ogre d&#233;fi&#233; par D&#233;mos &#8212; Peuple &#8212; ; cette opposition est sans fin. Contradiction violente ou apais&#233;e, elle est irr&#233;ductible, apor&#233;tique. Le th&#233;&#226;tre dit &#224; la D&#233;mocratie que cet &#233;cart peut se parler, mais non se r&#233;duire jusqu'&#224; s'effacer. Le th&#233;&#226;tre &#8212; le th&#233;&#226;tre, pas le spectacle &#8212; a l'exp&#233;rience quotidienne de s'adresser &#224; une assembl&#233;e qui n'est pas une communaut&#233; pr&#233;alable ni un corps homog&#232;ne. Il est l'exp&#233;rience de &#171; l'entre &#187;, de l'&#233;cart qui subsiste entre chacun des spectateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'assembl&#233;e est cet ensemble diff&#233;renci&#233; qui ne fait pas masse. La masse est un assemblement sans &#233;cart, un groupe sans autre. Le th&#233;&#226;tre est art par la cr&#233;ation d'un vide (d'un &#171; entre &#187;), d'un espace entre ceux qui font d&#233;mos. Kratos veut le plein : il ne con&#231;oit le d&#233;mos qu'unifi&#233; en un corps (Holisme). C'est une d&#233;finition du pouvoir tyrannique ou totalitaire. Or le peuple n'est d&#233;mocratique que d&#233;membr&#233;. La tyrannie, c'est le mensonge de l'unit&#233; du peuple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'artiste, &#8212; l'acteur, l'&#233;crivain, le peintre &#8212; occupe la place solitaire de l'unicit&#233; au sein du groupe, non pour lui d&#233;nier sa l&#233;gitimit&#233;, mais pour lui rendre la dignit&#233; du multiple. L'artiste ne cr&#233;e pas l'&#233;cart du vivant ; il rend visible le vide qui en est la vie. L'artiste est cet amant qui voit au c&#339;ur de son amour le plus vif, dans son d&#233;sir m&#234;me, le secret des corps amoureux : le vide, l'espace irr&#233;ductible, ce que la pudeur nomme la diff&#233;rence. Il rend &#224; la sensibilit&#233; commune ce que la philosophie d'Aristote &#224; Rousseau appr&#233;hende difficilement ; la pr&#233;sence n&#233;cessaire de l'affect au c&#339;ur de la raison. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le th&#233;&#226;tre a ceci de particulier ; il est le travail d'un groupe adress&#233; &#224; un groupe &#233;tranger. Son partage est l'ouverture de l'interpr&#233;tation.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'interpr&#233;tation : un art antitotalitaire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je ne dispose que de m&#233;taphores approximatives pour r&#233;pondre &#224; cette question : qu'est-ce qu'un &#171; grand &#187; peintre, qu'est-ce qu'un &#171; grand &#187; acteur ? Le peintre troue le visible et ouvre &#224; la visibilit&#233;. L'acteur incarne le vide qu'il cr&#233;e entre le personnage et lui. L'acteur est le corps r&#233;el d'une hypoth&#232;se incarn&#233;e. Sa pr&#233;sence tient &#224; l'interpr&#233;tation d'un espace vide, car il n'est pas le personnage qu'il incarne. Personnage, rappelons-le, vient du latin &lt;i&gt;persona&lt;/i&gt; qui signifie masque. C'est pourquoi au th&#233;&#226;tre comme ailleurs, voir c'est interpr&#233;ter ce que l'on regarde. L'interpr&#233;tation est une hypoth&#232;se qui en suppose d'autres. &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en ce sens tr&#232;s simple que le th&#233;&#226;tre, comme la peinture ou la litt&#233;rature, interroge la d&#233;mocratie et la met face &#224; son aporie. L'art dit &#224; la d&#233;mocratie toujours tent&#233;e, infest&#233;e, pollu&#233;e, d&#233;tourn&#233;e par la d&#233;magogie : attention, il n'y a pas de dernier mot !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attention, tout litt&#233;ralisme, tout refus de la pluralit&#233; du sens, est un totalitarisme. Le fondamentalisme est un litt&#233;ralisme politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art est plus qu'une proposition : il est l'exp&#233;rience de cette pluralit&#233;, il en est le vacillement ou l'incertitude ; il exige de la d&#233;mocratie la mise en forme du doute qui la traverse, l'inqui&#232;te ; il fait l'exp&#233;rience de l'inachev&#233;. L'exp&#233;rience renouvel&#233;e de l'interpr&#233;tation participe du possiblement commun, prol&#233;gom&#232;nes &#224; toute citoyennet&#233;, con&#231;ue comme le devenir possible du commun. Offrant &#224; partager ce qui partage &#8212; nous ne voyons pas tous la m&#234;me chose de ce qui est &#224; voir &#8212; cette exp&#233;rience du d&#233;saccord est une exp&#233;rience d&#233;mocratique, la manifestation vivante de l'alt&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, entre le th&#233;&#226;tre et la d&#233;mocratie, se met en jeu l'art de la parole. La d&#233;mocratie na&#238;t, &#224; Ath&#232;nes, d'une mise en jeu et d'une lib&#233;ration de la parole. C'est dangereux. Une parole libre, le droit &#224; la parole offert &#224; chaque citoyen permet de s'exon&#233;rer de l'argumentation et d'un souci de v&#233;rit&#233;. Aujourd'hui plus que nagu&#232;re lorsque la parole se lib&#232;re des v&#233;rit&#233;s de fait et se r&#233;clame de ce qui ne se justifie plus que par &#171; mon &#187; opinion. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'interpr&#233;tation est irr&#233;ductible &#224; l'opinion.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20437 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/retrato_del_papa_inocencio_x__roma__copy_2__after_diego_vela_zquez.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH589/retrato_del_papa_inocencio_x__roma__copy_2__after_diego_vela_zquez-ffea3.jpg?1772213022' width='500' height='589' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le film de Barbet Schr&#246;der, &lt;i&gt;Ricardo et la peinture&lt;/i&gt;, lors d'une s&#233;quence, s'arr&#234;te devant un portrait du pape Innocent X par Vel&#225;zquez. La cam&#233;ra s'approche du regard du pape. C'est alors que ceux qui regardent voient dans ce regard du pape une inqui&#233;tude et se demandent : est-ce son pouvoir qui l'inqui&#232;te, est-ce l'inqui&#233;tude du pouvoir, ou est-il inquiet de d&#233;voiler ce que nous pourrions voir et interpr&#233;ter de ce regard ? Le moment est beau. Il confronte Kratos &#224; D&#233;mos et rend visible le danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience d&#233;mocratique nous permet de comprendre que l'antinomie du pouvoir et du peuple est, non ce qu'il faut d&#233;faire, dissimuler, &#233;touffer, mais bien ce qu'il faut conserver et r&#233;duire, sachant que le projet n'a pas de fin. Ce que l'art sait depuis toujours ! Et ce par quoi se dit que l'art n'est pas la propri&#233;t&#233; d'une culture, il est la manifestation vivante de la porosit&#233; des cultures, l'avertissement renouvel&#233; que tout enfermement &#171; communautaire &#187; est signe de haine, de guerre, de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je ne sais pas si l'obscurantisme na&#238;t ou r&#233;sulte de l'inculture, mais je sais bien s&#251;r que c'est un projet politique, lequel se confond avec cette n&#233;gation d'un &#171; illimit&#233; &#187; humain, d'une &#171; trans-immanence &#187; qui distingue encore l'Homme cr&#233;ateur (d'&#339;uvres ou de lui-m&#234;me) de son horrible double. La haine de l'art est un projet de mise &#224; mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D&#233;cembre 2023&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;a href=&#034;https://www.solitairesintempestifs.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;
&lt;p&gt;Les livres sont publi&#233;s aux &#233;ditions les Solitaires Intempestifs&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20507 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/png/solitaires_logo2.png' width=&#034;349&#034; height=&#034;154&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
