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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>De l'artiste au psychanalyste et retour</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dina Germanos Besson et Natacha Ka&#239;l</dc:creator>


		<dc:subject>essai </dc:subject>
		<dc:subject>installation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;&#201;crire &#224; partir de l'&#233;criture d'une psychanalyste, Dina Germanos, qui parle des &#339;uvres d'un artiste, Bernard moninot, dont les d&#233;marches mod&#232;lent en creux l'indicible.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/essai" rel="tag"&gt;essai &lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/installation" rel="tag"&gt;installation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH107/arton1940-0adaf.jpg?1772194437' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ecrire &#224; partir de l'&#233;criture d'une psychanalyste, qui parle des &#339;uvres d'un artiste, dont les d&#233;marches mod&#232;lent en creux l'indicible, l'impalpable, mod&#232;lent en creux ces menus morceaux d&#233;pos&#233;s dans les interstices du quotidien, menus morceaux qui &#233;chappent aux yeux tout venant, et d'o&#249; &#233;mane une in&#233;luctable contingence, laquelle prend &#224; son tour la parole et me raconte une autre histoire que celle que j'avais entreprise d'&#233;crire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Le ciel et l'abyme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Est-ce un labyrinthe ? Non ! Ciel, c'est un abyme ! Une mise en abyme, qu'est-ce ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Faire son trou&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comment faire sa place entre l'artiste et l'analyste, comment faire son trou entre ces positions d'exception. Exception ? Comme tu y vas fort pour commencer ton bout de papier, gratteur de lignes ! Excepter, du latin &lt;i&gt;excipio&lt;/i&gt;, d&#233;ploie sa multiplicit&#233;, et tient, par sa d&#233;finition, autant de la soustraction que de la r&#233;ception, du recueil, et, couche ultime, du soutien, de l'appui, de la r&#233;sistance. Il est clair que l'artiste et l'analyste ne s'emploient &#224; aucune biens&#233;ance. Dire tout ce qui vient, voil&#224; le comble de l'impolitesse, c'est aussi une des inventions de Freud afin que chute la censure qui maintient hors de port&#233;e les bribes de l'inconscient. On conviendra que l'artiste ne dit pas tout ce qui le traverse, il y &#233;chappe, par la d&#233;chirure, la rature, le recommencement ; alors que l'analysant ne peut se d&#233;rober face &#224; l'&#233;nonc&#233;, qui fuit de sa bouche malgr&#233; sa vieille volont&#233; d'exprimer l'exactitude de ce qui est. &#171; Lapsus ! &#187; crie l'analyste, c'est dit c'est cuit, c'est entendu, faut s'expliquer ! P&#233;nibilit&#233; maximale, sortie de rames : pourquoi ai-je dit ma fille quand j'en ai deux, je nuis au lieu de je suis, hier s'agissant de demain, etc., etc., etc. Mais on conviendra &#233;galement que l'artiste ne peut se permettre de tendre vers la complaisance, l'applaudissement ou le mur d'une galerie. Son exceptionnalit&#233; se joue dans ce souhait enfantin : il fait ce qu'il veut, ou plut&#244;t, il fait ce qu'il a &#224; faire, quitte &#224; endosser une cape d'extran&#233;it&#233; pour la commune mesure sociale. Il ne c&#232;de pas devant l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; de son acte &#8211; le&#231;on de Rilke &#224; un jeune po&#232;te. Artiste et analyste se soustraient au bon sens comme &#224; la douce pens&#233;e d'&#234;tre aim&#233; pour ce qu'ils font, &lt;i&gt;exceptio&lt;/i&gt;. Tous deux accueillent l'&#233;tat du monde et plient leurs pinceaux ou leur corps pour soutenir le poids des paroles empes&#233;es, au m&#234;me titre que la masse des silences, des oublis, des bruits, de porte, de pas, de rideaux qui bougent, sans peur que quelqu'un s'y cache, sans vouloir, non plus, le d&#233;voiler.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/1_moninot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH376/1_moninot-65471.jpg?1633277542' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bernard Moninot &#8212; Silent-Listen, 2010
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mise en mouvement &#224; demeure&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas moi qui tire ce fil de l'artiste &#224; l'analyste, c'est Dina Besson qui le s&#233;cr&#232;te dans son livre sur Bernard Moninot, trouvant dans leurs gestes &#233;loign&#233;s l'unisson, si ce n'est d'une posture, du moins d'une recherche. J'ai chemin&#233;, par le biais de cette lecture, entre les toiles, les dessins, les installations, je suis revenue au cabinet de l'analyste, me suis assise dans ses divans, ses concepts, suis repartie prendre pied dans l'atelier, &#233;couter l'&#339;uvre en train de se fa&#231;onner. Durant cette lecture promenante, je me suis arr&#234;t&#233;e &#224; quelques carrefours. La premi&#232;re rencontre, toujours d'importance, avec l'&#339;uvre de Bernard Moninot, suscita chez Dina Besson cette impression particuli&#232;re : &lt;i&gt;unheimlich&lt;/i&gt;. Je suis chez moi pas chez moi, je suis pas chez moi chez moi, et, par extension, je suis habit&#233;e par ce qui me d&#233;loge. Ce chantre freudien de l'oxymore concentre ce qu'on pourrait expliquer de l'inconscient : notre intimit&#233; est m&#233;connaissable, la plupart du temps d&#233;figurante, souvent inracontable. &lt;i&gt;Unheimlich&lt;/i&gt;, la poup&#233;e ch&#233;rie qui prend vie, d&#233;sagr&#233;geant la sensible fronti&#232;re entre l'&#234;tre et le non-&#234;tre. &lt;i&gt;Unheimlich&lt;/i&gt; aussi, la mise en lumi&#232;re de ce qui aurait d&#251; rester dans l'ombre, le v&#339;u inavouable et refus&#233; qui remonte en surface, le refoul&#233; et son &#233;ternel retour jusqu'&#224;&#8230; Jusqu'&#224; ce qu'une rencontre apporte conclusion au souvenir g&#233;lifi&#233; en suspens. Ce peut &#234;tre rien, un mot, un analyste, son interpr&#233;tation, un tableau, une mise en sc&#232;ne, son interpr&#233;tation. Le rendez-vous demeure inconnu, il ne s'agit pourtant pas de le manquer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;A la recherche de Bernard Moninot&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;O&#249; es-tu Bernard Moninot ? A quelle page tu te planques ? Je t'ai cherch&#233; et n'ai retenu que ton absence. Et bien que j'aime les &#233;toiles, je ne t'ai compt&#233; dans aucun coin de l'espace, ni m&#234;me dans ces fant&#244;mes qu'on nomme trous noirs. Dina a-t-elle raison de parler &#224; ton propos d'une &#171; esth&#233;tique de l'effacement &#187;, d'un art &#171; au seuil de l'annulation &#187; ? Je crois qu'&#224; l'instar du fac&#233;tieux Ulysse qui entourloupe l'&#233;norme Polyph&#232;me, tu n'es Personne, c'est-&#224;-dire &lt;i&gt;m&#232;tis&lt;/i&gt;, et en sus, &lt;i&gt;outis&lt;/i&gt;, le disparu et le rus&#233;. Ulysse d&#233;cline son identit&#233;, je suis &lt;i&gt;outis&lt;/i&gt; dit-il au cyclope, le dupant par ce malentendu (car il est &lt;i&gt;m&#232;tis&lt;/i&gt;). Le mot d'esprit est une dr&#244;le de vieillerie, Hom&#232;re, qui ne s'appelait d'ailleurs pas Hom&#232;re, sauve son h&#233;ros en s'amusant de la langue. Toi, tu sembles t'amuser du vent, de l'ombre, de ses miroitements, des math&#233;matiques, de l'optique, et pourquoi pas de la physique quantique, un point puis un autre point, encore un autre, sur les lignes du temps, d'un saut &#224; l'autre, en aucune page pourtant, pas encore, tu n'es revenu. Dina a sans doute raison de nous parler d'une &#171; figuration de l'objet perdu &#187; ou d'une &#171; figuration de quelque chose qui s'absente &#187; &#224; propos de ce que tu accomplis. Mais ne serait-ce pas l&#224; tout toi, que de te mettre dans les pliures de ton &#339;uvre, pour laisser place non pas &#224; ce que tu es, tu n'es Personne, je le redis. Et m&#234;me pas ! Car si l'on suit Lacan, tu es &#224; cet endroit pr&#233;cis : le ne expl&#233;tif. L&#224;, y'a du sujet de l'inconscient ! Ce petit caillou dans la chaussure qui fait rouler la phrase diff&#233;remment, qui lui donne un autre ton, une couleur in&#233;dite, &#233;coute un peu Lacan : &#171; Je suis, que je sache, avant que je ne me r&#233;veille, ce &#171; ne &#187; dit expl&#233;tif. [&#8230;] Il n'est point expl&#233;tif, il est plut&#244;t l'expl&#233;tion de mon impl&#233;ance chaque fois qu'elle a &#224; se manifester ! Ce que la langue fran&#231;aise d&#233;finit bien dans l'acte de son emploi. Je dis : &#171; Aurez-vous fini avant qu'il ne vienne ? &#187; quand cela m'importe que vous ayez fini, &#224; Dieu ne plaise qu'il v&#238;nt avant ! Je dis : &#171; Passerez-vous avant qu'il vienne ? &#187; car d&#233;j&#224; quand il viendra, vous ne serez plus l&#224;. &#187; (&lt;i&gt;Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse&lt;/i&gt;). Laisser place non pas &#224; ce que tu es, disais-je, mais &#224; ce qui va advenir (je te l'ai entendu dire quelque part, tu t'en souviendras). Tu n'&#233;tais sans doute d&#233;j&#224; plus l&#224; quand j'ai d&#233;barqu&#233; dans le livre de Dina Besson, occup&#233;, d&#233;j&#224;, &#224; d'autres id&#233;es, tu n'es vraiment jamais l&#224; o&#249; l'on t'attend et c'est ce qui te rapproche incroyablement, en tant qu'artiste bien &#233;videmment, de l'analyste. Crois-tu que l'analyste r&#233;pond &#224; ma demande ? Quand je lui propose de se rendre au lieu de ma plainte, il divague au loin. C'est une petite huitre, il renferme une perle de verre (pens&#233;e pour le terrible jeu de Hermann Hesse et pour le sujet suppos&#233; savoir tel que pr&#233;sent&#233; par Dina) et ne conc&#232;de en rien &#224; la labilit&#233;. Son silence se millim&#232;tre, il pourrait partager ton Antichambre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre fa&#231;on d'&#233;tendre ce parall&#232;le entre ces deux fonctions d'exception concerne la cause. Mais pour l'aborder, je vais poursuivre mon chemin car je voudrais avant tout te parler, Bernard, en ton absence, du cassage de noix.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH666/2_moninot-0ca90.jpg?1772193556' width='500' height='666' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bernard Moninot &#8212; Antichambre, 2011-2012
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;On ne fait pas d'art sans casser des noix&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Briser une coquille de noix n'est vraiment pas un art, ce qui explique que nul n'osera convoquer un public et casser des noix face &#224; lui, afin de le divertir. Que quelqu'un le fasse tout de m&#234;me et r&#233;ussisse &#224; mettre en &#339;uvre son intention, alors il ne peut justement pas s'agir d'un simple cassage de noix. &#187;. Qu'est-ce qui cr&#233;e, pourquoi &#231;a cr&#233;e, et qu'est-ce que &#231;a fait ? Le livre de Dina Besson soul&#232;ve ces interrogations et apporte un &#233;clairage &#224; partir du travail de Bernard Moninot, singularit&#233; oblige (la psychanalyse est une praxis du cas par cas). En filigrane, ce n'est pas la question &lt;i&gt;qui est artiste&lt;/i&gt; qui se d&#233;tache mais &lt;i&gt;o&#249; est-il, de quel lieu nous parle-t-il, qu'est-ce qui le cause&lt;/i&gt;. C'est l'histoire d'une origine et celle d'un souhait. Bernard Moninot voudrait voir advenir l'&#339;uvre, il dit &#171; je voudrais &#234;tre le spectateur d'une chose qui se fait &#187;. A bon droit, tu peux me demander quelle est le rapport entre les noix, la gen&#232;se et ce d&#233;sir de regard. Les noix dont je parle appartiennent &#224; Kafka, extraites de sa derni&#232;re cr&#233;ation, Jos&#233;phine la cantatrice. Qu'on s'assoit en haut d'une colline de viande (respect &#224; Marina Abramovic) ou que les fleurs tremblotent (Van Gogh, pourquoi pas), Kafka touche &#224; la sp&#233;cificit&#233; de l'artiste, la mise en &#339;uvre de son intention, c'est-&#224;-dire l'ouverture d'une perspective, l'extension de la toile &#224; une outre-toile et par cons&#233;quent la possibilit&#233; de se plonger en arri&#232;re, dans le mouvement de sa naissance. Qu'est-ce qui cause ? Rien. Sur cette absence de cause, faille irr&#233;ductible de tout sujet parlant affubl&#233; d'un inconscient, mettons un objet, appelons-le &lt;i&gt;a&lt;/i&gt;, et rendons &#224; Lacan sa trouvaille. J'invite les lecteurs curieux &#224; arpenter &#224; leur tour les pages du livre sus-cit&#233; pour &#233;clairer leur lanterne quant &#224; la place que cet objet occupe chez Bernard Moninot.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; tu m'as regard&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;	N'est-ce pas le minimum attendu d'une &#339;uvre, qu'elle cr&#233;e, un sentiment, une id&#233;e, une question et pourquoi pas une r&#233;ponse, et &#224; la fois, attente exorbitante, que l'&#339;uvre nous cr&#233;e, nous reconfigure &#224; l'endroit m&#234;me o&#249; nous nous figurions acquis. Heim : Perdu ! Ce n'est pas toi car &#224; l'instant o&#249; tu m'as regard&#233;e, ton point de vue s'est d&#233;plac&#233; (ainsi parlerait l'&#339;uvre). Ce d&#233;placement, cet &#233;vanouissement du regard, est parfois insignifiant, parfois touchant &#224; cette obscurit&#233; intime o&#249; gisent les signifiants, ceux qui nous contraignent &#8211; l'ordre imp&#233;ratif d'un &lt;i&gt;tu es cela&lt;/i&gt;, ceux qui nous donnent essor &#8211; l'ordre conditionnel d'un &lt;i&gt;serais-je&lt;/i&gt;. Parfois, d&#233;passant la noirceur, ce d&#233;placement remue ce qui aura &#233;t&#233; &#171; en de&#231;&#224; du signifiant &#187; (Dina Besson parle de ce temps non r&#233;volu, le futur ant&#233;rieur), lieu d'avant le sujet (le sujet est effet du signifiant, il se d&#233;duit dans l'apr&#232;s-coup de la parole). Voil&#224; un autre carrefour o&#249; se rencontrent Bernard Moninot et Dina Besson, et par leur entremise, l'art et la psychanalyse. Pour venir au monde des parlants, Lacan appelle cette origine &#233;nigmatique l'insondable d&#233;cision de l'&#234;tre (Propos sur la causalit&#233; psychique), acte de naissance o&#249; le sujet s'invente avec les mots et jette son je au milieu de la phrase. Perdu ! Deux fois (oui oui, on conna&#238;t Eurydice). Eurydice ne reviendra jamais. Elle est &#224; jamais perdue. Nous avons oubli&#233; sa trace, et ne nous reste que le regard en trop de Orph&#233;e pour nous rappeler la disparue. Nous reste aussi son chant, et avan&#231;ant dans la phrase, nous nous &#233;loignons d'Eurydice l'oubli&#233;e, nous pataugeons dans les voix des sir&#232;nes, nous partons et parlons de la lyre, nous oublions. User de la lumi&#232;re, de l'&#233;clat, du vent, du temps, user de l'usure des journaux, de la transparence, n'est-ce pas au demeurant l'&#233;loge de l'a-cause dans et par son infirmation ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_17165 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;47&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/3_moninot.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH378/3_moninot-c8515.jpg?1633277542' width='500' height='378' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bernard Moninot &#8212; Le fil d'alerte, 2007
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Prolongements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&#171; Comment l'art peut-il &#233;largir la psychanalyse ? &#187; demande Dina Besson. Lacan affirme, dans son hommage &#224; Marguerite Duras, que l'artiste &#171; fraie la voie &#187; &#224; l'analyste, pr&#233;s&#233;ance certes, mais pourrait-on inclure dans l'exigu&#239;t&#233; de nos cabinets et de nos protocoles conceptuels l'espace de cr&#233;ation que l'art nous offre ? Chaque voix qui se d&#233;pose sur le divan m'oblige &#224; recr&#233;er le monde, sans en &#234;tre. Cette d&#233;licate excentricit&#233; s'apparente &#224; un doux devoir de mourir pour na&#238;tre &#224; une autre sc&#232;ne. Ce n'est pas sans retour, c'est une trajectoire immobile. Ind&#233;fectiblement, l'art comme l'analyse (la cure, celle que tu traverses avant m&#234;me de mettre les mains dans le cambouis, celle qui modifie les coordonn&#233;es de ta g&#233;ographie), l'art et la psychanalyse, disais-je, me prolongent. J'ai referm&#233; le livre de Dina Besson &#224; partir de Bernard Moninot. Il y avait un trou dans ma biblioth&#232;que, il y a pris racine, et imm&#233;diatement, un autre trou s'est dessin&#233; dans les parages de l'ouvrage, ouvrant une voie optative. Un murmure s'en &#233;chappe : Oh si je&#8230; Ecrire &#224; Dina Besson et lui dire combien il faut la lire. Ecrire &#224; Bernard Moninot et lui dire combien il faut l'entendre (&#224; l'&#233;vidence avec les yeux). Ecrire &lt;i&gt;Oh si je&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dina Germanos Besson : Bernard Moninot, &lt;i&gt;Art, science et psychanalyse&lt;/i&gt;, L'Harmattan, 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Frontispice : Bernard Moninot, Pr&#233;monition de l'avalanche, 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>L'impossible r&#233;paration</title>
		<link>https://tk-21.com/L-impossible-reparation</link>
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		<dc:date>2019-12-02T21:16:59Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dina Germanos Besson</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Que dire de ce &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt; ? &#8211; qui n'est pas un livre, mais un monument (au sens d'un &lt;i&gt;th&#233;&#226;tre de m&#233;moire&lt;/i&gt;), ou plut&#244;t, un archipel. Il est vertigineux.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1583-8c9f6.jpg?1772200920' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Que dire de ce &lt;i&gt;livre&lt;/i&gt; ? &#8211; qui n'est pas un livre, mais un monument (au sens d'un &lt;i&gt;th&#233;&#226;tre de m&#233;moire&lt;/i&gt;), ou plut&#244;t, un archipel. Il est vertigineux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce que Norbert Hillaire emprunte &#224; la d&#233;marche archip&#233;lique (m&#234;me si l'expression n'a pas &#233;t&#233; utilis&#233;e par l'auteur), c'est la posture de l'artiste qui, &#233;tranger ou exil&#233; &#224; lui-m&#234;me, se d&#233;tourne de l'essence, pour regarder le monde comme &lt;i&gt;diff&#233;rance&lt;/i&gt; &#8211; b&#233;ance constitutive d'un nouveau sens. D&#232;s lors, la structure se calque sur la discontinuit&#233; du temps, ou mieux, sur sa fragilit&#233;, s'affranchissant de toute pr&#233;tention d&#233;miurgique, se penchant sur les &#171; expressions les plus minuscules des jours succ&#233;dant aux jours &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur comprend alors le rythme de l'ouvrage : chaque partie est une cl&#244;ture. Mais une cl&#244;ture imparfaite qui, clandestinement, fait signe &#224; la partie qui la suit. L'ouvrage est aussi labyrinthique, tiss&#233; de ramifications multiples, o&#249; chaque labyrinthe se s&#233;pare du suivant par un &#233;cart, un interstice, un hiatus, rec&#233;lant un acte artistique. Entre chaque &lt;i&gt;acte&lt;/i&gt; &#8211; c'est-&#224;-dire, cet &#233;v&#233;nement unique qui s'arrache &#224; toute norme &#233;tablie &#8211; et le suivant, l'univers esquiss&#233; se d&#233;truit et rena&#238;t : &#224; peine &#233;lev&#233;s, les fragments s'an&#233;antissent, restant comme inachev&#233;s (&lt;i&gt;work in progress&lt;/i&gt;), comme le sont les bricolages des artistes qui, parce que vuln&#233;rables, cass&#233;s ou bless&#233;s justement, participent d'un sens in&#233;dit, d&#233;r&#233;gl&#233;, in&#233;puisable, devenant &#339;uvres ouvertes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13901 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/2_hillaire.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH376/2_hillaire-02bc2.jpg?1575321835' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, nous cascadons de surprise en surprise, &#224; l'image de cette occasion toujours rat&#233;e : &lt;i&gt;une rencontre fortuite d'une machine &#224; coudre et d'un parapluie&lt;/i&gt;. Le lecteur visite alors l'univers de Ponge, ce po&#232;te qui ne disposait que d'un court intervalle pour traquer l'objet par un inventaire po&#233;tique du lexique, sans le d&#233;limiter ; les &#233;clats de langage d'Artaud, &#171; jamais irr&#233;conciliables et irr&#233;concili&#233;s avec eux-m&#234;mes et avec le monde &#187; ; le Kintsugi qui, au lieu de d&#233;guiser la r&#233;paration tente, au contraire, de la montrer, de laisser une trace, retrouvant l'histoire de l'objet, mais un objet qui &#171; bifurque &#187; ou qui d&#233;-co&#239;ncide avec lui-m&#234;me, s'inscrivant dans &#171; une esth&#233;tique du d&#233;faut &#187;. Gr&#226;ce &#224; ce langage d&#233;viant, il devient alors &#171; objet plus beau &#187;. Je ne peux ici que citer Leiris : &#171; Pour Baudelaire, aucune beaut&#233; ne serait possible sans qu'intervienne quelque chose d'accidentel&#8230; Ne sera beau que ce qui sugg&#232;re l'existence d'un ordre id&#233;al, supraterrestre, harmonieux, logique, mais qui poss&#232;de en m&#234;me temps, comme la tare d'un p&#233;ch&#233; originel, la goutte de poison, le brin d'incoh&#233;rence, le grain de sable qui fait d&#233;vier tout le syst&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13902 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/3_hillaire.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH376/3_hillaire-6c24b.jpg?1575321835' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En effet, avec ce livre, nous assistons &#224; l'&#233;croulement du syst&#232;me, c'est-&#224;-dire &#224; l'&#233;croulement de toutes les donn&#233;es figuratives ou des &lt;i&gt;clich&#233;s&lt;/i&gt;, pour voir &#233;merger des fragments, &#171; une esth&#233;tique de l'accident &#187;, de l'hybride, du bricolage &#233;ph&#233;m&#232;re &#171; dont on ne retiendra que la beaut&#233; du geste qui le soutient, et non l'objectif qu'il vise &#187;, des expressions in&#233;dites qui d&#233;construisent le militantisme et les certitudes, du &#171; coefficient d'art &#187; duchampien, cette part qui &#233;chappe &#224; toute saisie, du jeu continu qui d&#233;joue les &#233;chelles, tordant la d&#233;mesure, ou qui recourt &#224; la ruse, &#224; la &lt;i&gt;m&#232;tis&lt;/i&gt;, et autres strat&#233;gies de d&#233;placement : d&#233;guisement, travestissement, collage, logo, ornement, et j'en passe&#8230; de la disparition du &#171; e &#187; de Perec, enfin, qui, en &#233;voquant &#171; la disparition &#233;rig&#233;e en principe monstrueux &#187;, annonce, par ce manque m&#234;me, l'&#233;closion d'une litt&#233;rature nouvelle. Le livre se cl&#244;t alors sur un hymne au langage : une invitation &#224; son renouvellement. Au lecteur de le d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment classer cet ouvrage, si bien ficel&#233; sous son apparent d&#233;sordre, si humain, si &#233;nigmatique ? Nous ne saurons dire que c'est un livre sur l'art, ou du moins il ne s'y r&#233;duit pas. Nous ne pouvons non plus l'appeler &#171; essai &#187;, au sens d'un ouvrage qui suppose une construction, un devenir, le tissage de l'irr&#233;versibilit&#233; du temps. Il s'agit plut&#244;t de &lt;i&gt;miettes&lt;/i&gt; artistiques, o&#249; le &lt;i&gt;temps retrouv&#233;&lt;/i&gt; se con&#231;oit comme un futur ant&#233;rieur, comme &#171; une percolation du pass&#233; dans le pr&#233;sent &#187;, comme un &#171; pass&#233; r&#233;invent&#233; &#187;, ou comme bruissement de deux temps o&#249; l'un n'est d&#233;j&#224; plus, et l'autre, pas encore. Et de cette fente, surgira la Figure, pour reprendre une expression de Deleuze, &#224; l'image de l'irruption &lt;i&gt;involontaire&lt;/i&gt; de Combray dans une tasse de th&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; propos de cet ouvrage &lt;i&gt;vertigineux&lt;/i&gt; donc, et aux accents borg&#233;siens, je dirai : mes yeux auront vu cet objet profane et accidentel, dont les hommes usurpent le nom, mais qu'aucun &#233;crivain n'avait jusque-l&#224; r&#233;ussi &#224; &#233;treindre ; &lt;i&gt;l'impossible&lt;/i&gt; r&#233;paration. &#192; travers les artistes cit&#233;s, l'auteur donne corps &#224; cet impossible. Et c'est la fa&#231;on singuli&#232;re de saisir &lt;i&gt;l'impossible&lt;/i&gt;, son &#233;chec, qui fera l'acte r&#233;parateur, c'est-&#224;-dire aussi le style de l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et qu'est-ce que l'&lt;i&gt;impossible&lt;/i&gt; (et non pas l'impuissance) qui tente de se dire tout au long de l'ouvrage : cet &lt;i&gt;inconcevable univers&lt;/i&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pris dans le tourbillon d'une obsc&#233;nit&#233; apparente qui emp&#234;che de croire en notre existence r&#233;elle &#8211; &#224; l'image du &#171; patron &#187; de Robbe-Grillet qui se dissout dans le d&#233;cor ou &#224; l'image de cet &lt;i&gt;illimit&#233;&lt;/i&gt; dont parle l'auteur, qui vise &#224; &#233;liminer le &lt;i&gt;reste&lt;/i&gt;, folie transhumaniste, s'il en est &#8211; pouvons-nous nous extraire de cette stupeur naus&#233;euse dans laquelle nous plonge l'atmosph&#232;re n&#233;olib&#233;rale, cette exp&#233;rience m&#234;me du monde contemporain ? L'obstacle o&#249; nous semblons emmur&#233;s ne m&#232;ne ni &#224; l'ennui ni au d&#233;sespoir ; pas plus qu'&#224; la r&#233;volte &#8211; sans doute r&#233;volue. L'issue parviendra &lt;i&gt;d'un air de jazz&lt;/i&gt;, comme disait l'autre, un air de jazz comme un art de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_13903 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/4_hillaire.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH376/4_hillaire-32af7.jpg?1575321835' width='500' height='376' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'urgence est bien de renoncer &#224; la promesse format&#233;e, objet pr&#233;fabriqu&#233;, abaissement &#224; l'impudeur, produit triste et d&#233;chu de la modernit&#233;. Ce renoncement s'accompagnera d'un autre gain : une po&#233;tique qui n'existe pas que dans la po&#233;sie. Sa puissance, sa cr&#233;ativit&#233; exerce son pouvoir &lt;i&gt;ailleurs&lt;/i&gt;, dans la vie, sur la vie. C'est le &lt;i&gt;geste&lt;/i&gt; artistique qui semble toujours en attente de son unit&#233; ; et c'est justement cette instabilit&#233;, cette pr&#233;carit&#233;, qui contribuent &#224; faire d'une vie une permanente &#233;preuve du lyrisme, condition n&#233;cessaire pour l'invention d'une parole singuli&#232;re, celle qui est en qu&#234;te de quelque chose, d'un objet qui se d&#233;robe, chancelant et improbable ; et qui pose son interrogation inqui&#232;te, &#224; l'image d'un intime &#224; circonscrire. C'est cet inconnu du sujet que les mots et l'acte artistique, dans leurs h&#233;sitations m&#234;me, dans leurs &#233;checs m&#234;me, s'&#233;vertuent &#224; cerner. Surgit le musical comme l'Autre de la langue : un &lt;i&gt;je ne sais quoi&lt;/i&gt; qui proclame impossible la nomination, tout en glorifiant cet air, fugitif et volatil, qui raille de sa fuite. Nous ne pouvons alors que saluer la plume de l'auteur qui a r&#233;ussi &#224; introduire dans la prose &#233;crite cet air musical, un air qui triomphe dans &lt;i&gt;sa&lt;/i&gt; Venise ! et un &lt;i&gt;air&lt;/i&gt; que seule la musique qui fr&#233;mit peut fugacement faire entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;crivant ceci, je pense &#224; Maurice Blanchot : &#171; Andr&#233; Breton d&#233;savoue la musique parce qu'il veut pr&#233;server en lui le droit d'entendre l'essence discordante du langage, sa musique non musicale &#187;. Il vaut la peine de restituer ce monde en sourdine, qui est la tonalit&#233; de l'ouvrage, dans toute sa beaut&#233; dissonante, &#233;cras&#233;e par la normalisation des initiatives cr&#233;atrices, sacrifi&#233;e sur l'autel des ambitions utilitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la face obsc&#232;ne des choses ne l'emportera pas ; et la puissance de l'art tient &#224; sa capacit&#233; de se dissimuler comme art. Il nous appartiendra alors de d&#233;chiffrer les difficiles voies de d&#233;sali&#233;nation, celles d'une po&#233;sie muette, d'une peinture parlante, logeant la polyphonie conflictuelle et inavouable &#8211; &#224; l'instar de &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que de Babel&lt;/i&gt;, &#224; la structure kabbalistique, secr&#232;tement &#224; l'&#339;uvre chez tout un chacun, et secr&#232;tement &#224; l'&#339;uvre dans ce livre. Car le probl&#232;me de ce drame humain est &#224; jamais sans solution, il est, en tant que drame, la possibilit&#233; m&#234;me du renouvellement. Jamais enferm&#233; dans un langage, toujours pr&#234;t &#224; l'ouvrage, &#233;nigme pour lui-m&#234;me. Inlassablement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;paration dans l'art&lt;br class='autobr' /&gt;
Norbert Hillaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions Scala&lt;br class='autobr' /&gt;
22&#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
Broch&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
14,8 x 21 cm&lt;br class='autobr' /&gt;
352 pages&lt;br class='autobr' /&gt;
Paru en : Octobre 2019&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 9782359882308&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.editions-scala.fr/livre/la-reparation-dans-lart/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.editions-scala.fr/livre/la-reparation-dans-lart/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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