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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Le candide, la photographie et l'IA</title>
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		<dc:date>2026-05-31T10:10:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique M&#233;rigard</dc:creator>


		<dc:subject>photographie documentaire</dc:subject>
		<dc:subject>photographie contemporaine</dc:subject>
		<dc:subject>IA</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;IA, IA, IA&#8230; Combien de fois par jour entendons-nous cet acronyme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je dois l'avouer, j'avais jusqu'&#224; aujourd'hui fait un refus d'obstacle et me contentais d'avoir une opinion mitig&#233;e sur cette IA &#224; laquelle on pr&#234;te &#224; la fois tous les vices et toutes les vertus mais surtout qu'on accuse d'&#234;tre la cause de la disparition prochaine des m&#233;tiers qui sont les miens et ceux de mes coll&#232;gues et ami(e)s. N'&#233;tant pas un sp&#233;cialiste, j'ai r&#233;fl&#233;chi &#224; qui, autour de moi, avaient largement utilis&#233; l'intelligence artificielle g&#233;n&#233;ratrice dans son travail de photographe.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/photographie-documentaire" rel="tag"&gt;photographie documentaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/photographie-documentaire-critique" rel="tag"&gt;photographie contemporaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/mot301" rel="tag"&gt;IA&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/ia_3-d8b5e.jpg?1780223762' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;IA, IA, IA&#8230; Combien de fois par jour entendons-nous cet acronyme ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Je dois l'avouer, j'avais jusqu'&#224; aujourd'hui fait un refus d'obstacle et me contentais d'avoir une opinion mitig&#233;e sur cette IA &#224; laquelle on pr&#234;te &#224; la fois tous les vices et toutes les vertus mais surtout qu'on accuse d'&#234;tre la cause de la disparition prochaine des m&#233;tiers qui sont les miens et ceux de mes coll&#232;gues et ami(e)s. N'&#233;tant pas un sp&#233;cialiste, j'ai r&#233;fl&#233;chi &#224; ceux qui, autour de moi, avaient largement utilis&#233; l'intelligence artificielle g&#233;n&#233;ratrice dans leur travail de photographe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je me suis souvenu d'avoir vu une exposition de l'artiste &#171; Photom&#233;dia &#187; allemand &lt;strong&gt;Boris Eldagsen&lt;/strong&gt; &#224; la galerie le Lac gel&#233; &#224; Arles en 2024. Je ne savais pas que ses photographies &#233;taient g&#233;n&#233;r&#233;es gr&#226;ce &#224; l'IA mais la facture des images faisait penser &#224; une utilisation photographique &#171; particuli&#232;re &#187;. Prim&#233; au &lt;i&gt;Sony World Photography Award 2023,&lt;/i&gt; avec son image intitul&#233;e &lt;i&gt;&#171; Pseudomnesia : The Electrician &#187;,&lt;/i&gt; une image que l'artiste d&#233;crit comme &#171; un portrait en noir et blanc, saisissant, de deux femmes de g&#233;n&#233;rations diff&#233;rentes, qui rappelle le langage visuel des portraits de famille des ann&#233;es 1940 &#187;, ce qui doit &#234;tre assez proche du prompt utilis&#233; pour g&#233;n&#233;rer l'image. Il a refus&#233; le prix, en r&#233;v&#233;lant que la photo avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par une intelligence artificielle. Et cet acte a fait date, car c'&#233;tait la premi&#232;re fois qu'une photographie g&#233;n&#233;r&#233;e par une IA avait sem&#233; le doute, pos&#233; la question de la r&#233;alit&#233; de l'image qu'on avait sous les yeux et de la diff&#233;rence de nature entre lA et photographie. J'ai demand&#233; &#224; Boris ce que cela avait chang&#233; pour lui depuis l'av&#232;nement des IA g&#233;n&#233;ratives. &#171; Pour la premi&#232;re fois, je peux travailler presque directement &#224; partir de mon imagination : pas d'atelier, pas d'appareil photo, pas de contrainte li&#233;e &#224; la r&#233;alit&#233; &#8211; seulement les limites de mes id&#233;es et ma ma&#238;trise des outils. Cette libert&#233; est grisante, mais aussi dangereuse, car la rapidit&#233; engendre plus de futilit&#233;s que de perspicacit&#233; si l'on ne sait pas ce que l'on cherche. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis il est devenu conf&#233;rencier, anime des ateliers et participe &#224; de nombreuses conf&#233;rences, car la question des images g&#233;n&#233;r&#233;es par IA a pris une ampleur consid&#233;rable, bien au-del&#224; du monde de l'art.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une pol&#233;mique vient d'ailleurs de na&#238;tre entre Boris Eldagsen, Miles Astray et Joan Fontcuberta sur la nature diff&#233;rente &#8211; ou pas &#8211; des images IA et photographiques. Je vous laisse le soin de chercher les articles qui en parlent et de visiter son site web tr&#232;s riche pour vous faire votre propre avis tout en vous livrant une autre image qu'il a g&#233;n&#233;r&#233;e, clin d'&#339;il &#224; sa c&#233;l&#232;bre image prim&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Voir le site de Boris Eldagsen : &lt;a href=&#034;https://www.eldagsen.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.eldagsen.com/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27312 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/ia_1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH750/ia_1-68474.jpg?1778847461' width='500' height='750' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lionel Bayol-Th&#233;mines&lt;/strong&gt;, que je connais depuis plus d'une trentaine d'ann&#233;es, fait partie des utilisateurs de l'IA depuis ses d&#233;buts, et j'ai vu l'an pass&#233; un de ses livres d'artiste qui m'avait marqu&#233;, &lt;i&gt;WAR IA,&lt;/i&gt; pr&#233;sent&#233; &#224; la librairie-galerie Le Plac'Art Photo &#224; Paris. J'ai donc choisi de montrer des images de cette s&#233;rie, r&#233;alis&#233;e en 2023 en r&#233;action &#224; la guerre en Ukraine. C'&#233;tait pour lui le moyen de r&#233;pondre &#224; une question d'une grande complexit&#233; : comment repr&#233;senter la guerre ? Ces images ne sont pas futuristes mais, au contraire, nous rappellent des images que nous connaissons des deux guerres mondiales du XX&#7497; si&#232;cle. Elles sont en noir et blanc, empreintes d'&#233;tranget&#233;, irr&#233;elles, incompl&#232;tes. C'est une dystopie ; mais les l&#233;gendes nous font croire que cela pourrait avoir exist&#233;. Le plus simple pour comprendre sa d&#233;marche est que je vous livre un r&#233;sum&#233; qu'il m'a fourni pour expliquer sa s&#233;rie : &lt;i&gt;&#171; Ce projet est pens&#233; comme une exp&#233;rience faisant suite au livre ABC de la guerre de Bertold Brecht. Il est issu d'une performance collaborative avec un r&#233;seau neuronal, auquel a &#233;t&#233; soumise en continu la m&#234;me phrase (prompt) pendant plusieurs jours cons&#233;cutifs. Une &#224; deux variables ont &#233;t&#233; ajout&#233;es &#224; la phrase type afin de faire varier les images g&#233;n&#233;r&#233;es. La phrase (prompt) &#233;tait constitu&#233;e des mots r&#233;currents : &lt;/i&gt; contemporary, warfare, experimental, weapons, battlefield &lt;i&gt;+ une variable de lieu, de types d'armes ou de conditions de terrain. Plusieurs centaines d'images ont &#233;t&#233; ainsi g&#233;n&#233;r&#233;es dont une s&#233;lection de 80 images a &#233;t&#233; retenue pour ce projet de livre. Le but de cette performance a &#233;t&#233; d'explorer la capacit&#233; de l'IA (Craiyon V1 &amp; V2) &#224; g&#233;n&#233;rer des images documentant la guerre, d'en capter les bugs de repr&#233;sentation et de constater sa progression, son apprentissage. Dans un second temps, il a &#233;t&#233; demand&#233; &#224; ChatGPT 3 (premi&#232;re version) de g&#233;n&#233;rer une l&#233;gende de l'image &#224; partir de sa description. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En poussant des mod&#232;les d'IA aux fronti&#232;res de l'hallucination par diff&#233;rentes techniques de r&#233;glages, de prompts et d'entra&#238;nement, ces mod&#232;les g&#233;n&#233;ratifs permettent la fabrique de sc&#232;nes irr&#233;elles, d'images de l'ordre de l'&#171; impens&#233; &#187;. Ces mod&#232;les ont pourtant puis&#233; dans de v&#233;ritables collections d'images des si&#232;cles pass&#233;s, dans la m&#233;moire de l'humanit&#233;, la mati&#232;re premi&#232;re qui a servi &#224; les entra&#238;ner.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir l'ensemble : &lt;a href=&#034;https://bayolthemines.fr/war-ai/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://bayolthemines.fr/war-ai/&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lionel B.-T. utilise l'IA dans son travail d'artiste, il enseigne aussi la photographie aux Beaux-Arts de Rouen (ESADHAR) et y anime un laboratoire de recherche en IA pour la part des images g&#233;n&#233;ratives.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27309 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/ia_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH694/ia_2-c65e5.jpg?1778847461' width='500' height='694' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est presque naturellement que &lt;strong&gt;Karin Crona&lt;/strong&gt; a voulu exp&#233;rimenter la cr&#233;ation &#224; l'aide d'un outil d'IA. Depuis longtemps, elle pratique le photocollage et a retrouv&#233;, dans ce nouveau processus de cr&#233;ation, une libert&#233; similaire, lui permettant de g&#233;n&#233;rer des sortes de r&#234;ves &#233;veill&#233;s. L'IA est pour elle un outil, au m&#234;me titre qu'une paire de ciseaux et de la colle. Le r&#233;sultat est &#224; la fois po&#233;tique, surr&#233;aliste et teint&#233; d'humour. L'intime occupe une place essentielle dans l'ensemble de son travail artistique ; c'est pourquoi les s&#233;ries r&#233;alis&#233;es avec l'IA sont regroup&#233;es sous le titre &lt;i&gt;Self Portraits with AI.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle s'y projette dans des espaces imaginaires cr&#233;&#233;s gr&#226;ce &#224; Midjourney, un g&#233;n&#233;rateur d'images par IA. Karin Crona lui fournit des autoportraits ainsi que des images de r&#233;f&#233;rence qui lui permettent d'influencer l'outil &#224; partir de ses propres collages, photographies et dessins. Ces images interrogent notamment la question des st&#233;r&#233;otypes sociaux et de genre. Le travail photographique ant&#233;rieur de Karin Crona d&#233;gage une atmosph&#232;re &#233;trange, comme extraite d'un film o&#249; le suspense est permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Midjourney lui-m&#234;me, il est souvent associ&#233; &#224; une esth&#233;tique f&#233;erique ou n&#233;ofuturiste, avec des rendus tr&#232;s color&#233;s &#8212; une tendance visuelle r&#233;currente de cet outil &#8212; que l'artiste r&#233;interpr&#232;te dans son propre univers. Elle reconna&#238;t enfin que l'IA g&#233;n&#233;rative poss&#232;de un caract&#232;re addictif, poussant sans cesse &#224; aller plus loin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Voir ses s&#233;ries r&#233;alis&#233;es avec l'IA : &lt;a href=&#034;https://karincrona.com/ai-art&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://karincrona.com/ai-art&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27308 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/ia_4.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH753/ia_4-f080e.jpg?1778847461' width='500' height='753' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans son livre &lt;i&gt;Le jour o&#249; j'ai tu&#233; mon fr&#232;re&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#233;ditions Lamaindonne, collection &#171; Poursuites et ricochets &#187;&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, &lt;strong&gt;Serge Tisseron&lt;/strong&gt; utilise l'IA comme un outil d'exp&#233;rience m&#233;moriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recr&#233;er un souvenir, ou plut&#244;t, ici, le souvenir d'une photographie familiale datant de soixante ans plus t&#244;t, est le projet qui a men&#233; Serge Tisseron &#224; s'interroger et &#224; &#171; fabriquer &#187; des images avec l'IA. Ce livre pose beaucoup de questions auxquelles je ne m'&#233;tais pas encore confront&#233; et qui sont essentielles pour le futur de l'image intime, de l'image tout court. Est-il possible de refaire l'histoire, de reconstruire avec des mots (des prompts) l'image mentale d'une situation v&#233;cue ? Serge Tisseron pose la question de la fabrique de nos souvenirs et y r&#233;pond par le texte et par les images qu'il recr&#233;e avec l'aide de deux sp&#233;cialistes : Lucie de Barbuat et Simon Brodbeck. L'enqu&#234;te sur une image prise par le p&#232;re de Serge Tisseron &#224; l'occasion de vacances en famille se d&#233;roule au fil des pages sans dogmatisme mais avec une pr&#233;cision quasi scientifique. Cette exp&#233;rience me porte encore plus &#224; penser que, dans l'avenir, nous pourrons construire la m&#233;moire que nous laisserons &#224; nos descendants, une vie r&#234;v&#233;e. On le sait depuis longtemps, la photographie peut &#234;tre arrang&#233;e, manipul&#233;e, mais l'IA nous fournit pour cela un outil &#224; la fois simple et presque sans limite. Comment ceux du XXII&#7497; si&#232;cle sauront-ils discerner le &#171; vrai &#187; de l'IA dans l'album h&#233;rit&#233; de leur famille ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Le livre de Serge Tisseron : &lt;a href=&#034;https://www.lamaindonne.fr/produit/le-jour-ou-jai-tue-mon-frere/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.lamaindonne.fr/produit/le-jour-ou-jai-tue-mon-frere/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27310 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/ia_5.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH703/ia_5-2c074.jpg?1778847461' width='500' height='703' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de l'IA est une r&#233;volution dans nos m&#233;tiers, et je pense que les cr&#233;ateurs d'images, les photographes, les illustrateurs, les graphistes mais aussi les r&#233;dacteurs, les traducteurs vont devoir, si ce n'est apprendre, du moins comprendre les enjeux de l'intelligence artificielle. L'IA a d&#233;j&#224; chang&#233; &#8212; quelquefois sans qu'on y prenne garde &#8212; notre mani&#232;re de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans &#234;tre familiaris&#233; avec les logiciels de cr&#233;ation d&#233;di&#233;s &#224; l'IA, en utilisant Photoshop ou les autres logiciels de la gamme Adobe, nous pouvons constater qu'ils proposent un certain nombre d'outils qui utilisent l'intelligence artificielle. Les smartphones et les appareils photo sont aussi d&#233;sormais boost&#233;s &#224; l'IA. En quelques ann&#233;es, les IA g&#233;n&#233;ratives ont eu une progression exponentielle dans la qualit&#233;, la d&#233;finition et la vitesse de restitution des images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vivre une exp&#233;rience personnelle avec une IA g&#233;n&#233;rative, j'ai d&#233;cid&#233; de cr&#233;er ma premi&#232;re image &#171; artificielle &#187;. Par jeu, j'ai demand&#233; &#224; Dee Vid IA de faire un portrait de moi. J'ai r&#233;dig&#233; un prompt tr&#232;s simple : &#171; photo compos&#233;e du photographe et &#233;crivain fran&#231;ais Dominique M&#233;rigard. &#187; Je ne m'attendais &#224; rien ou plus simplement &#224; avoir une r&#233;ponse indiquant qu'elle ne connaissait pas cette personne, mais l'IA a tout de m&#234;me g&#233;n&#233;r&#233; une image. L'IA ne saurait-elle pas dire &#171; je ne sais pas &#187; ? Alors elle a produit &#171; un clich&#233; &#187;. Pour des raisons de droits d'auteur, l'IA ne peut utiliser des portraits de personne que si on les lui fournit et ne peut pas aller les chercher sur le web. Je ne sais donc pas &#224; qui ou &#224; quoi je dois ces traits et ces lignes de texte, mais cela pose beaucoup de questions : o&#249; l'IA est all&#233;e chercher (s'entra&#238;ner &#224; copier) les bases (vecteurs) de cette image et cette phrase ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'IA se nourrit de donn&#233;es et ne s'arr&#234;te jamais d'apprendre. Plus elle re&#231;oit de nouvelles donn&#233;es, plus elle devient &#171; intelligente &#187;, et les derni&#232;res versions d'IA g&#233;n&#233;ratives sont de plus en plus performantes et produisent des images toujours plus pr&#233;cises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art est rarement &#233;cologique, et l'IA, qui semble gratuite, a un co&#251;t environnemental pouvant &#234;tre tr&#232;s &#233;lev&#233; ! Je ne me doutais pas qu'une image g&#233;n&#233;r&#233;e par l'IA consomme jusqu'&#224; 5 litres d'eau, plus que je n'aurai pu en boire en &#233;crivant cet article. &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27311 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/ia_6.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/ia_6-c9dcd.jpg?1778847461' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, ceci n'est qu'un simple point d'&#233;tape &#224; un instant T, qui sera tr&#232;s rapidement obsol&#232;te puisque la progression de l'IA et de ses applications para&#238;t d&#233;sormais inarr&#234;table.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#233;ditions Lamaindonne, collection &#171; Poursuites et ricochets &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La pr&#233;sence infinie des absents</title>
		<link>https://tk-21.com/La-presence-infinie-des-absents</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/La-presence-infinie-des-absents</guid>
		<dc:date>2025-06-30T09:38:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique M&#233;rigard</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature </dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le dernier homme, dernier livre paru de Dominique M&#233;rigard, est le versant texte d'une histoire qui s'est aussi &#233;crite en photographie au travers de sa s&#233;rie &#171; Beaus&#233;jour inventaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son travail photographique et ses &#233;crits, il interroge sans cesse les notions de temps, de m&#233;moire, de transmission, de perte et d'absence.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature &lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH122/arton2711-4d8cb.jpg?1772255871' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le dernier homme, dernier livre paru de Dominique M&#233;rigard, est le versant texte d'une histoire qui s'est aussi &#233;crite en photographie au travers de sa s&#233;rie &#171; Beaus&#233;jour inventaire &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans son travail photographique et ses &#233;crits, il interroge sans cesse les notions de temps, de m&#233;moire, de transmission, de perte et d'absence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'absence peut passer inaper&#231;ue. &#202;tre seul peut sembler normal, si c'est par volont&#233; personnelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais le manque, lui, m&#234;me s'il est invisible, fragilise l'&#233;difice. Et cette pi&#232;ce manquante, qui au premier coup d'&#339;il ne semble pas faire d&#233;faut &#8212; les subterfuges pour masquer les failles sont l&#233;gion &#8212;, peut mettre en p&#233;ril la construction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Heureusement, encore une fois par ruse, on peut remplir l'espace de signes, d'histoires r&#233;elles ou imaginaires, de celles que l'on se raconte lorsqu'on est enfant et qui r&#233;sistent au temps. On peut s'attacher &#224; des objets, &#224; des lieux, m&#234;me si certains n'ont pas cette chance qui peut aussi &#234;tre un pi&#232;ge. Alors, je me demande comment ils vivent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le dernier homme est un r&#233;sistant. Un &#234;tre r&#233;silient, mais a-t-il le choix ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Combien de temps, apr&#232;s la mort de sa femme s'est-il d&#233;battu contre cette absence, le manque de ce corps et le deuil de cet espoir de fonder une famille ? J'essaie de comprendre comment mon p&#232;re a pu vivre dans cette solitude sentimentale et survivre au drame. Il m'a dit qu'il n'avait pas voulu qu'une autre femme prenne la place de ma m&#232;re. L'avait-il aim&#233;e &#224; ce point ou avait-il baiss&#233; les bras face &#224; ce destin qui semblait ne pas vouloir lui octroyer le bonheur et le r&#233;confort du couple ? &#201;tait-ce par force de caract&#232;re, parce qu'il &#233;tait dur au mal ou bien au contraire par faiblesse, terrass&#233; par le destin ? Il avait accept&#233; de vivre dans le renoncement, dans la nostalgie. Ces souvenirs plus vieux que moi p&#232;sent encore. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22551 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH617/02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-a4c55.jpg?1772189748' width='500' height='617' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/03_me_rigard_beause_jour__tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH352/03_me_rigard_beause_jour__tk21_juillet2025-00f44.jpg?1750871886' width='500' height='352' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/04_me_rigard-beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH745/04_me_rigard-beause_jour_tk21_juillet2025-b3805.jpg?1750871886' width='500' height='745' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;
Combien de temps me faudra-t-il, &#224; mon tour, pour accepter son absence, leur absence ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant, je sais qu'ils sont l&#224;, qu'ils sont pr&#233;sents dans chaque objet, dans chaque recoin d'une pi&#232;ce, dans chaque reflet qui appara&#238;t dans un miroir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Enregistrer les traces de ce territoire intime est le moyen de conjurer l'abandon, la perte et la disparition : la maison ferm&#233;e une grande partie de l'ann&#233;e, le jardin devenu friche, les arbres morts, les outils d&#233;laiss&#233;s. Transformer en images les choses de peu qui peuplent chaque recoin, c'est les ramener &#224; la vie. Le temps d'avant se lie ici au temps pr&#233;sent. Il est aussi le temps perdu qu'on ne pourra jamais rattraper. Dans chaque photographie se loge une parcelle de m&#233;moire, et les r&#233;unir constitue un puzzle, un inventaire de souvenirs d'enfance o&#249; s'entrem&#234;lent le r&#233;el et l'imaginaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/05_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH404/05_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-dc244.jpg?1772189748' width='500' height='404' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/06_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH621/06_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-a36fa.jpg?1772189748' width='500' height='621' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La photographie agit, elle d&#233;fie l'absence. Voil&#224; pourquoi elle est mon amie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Photographier, c'est donner une valeur aux choses, une valeur sentimentale et un avenir m&#233;moriel. Les faire entrer dans l'histoire, notre histoire, si insignifiante soit-elle, l'histoire de notre pens&#233;e, l'histoire de notre regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certains y voient de la po&#233;sie, d'autres de la nostalgie, c'est pourtant de r&#233;alit&#233; qu'il s'agit. Une r&#233;alit&#233; alternative, un dialogue avec la m&#233;moire qui sait remettre en sc&#232;ne le pass&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; la fois le d&#233;but et la fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Lorsque la perte de ceux qui ont accompagn&#233; l'enfance advient, il reste les lieux. Une fois ces lieux priv&#233;s de vie, de la pr&#233;sence de ceux qui les ont remplis, il reste la relation qu'on a aux lieux et aux objets qui continuent de l'habiter, un rapport &#224; l'&#226;me de ces lieux, aux sentiments qu'ils provoquent en nous, nous poussant &#224; r&#233;investir l'espace, &#224; prendre possession des choses comme on entre dans une nouvelle peau pas tout &#224; fait n&#244;tre et pourtant diff&#233;rente de l'ancienne. Puis ce sont des allers-retours incessants entre le pays que nous avons d&#251; quitter, il y a d&#233;j&#224; si longtemps, et l'autre pays, difficile &#224; nommer, celui du temps pr&#233;sent. &#187;&lt;/i&gt;
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/07_double02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH373/07_double02_me_rigard_beause_jour_tk21_juillet2025-48915.jpg?1750871886' width='500' height='373' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Pour toutes les photographies de l'article : &lt;i&gt;s&#233;rie &#171; Beaus&#233;jour inventaire &#187;, &#169; Dominique M&#233;rigard.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.merigard.com/beausejour-inventaire&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.merigard.com/beausejour-inventaire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_22545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/couv_le_dernier_homme-145x210-tk21_juillet2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/couv_le_dernier_homme-145x210-tk21_juillet2025.jpg' width=&#034;553&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Dominique M&#233;rigard
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;LE DERNIER HOMME&lt;br class='autobr' /&gt;
Dominique M&#233;rigard&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ditions La Grange Bateli&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
Parution : janvier 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
Format 145 x 210 mm &#8226; 160 pages&lt;br class='autobr' /&gt;
13 reproductions de photographies noir et blanc&lt;br class='autobr' /&gt;
18 &#8364; &#8226; isbn 979-10-97127-48-0
&lt;br&gt; &lt;br&gt; &lt;a href=&#034;https://www.editionslagrangebateliere.fr/parutions/le-dernier-homme-1/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.editionslagrangebateliere.fr/parutions/le-dernier-homme-1/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le Bruit et la Stupeur</title>
		<link>https://tk-21.com/Le-Bruit-et-la-Stupeur</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/Le-Bruit-et-la-Stupeur</guid>
		<dc:date>2021-07-29T14:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique M&#233;rigard</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>histoire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Vingt-quatre ans apr&#232;s avoir visit&#233; et photographi&#233; pour la premi&#232;re fois S-21, cette terrible prison khm&#232;re rouge transform&#233;e en Mus&#233;e du g&#233;nocide cambodgien &#224; Phnom Penh, je suis retourn&#233; en 2018, dans ce lieu si charg&#233; en &#233;motion, o&#249; environ 18 000 hommes, femmes et enfants ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s. Cette &#233;motion originelle avait donn&#233; lieu &#224; une exposition et &#224; la publication d'un livre, T&#233;moin S-21, aux &#233;ditions Le Bec en l'air, en 2008. Y revenir fut comme gratter une cicatrice et raviver une douleur jamais oubli&#233;e.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="https://tk-21.com/Societe-15" rel="directory"&gt;Soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/Histoire" rel="tag"&gt;histoire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH131/arton1920-164c2.jpg?1772262077' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='131' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vingt-quatre ans apr&#232;s avoir visit&#233; et photographi&#233; pour la premi&#232;re fois S-21, cette terrible prison khm&#232;re rouge transform&#233;e en Mus&#233;e du g&#233;nocide cambodgien &#224; Phnom Penh, je suis retourn&#233; en 2018, dans ce lieu si charg&#233; en &#233;motion, o&#249; environ 18 000 hommes, femmes et enfants ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;s. Cette &#233;motion originelle avait donn&#233; lieu &#224; une exposition et &#224; la publication d'un livre, T&#233;moin S-21, aux &#233;ditions Le Bec en l'air, en 2008. Y revenir fut comme gratter une cicatrice et raviver une douleur jamais oubli&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_16950 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_01_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_01_image_0001-d7b5b.jpg?1626955159' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert une petite salle d'une dizaine de m&#232;tres carr&#233;s nouvellement am&#233;nag&#233;e avec un simple paper-board offert aux visiteurs pour qu'ils puissent d&#233;poser quelques mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mots comme l'&#233;motion ont d&#233;bord&#233; du cadre qui leur &#233;tait r&#233;serv&#233;, remplissant tout l'espace, des murs au plafond, et cr&#233;ant, malgr&#233; le silence, une sensation de brouhaha inou&#239;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_02_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_02_image_0001-a166a.jpg?1626955159' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai retrouv&#233; dans les yeux des visiteurs le trouble et la sid&#233;ration qui furent et sont toujours les miens. J'ai alors voulu saisir cette sorte de stupeur qui fige leur regard, p&#232;se sur leur corps tout entier. J'ai cherch&#233; &#224; comprendre ce qui, en ce lieu, &#224; l'encontre de tout ce qui nous diff&#233;rencie, parvient &#224; nous unir.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme un exutoire au choc provoqu&#233; par la visite, les inscriptions sont une fa&#231;on de marquer son passage en ce lieu. Et les murs pareils &#224; ceux des r&#233;seaux sociaux permettent de r&#233;agir, d'afficher ses sentiments de mani&#232;re impulsive. L'extraordinaire bruit des murs se substitue au silence assourdissant du lieu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16952 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_03_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_03_image_0001-48fd8.jpg?1626955159' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les graffitis de cette salle &#224; S-21 m'en rappelaient d'autres que j'avais photographi&#233;s dix ans auparavant, inscrits avec rage sur des portraits de dignitaires Khmers rouges pr&#233;sent&#233;s dans une exposition sur l'histoire du g&#233;nocide au sein de S-21. Ces photos, suscitant haine et d&#233;go&#251;t, avaient paru insupportables &#224; certains visiteurs qui les avaient litt&#233;ralement couvertes d'injures. Cette exposition a &#233;t&#233; d&#233;mont&#233;e et la petite salle des graffitis a depuis &#233;t&#233; ferm&#233;e au public. Ont-ils &#233;t&#233; effac&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L394xH591/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_04_image_0002-24556.jpg?1626955159' width='394' height='591' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La tristesse, la souffrance, le ressenti ont, de tout temps, eu besoin de s'exprimer. Il faut aussi se rem&#233;morer que certaines inscriptions ou certains dessins que l'on d&#233;couvre sur les murs de S-21 ont &#233;t&#233; grav&#233;s par les prisonniers des Khmers rouges &#224; l'aide d'outils de fortune ou avec leurs ongles, dans une forme de r&#233;sistance &#224; la violence de leurs ge&#244;liers et &#224; la barbarie du r&#233;gime tout entier. Ces ultimes messages leur donnaient &#224; esp&#233;rer qu'une trace de leur passage dans ce lieu de souffrance subsisterait apr&#232;s leur mort et qu'ils ne seraient pas totalement oubli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16953 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_04_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH708/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_04_image_0001-a9f98.jpg?1626955159' width='500' height='708' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S-21 est un palimpseste historique. Lyc&#233;e devenu centre de torture sous les Khmers rouges puis Mus&#233;e du g&#233;nocide, les traces des tortionnaires et des prisonniers ont succ&#233;d&#233; &#224; celles des &#233;l&#232;ves et des enseignants de Tuol Svay Prey. Sur un tableau rescap&#233; du temps o&#249; le lieu &#233;tait une &#233;cole sont inscrites, en khm&#232;re et en fran&#231;ais, des commandements &#224; l'intention des gardiens du camp. On trouve m&#234;l&#233;s sur les murs des noms grav&#233;s, des phrases, des num&#233;ros, des dates, des d&#233;comptes des jours, des dessins, des visages, des figures, des pri&#232;res, des suppliques, les initiales d'un &#234;tre aim&#233;, comme autant d'espoirs de survie. Mais ce lieu de mort est aussi un lieu vivant, comme le prouvent les nouveaux graffitis inscrits, malgr&#233; les interdictions par les visiteurs saisis par l'histoire qui s'est jou&#233;e entre ces murs et par le destin des supplici&#233;s dont les photos sont expos&#233;es dans le mus&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il vraiment de l'avenir de ces messages des vivants aux morts ?&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;sormais, ils font partie de l'histoire du lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;T&#233;moin S-21. Face au g&#233;nocide des Cambodgiens&lt;br class='autobr' /&gt;
22,00&#8364;&lt;br class='autobr' /&gt;
Photographies et textes : Dominique M&#233;rigard&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;face : Bernard Plossu&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.becair.com/produit/temoin-s-21-face-au-genocide-des-cambodgiens/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.becair.com/produit/temoin-s-21-face-au-genocide-des-cambodgiens/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_16971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_14_image_0001.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/lebruitetetlastupeur_fev2020_page_14_image_0001.jpg' width=&#034;565&#034; height=&#034;800&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La n&#233;cessit&#233; de re-voir</title>
		<link>https://tk-21.com/La-necessite-de-re-voir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://tk-21.com/La-necessite-de-re-voir</guid>
		<dc:date>2020-07-02T15:33:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique M&#233;rigard</dc:creator>


		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le triptyque de Christine Delory-Momberger &lt;i&gt;exils / r&#233;miniscences&lt;/i&gt;, paru en 2019 aux &#233;ditions Arnaud Bizalion, n'&#233;tait pas seulement l'aboutissement d'un travail de neuf ann&#233;es de recherche photographique. C'&#233;tait les pr&#233;mices d'une r&#233;flexion plus profonde sur le processus artistique.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/Voir-ecrire" rel="directory"&gt;Lire &amp; &#233;crire&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1712-7e366.jpg?1772280995' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le triptyque de Christine Delory-Momberger &lt;i&gt;exils / r&#233;miniscences&lt;/i&gt;, paru en 2019 aux &#233;ditions Arnaud Bizalion, n'&#233;tait pas seulement l'aboutissement d'un travail de neuf ann&#233;es de recherche photographique. C'&#233;tait les pr&#233;mices d'une r&#233;flexion plus profonde sur le processus artistique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La rencontre avec Valentin Bardawil, cofondateur de Photo-Doc a donn&#233; lieu &#224; une &#171; en-qu&#234;te &#187; sur les territoires de l'intime et permis de mettre en &#233;vidence &#171; l'interaction agissante entre l'art et la vie &#187;. Le livre, Le pouvoir de l'intime dans la photographie documentaire&lt;/i&gt; qui vient de para&#238;tre aux &#233;ditions Arnaud Bizalion nous permet de suivre le cheminement d'une auteure, Christine Delory-Momberger, qui a le courage d'interroger la dimension myst&#233;rieuse de ses images.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15076 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/1_merigard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/1_merigard-b56fc.jpg?1772219793' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout a commenc&#233; lorsque Christine Delory-Momberger a regard&#233; dans le viseur d'un appareil photo pour mieux voir les d&#233;tails d'une toute petite image, une des photographies qui font partie de son album de famille. Le blow-up en action lui d&#233;voila des d&#233;tails qu'il ne lui avait pas encore &#233;t&#233; donn&#233; de voir. En appuyant sur le d&#233;clencheur, elle comble des absences et pose un nouveau regard sur les moments forts de l'histoire personnelle ou collective qui refont ainsi surface. Le travail photographique de Christine Delory-Momberger, et plus particuli&#232;rement sa sp&#233;cificit&#233; formelle, est n&#233; de l'incapacit&#233; &#224; voir avec pr&#233;cision et &#224; reconna&#238;tre ce que les images h&#233;rit&#233;es de son histoire familiale pouvaient lui d&#233;livrer. De cette alt&#233;ration visuelle a surgi une incroyable clairvoyance, les images ayant agi comme le r&#233;v&#233;lateur d'un travail int&#233;rieur commenc&#233; depuis longtemps. Christine Delory-Momberger documente autant son monde intime que celui qui l'entoure. La force de ses photographies tient dans le fait qu'elles semblent jaillir de la nuit, tels des flashs m&#233;moriels souvent plus proches du cauchemar que du r&#234;ve, o&#249; les &#234;tres se r&#233;v&#233;leraient &#234;tre de petits fant&#244;mes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15077 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/3_merigard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/3_merigard-31c36.jpg?1772219793' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat obtenu, o&#249; le noir l'emporte sur le blanc, o&#249; le grain du film est omnipr&#233;sent, o&#249; le flou et le boug&#233; sont des dons, aboutit &#224; des images d'une incroyable puissance &#233;vocatrice et les rend plus fragiles, plus sensibles mais aussi plus famili&#232;res. Ce n'est ni un artifice ni une manipulation. Christine Delory-Momberger souhaite aller au-del&#224; de la simple repr&#233;sentation du r&#233;el, tout en s'appuyant sur les traces et sur les cicatrices de la petite histoire, celle d'une famille migrante dans l'Europe de la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle en prise avec les soubresauts de la Grande Histoire qui pousse les hommes sur les routes et vers les fronti&#232;res. Christine Delory-Momberger est mue par un d&#233;sir irr&#233;pressible de se raconter par la photographie et par l'&#233;criture. Son histoire et, par-del&#224;, son travail artistique trouvent une r&#233;sonance particuli&#232;re dans la p&#233;riode actuelle, et de jeunes migrants r&#233;fugi&#233;s, formant la troupe du le Good Chance Theater, se sont retrouv&#233;s en mars 2020 dans un tiers lieu culturel du 19e arrondissement de Paris, juste avant que le confinement n'arrive, pour une performance o&#249; ils ont associ&#233; les images de sa trilogie &lt;i&gt;exils / r&#233;miniscences&lt;/i&gt; &#224; leurs histoires personnelles, cr&#233;ant ainsi un pont entre les migrations du XXe si&#232;cle et celles du XXIe si&#232;cle. Palimpseste biographique o&#249; les images et les langues se rencontrent et se r&#233;pondent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour voir la performance &#171; Quand des histoires d'exils se rencontrent&#8230; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15078 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/4_merigard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/4_merigard-33fde.jpg?1772219793' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois que j'ai vu les photographies de Christine Delory-Momberger et que j'ai &#233;chang&#233; avec elle, j'ai per&#231;u combien elle &#233;tait habit&#233;e par cette histoire, son histoire, et par une volont&#233; de transmettre. J'ai aussi &#233;t&#233; saisi par la sombre po&#233;sie de ses photographies, par leur densit&#233; et par l'&#233;motion qui s'en d&#233;gageait, tout cela faisant &#233;cho en moi. Nous avions en commun la passion de l'image et du texte et l'obsession de la m&#233;moire. Quand elle me proposa de l'accompagner dans la conception et la r&#233;alisation de l'&#233;dition de la trilogie &lt;i&gt;exils / r&#233;miniscences&lt;/i&gt;, elle me permit de partager son histoire. Nous avons alors beaucoup &#233;chang&#233;, j'ai accompagn&#233; sa r&#233;flexion, essayant de donner &#224; son r&#233;cit une forme expressive au plus pr&#232;s de son d&#233;sir (de ses intentions). J'ai ensuite jou&#233; le r&#244;le d'interpr&#232;te graphique et de passeur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15079 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/5_merigard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/5_merigard-72b2c.jpg?1772219793' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Christine Delory-Momberger a la volont&#233; farouche d'immortaliser ou de faire rena&#238;tre, mais elle sait que le temps est compt&#233;, elle a conscience de cheminer vers un horizon qui s'&#233;loigne au fur et &#224; mesure qu'elle avance dans sa recherche. Ce n'est pas un &#233;chec, bien au contraire, car le voyage est riche de d&#233;couvertes et la qu&#234;te infinie. Christine Delory-Momberger est avide de rencontres, d'&#233;changes, de propositions, de tout ce qui peut approfondir sa r&#233;flexion et sa pratique. &lt;i&gt;exils / r&#233;miniscences&lt;/i&gt; n'&#233;tait donc pas la finalit&#233; et il fut le point de d&#233;part de l'&#171; en-qu&#234;te &#187; qui s'ensuivit et qui a abouti &#224; l'&#233;criture d'un livre commun avec Valentin Bardawil.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15080 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH747/6_merigard-1121c.jpg?1772219793' width='500' height='747' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Christine Delory-Momberger et Valentin Bardawil ont voulu comprendre le processus de cr&#233;ation qui avait &#233;t&#233; &#224; l'&#339;uvre dans ce projet, sa gen&#232;se et sa construction. Le livre d&#233;crypte la recherche men&#233;e par la photographe pendant de longues ann&#233;es, arpentant sans rel&#226;che les territoires de l'intime. Il se lit comme une enqu&#234;te o&#249; l'on d&#233;couvre au fil des pages le processus artistique mais aussi l'&#233;blouissement face aux images et &#224; la vie qu'elles portent en elles. On progresse avec Christine Delory-Momberger face aux interrogations li&#233;es &#224; la port&#233;e intime et politique de ses images. Les deux auteurs mettent en &#233;vidence la trame du travail r&#233;alis&#233; et &#171; le pouvoir de l'intime dans la photographie documentaire &#187; qui donne son titre au livre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15081 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/7_merigard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/7_merigard-c7451.jpg?1772219793' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La qu&#234;te de m&#233;moire de Christine Delory-Momberger ne s'arr&#234;te pas et elle a d&#233;j&#224; entrepris de ramener &#224; la surface d'autres pans d'histoire personnelle ou collective&#8230; L'histoire continue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15082 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/8_merigard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/8_merigard-23b5d.jpg?1772219793' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_15083 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://tk-21.com/IMG/jpg/9_merigard.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/9_merigard-685b9.jpg?1772219793' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour voir la performance &#171; Quand des histoires d'exils se rencontrent&#8230; &#187;, suivre le lien : &lt;a href=&#034;https://vimeo.com/406496504&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vimeo.com/406496504&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;div class='spip_document_15075 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/IMG/jpg/1_couv.jpg' width=&#034;617&#034; height=&#034;750&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le pouvoir de l'intime dans la photographie documentaire&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
un livre de Christine Delory-Momberger et Valentin Bardawil&lt;br class='autobr' /&gt;
Arnaud Bizallon &#201;diteur,&lt;br class='autobr' /&gt;
FF 17 x 21 cm, 96 pages, impression noir sur coral book natural 120 g. &lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN 978-2-36980-193-1&#8211; PP 19,50 &#8364; &lt;br class='autobr' /&gt;
Signature &#224; La Nouvelle Chambre Claire le jeudi 9 juillet 2020&lt;br class='autobr' /&gt;
3 rue d'Arras - 75005 Paris &lt;br class='autobr' /&gt;
M&#176; Cardinal-Lemoine / Jussieu&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;l : +33 (0)1 42 01 37 36&lt;br class='autobr' /&gt;
Du mardi au samedi &lt;br class='autobr' /&gt;
de 11:00 &#224; 19:00 &lt;br class='autobr' /&gt;
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		<title>Images de l'autre m&#233;moire</title>
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		<dc:date>2014-05-27T10:53:15Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Dominique M&#233;rigard et Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>portrait</dc:subject>
		<dc:subject>amour</dc:subject>
		<dc:subject>photographie pauvre - foto povera</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dominique M&#233;rigard nous offre avec &lt;i&gt;Pr&#233;misses&lt;/i&gt;, un livre d'images personnelles, familiales, intimes, qui nous plongent cependant dans un trouble qui n'est pas tant li&#233; au sujet, sa fille, et quelques-unes de ses amies, durant les quinze premi&#232;res ann&#233;es de sa vie, qu'&#224; la qu&#234;te m&#234;me dont ces images t&#233;moignent.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L146xH150/arton564-86f07.jpg?1772280995' class='spip_logo spip_logo_right' width='146' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dominique M&#233;rigard nous offre avec &lt;i&gt;Pr&#233;misses&lt;/i&gt;, un livre d'images personnelles, familiales, intimes, qui nous plongent cependant dans un trouble qui n'est pas tant li&#233; au sujet, sa fille, et quelques-unes de ses amies, durant les quinze premi&#232;res ann&#233;es de sa vie, qu'&#224; la qu&#234;te m&#234;me dont ces images t&#233;moignent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH515/premissestk21_04-5c3c8.jpg?1509819248' width='500' height='515' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Tourments de l'&#226;me&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dominique M&#233;rigard nous offre avec &lt;i&gt;Pr&#233;misses&lt;/i&gt;, un livre d'images personnelles, familiales, intimes, qui nous plongent cependant dans un trouble qui n'est pas tant li&#233; au sujet, sa fille, et quelques-unes de ses amies, durant les quinze premi&#232;res ann&#233;es de sa vie, qu'&#224; la qu&#234;te m&#234;me dont ces images t&#233;moignent. Ce qu'il cherche, ce qu'il traque, c'est l'image impossible, celle qui manquera toujours, celle qui, si elle pouvait exister abolirait toutes les autres, celle qui, si elle venait &#224; para&#238;tre, comblerait le regard d'une pl&#233;nitude incomparable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette image est impossible.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4677 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH518/premissestk21_05-86e79.jpg?1509819248' width='500' height='518' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dominique M&#233;rigard le sait qui termine ce livre en montrant l'envers, carr&#233; noir sur fond noir, pourrait-on presque dire, de chacune des images de ce livre toutes r&#233;alis&#233;es avec un SX70, un polaroid, donc. Et cette image impossible t&#233;moigne &#224; la fois pour les autres, dont le livre montre la face visible, acceptable, recevable, &#233;vocable, et contre elles, parce qu'aucune ne peut ni ne doit pr&#233;tendre s'emparer &#171; r&#233;ellement &#187; de son sujet.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4680 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH518/premissestk21_08-13155.jpg?1509819248' width='500' height='518' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'ombre de la relation p&#232;re fille, d&#233;sirable et d&#233;sirante, qui plane ici, dit une part de la v&#233;rit&#233; de chaque image, au sens de n'importe quelle image faite ici ou ailleurs par lui, par d'autres, par n'importe qui, &#224; savoir qu'une image, en fait, ne fixe rien, ne retient rien. Elle n'est ni saisie ni capture, ou alors, au second degr&#233;. Elle n'est pas non plus enregistrement, ou alors au second degr&#233;. Elle est accueil de l'impensable passage d'un &#234;tre sur la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le polaroid aide &#224; cette perception d&#233;cal&#233;e des clich&#233;s qui engluent la perception des images photographiques depuis si longtemps. Il permet, par son impr&#233;cision fondamentale, de comprendre qu'une image est en fait l'inscription sur un minuscule carr&#233; de papier pr&#233;par&#233;, comme on dit piano pr&#233;par&#233;, d'un processus d'apparition. Ce qui est retenu captur&#233; saisi, ce n'est pas la chose, mais ce qui fait que la chose &#233;merge dans le visible appara&#238;t au monde, entre dans la pr&#233;sence indicible du temps qui ne passe pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, ici, c'est tout le contraire. Dominique M&#233;rigard montre des images de sa fille s'&#233;talant sur les quinze ans qui s&#233;parent sa naissance de son premier grand s&#233;jour d'un an loin de sa famille, moment qui marque une rupture telle qu'il signe la fin de cette &#171; s&#233;rie &#187;. Et pourtant, de mains en visages, de porte en ciel, de fil &#224; linge en paysage miniature, de bord de mer en man&#232;ge ivre, de nuages en arbres, d'&#233;claboussures en ombres port&#233;es, d'instants pr&#233;lev&#233;s au c&#339;ur d'instants en &#233;tirement des gestes dans la stridence du pr&#233;sent, les images qui litt&#233;ralement composent ce livre, r&#233;cit sans auteur sinon le regard, narration sans sujet sinon, pourrait-on croire, les ann&#233;es en embuscade qui &#233;pient la transmutation des corps, offrent une plong&#233;e dans ce qui rend l'image non pas vaine, mais d&#233;sirable et impossible.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH515/premissestk21_03-7b4ac.jpg?1509819248' width='500' height='515' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Non pas d&#233;sirable parce qu'impossible, car ici, la loi du tiers exclu n'a pas droit de cit&#233;, mais d&#233;sirable et impossible, d&#233;sirable comme corps &#233;tranger et pourtant &#171; sien &#187;, car sa fille est chair de sa chair, et impossible au sens d'insaisissable et de non poss&#233;dable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'image photographique, en particulier imm&#233;diate et unique comme le sont celles faites avec des polaroids, est la forme devenue commune du tourment de l'&#226;me. Car l'&#226;me, qui l'ignore, ne d&#233;sire rien tant qu'&#234;tre poss&#233;d&#233;e et non pas poss&#233;der. L'image, ici, ne cesse donc de fuir entre regard et reflet. La photographie qui orne la couverture de ce livre en t&#233;moigne qui dit le cadrage d&#233;cal&#233;, extirpant l'objet de son contexte, mais aussi de lui-m&#234;me et l'incernable effet en retour du regard sur soi de l'autre en impossible regard de soi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a longtemps cherch&#233; &#224; contraindre la photographie &#224; signifier la r&#233;alit&#233; alors qu'elle n'est que fuite compassionnelle, non pas devant le temps qui passe, car il passe aussi, oui &#8212; est-ce cela qui importe ? &#8212; mais devant le danger qu'il y aurait de retrouver la violence de vivre dans le souvenir du v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4679 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH515/premissestk21_07-86e91.jpg?1509819248' width='500' height='515' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'autre m&#233;moire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les strates se m&#234;lent, celles de l'enfance du p&#232;re, rest&#233;e sans image, celles de l'enfance de sa fille constell&#233;e d'images &#224; la r&#233;alisation desquelles elle a particip&#233;. Les &#233;tats affectifs se croisent et forment une toile de fond invisible mais sensible qui de l'enfance &#224; l'adolescence, font varier la distance entre l'&#339;il et l'objet vis&#233;. Cadrer, c'est penser, mais penser aussi c'est tenter de tirer hors du cadre ce qui s'y trouvait. Mais ce n'est plus le m&#234;me cadre, car l'un n'est pas seulement la m&#233;taphore de l'autre, l'un est le double mortel de l'autre. En viendraient-ils &#224; co&#239;ncider, comme deux fragments de mati&#232;re et d'antimati&#232;re, ils s'annihileraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans l'&#233;cart entre les deux cadres celui que fournit l'appareil et celui qui englobe la sc&#232;ne dont un fragment est appr&#233;hend&#233; que se met en branle ce que l'on nomme la m&#233;moire. On ne se souvient peut-&#234;tre jamais de rien, sinon du fait que quelque chose a eu lieu. En fait on recompose ind&#233;finiment. Car de toute fa&#231;on, ce qui a lieu est toujours un ph&#233;nom&#232;ne composite et compos&#233;, stratifi&#233;, multiple, incertain et fragile.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a ici une ad&#233;quation rare entre fragilit&#233; du sujet, l'enfance, et fragilit&#233; de l'image en tant qu'image. Il y a aussi une ad&#233;quation particuli&#232;re entre cadrage et d&#233;centrement. C'est ce qui fait la force de ce livre, de parler de l'inad&#233;quation irr&#233;m&#233;diable entre vue et vision &#224; partir de la compr&#233;hension de l'impossibilit&#233; de toute ad&#233;quation dans l'image et par l'image, entre elle et elle, entre elle et son sujet, entre l'autre et soi.&lt;br class='autobr' /&gt;
La m&#233;moire est donc ce processus incertain d'engrangement non pas d'images ou de souvenirs pr&#233;cis mais de situations inad&#233;quates et c'est l'effort que fait l'esprit pour se r&#233;approprier ce qu'il sait lui avoir &#233;chapp&#233; et dont il se met &#224; reconstruire la possibilit&#233; qui fait que la m&#233;moire est d'une autre nature que le souvenir, qui lui, finalement n'existe pas.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH513/premissestk21_02-d6cdf.jpg?1772202182' width='500' height='513' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces images de Dominique M&#233;rigard offrent une sorte de trame, narrative si l'on veut. Quel r&#233;cit peut dire le temps, ce bug incessant sur l'&#233;cran incernable entre r&#233;tine et cerveau ? Ces images souvent floues, souvent troubl&#233;es, souvent apparemment anecdotiques &#8211; choses fragmentaires, situation probables, gestes incompressibles &#8211; offrent un recours possible au souvenir &#233;ternellement moribond, celui de rejaillir dans la lumi&#232;re, autre que lui-m&#234;me. C'est alors qu'il est vivant comme ombre et comme spectre, vivant comme il ne l'a jamais &#233;t&#233;, vivant comme souvenir d'un &#233;tat qui, d'avoir &#233;chapp&#233;, revient, boucle ravissante de la chevelure de l'enfant du temps et de la vie. C'est lui qui insiste, persiste et signe et dit : je suis le temps qui ne passe pas, je suis la m&#233;moire de rien, je suis le sens de la vie qui n'en a pas, je suis l'ombre de la lumi&#232;re qui br&#251;le et la lumi&#232;re de l'ombre qui tue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4678 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH513/premissestk21_06-475e7.jpg?1772202182' width='500' height='513' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.merigard.com" class="spip_out"&gt;www.merigard.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pr&#233;misses &#187;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Editions fligranes&lt;/strong&gt; &lt;a href=&#034;http://www.filigranes.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.filigranes.com&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Parution : 03 Octobre 2013&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN : 978-2-35046-257-8&lt;br class='autobr' /&gt;
Format : 215 x 220&lt;br class='autobr' /&gt;
96 pages&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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