<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="http://tk-21.com/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>TK-21 </title>
	<link>https://www.tk-21.com/</link>
	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="http://tk-21.com/spip.php?id_rubrique=1&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>TK-21 </title>
		<url>http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L144xH172/siteon0-33817.png?1772187034</url>
		<link>https://www.tk-21.com/</link>
		<height>172</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Rodin vs Epstein </title>
		<link>http://tk-21.com/Rodin-vs-Epstein</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/Rodin-vs-Epstein</guid>
		<dc:date>2026-04-05T10:00:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Marie Hord&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>corps</dc:subject>
		<dc:subject>morale</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/morale" rel="tag"&gt;morale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH116/study_of_a_nude_female_figure_satyress_auguste_rodin_public_domain-9a89d.jpg?1775383396' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Eichmann tel que le d&#233;crit Hannah Arendt &#233;tait un homme banal, m&#233;diocre. Dans un de ses romans, le romancier hongrois Mara&#239; raconte un d&#238;ner de f&#234;te &#224; l'&#233;poque de l'occupation allemande. Le d&#238;ner rassemble des amis anti-fascistes, sauf un, qui, &#224; bout d'arguments pour d&#233;fendre sa position, d&#233;clare : peut-&#234;tre avez-vous raison, mais le fascisme, c'est fait pour les gens comme moi, sans talent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les violeurs de Madame P&#233;licot &#233;taient sans doute de cette cat&#233;gorie : m&#233;diocres et sans talent. Mais Epstein ? Un propos rapport&#233; dit tout : les femmes, c'est comme les crevettes, on leur coupe la t&#234;te et on garde le reste. Il n'y a pas plus atroce fa&#231;on de d&#233;clarer qu'il n'y a pas d'autres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pas de visage : pas d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Par contraste cela me fait penser &#224; la beaut&#233; des corps aur&#233;ol&#233;s d'un visage. Cela me fait penser aux splendides audaces de Marl&#232;ne Dumas capable d'exposer la crudit&#233; derri&#232;re une nudit&#233; dont on ne sait plus si le visage dit la jouissance ou la mort. Il y a l&#224; une pens&#233;e, une fouille dangereuse sans doute, qui renvoie tout pr&#233;dateur &#224; l'horreur banale de sa pratique. Ou aux dessins &#233;rotiques de Rodin parmi les plus audacieux. Rodin plonge dans le corps f&#233;minin comme on se noie dans un paysage. L'attraction d'un corps, c'est rendre visible l'illimit&#233;. Le viol, c'est sa r&#233;duction au sans-t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Epstein ne fut certes pas un homme banal, mais ce violeur en s&#233;rie, par la multiplication vertigineuse de ses victimes, banalise le crime en interdisant toute identit&#233; aux victimes, identiques les unes aux autres, soumises au m&#234;me &#171; prototype &#187;, disparaissant donc sous l'unicit&#233; de leur fonction. Son vaste appartement de l'avenue Foch &#233;tait, para&#238;t-il, couvert de photos de femmes nues. C'est une passion de pornographe : aveugle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'artiste repr&#233;sente le corps et le sexe, non pour s'y arr&#234;ter dans une attitude de voyeur, mais pour plonger au c&#339;ur d'une &#233;nigme dont le sexe est le trouble ou l'effroi. Il ne coupe pas la t&#234;te de M&#233;duse, tant il sait qu'il n'y a de M&#233;duse qu'en lui ! Il l'emporte ! Un autre &#8212; le m&#234;me ? &#8212; peint une nuque d&#233;voil&#233;e par des cheveux nou&#233;s en chignon pour pr&#233;senter l'image du d&#233;sir et un hommage &#224; la beaut&#233;. La nuque ne serait-elle qu'une m&#233;taphore ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le violeur en s&#233;rie est aveugle car il ne per&#231;oit pas l'unique au sein du multiple. &lt;i&gt;&#171; Nous exposons l'unique &#224; la lumi&#232;re du soir et elle est un secret, nous l'exposons &#224; la lumi&#232;re de son secret et elle rev&#234;tue de tendresse. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cees Nooteboom in Philippe et les autres, folio P. 177&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dessins &#233;rotiques de Rodin sont des uniques, des paysages myst&#233;rieux qui illimitent le regard. Chaque corps est le r&#233;ceptacle d'une beaut&#233; qui retourne &#224; la fiction qui l'a fait na&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;rotisme se d&#233;ploie dans la fiction (ou le r&#233;cit) qui pr&#233;c&#232;de la d&#233;nudation. Le pornographe &#8212; le violeur &#8212; est sans imaginaire. Il se noie dans l'abondance d'une r&#233;alit&#233; qu'il prive de la suspension du temps. Or, le d&#233;sir dans le temps du ravissement suspend le temps.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est cela &#234;tre ravi. En annulant l'unicit&#233; du corps, le criminel d&#233;truit une beaut&#233; dont il n'a pas id&#233;e. Le &#171; g&#233;nie du crime &#187; avoue une mis&#232;re de la pens&#233;e l&#224; o&#249; l'artiste dresse son d&#233;sir vers un ciel habit&#233; de la lumi&#232;re de son secret. Epstein, au fond, ne m'int&#233;resse pas, seuls ses exc&#232;s me disent que n'est pas saisi par l'&#233;nigme du corps qui veut. Il y faut une pens&#233;e et un abandon dont le violeur est incapable. Rodin s'abandonne &#224; son trait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le corps ouvert, le violeur (se) ment. Il se ment car il refuse d'exc&#233;der son d&#233;sir en le diminuant par la possession de l'autre-absent. Rodin retourne le paradis et le regarde bien en face ; enfer et paradis confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que je comprends Rodin serait pr&#233;tentieux. Mais je vois dans l'abondance des dessins une bacchanale vertigineuse, une m&#233;taphysique du plaisir ou un au-del&#224; de l'impudeur qui offre &#224; la femme repr&#233;sent&#233;e l'abondance de &lt;i&gt;sa propre&lt;/i&gt; jouissance. Rodin n'est pas spectateur, il est d&#233;miurge. Il r&#233;v&#232;le ce que l'on n'osait savoir par sa pr&#233;sence absente tel un Freud silencieux devant le divan.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;
&lt;p&gt; Il y eut dans notre actualit&#233; r&#233;cente R&#8230;, l'ours producteur, puis Epstein, le danseur sans t&#234;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mis&#232;re des pr&#233;dateurs ! Mis&#232;re des sans-amour. Ces hommes font de leur puissance un mur infranchissable devant le plus beau des sentiments. L'amour s'y fracasse. Ils ne connaissent pas le bonheur des fronti&#232;res.&lt;br class='autobr' /&gt;
La fronti&#232;re de l'autre corps pour le violeur, la fronti&#232;re &#8212; politique &#8212; des autres mondes pour le tyran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violeurs ont affreusement leur &#233;quivalence politique. Trump, Poutine et tant d'autres sont &#224; la politique ce que sont les violeurs &#224; la vie commune. Tous vivent un monde sans autres. Remarque-t-on assez cette analogie de l'horreur ? Remarque-t-on assez cette identit&#233; de la pr&#233;dation politique qui viole les territoires et de la pr&#233;dation sexuelle qui viole les corps ? Le crime g&#233;opolitique et le crime sexuel seraient-ils de m&#234;me nature ? Bien s&#251;r ! Passion de mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t le go&#251;t des tyrans pour l'argent, ils se font plus discrets sur leur go&#251;t pour l'abus des corps. Encore que Trump&#8230; Ils ont en commun, ces tyrans et ces violeurs, un monde sans autres et plus encore &#8212; si je peux dire &#8212; sans art. L'art n'a de cesse d'interroger la pr&#233;sence autre, il ne cesse de renvoyer le voyeur &#224; ses aveuglements et de proposer &#224; chacun l'art de &lt;i&gt;voir.&lt;/i&gt; Voir et non seulement regarder, c'est traverser l'image, le paysage, le visage, tout autre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'art ou l'inviolable pr&#233;sence de l'&#233;tranger. Passion de vie !&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne crois pas que l'artiste de g&#233;nie comprenne toujours ce qu'il fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas de comprendre mais d'&#234;tre en face. &#202;tre en face.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le face &#224; face constitue la r&#233;alit&#233; du geste artistique l&#224; o&#249; le lugubre violeur reste sans vis-&#224;-vis. L'art expose l'unique, il cr&#233;e son secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous exposons l'unique, nous cr&#233;ons son secret&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cees Nooteboom in &lt;i&gt;Philippe et les autres,&lt;/i&gt; folio P. 177&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'introduction : &#201;tude d'un nu f&#233;minin, Auguste Rodin, 1905&#8211;8. Graphite and watercolor. Domaine Public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;alisme Magique</title>
		<link>http://tk-21.com/Realisme-Magique</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/Realisme-Magique</guid>
		<dc:date>2026-04-05T09:57:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Denis Schmite</dc:creator>


		<dc:subject>art</dc:subject>
		<dc:subject>magie</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>performance</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Concernant la violence, tout a d&#233;marr&#233; avec &#171; The Destroyed Room &#187;, la chambre d&#233;truite &#224; la mat&#233;rialit&#233; de chair et &#224; la couleur de sang, la premi&#232;re image, dont on a sans doute trop r&#233;p&#233;t&#233; qu'elle s'inspirait de La mort de Sardanapale, mais qui se pr&#233;sente en fait comme un corps viol&#233;, peut-&#234;tre la femme d'&#201;tant donn&#233;s, ou scandaleusement exhib&#233;, L'origine du monde, mais apr&#232;s le carnage, tout est d&#233;chir&#233; ou bris&#233;, et la petite danseuse d'argile miraculeusement pr&#233;serv&#233;e qui survole la sc&#232;ne, telle l'&#226;me pure de la d&#233;funte qui prend son envol dans les gravures moyen&#226;geuses de la &#171; Bonne Mort &#187; chr&#233;tienne, mais ici apr&#232;s une boucherie abominable, un viol et un &#233;ventrement. L'acte artistique comme mise &#224; distance de l'acte criminel et justificatif &#224; tous les voyeurismes.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/art" rel="tag"&gt;art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/magie" rel="tag"&gt;magie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/performance" rel="tag"&gt;performance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH129/nelson_ramos_2026-04-02_a_16_34-ad17f.jpg?1775383066' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='129' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Concernant la violence, tout a d&#233;marr&#233; avec &#171; The Destroyed Room &#187;, la chambre d&#233;truite &#224; la mat&#233;rialit&#233; de chair et &#224; la couleur de sang, la premi&#232;re image, dont on a sans doute trop r&#233;p&#233;t&#233; qu'elle s'inspirait de La mort de Sardanapale, mais qui se pr&#233;sente en fait comme un corps viol&#233;, peut-&#234;tre la femme d'&#201;tant donn&#233;s, ou scandaleusement exhib&#233;, L'origine du monde, mais apr&#232;s le carnage, tout est d&#233;chir&#233; ou bris&#233;, et la petite danseuse d'argile miraculeusement pr&#233;serv&#233;e qui survole la sc&#232;ne, telle l'&#226;me pure de la d&#233;funte qui prend son envol dans les gravures moyen&#226;geuses de la &#171; Bonne Mort &#187; chr&#233;tienne, mais ici apr&#232;s une boucherie abominable, un viol et un &#233;ventrement. L'acte artistique comme mise &#224; distance de l'acte criminel et justificatif &#224; tous les voyeurismes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jeff Wall &#233;prouve de la tendresse pour tout ce qui est abandonn&#233;, rejet&#233; par la soci&#233;t&#233; des Hommes. Il s'agit l&#224; de la part romantique de sa personne, l'attirance pour les ruines. Par exemple, il dit que lorsque &lt;i&gt;&#171; un objet est cass&#233; et jet&#233; &#224; la d&#233;charge&#8230;sa d&#233;faite en tant que partie vive de la vie et de l'&#234;tre est manifeste, et il devient un objet d'aversion cadav&#233;rique et abject. C'est &#224; ce moment qu'il commence &#224; exister vraiment en tant qu'objet &#187;&lt;/i&gt;. Parlant des Hommes et de leurs combats, le po&#232;te palestinien Mahmoud Darwich, un prince celui-l&#224;, &lt;i&gt;&#171; l'ombre de Dieu &#187;&lt;/i&gt; c'est certain, disait &lt;i&gt;&#171; qu'il y a davantage d'humanit&#233; et de po&#233;sie dans la d&#233;faite que dans la victoire &#187;&lt;/i&gt;. Dans la d&#233;faite les objets tout comme les Hommes acqui&#232;rent toute leur grandeur. &#171; Peas and sauce &#187;. Une barquette en aluminium ayant contenu des petits pois en sauce, reposant &#224; m&#234;me l'asphalte, pourrait bien &#234;tre le c&#339;ur, abandonn&#233;, de celui qui en a fait son repas, lui-m&#234;me probablement rejet&#233; par la soci&#233;t&#233; des Hommes, car qui d'autre qu'un exclu est susceptible de manger une barquette de petits pois en sauce en pleine rue ? Jeff Wall &#233;voque une &lt;i&gt;&#171; philosophie de la forme &#187;&lt;/i&gt;, et c'est ainsi que la barquette de petits pois se trouve tout &#224; fait &#224; m&#234;me d'incarner le c&#339;ur de celui qui l'a mang&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Rainfilled Suitcase &#187;, une valise en bois recouverte de tissu et emplie de pluie, ainsi que de quelques pauvres affaires inidentifiables car d&#233;tremp&#233;es, abandonn&#233;e au milieu d'un tas de d&#233;tritus, vestige d'un drame inconnu, peut-&#234;tre en rapport avec celui de &#171; The Destroyed Room &#187;, pour le moins viol d'une intimit&#233; d&#233;funte. Esth&#233;tique du d&#233;sastre !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/graphiquecolle_-3.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH224/graphiquecolle_-3-3fa4f.jpg?1774784600' width='500' height='224' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ivan Le Lorraine Albright, un artiste &#233;tats-unien assez mal connu en Europe, est l'un des tr&#232;s rares repr&#233;sentants du r&#233;alisme magique en peinture. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;alisme magique peut se r&#233;sumer &#224; l'interp&#233;n&#233;tration de deux mondes, pas n&#233;cessairement hostiles l'un &#224; l'autre, celui des vivants et celui des morts. Les morts font des va-et-vient permanents entre un monde et l'autre. Son origine est &#224; rechercher, n'en d&#233;plaise aux Europ&#233;ens qui veulent absolument y coller Kafka, dans la litt&#233;rature indig&#233;niste latino-am&#233;ricaine, avec des romanciers comme Manuel Scorza et sa &#171; Guerre silencieuse &#187; ou Gabriel Garcia Marquez avec ses &#171; Cent ans de solitude &#187; mais pas tr&#232;s indig&#232;ne ce dernier, litt&#233;rature toute impr&#233;gn&#233;e qu'elle est de croyances populaires, d'histoires politico-militaires et d'amours tragiques, de luttes paysannes contre les exactions des grands propri&#233;taires fonciers, de &lt;i&gt;&#171; jours et nuits d'amour et de guerre &#187;&lt;/i&gt;, selon la belle formule d'Eduardo Galeano, un autre prince &lt;i&gt;&#171; ombre de Dieu &#187;&lt;/i&gt;. On le trouve &#233;galement dans le cin&#233;ma de certains po&#232;tes chiliens, tels Ra&#250;l Ruiz ou Alejandro Jodorowsky, et en Asie chez le tha&#239;landais Apichatpong Weerasethakul, dans une version bouddhiste, et le Philippin Lav Diaz, d&#233;nonciateur infatigable de la cruaut&#233; des pouvoirs. Donc, le r&#233;alisme magique est un hybride de r&#233;alit&#233;s sociales crues et de surnaturel quelques fois merveilleux. &lt;br class='autobr' /&gt;
Celui d'Ivan Albright rel&#232;ve de l'art fun&#233;raire, d'une esth&#233;tique de cimeti&#232;re&#8230;ou de morgue anticip&#233;e. La mort habite le vivant, elle entre en fusion avec lui. Elle enfle et fripe tous les corps plong&#233;s dans un bain grouillant de d&#233;tails dignes du baroque et des natures mortes de Hollande, dentelles d&#233;fraichies, coupes et flacons de cristal &#224; moiti&#233; vid&#233;s, fleurs dess&#233;ch&#233;es, lampes &#224; huile &#233;teintes, fruits pourrissants et vieux argents jaunis. &lt;i&gt;Picture of Dorian Gray&lt;/i&gt;, image &#233;pouvantable de Dorian Gray au luxe lourd habit&#233; de cauchemars, visage ravin&#233; et grima&#231;ant, regard plus fou que celui d'un Courbet hallucin&#233; m&#226;tin&#233; d'un Van Gogh avec son gros pansement, mains d&#233;goulinant le sang sur un tapis au motif de grosses fleurs, gants jet&#233;s au pied d'un gu&#233;ridon victorien charg&#233; d'un chat &#233;gyptien aux yeux pliss&#233;s de cruaut&#233;, immense miroir qui se dissout dans les tentures pour cause d'un trop-plein de reflets, chaise aux jambes arqu&#233;es mouchet&#233;e d'argent et &#233;clabouss&#233;e de couleurs, costume &#233;pais dissimulant mal les boursouflures et que traversent d&#233;j&#224; toutes les humeurs de la d&#233;composition, p&#233;nombre peupl&#233;e de cr&#233;atures innommables ou d'objets incertains, projections de l'&#226;me malade de Dorian Gray.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27084 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L280xH566/graphiquecolle_-4-45b12.jpg?1774784600' width='280' height='566' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;The Temptation of Saint Anthony&lt;/i&gt;, menace d'engloutissement tentateur pour un Antoine noirci de panique, d&#233;j&#224; emp&#234;ch&#233; par les filets infernaux de deux succubes bleus aux cuisses d'&#233;trangleuses, tandis que chiens et loups hurlent &#224; la mort parmi des fragments de coraux et de corps, que grouillent iguanes aux dents effil&#233;es et salamandres sur un lit de perles dans des &#233;coulements d'or, au sein d'une grotte aquatique b&#226;tie de roches visqueuses, quoique tranchantes, toute bouillonnante de sang, et que ricane un cr&#226;ne coiff&#233; de deux mains ligneuses qui tiennent une grosse boule d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27086 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH425/graphiquecolle_-5-ec74e.jpg?1774784600' width='500' height='425' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Peintre &#224; l'extr&#234;me minutie, un miniaturiste de grandes surfaces, des plans gigantesques parfois, certains tableaux lui prennent des ann&#233;es, portraitiste autopsieur, de femmes pr&#233;matur&#233;ment flasques aux jointures enfl&#233;es, pas forc&#233;ment des prostitu&#233;es, mais des th&#233;&#226;treuses et danseuses, ou de jeunes et honn&#234;tes m&#232;res de famille, ou des bourgeoises, ou sa propre &#233;pouse, vieux ou faussement vieux travailleurs aux gueules et mains us&#233;es et aux doigts gonfl&#233;s, p&#234;cheur, fermiers, dont un qui ressemble au pape de Velasquez, concierge, &#233;lectricien, tenancier de bar, palefrenier, ou autres, ou d'autres personnes, dans l'entourage ou au hasard des rencontres d'Albright, pas forc&#233;ment des alcooliques, mais hommes capables encore de cr&#233;er Dieu &#224; leur image, &lt;i&gt;And Man Created God in His Own Image&lt;/i&gt;, pour certains, mais toujours chairs ratatin&#233;es ou sur le point d'&#233;clater&#8230;O&#249; est-il &#233;crit que notre existence doive &#234;tre n&#233;cessairement confortable et que l'Homme moderne soit naturellement jeune et beau, tout &#224; la fois ? Il ne l'est pas !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27087 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L324xH380/graphiquecolle_-6-d8ae0.jpg?1774784600' width='324' height='380' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a tout un tas d'autoportraits, presqu'autant que chez Rembrandt, ou peut-&#234;tre plus encore, montrant un vieillard tr&#232;s pr&#233;coce, jeune dandy aux traits creus&#233;s et aux cheveux d&#233;j&#224; blancs, vingt-sept ou vingt-huit ans mais en paraissant cinquante de plus, fumant, buvant, et prenant ses aises &#224; une table-nature morte, mais &#171; vieillardisant &#187; de plus en plus, c'est normal, &#233;loignement du dandysme et avachissement progressif du visage, avec toujours ce m&#234;me regard de tristesse &#233;tonn&#233;e. &lt;i&gt;&#171; The Body is our Tomb &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27088 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L446xH326/graphiquecolle_-8-17e71.jpg?1774784600' width='446' height='326' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Art fun&#233;raire qui trouve son aboutissement dans une toile surprenante, aussi grande que l'est son titre &#233;nigmatique, &lt;i&gt;That Wich I Should Have Done I Did Not Do (The Door)&lt;/i&gt; &#8212; ce que je devrais avoir fait que je n'ai pas fait (la porte) &#8212;, une miniature g&#233;ante, porte de maison ancienne/couvercle de cercueil au bois peint en noir avec plein d'&#233;raflures, un gros bouquet fan&#233; de lys et de roses nou&#233; dessus et qui s'effrite un peu, des p&#233;tales et des feuilles dess&#233;ch&#233;s sont tomb&#233;s sur le seuil, le tout dans un encadrement tr&#232;s ouvrag&#233;, et puis une main serrant un mouchoir de fines dentelles, avec des perles l&#224; encore, qui para&#238;t se tendre vers le bouton cisel&#233;, comme pour une caresse, alors qu'un soup&#231;on de fum&#233;e, ou un souffle vaporeux, s'exhale de la serrure, le dernier souffle. Ce que je devrais avoir fait&#8230;un regret exprim&#233; &#224; ce spectre, spectre tout autant que porte s&#233;pulcrale, qui semble ouvrir tr&#232;s grand ce qui lui sert d'yeux. D'un point de vue technique, la porte est vue de trois quarts et sa forme est tr&#232;s l&#233;g&#232;rement convexe, comme peut l'&#234;tre le couvercle de certains cercueils anciens, ce qui constitue une sorte de d&#233;fi par rapport &#224; la plan&#233;it&#233; de la toile, une tension v&#233;ritable. Ivan Albright a mis dix ans &#224; la r&#233;aliser avec des pinceaux tr&#232;s fins parfois, un seul poil, et en la polissant, et en la patinant, comme un menuisier d'art, tout en travaillant en parall&#232;le &#224; d'autres peintures, bien s&#251;r, toutes aussi compliqu&#233;es ces peintures.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27089 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L306xH624/graphiquecolle_-9-a503a.jpg?1774784600' width='306' height='624' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il lui arriva de conduire des exp&#233;riences &#233;tranges, d'ordre plus ou moins conceptuel et m&#233;taphysique, qui l'amen&#232;rent aux fronti&#232;res de l'abstraction, &#224; partir d'images r&#233;manentes, &lt;i&gt;afterimages&lt;/i&gt;. Trace m&#233;morielle, ou persistance r&#233;tinienne, mais sur le tr&#232;s long terme, ou les deux &#224; la fois, d'assemblages d'objets, ou plut&#244;t de couleurs et d'organisation dans l'espace de ces couleurs les unes par rapport aux autres, qui apr&#232;s restitution sur la toile r&#233;v&#232;le une forme g&#233;n&#233;rale et tr&#232;s ancienne, sortes de natures mortes en hommage &#224; ses parents, &lt;i&gt;From Yesterday's Day&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;The Image After&lt;/i&gt;. Ivan Albright poss&#232;de sa &lt;i&gt;Destroyed Room&lt;/i&gt;, il l'a cr&#233;&#233;e, tout aussi terrifiante que celle de Jeff Wall mais plus d&#233;sesp&#233;r&#233;e encore, sans pass&#233;, sans pr&#233;sent, sans futur, comme l'&#233;nonce longuement son titre, &lt;i&gt;Poor Room - There Is No Time, No End, No Today, No Yesterday, No Tomorrow, Only the Forever, and Forever and Forever without End (The Window)&lt;/i&gt;, pauvre chambre, il n'y a pas de temps, pas de fin, pas d'aujourd'hui, pas d'hier, pas de demain, seulement le toujours, et du toujours, et du toujours sans fin (la fen&#234;tre), une image qui, dit-on, a tir&#233; des cris d'effroi &#224; Jean Dubuffet lui-m&#234;me quand il l'a vue dans l'atelier d'Albright, Dubuffet pourtant sp&#233;cialiste absolu de la mati&#232;re amalgam&#233;e, homuncules et b&#234;tes &#224; cornes qui se d&#233;battent dans la gl&#232;be primordiale, tout un monde carc&#233;ral au niveau social, cellulaire au niveau biologique, de quoi brouiller les images, les Mires de toutes les t&#233;l&#233;visions. Une fen&#234;tre ouverte dans un mur ma&#231;onn&#233; de vieille pierraille rong&#233;e de lichen et incrust&#233;e de branches mortes, fen&#234;tre au ch&#226;ssis de bois compl&#232;tement pourri, et dans l'encadrement d&#233;form&#233; de laquelle des gu&#234;pes ont &#233;tabli leurs nids. Les tentures sont rejet&#233;es de c&#244;t&#233; par une grosse main sans corps et quantit&#233; d'objets venus du pass&#233;, d&#233;risoires et luxueux d&#233;tritus, comme mus par une &#233;nergie ou une volont&#233; propre, commencent &#224; se d&#233;verser, en vrac, dans on ne sait quel ext&#233;rieur. &lt;i&gt;&#171; Un enfer de formes &#187;&lt;/i&gt; a rugi Dubuffet. Des cadres de photos ou de petits tableaux ou de miroir, l'in&#233;vitable lampe &#224; huile, une carafe fine, un flacon de parfum pour sac de dame, des r&#233;silles d'argent, une statuette renvers&#233;e, un trousseau de clefs, une th&#233;orie de bibelots cisel&#233;s et de ferraille rong&#233;e par la rouille, des pieds de meubles cannel&#233;s, de vieux cuirs, des papiers froiss&#233;s et des bouts de tissus qui commencent &#224; s'accumuler sur le rebord de la fen&#234;tre tels les p&#233;tales dess&#233;ch&#233;s sur le seuil de &lt;i&gt;The Door&lt;/i&gt;, en fait presque la chambre mortuaire de Pharaon que des pillards surpris n'auraient pas eu le temps de vider compl&#232;tement. Tout ceci a des allures de m&#233;moire encombr&#233;e que l'on s'emploierait &#224; d&#233;charger de ses souvenirs p&#233;nibles ou devenus inutiles, ou d'un inconscient dont il conviendrait de liquider les vieux traumas pathog&#232;nes, telle cette main surgie de l'Histoire, d&#233;j&#224; main de &lt;i&gt;The Door&lt;/i&gt;, la main coup&#233;e de Blaise Cendrars ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27090 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L368xH488/graphiquecolle_-10-066c8.jpg?1774784856' width='368' height='488' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;Show Case Doll&lt;/i&gt;, bo&#238;tes d'exposition de poup&#233;es, une toile inachev&#233;e et une lithographie, t&#233;moignent encore une fois de cette crispation sur la mort qui caract&#233;rise l'&#339;uvre d'Ivan Albright. Une poup&#233;e de porcelaine, richement habill&#233;e &#224; l'ancienne, repose de c&#244;t&#233; dans une bo&#238;te de verre sur des coussins de soie au milieu des dentelles. Elle a les yeux ouverts et les bras lev&#233;s, sans doute dans le but de souligner la v&#233;racit&#233; de son apparence de petite fille mod&#232;le. Un vaporisateur de parfum est pos&#233; aupr&#232;s d'elle. Cette bo&#238;te de verre, article presque ordinaire du voyeurisme chr&#233;tien, renvoie &#233;videmment au cercueil de verre dans lequel on pr&#233;sente le corps non corrompu de certaines saintes. Ainsi, on pourrait supposer, qu'avec ses &lt;i&gt;Show Case Doll&lt;/i&gt;, Ivan Le Lorraine Albright a affich&#233; sa pr&#233;tention de hisser son art fun&#233;raire au rang de l'art sacr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27091 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L476xH318/graphiquecolle_-11-997b2.jpg?1774784856' width='476' height='318' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Jeff Wall, Logs, 2002
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On pourrait avancer aussi que l'univers de Jeff Wall, peupl&#233; de spectres, de fragments et de d&#233;tritus, ses ruines, avec ses figures all&#233;goriques et ses r&#233;f&#233;rences artistiques multiples, est en fait tr&#232;s proche de celui d'Ivan Albright habit&#233; de morts en sursis, de rebuts luxueux et de bo&#238;tes s&#233;pulcrales. J'estime que l'art de Jeff Wall s'inscrit tout autant dans la mouvance du r&#233;alisme magique que dans celle du conceptualisme, peut-&#234;tre m&#234;me davantage. Mais, au-del&#224; des bo&#238;tes en &#171; isme &#187;, urnes qui ont recueilli les cendres de la culture et du savoir, finalement quelle est la signification de tout cela ? Hommes d&#233;chir&#233;s par la &#171; Grande Guerre &#187; dont t&#233;moigne Ivan Albright dans quelques carnets de dessins et d'aquarelles qu'il a ramen&#233;s d'Europe o&#249; il servit un temps, mauvais, en tant qu'infirmier militaire, &lt;i&gt;Medical Sketchbook&lt;/i&gt;, tas de choux rejet&#233; de cartons &#233;ventr&#233;s et qui ach&#232;ve de pourrir dans une d&#233;charge, &lt;i&gt;&#171; Bad Goods &#187;&lt;/i&gt;, entrevus par Jeff Wall ? Violence g&#233;n&#233;ralis&#233;e, cruaut&#233; et irrationalit&#233; de l'esp&#232;ce, non-sens tant humain qu'&#233;conomique, trag&#233;die et grotesque. &lt;br class='autobr' /&gt;
Retour aux &lt;i&gt;suburbs&lt;/i&gt; de Vancouver. &lt;i&gt;&#171; The Pine on the Corner &#187;&lt;/i&gt;, le pin du coin de la rue, un monument dress&#233; &#224; une autre trag&#233;die, &lt;i&gt;&#171; la trag&#233;die &#233;cologique qui met en cause notre &#233;conomie, notre culture urbaine, notre ordre social &#187;&lt;/i&gt;, d&#233;nonce Jeff Wall. Une rue anonyme bord&#233;e de pavillons faits de pas grand-chose, plein de voitures gar&#233;es, quelques arbres par ci par l&#224;, une montagne au sommet enneig&#233;e dans le fond, au premier plan un tr&#232;s grand arbre &#224; un angle de rues, &lt;i&gt;&#171; une sentinelle d&#233;corative &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise-t-il. Le pin du coin de la rue est une ruine, un fragment de nature abandonn&#233; sur un trottoir et que plus personne ne voit. Pourtant il est l&#224; en toutes saisons et par tous les temps, comme l'est sur les trottoirs d'Occident une partie de tous les d&#233;sh&#233;rit&#233;s du Monde. &lt;i&gt;&#171; L'arbre solitaire est le grand symbole antique de l'individu mortel, dit Jeff Wall, il a beau &#234;tre enracin&#233; dans la nature toute enti&#232;re, c'est dans la solitude qu'il subit sa destin&#233;e &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/the_pine_on_the_corner_le_pin_au_coin_jeff_wall_1990.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH398/the_pine_on_the_corner_le_pin_au_coin_jeff_wall_1990-dae87.jpg?1775050807' width='500' height='398' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Jeff Wall, the Pine on the Corner
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A proximit&#233; des villes et de leurs banlieues, ce qu'il reste de for&#234;t sert de refuge &#224; tout un tas de solitudes subissant elles aussi leurs destin&#233;es, pauvres gens qui tentent d'&#233;chapper &#224; l'inquisition de l'&#339;il photographique en se dissimulant derri&#232;re un rideau d'arbres, tandis que leur repas continue de chauffer sur un foyer de &#171; fortune &#187;. Fin d'hiver gris de la p&#233;riph&#233;rie de Vancouver. R&#233;alisme qui a perdu toute magie. &lt;i&gt;&#171; Forest &#187;&lt;/i&gt;. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nuit d'&#233;t&#233; de Vancouver, mais ce pourrait &#234;tre d'ailleurs et en une autre saison, et m&#234;me dans un au-del&#224; de tourments dantesques. Un empilement de rondins coinc&#233; par des gros cubes de b&#233;ton, comme des cr&#226;nes tondus entraper&#231;us avant que les lugubres portes ne se referment. Extermination arboricole, comme au Costa Rica, en Malaisie continentale, et au Sarawak o&#249; je n'ai entendu qu'un interminable requiem de tron&#231;onneuses. La nature massacr&#233;e et le b&#233;ton comme t&#233;moignage indestructible des horreurs de l'histoire contemporaine. &lt;i&gt;&#171; Logs &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27093 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L436xH330/graphiquecolle_-13-7f075.jpg?1774784856' width='436' height='330' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme celle d'Ivan Albright, l'&#339;uvre de Jeff Wall rev&#234;t la dimension d'une grande m&#233;ditation sur la mort, mort de l'Homme, des soci&#233;t&#233;s qu'il a construites, et de la nature dans son ensemble, mais dans le contexte sp&#233;cifique du capitalisme triomphant, du vampirisme g&#233;n&#233;ralis&#233;. &lt;i&gt;Memento mori.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH293/graphiquecolle_-14-c7325.jpg?1774784856' width='500' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette obsession du vampire, celle de Jeff Wall, on la trouve chez un artiste uruguayen peu ou pas connu en Europe, Nelson Ramos, mais Nelson Ramos est aussi un homme que tourmente la trag&#233;die permanente de l'Am&#233;rique latine. Dans ses crises figuratives, le vampire est pratiquement toujours pr&#233;sent, chauve-souris, aux ailes gigantesques amplement d&#233;ploy&#233;es, qui plane, mena&#231;ante, au-dessus des populations humbles de l'Am&#233;rique latine, mort de l'Homme et des soci&#233;t&#233;s, mort colonialiste, imp&#233;riale puis imp&#233;rialiste, qui survole en continu cette terre de douleurs, &lt;i&gt;Latinoamerica&lt;/i&gt;. Dans ses bo&#238;tes-tableaux, il montre les d&#233;sastres de la conqu&#234;te, toute une soldatesque, &#224; cheval ou servant des canons, qui foule des dizaines de squelettes entass&#233;s dans des cryptes cellulaires superpos&#233;es sous l'&#339;il attendri d'un cur&#233;, &lt;i&gt;Tunatioh&lt;/i&gt;, les produits du pillage de l'Am&#233;rique enferm&#233;s derri&#232;re de lourdes portes d'or encadr&#233;es par, ou incrust&#233;es dans, un &lt;i&gt;tzompantli,&lt;/i&gt; et surveill&#233;es par quelques lanciers, &lt;i&gt;Ellos a&#250;n nos miran&lt;/i&gt;, ils nous regardent encore, peuple souterrain de squelettes gard&#233; par un vampire aux ailes d&#233;ploy&#233;es, &lt;i&gt;Colonizaci&#243;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27095 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH421/graphiquecolle_-15-e2176.jpg?1774784856' width='500' height='421' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces espaces sans respiration possible, fragment&#233;s, il demeure plus qu'une trace des compositions &#171; constructivistes &#187; de Joaqu&#237;n Torres Garc&#237;a, le grand Mont&#233;vid&#233;en. Ce que livre Nelson Ramos, dans ses p&#233;riodes de crises figuratives, ce sont des images 3D, fabriqu&#233;es &#224; partir de papiers, de carton et de petits bouts de bois, du tragique de la condition de l'Homme et des soci&#233;t&#233;s latino-am&#233;ricaines, images pas tr&#232;s &#233;loign&#233;es en fait des &lt;i&gt;Arpilleras&lt;/i&gt; chiliennes, patchworks r&#233;alistes en toile de sac et brins de laine, mais chez lui tout &#224; fait all&#233;goriques. Il parle de &lt;i&gt;Vanitas mestizas&lt;/i&gt;, Vanit&#233;s m&#233;tisses, pour d&#233;signer ses petites bo&#238;tes constitu&#233;es d'alv&#233;oles emplies de squelettes et de cr&#226;nes et domin&#233;es par la silhouette englobante du vampire aux ailes dentel&#233;es. &lt;i&gt;Los de arriba y los de abajo&lt;/i&gt;, ceux du dessus et ceux du dessous. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au-dessus, une table avec une nappe en dentelles recouverte de bouteilles et de verres, treize personnages en costumes noirs dont un qui porte un toast &#224; on ne sait qui ou quoi, oligarchie cr&#233;ole ou conseil d'administration d'une firme transnationale, toujours les m&#234;mes avec quelques milliardaires &#233;tats-uniens en sus puisque machin transnational. En dessous, cinq rang&#233;es de dix squelettes poussi&#233;reux et assis dans des alv&#233;oles &#233;troites. Au-dessus la table est &#233;clair&#233;e par une verri&#232;re, &lt;i&gt;una claraboya&lt;/i&gt;, derri&#232;re laquelle se profile l'ombre sinistre et vampirique de la mort latino-am&#233;ricaine. Monde du dessus et monde du dessous. &lt;i&gt;Latinoamerica, Mundo triste&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27097 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH413/graphiquecolle_-16-f562d.jpg?1774784856' width='500' height='413' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Nelson Ramos &#233;tait aussi un homme de la lumi&#232;re, donc du c&#244;t&#233; de la vie, et il a construit des petites charpentes de roseau et de carton sur lesquelles il a pos&#233;, coll&#233; ou cousu, des carreaux de papier translucide ou de couleur pour figurer les verri&#232;res, les &lt;i&gt;claraboyas&lt;/i&gt;, qui couvrent les patios des maisons de Dolores et de Montevideo. C'est un peu comme une repr&#233;sentation cubiste du ciel, ciel des &#171; Orientaux &#187; d&#233;coup&#233; comme un g&#226;teau par les verri&#232;res des patios, ou bien encore une r&#233;miniscence des suspensions de cerfs-volants, &lt;i&gt;las pandorgas&lt;/i&gt;, de son enfance.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27096 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH263/graphiquecolle_-17-d94f0.jpg?1774784856' width='500' height='263' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lumi&#232;re aussi irradi&#233;e par les peintures blanches fruits d'un m&#233;tissage de couleurs, avec souvent des verticales, d&#233;chirure du papier, trace de gros pinceau ou morceau de bois coll&#233;, impressions re&#231;ues d'un arbre, d'un sentier ou d'un fleuve de son si tendre et si beau pays.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L486xH358/graphiquecolle_-18-bff85.jpg?1774784856' width='486' height='358' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De la photographie du cadavre a&#768; l'e&#769;ternite&#769; virtuelle 3/5 </title>
		<link>http://tk-21.com/De-la-photographie-du-cadavre-a%CC%80-2831</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/De-la-photographie-du-cadavre-a%CC%80-2831</guid>
		<dc:date>2026-04-05T09:53:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ir&#232;ne Jonas</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Les photographies re&#769;alise&#769;es lors des fune&#769;railles ont longtemps e&#769;te&#769; re&#769;serve&#769;es aux &#171; grands hommes &#187;. Pour le commun des mortels, les fune&#769;railles ont e&#769;te&#769; majoritairement un moment sans photographes et l'on pourrait presque dire l'un des rares moments de la vie familiale ou&#768; un rituel de passage n'est pas photographie&#769;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/11-6faff.jpg?1775383067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les photographies re&#769;alise&#769;es lors des fune&#769;railles ont longtemps e&#769;te&#769; re&#769;serve&#769;es aux &#171; grands hommes &#187;. Pour le commun des mortels, les fune&#769;railles ont e&#769;te&#769; majoritairement un moment sans photographes et l'on pourrait presque dire l'un des rares moments de la vie familiale ou&#768; un rituel de passage n'est pas photographie&#769;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La seule photographie existante lors d'un enterrement a majoritairement e&#769;te&#769; l'image statique du de&#769;funt choisie pour faire partie de la ce&#769;re&#769;monie elle-me&#770;me, pose&#769;e sur le cercueil ou proche du celui-ci. Une fac&#807;on de donner une pre&#769;sence a&#768; celui qui ne peut plus e&#770;tre pre&#769;sent. Ce portrait du de&#769;funt peut aujourd'hui e&#770;tre remplace&#769; par un e&#769;cran qui diffuse en boucle des photographies de la personnes de&#769;ce&#769;de&#769;es, a&#768; plusieurs a&#770;ges et dans diverses situations familiales et amicales. Les images sont le plus souvent se&#769;lectionne&#769;es par les proches qui ont scanne&#769; des photos de famille ou re&#769;alise&#769;es par des amis. Ce dispositif audiovisuel installe&#769; dans des cre&#769;matoriums est utilise&#769; pour personnaliser la ce&#769;re&#769;monie, souvent lors de rituel civil. On peut supposer qu'il a pour objet de pallier le religieux et de combler un manque entre la mise en bie&#768;re et l'inhumation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'existe que peu d'images des fune&#769;railles, une exception est faite pour la tombe apre&#768;s la ce&#769;re&#769;monie. Cette photographie de la tombe est souvent destine&#769;e aux personnes qui n'ont pu se rendre a&#768; l'enterrement : &lt;i&gt;&#171; Quand ma tante est morte, je n'ai pas pu aller a&#768; l'enterrement. Mes parents m'ont envoye&#769; les dernie&#768;res photos qu'ils avaient prises et une photo de la tombe, avec toutes les fleurs dessus &#187;&lt;/i&gt; (Aline, 45 ans) ou e&#770;tre une image qui permet aux proches trop a&#770;ge&#769;s pour se rendre sur la tombe d'un proche, de se recueillir : &lt;i&gt;&#171; Je ne peux plus aller sur la tombe de mon mari, je suis trop loin maintenant, alors j'ai demande&#769; a&#768; mon fils de prendre une photo. Quand j'en ai envie, je la regarde &#187;&lt;/i&gt; (Louise, 85 ans).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, depuis quelques anne&#769;es, on voit apparai&#770;tre sur internet des sites de photographes professionnels qui proposent leurs services pour re&#769;aliser un reportage sur les enterrements, les fune&#769;railles et les ce&#769;re&#769;monies. &lt;i&gt;&#171; Pas encore rentre&#769; dans les m&#339;urs en France, de plus en plus de personnes souhaitent avoir un photographe professionnel sur place afin de pre&#769;server le devoir de me&#769;moire ! &#187;&lt;/i&gt;, peut-on lire sur le site de l'un d'entre eux&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://www.stephaneclementphotograph.com/categories_rubriques/enterremen (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Un site en ligne invite les photographes a&#768; clarifier le but de la mission, a&#768; de&#769;finir avec la famille les moments photographiables et a&#768; ne jamais oublier d'e&#770;tre respectueux et non intrusif (discre&#769;tion et absence de flash), sans oublier d'inclure les e&#769;le&#769;ments inanime&#769;s des fune&#769;railles (fleurs, site de la tombe, corbillard, etc.)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;https://fr.minotauromaquia.com/blog/featured-articles/2018-05-06-how-to- (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre nouveaute&#769;, le selfie fune&#769;raire. Pour Florence Quinche, les jeunes endeuille&#769;s, avec les te&#769;le&#769;phones portables et les re&#769;seaux sociaux, ont de&#769;veloppe&#769; de nouvelles pratiques qui diffe&#768;rent totalement de celles des adultes ou des ce&#769;re&#769;monies religieuses classiques, avec notamment celle de prendre des selfies pendant les fune&#769;railles. &lt;i&gt;&#171; L'aspect &#034;quotidien&#034; de Facebook permet de montrer d'autres aspects des fune&#769;railles que ceux pre&#769;sente&#769;s lors d'une ce&#769;re&#769;monie conventionnelle. Les jeunes se photographient lors des pre&#769;paratifs dans leur chambre d'ho&#770;tel, ils montrent leurs habits de deuil, les moments de de&#769;tente ou d'hommages informels apre&#768;s la ce&#769;re&#769;monie, comme ces jeunes lors de l'enterrement de leur cousin, qui boivent du champagne a&#768; sa sante&#769; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Florence Quinche, &#171; Faire me&#769;moire sur internet. Les re&#769;seaux sociaux et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ce phe&#769;nome&#768;ne qui regroupe les photographies dans un blog &lt;i&gt;funeral selfies &lt;/i&gt; s'est d'abord fortement de&#769;veloppe&#769; aux &#201;tats-Unis et au Canada. Il n'est pas sans susciter des de&#769;bats, les uns de&#769;fendant les manie&#768;res que peuvent avoir les jeunes de faire leur deuil, les autres les jugeant irrespectueuses, au point qu'un site d'assurance obse&#768;ques franc&#807;ais pre&#769;cise : &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui les entrepreneurs de pompes fune&#768;bres avertissent les familles qui, si elles le de&#769;sirent, demandent alors aux personnes invite&#769;es d'e&#769;viter ce genre de photo ; mais ils ont conscience, devant l'ampleur grandissante de cette pratique, qu'il va falloir promulguer des lois afin de freiner un usage souvent aussi irrespectueux que malsain &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Site d'assurances obse&#768;ques.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, on ne peut passer sous silence les photographies qui sont parfois glisse&#769;es dans le cercueil, comme pour accompagner le mort. &lt;i&gt;&#171; Quand mon pe&#768;re est mort, j'e&#769;tais petite. Ma me&#768;re m'a demande&#769; si je voulais mettre quelque chose dans le cercueil et j'ai choisi une photo ou&#768; j'e&#769;tais avec lui. Il me tenait dans les bras &#187;&lt;/i&gt; (Aline, 17 ans).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27080 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;179&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/2-42.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/2-42-37560.jpg?1774782772' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Une femme dans une maison de retraite montre la tombe de son mari sur laquelle elle ne peut plus aller se recueillir, Morangis (Essonne), 2016.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;&#169; Ir&#232;ne Jonas - Agence r&#233;v&#233;lateur
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.stephaneclementphotograph.com/categories_rubriques/enterremen t-deces-commemoration/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://www.stephaneclementphotograph.com/categories_rubriques/enterremen t-deces-commemoration/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://fr.minotauromaquia.com/blog/featured-articles/2018-05-06-how-to- photograph-a-funeral-7-steps-with-pictures.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://fr.minotauromaquia.com/blog/featured-articles/2018-05-06-how-to- photograph-a-funeral-7-steps-with-pictures.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Florence Quinche, &#171; Faire me&#769;moire sur internet. Les re&#769;seaux sociaux et sites de comme&#769;morations induisent-ils de nouveaux rapports a&#768; la mort &#187;}, Frontie&#768;res, 29.[[&lt;a href=&#034;https://doi.org/10.7202/1042981ar -&gt; https://doi.org/10.7202/1042981ar-&gt;https://doi.org/10.7202/1042981ar&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://doi.org/10.7202/1042981ar&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Site d'assurances obse&#768;ques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : photo &#169; Ir&#232;ne Jonas - Agence r&#233;v&#233;lateur, issue de la s&#233;rie &#171; Son dernier souffle &#187;, 2012, sur les derniers moments du p&#232;re de l'artiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Prononcez /ka.b&#596;t/</title>
		<link>http://tk-21.com/Prononcez-ka-b%C9%94t</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/Prononcez-ka-b%C9%94t</guid>
		<dc:date>2026-04-04T09:11:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana&#239;s Djouad</dc:creator>


		<dc:subject>peinture</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans ses peintures r&#233;alis&#233;es &#224; partir de l'observation directe, Roberto Cabot s'attache &#224; des situations ordinaires : fragments de ville, objets domestiques, paysages c&#244;tiers. Ces sc&#232;nes peuvent sembler modestes ou banales, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette banalit&#233; qui l'int&#233;resse. L'artiste cherche &#224; &#233;chapper &#224; la logique spectaculaire qui domine la culture visuelle contemporaine.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/peinture" rel="tag"&gt;peinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH103/07-escalier-metro-1984-dca2a.jpg?1775294494' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ses peintures r&#233;alis&#233;es &#224; partir de l'observation directe, Roberto Cabot s'attache &#224; des situations ordinaires : fragments de ville, objets domestiques, paysages c&#244;tiers. Ces sc&#232;nes peuvent sembler modestes ou banales, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette banalit&#233; qui l'int&#233;resse. L'artiste cherche &#224; &#233;chapper &#224; la logique spectaculaire qui domine la culture visuelle contemporaine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;br&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colonialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la trajectoire de Roberto Cabot, la question coloniale n'a jamais pris la forme d'un programme ni m&#234;me celle d'un manifeste. Elle semble plut&#244;t appara&#238;tre comme une tension persistante, sourde, qui traverse sa pratique et le contraint &#224; se d&#233;placer toujours vers d'autres formats, d'autres lignes, d'autres horizons techniques. Ainsi n'appara&#238;t jamais un lien visible, aucun monde-expression de l'histoire pass&#233;e et de ses empreintes visibles ; pas d'iconographie critique ou expressive du colonialisme. Au contraire, ce qui se per&#231;oit c'est un artiste qui semble vouloir s'extirper du paysage normalis&#233; par l'empreinte universaliste du colonialisme historique. La trajectoire de Roberto Cabot ressemble &#224; une p&#233;r&#233;grination, un &#171; aller-vers &#187;, un chemin qu'il a emprunt&#233; dans les ann&#233;es 1970, comme pour essayer de se d&#233;tourner des cadres esth&#233;tiques qui en prolongeraient les logiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27037 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/matin-beaux-arts-1983.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH339/matin-beaux-arts-1983-b2697.jpg?1773769451' width='500' height='339' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Cabot entre aux Beaux-Arts de Paris apre&#768;s avoir graphe&#769; l'entre&#769;e.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27030 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/night.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH414/night-97128.jpg?1773513299' width='500' height='414' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Nature morte a&#768; la cuille&#768;re, huile sur toile, 1995
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'il entre aux Beaux-Arts en 1983, Cabot d&#233;couvre un syst&#232;me artistique (p&#233;dagogie, professionnalisation, march&#233;) structur&#233; par les cat&#233;gories du modernisme, souvent pr&#233;sent&#233;es comme l'universel de l'art. Cette universalit&#233; lui appara&#238;t rapidement comme une construction historique li&#233;e &#224; l'expansion culturelle europ&#233;enne. Derri&#232;re la promesse d'un langage partag&#233; par tous, se profile une normalisation esth&#233;tique qui efface les traditions locales et les cosmologies non occidentales. Le modernisme ne serait pas seulement un moment de l'histoire de l'art mais aussi un dispositif de pouvoir symbolique, capable d'imposer ses cat&#233;gories bien au-del&#224; de l'Europe. Plut&#244;t que de rejeter en bloc cette tradition, Cabot entreprend de faire un pas de c&#244;t&#233; en s'effor&#231;ant de l'appliquer &#224; sa pratique artistique. Il ne s'agit pas pour lui de rompre avec la modernit&#233; mais d'en d&#233;faire certaines &#233;vidences, de d&#233;tourner sa technicit&#233; au profit d'un autre narratif, en quelque sorte c'est l'invention d'un langage depuis un alphabet commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son travail se d&#233;veloppe ainsi dans une position paradoxale faisant du paradoxe une logique exploratoire : utiliser les outils h&#233;rit&#233;s de l'histoire de l'art occidentale tout en en contestant les pr&#233;suppos&#233;s qu'ils engagent en les exposant &#224; eux-m&#234;mes. Comme la production d'un contre-paysage, une ombre, un antimonde plut&#244;t car plus lumineux que l'underground et tout aussi fertile et r&#233;aliste que la figure visible qui en permet la projection : ce que le colonialisme a &#233;cras&#233; de toutes ses forces n'en n'est pas moins vivant. C'est comme une dynamique silencieuse que Roberto Cabot tente de sonoriser, comme un biologiste le ferait en colorant des cellules saisies au microscope ou un astrologue avec la galaxie. Se faire traducteur pour r&#233;v&#233;ler une dimension de la r&#233;alit&#233; que l'&#339;il humain, sans ces distinctions form&#233;es par les nuances et couleurs, ne pourrait voir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27031 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;43&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/orixa-cego-1983.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH661/orixa-cego-1983-6824b.jpg?1773513299' width='500' height='661' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Orixa&#769; aveugle, acrylique sur tissu, 1984
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Progressivement, apparaissent des figures et des signes issus de la culture afro-br&#233;silienne, notamment les orishas, entit&#233;s spirituelles associ&#233;es aux forces de la nature dans les religions afro-atlantiques. Leur pr&#233;sence ne rel&#232;ve ni de l'illustration ethnographique ni d'une strat&#233;gie d&#233;corative. Ces figures sont mobilis&#233;es comme des fragments d'un imaginaire culturel marginalis&#233; par l'histoire coloniale et par les r&#233;cits dominants de l'art moderne. Ils font &#233;galement partie du d&#233;corum de Cabot. Le point de d&#233;part de leur utilisation est l'empreinte g&#233;o-affective qu'ils repr&#233;sentent. Ces &#233;l&#233;ments ne sont pas mobilis&#233;s comme des motifs exotiques mais comme des fragments d'une histoire culturelle refoul&#233;e, comme des signes de r&#233;sistance symbolique face &#224; l'effacement colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette critique se d&#233;place progressivement vers une r&#233;flexion plus large sur l'espace de l'art lui-m&#234;me. Cabot observe que certaines pratiques modernistes, notamment celles qui affirment un style ou une signature visuelle, reposent sur une logique d'appropriation de l'espace esth&#233;tique. Ce n'est pas qu'il mette en question les mus&#233;alit&#233;s existantes mais plut&#244;t qu'elles emp&#234;chent d'autres configurations et repr&#233;sentations des &#339;uvres d'art. D&#233;finissant de facto ce qu'est une &#339;uvre. Les formats dominants de pr&#233;sentation de l'art au public prolongent symboliquement les gestes de conqu&#234;te qui ont structur&#233; l'histoire coloniale et subjectiv&#233;s, assujettis parfois tout un ensemble de relations, emp&#234;chant l'artiste de d&#233;cat&#233;goriser les &#233;l&#233;ments au profit de leur mise en dialogue. C'est pourquoi sa pratique se d&#233;tourne peu &#224; peu de l'id&#233;e de style pour privil&#233;gier une conception de l'&#339;uvre comme dispositif. Les installations qu'il d&#233;veloppe plus tard, notamment autour de la s&#233;rie Aleph, dispositif pr&#233;sent&#233; pour la premi&#232;re fois en 2002 &#224; la Biennale de S&#227;o Paulo (Installation M&#233;diamorphose qui deviendra Aleph I) et la derni&#232;re fois en 2015 &#224; la Biennale de Kaunas (Aleph III). Les dispositifs Aleph I, Aleph II et Aleph III, mettent en sc&#232;ne des syst&#232;mes de perception dans lesquels l'image se construit &#224; partir de la pr&#233;sence des spectateurs eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/roberto.cabot-paysage.catalan-1989.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH723/roberto.cabot-paysage.catalan-1989-5c3fc.jpg?1773769451' width='500' height='723' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Paysage catalan, 1989
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_27029 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/bienale-sp-2002-03.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/bienale-sp-2002-03-3f087.jpg?1773513299' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Me&#769;diamorphose, Biennale de S&#227;o Paulo, 2002
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Identit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'identit&#233; appara&#238;t alors comme un terrain instable, constamment travers&#233; par des projections de dialogues possibles, s'inscrivant dans une r&#233;surgence d'esth&#233;tiques enfouies dans l'intime de l'artiste et sous les pas coloniaux de l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l'ai dit plus haut, Roberto Cabot refuse l'id&#233;e d'une identit&#233; artistique fixe ou d'un style reconnaissable qui constituerait la signature de son travail. Pour lui, l'identit&#233; ne se situe pas dans la r&#233;p&#233;tition d'une forme mais dans la continuit&#233; d'une recherche. Cette position trouve ses racines dans une biographie marqu&#233;e par les circulations culturelles. N&#233; au Br&#233;sil dans une famille dont les origines se partagent entre l'Europe et l'Am&#233;rique du Sud, Cabot grandit dans un environnement o&#249; plusieurs traditions s'entrem&#234;lent en racines disjointes. Les d&#233;placements g&#233;ographiques multiples, faits d'allers-retours entre le Br&#233;sil, l'Europe, les &#201;tats-Unis, contribuent &#224; forger une relation mobile &#224; l'identit&#233;, faite de passages plut&#244;t que d'appartenances stables. Comme si c'&#233;tait le territoire qui s'inscrivait dans le corps et non le corps ancr&#233; dans le monde depuis un territoire. L'un des &#233;l&#233;ments d&#233;terminants de cette exp&#233;rience est son contact pr&#233;coce avec les traditions afro-br&#233;siliennes, se d&#233;placer &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur des espaces lui donne une lecture particuli&#232;re des syst&#232;mes de pouvoir, des processus d'effacement, &#224; partir de ce qui se joue autour de lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa grand-m&#232;re dirige un centre religieux de culte afro-br&#233;silien de la Umbanda, situ&#233; dans un quartier populaire de Rio, au c&#339;ur d'une communaut&#233; o&#249; surgit encore en puissance, subsiste une r&#233;alit&#233; presque &#233;th&#233;r&#233;e, de son contraste avec l'effacement qui a d&#233;j&#224; eu lieu partout ailleurs. L'enfant qui fr&#233;quente ce lieu qui persiste comme une luciole dans un paysage recompos&#233;, observe les rituels, les symboles et les objets, se socialise dans cet univers spirituel. Ces exp&#233;riences nourrissent une sensibilit&#233; particuli&#232;re &#224; des formes culturelles qui, bien que centrales dans l'histoire br&#233;silienne, ont longtemps &#233;t&#233; marginalis&#233;es dans les r&#233;cits officiels. Son contexte familial et social s'inscrit ainsi dans une histoire plus large. Cabot rappelle souvent que la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne a &#233;t&#233; profond&#233;ment marqu&#233;e par des politiques de blanchiment de la population mises en &#339;uvre &#224; la fin du XIX&#7497; si&#232;cle. &#171; On se souvient peu qu'au Br&#233;sil, on &#233;tait noirs &#187;. L'immigration massive de populations europ&#233;ennes visait alors &#224; transformer la composition raciale du pays et &#224; renforcer l'influence culturelle occidentale. Ce processus a contribu&#233; &#224; invisibiliser certaines &#233;lites culturelles afrodescendantes et &#224; rel&#233;guer de nombreuses populations noires dans les marges sociales.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27041 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/cabot-alephii-berlin-2008.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/cabot-alephii-berlin-2008-0ab33.jpg?1773769451' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Aleph III, 2008, Berlin
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Exposition &#171; Tropiques &#187;, Martin Gropius Bau. &lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, Cabot ne cherche pas &#224; revendiquer une identit&#233; hybride ni &#224; se situer dans une opposition frontale entre traditions culturelles. Il pr&#233;f&#232;re occuper un espace interm&#233;diaire, un lieu de passage o&#249; les r&#233;f&#233;rences se d&#233;placent et se recomposent. Les &#233;l&#233;ments culturels sont la trace d'exp&#233;riences et de m&#233;moires multiples. Cette position explique aussi son rapport ambivalent au monde de l'art international. Tr&#232;s t&#244;t Roberto Cabot entre, presque projet&#233;, dans les circuits institutionnels et commerciaux qui structurent la sc&#232;ne artistique contemporaine internationale. Pourtant, cette reconnaissance ne se traduit pas par une adh&#233;sion aux cat&#233;gories qui dominent ce milieu. M&#234;me si le jeu est ma&#238;tris&#233;e, l'artiste demeure dans une posture critique ou plut&#244;t en l&#233;ger d&#233;calage, cherchant constamment &#224; d&#233;jouer les assignations identitaires ou stylistiques que ces institutions pourraient lui imposer. Une identit&#233; qui n'est pas en exil, qui ne cherche pas &#224; trouver un territoire particulier mais qui dialogue et ainsi circule et s'incarne dans un corps inscrit dans ce qui semble &#234;tre une h&#233;t&#233;rogen&#232;se territoriale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27038 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/r.cabot-schirmonikoog-1993.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH403/r.cabot-schirmonikoog-1993-247c2.jpg?1773769451' width='500' height='403' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Schiermonikoog, Friday, 1995
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Paysage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous suivons donc une trajectoire sensible qui puise dans une intellectualisation nouvelle, non-renouvel&#233;e mais g&#233;n&#233;tiquement nouvelle, du paysage. L'artiste affirme lui-m&#234;me travailler cette question depuis plus de quarante ans. M&#234;me lorsque ses &#339;uvres semblent s'en &#233;loigner &#8212; par exemple dans certaines natures mortes r&#233;alis&#233;es d&#232;s les ann&#233;es 1980 &#8212; le paysage demeure pr&#233;sent comme structure sous-jacente. Car chez Cabot, le paysage n'est jamais seulement un motif pictural. Il constitue une mani&#232;re d'interroger la relation entre les individus, l'espace et les formes culturelles qui organisent notre perception standardis&#233;e du monde. Le paysage devient alors un lieu de r&#233;flexion, non plus de contemplation, de m&#233;moire, de souvenirs enfouis. L'&#339;uvre n'est plus une proposition mais un dispositif interactif, dialogique qui fonctionne comme un environnement, d&#233;crit d&#233;j&#224; par les interactionnistes am&#233;ricains des ann&#233;es 1920. C'est le rapport &#224; l'environnement qui se joue, pas seulement ce qu'il produit. Comme une praxis &#233;cologique ? une &#233;cologisation du rapport &#224; l'environnement&#8230; Mais je sors du cadre de la logique s&#233;mantique ici je crois.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27032 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/r_cabot_gardendiversity_s.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH361/r_cabot_gardendiversity_s-793f0.jpg?1773513299' width='500' height='361' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Le jardin des diversite&#769;s, huile sur toile, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ses peintures r&#233;alis&#233;es &#224; partir de l'observation directe, Roberto Cabot s'attache &#224; des situations ordinaires : fragments de ville, objets domestiques, paysages c&#244;tiers. Ces sc&#232;nes peuvent sembler modestes ou banales, mais c'est pr&#233;cis&#233;ment cette banalit&#233; qui l'int&#233;resse. L'artiste cherche &#224; &#233;chapper &#224; la logique spectaculaire qui domine la culture visuelle contemporaine. Il s'agit de retrouver une forme d'attention au monde, une mani&#232;re de regarder les choses les plus simples comme des configurations sensibles capables de produire du sens, non un sentiment d'harmonie. Ce que trop souvent, on demande &#224; la nature, aux paysages, &#224; leur picturalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paysage, invention historique relativement r&#233;cente dans la tradition europ&#233;enne, impose une mani&#232;re de se placer face au monde pour le contempler. Dans de nombreuses cultures, la relation &#224; l'environnement ne passe pas par cette s&#233;paration entre un sujet observateur et un monde observ&#233;. Syst&#232;me anthropoc&#233;nique d&#233;j&#224; d&#233;nonc&#233; par Descola, Goody et d'autres ma&#238;tres d'une anthropologie europ&#233;enne notamment qui ont particip&#233;, malgr&#233; eux, &#224; la d&#233;construction de l'existence d'une pluralit&#233; de r&#233;alit&#233;s vivantes. Finalement Cabot propose un espace d'exploration sensible, ce qu'il aurait &#233;t&#233; d'un monde o&#249; des r&#233;alit&#233;s se c&#244;toient, sans domination particuli&#232;re de l'une sur une autre. Le paysage occidental repose souvent sur une position ext&#233;rieure, qui s'impose, mais dans d'autres traditions culturelles, l'espace est per&#231;u comme un ensemble de relations vivantes dans lesquelles l'observateur est lui-m&#234;me impliqu&#233; ; l'&#339;uvre se visite, elle ne se contemple pas dans un espace qui se visite. Cette tension traverse l'ensemble de son travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines &#339;uvres, le paysage appara&#238;t encore comme une structure organis&#233;e, travers&#233;e par des lignes, des architectures ou des syst&#232;mes de communication. Dans d'autres, il se transforme en un espace plus organique o&#249; les formes semblent se recomposer continuellement, voire se &lt;i&gt;d&#233;sorganiciser,&lt;/i&gt; fix&#233;s par l'artiste dans le moment de la rupture et de la reconfiguration. Peut-&#234;tre &#224; l'image de la charni&#232;re dans laquelle notre cosmologie universelle se trouve, face aux paradoxes de l'&#233;cosyst&#232;me dont elle a accouch&#233;, dont les structures reposent sur des jeux guerriers, d&#233;vastateurs, des syst&#232;mes de dominations for&#231;ant &#224; des configurations &#233;crasantes de la nature dont nous sommes les sujets acteurs, devenus consommateurs spectateurs. Cette r&#233;flexion se prolonge &#233;troitement dans les installations technologiques de Cabot. Les dispositifs de cam&#233;ras, de miroirs ou de projections qu'il met en place transforment l'espace de l'exposition en un environnement dynamique, hors-sol, hors-territoires. Le spectateur en s'extirpant du cadre narratif conventionnel de l'exposition, devient lui-m&#234;me &#233;l&#233;ment de paysage. Il devient ce qui doit &#234;tre vu pendant la visite. Le paysage ainsi constitu&#233; cesse alors d'&#234;tre un simple objet de repr&#233;sentation. Il devient une exp&#233;rience, un processus dans lequel l'image, le regard et la pr&#233;sence humaine font lien, fusionnent tout en se reconfigurant sans cesse au gr&#233; des visiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/l.arrivee-116x81-2023.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH353/l.arrivee-116x81-2023-e0826.jpg?1773769451' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;L'arrive&#769;e, huile sur toile, 2022
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;S'extirper du paysage ne signifie pas en sortir. C'est s'extirper du lieu commun de son exploration, le corps embarquant le regard. Dans l'&#339;uvre de Roberto Cabot, le paysage cesse d'&#234;tre un d&#233;cor, un cadre dans lequel le monde se laisserait contempler &#224; distance. Il devient un champ de relations, une structure vivante o&#249; les histoires, les m&#233;moires et les corps circulent. Ce n'est pas l'exploration philosophique mais exp&#233;rientielle, celle de l'intime et de l'universel. Cette co-configuration engage bien plus qu'une question esth&#233;tique. Elle touche &#224; la mani&#232;re dont les formes artistiques h&#233;rit&#233;es de la modernit&#233; ont organis&#233; notre perception du monde et influenc&#233; la production et la praxis en art. En les reprenant pour mieux les d&#233;placer, Cabot ne cherche pas &#224; produire une rupture spectaculaire. Il introduit plut&#244;t une perturbation lente, presque imperceptible, dans les dispositifs qui encadrent notre regard. Le paysage, dans ce contexte, appara&#238;t comme un espace critique. Non pas un lieu d'harmonie retrouv&#233;e mais un terrain o&#249; se r&#233;v&#232;lent les tensions historiques, les effacements mais surtout les survivances, ce qui survient. Ce qui a &#233;t&#233; refoul&#233; par les r&#233;cits dominants de l'art moderne r&#233;appara&#238;t sous forme de traces, de fragments, d'&#233;chos, de r&#233;sonances. C'est ce qui le fait et ce qui peut &lt;i&gt;le&lt;/i&gt; d&#233;faire qui s'instruit, non pas ce &lt;i&gt;qu'il&lt;/i&gt; est au moment de sa fixation par la main de l'artiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui se joue quand soudain, la main dans un mouvement, fixe le jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs r&#233;gimes de perception peuvent alors coexister. Un espace o&#249; le spectateur devenu &lt;i&gt;spectactacteur&lt;/i&gt; est devant, dedans, depuis le paysage. Dans cet entrelacs d'&#233;tant avec l'&#339;uvre, le paysage pour le sujet spectateur et agissant, cesse d'&#234;tre une image du monde. Il devient une exp&#233;rience, celle d'un r&#233;el potentiel, non-fix&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dynamique silencieuse s'installe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Site : &lt;a href=&#034;https://robertocabot.net/about-the-artist&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://robertocabot.net/about-the-artist&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;https://lap.ehess.fr/membres/roberto-cabot&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lap.ehess.fr/membres/roberto-cabot&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes les photos : &#169; Roberto Cabot&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Palimpseste</title>
		<link>http://tk-21.com/Palimpseste</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/Palimpseste</guid>
		<dc:date>2026-04-04T09:09:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Georges Dumas</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>Smaris Elaphus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Je suis un enfant du si&#232;cle, pas celui d'Alfred malheureusement, mais celui de l'ordinateur, et, par cons&#233;quent, je n'ai pas de m&#233;moire, car elle ne sert &#224; rien.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/Smaris-Elaphus" rel="tag"&gt;Smaris Elaphus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH119/le_ravissement-7d6a9.jpg?1775293759' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Je suis un enfant du si&#232;cle, pas celui d'Alfred malheureusement, mais celui de l'ordinateur, et, par cons&#233;quent, je n'ai pas de m&#233;moire, car elle ne sert &#224; rien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_26971 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/georges_dumas_-_pre_monition_-_2025-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH699/georges_dumas_-_pre_monition_-_2025-2-d16ad.jpg?1772793786' width='500' height='699' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;monition, 2025
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je dis je comme je pourrais dire tu, elle, nous, vous, ils : l'amn&#233;sie est g&#233;n&#233;ralis&#233;e, elle ne concerne pas que les patients atteints de la maladie d'Alzheimer. Bien s&#251;r on trouve toujours des hypermn&#233;siques, des gens dont l'esprit est configur&#233; comme une arche de No&#233; ou comme un vaste meuble dans lequel ils retrouvent tout ce qu'ils ont appris les yeux ferm&#233;s parce que tout y a &#233;t&#233; soigneusement et rigoureusement rang&#233;, class&#233;. Ce sont les descendants de Cic&#233;ron et d'Hugues de Saint-Victor, les nouvelles b&#234;tes de foire de notre &#233;poque : ils &#233;tonnent, ils amusent, ils ne servent &#224; rien. Pourquoi se souvenir quand la machine le fait tellement mieux que nous ? Pourquoi poss&#233;der et conserver quand tout est en libre-service, &#224; port&#233;e de doigt ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#233;moire humaine devient cette chose subjective et indisciplin&#233;e o&#249; tout s'accumule et s'empile sans ordre, jour apr&#232;s jour, au gr&#233; d'une activit&#233; mentale carburant &#224; l'information qui par nature est neutre et indiff&#233;renci&#233;e. Carburant aussi aux &#233;motions, aux affects. Un vrai capharna&#252;m, vaguement organis&#233; pour satisfaire aux besoins de la soci&#233;t&#233; industrielle et aux exigences de la communication. Pour le reste, il faut se d&#233;brouiller, et on se d&#233;brouille de moins en moins bien, &#233;tant mal &#233;quip&#233;, mal adapt&#233; pour survivre dans un monde cybern&#233;tique. C'est s&#251;rement ce que se diront les intelligences artificielles qui nous r&#233;genteront bient&#244;t, se posant la question de la pertinence de garder l'&#234;tre humain &#224; la surface de la plan&#232;te et se demandant si les andro&#239;des r&#234;veront de moutons &#233;lectriques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26970 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/georges_dumas_-_mon_prince_viendra_-_2025-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH673/georges_dumas_-_mon_prince_viendra_-_2025-2-20298.jpg?1772793786' width='500' height='673' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Mon prince viendra, 2025
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En attendant cette &#233;radication totale par la machine, il nous reste donc ce d&#233;potoir &#224; souvenirs constamment bombard&#233; par des bits d'information qui en changent &#224; chaque instant la composition et la structure. La m&#233;moire n'est pas perturb&#233;e par du bruit comme un disque dur serait corrompu par des erreurs informatiques ou des turbulences magn&#233;tiques, la m&#233;moire est devenue bruit, elle en est indissociable. Elle a beau compresser sons, images, mots, odeurs, saveurs et sensations, elle n'a pas la place pour tout garder, et encore moins pour tout garder de mani&#232;re &#233;tanche et distincte. Elle amalgame, elle fusionne, elle confond, elle remplace, elle apparie, elle hybride. L'espace &#233;tant compt&#233;, elle doit gratter la surface enregistrable comme le copiste m&#233;di&#233;val devait gratter le parchemin pour r&#233;&#233;crire par-dessus. Elle est devenue un gigantesque palimpseste o&#249; le neuf &#233;crase le vieux, le r&#233;cent efface l'ancien, l'appris d&#233;loge le v&#233;cu. Elle oublie, elle invente. Elle retranche, elle ajoute. Parfois la surface mal gratt&#233;e voit r&#233;appara&#238;tre des fragments qui se m&#233;langent &#224; ce qui les a recouverts. Deux temporalit&#233;s compl&#232;tement diff&#233;rentes coexistent, deux g&#233;ographies &#233;loign&#233;es se superposent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26969 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/georges_dumas_-_les_amants_se_pare_s_-_2025-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH672/georges_dumas_-_les_amants_se_pare_s_-_2025-2-5fb99.jpg?1772793786' width='500' height='672' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Les Amants se&#769;pare&#769;s, 2025
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce pan de mur jaune dans la &lt;i&gt;Vue de Delft&lt;/i&gt; de Vermeer, l'ai-je vraiment vu ? Je me souviens mieux de ce que Proust en disait dans la &lt;i&gt;Recherche&lt;/i&gt; que du tableau que je crois avoir vu &#224; La Haye. D'ailleurs, est-ce le texte de Proust que je me rappelle, ou est-ce le commentaire d'un professeur de litt&#233;rature qui en parlait dans un cours que je ne saurais plus situer dans ma scolarit&#233; ? Je ne sais plus. Si je veux revoir le tableau, il me suffit de faire une recherche sur Internet et j'en ai mille repr&#233;sentations sous les yeux en une fraction de seconde. Mais l'objet pictural et litt&#233;raire enfoui dans ma m&#233;moire, ce n'est pas ce qui appara&#238;t sur l'&#233;cran de mon smartphone, cela n'a m&#234;me rien &#224; voir. C'est une chose qui n'appartient qu'&#224; moi, que je ne peux pas partager, que je peux &#224; peine d&#233;crire, le fruit d'une idiosyncrasie irr&#233;ductible au monde de la machine, un artefact unique attestant une humanit&#233; qui ne se r&#233;sume pas &#224; un code g&#233;n&#233;tique. Enfin, si ma m&#233;moire est bonne&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26972 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/georges_dumas_-_ramo_della_salvezza_-_2025.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH699/georges_dumas_-_ramo_della_salvezza_-_2025-e5857.jpg?1772793786' width='500' height='699' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Ramo della salvezza, 2025
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Image d'ouverture : Le Ravissement, Georges Dumas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smaris Elaphus N&#176;03 : M&#233;moire et bruits&lt;br class='autobr' /&gt;
En librairie sur commande et en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-10 &#8207; : &#8206; 2372282204&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-13 &#8207; : &#8206; 978-2372282208&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27066 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/IMG/gif/couv-se03-pr-com-3-corr.gif' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tchernobyl sans faute ! cible potentielle !</title>
		<link>http://tk-21.com/Tchernobyl-sans-faute-cible</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/Tchernobyl-sans-faute-cible</guid>
		<dc:date>2026-04-04T08:56:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alain Wagner</dc:creator>


		<dc:subject>Centrale nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La propagande des &#201;tats en temps de guerre est sans limite, tout comme la radioactivite&#769; qui de&#769;truit des territoires au-dela&#768; de l'entendement humain.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Appareil" rel="directory"&gt;Appareil&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/Centrale-nucleaire" rel="tag"&gt;Centrale nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH90/tchernobyl_squatte_aw_video-36b5e.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right spip_logo_survol' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; data-src-hover=&#034;IMG/logo/tchernobyl_squatte_aw_video_2.jpg?1774690473&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La propagande des &#201;tats en temps de guerre est sans limite, tout comme la radioactivite&#769; qui de&#769;truit des territoires au-dela&#768; de l'entendement humain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les guerres sont la&#768;, hyper me&#769;diatise&#769;es propagande&#769;es, la manipulation est totale sans limite de toute part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ve&#769;rite&#769; existe dans les interstices invisibilise&#769;s mais se perd dans les limbes de celui qui raconte son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a si bien dit Paul Vale&#769;ry : &lt;i&gt;&#171; La guerre, c'est un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;padding:56.25% 0 0 0;position:relative;&#034;&gt;&lt;iframe src=&#034;https://player.vimeo.com/video/1177942915?badge=0&amp;autopause=0&amp;player_id=0&amp;app_id=58479&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;autoplay; fullscreen; picture-in-picture; clipboard-write; encrypted-media; web-share&#034; referrerpolicy=&#034;strict-origin-when-cross-origin&#034; style=&#034;position:absolute;top:0;left:0;width:100%;height:100%;&#034; title=&#034;Alain Wagner, Tchernobyl squatte&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;&lt;script src=&#034;https://player.vimeo.com/api/player.js&#034;&gt;&lt;/script&gt;
&lt;p&gt;Quand les soldats russes squattent la centrale nucl&#233;aire au m&#233;pris de toute s&#233;curit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centrale nucle&#769;aire de Tchernobyl&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 avril 1986 a&#768; 1h23 du matin, le re&#769;acteur n&#176;4 de la centrale nucle&#769;aire de Tchernobyl, en service depuis 1983, explose lors de la re&#769;alisation d'un essai technique (sic), &lt;i&gt;errare humanum est perseverare diabolicum.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://recherche-expertise.asnr.fr/savoir-comprendre/crise/accident-tchernobyl-ukraine-1986&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://recherche-expertise.asnr.fr/savoir-comprendre/crise/accident-tchernobyl-ukraine-1986&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;D'apr&#232;s le travail d'Oleksiy Radynsky pr&#233;sent&#233; au Jeu de Paume en novembre 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.art-action.org/site/fr/prog/25/paris/prog_11_27.php?time=16h00&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.art-action.org/site/fr/prog/25/paris/prog_11_27.php?time=16h00&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Film &#171; Special Operation &#187;, Oleksiy Radynsky, 65'&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;moire/Bruit</title>
		<link>http://tk-21.com/Memoire-Bruit</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/Memoire-Bruit</guid>
		<dc:date>2026-04-04T08:48:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Acquaviva</dc:creator>


		<dc:subject>musique concr&#232;te/acousmatique</dc:subject>
		<dc:subject>Smaris Elaphus</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;J'aimerais dire que&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ignore si je suis le plus qualifi&#233; pour rendre compte de mon activit&#233; musicale. On le voit d'ailleurs avec les explications vaseuses des assassins dans les tribunaux, rien ne vaut l'&#339;uvre et c'est elle qui doit fournir toutes les cl&#233;s de lecture. Ce que je dis n'est &#224; interpr&#233;ter que comme une incitation &#224; se pencher sur celle-ci, &#224; aller sur la sc&#232;ne du crime pour l'habiter.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Entendre" rel="directory"&gt;Entendre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/musique-concrete-acousmatique" rel="tag"&gt;musique concr&#232;te/acousmatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/Smaris-Elaphus" rel="tag"&gt;Smaris Elaphus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/p2_bas-c606f.jpg?1775293056' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'aimerais dire que&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ignore si je suis le plus qualifi&#233; pour rendre compte de mon activit&#233; musicale. On le voit d'ailleurs avec les explications vaseuses des assassins dans les tribunaux, rien ne vaut l'&#339;uvre et c'est elle qui doit fournir toutes les cl&#233;s de lecture. Ce que je dis n'est &#224; interpr&#233;ter que comme une incitation &#224; se pencher sur celle-ci, &#224; aller sur la sc&#232;ne du crime pour l'habiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_26949 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/p2_haut.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/p2_haut-5ddd3.jpg?1772540428' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'association de ces deux termes &#171; m&#233;moire &#8211; bruit &#187; pourrait &#233;voquer pour moi, davantage qu'une composition musicale ou l'espace d'un disque dur &#224; bout de souffle, le son synchrone de quelque arm&#233;e en marche. Il suffit de voir ce qui se passe en ce moment aux &#201;tats-Unis ou partout dans le monde pour constater que la m&#233;moire ne semble pas &#234;tre la facult&#233; la plus r&#233;pandue. Or si la m&#233;moire n'est pas associ&#233;e &#224; une pens&#233;e active et critique, celle-ci se confond avec un simple souvenir inoffensif ou nostalgique. Les souvenirs ne m'int&#233;ressent pas ; seulement les sur-venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La lutte des classes semble &#233;galement de mise dans le monde musical.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le terme de bruit, dont on connait la signification de mauvaise d&#233;finition d'une image, pose &#233;galement de nombreux probl&#232;mes quant &#224; son acceptation musicale. Depuis Luigi Russolo et son Art des Bruits de 1913, depuis la musique concr&#232;te de Pierre Schaeffer en 1948 et depuis la nuit des temps et tous ses pr&#233;curseurs tel qu'Edgar Var&#232;se ou si loin de nous, le Cl&#233;ment Jannequin des Bruits de Paris de 1528, l'id&#233;e &#233;tait d'&#233;largir le spectre sonore en incluant &#8211; ou d&#233;passant &#8211; l'instrumentarium s&#233;culaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nos jours (2025), on per&#231;oit encore cette dichotomie entre la puret&#233; d'un monde instrumental qui serait le synonyme d'une musique acceptable et cette &#233;tranget&#233;, barbue &#8211; cf. mon ouvrage &#171; Enqu&#234;te de flagrance pour musique l&#233;tale &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Enqu&#234;te de flagrance pour musique l&#233;tale, Fr&#233;d&#233;ric Acquaviva, Les presses du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#8211; qui serait le bruit non domestiqu&#233;. La lutte des classes semble &#233;galement de mise dans le monde musical o&#249; deux camps s'observent dans le plus grand m&#233;pris incarn&#233; par leurs musiques : pures de tout bruit ou pures de toute r&#233;f&#233;rence directe &#224; l'instrument et sa ma&#238;trise, comme dans nombre de concerts dits exp&#233;rimentaux (pour moi ce terme est une attitude scientifique, inh&#233;rente &#224; la cr&#233;ation et non de la copie et encore moins un genre en soi), o&#249; le code-couleur est d&#233;voil&#233; apr&#232;s dix secondes, des fois moins... J'ai pour ma part choisi un chemin assez peu fr&#233;quent&#233; &#8211; j'y fais donc relativement peu de mauvaises rencontres &#8211; m'essayant &#224; une unification des mondes sonores, en tentant de conserver toutes les dimensions propres &#224; ces diff&#233;rentes entit&#233;s. Il ne s'agit nullement d'une mondialisation sonore (au sens de Mc Donald, pr&#234;t-&#224;-manger ou Jackson, Micha&#235;l) ni d'une synth&#232;se, mais d'une mondialit&#233; sonore, selon la distinction essentielle d'&#201;douard Glissant. Ayant habit&#233; dans diff&#233;rents pays depuis 2010, j'ai d&#233;velopp&#233; ce tropisme jusqu'&#224; extraire de mon corps toute sensation d'appartenance &#224; quoi que ce soit, me sentant d'ailleurs bien isol&#233; dans une &#233;poque qui clame son besoin identitaire et brandit son passeport &#224; toutes les polices culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/p3_haut.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH385/p3_haut-fc2c8.jpg?1772540428' width='500' height='385' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extraits de la partition de &#163;p&#216;@n&#174;di&#216;$n
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_26950 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;114&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/p3_bas.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/p3_bas-daafd.jpg?1772540428' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photographies de l'enregistrement dans les studios de Radio France de la voix de Lor&#233; Lixenberg le 30 mars 2018.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au XXI&#7497; si&#232;cle, se r&#233;clamer du bruit &#8212; ou &#224; l'inverse du non-bruit &#8212; est une attitude binaire dans la mesure o&#249; l'affaire est entendue.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, il me semble qu'au XXI&#7497; si&#232;cle, se r&#233;clamer du bruit &#8211; ou &#224; l'inverse du non-bruit &#8211; est une attitude binaire dans la mesure o&#249; l'affaire est entendue, nul sonom&#232;tre ne pouvant indiquer le degr&#233; de novation d'une conception critique de la pens&#233;e musicale. Les bruits, ces notes d&#233;pourvues du caract&#232;re assimil&#233; d'une hauteur perceptible, ces &#171; SHF &#187; (sans hauteur fixe), ont montr&#233; comment, &#224; les &#233;couter, on pouvait en saisir leurs nouvelles caract&#233;ristiques et fr&#233;quences complexes. Mais cette opposition n'a plus aucun sens et ce depuis plusieurs d&#233;cennies avant que je ne commence &#224; composer de la musique au croisement des ann&#233;es 1980 et 1990. Cette &#233;poque marquait en effet l'introduction &#224; prix abordable des samplers (&#233;chantillonneurs), direct-to-disk et ordinateurs personnels, qui permettraient de se passer de la caution des studios &#233;lectroniques du type IRCAM (d&#233;sormais prestataire de services pour Jarre, Jean-Michel) ou de ce qu'&#233;tait devenu le GRM (groupe de r&#233;actionnaires merdiques) ou autre Muse en Circuit (ferm&#233;), sortes de petites entreprises qui allaient se sp&#233;cialiser dans la destruction de leur esprit initial, bien &#224; l'image de notre monde actuel, sans ambition cr&#233;ative, pour une musique brad&#233;e et qui ne restera pas dans les m&#233;moires humaines, mais dans la rubrique comptable des pertes sans profits. Mis&#232;re d'un petit commerce &#224; l'abandon. Ambitions limit&#233;es sur fond d'hipst&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tent&#233; de r&#233;sister &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne de destruction soci&#233;tale en m&#233;ditant et m'&#233;ditant, hors et dans ce monde. J'ai surv&#233;cu et suis encore et toujours habit&#233; &#224; 58 ans de cette radicalit&#233; joyeuse qui fait que composer a conserv&#233; toute sa signification pour moi, tout en pulv&#233;risant tout cadre g&#233;n&#233;ralement associ&#233; &#224; cette pratique. Composer ne sera jamais composer avec l'ennemi, faire des compromis, mais un voyage en profondeur et sans retour, vers une m&#233;moire du futur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26953 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;447&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/p4_haut.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/p4_haut-2c94c.jpg?1772540428' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#163;p&#216;@n&#174;di&#216;$n fut cre&#769;e&#769; le 5 avril 2018 a&#768; l'Atelier de Cre&#769;ation Radiophonique, France Culture, puis le 29 septembre 2018 a&#768; Hear and Now, BBC3.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour sa re&#769;ception, consulter la revue Freeing #2 consacre&#769;e a&#768; Fre&#769;de&#769;ric Acquaviva et dirige&#769;e par Yoann Sarrat ou&#768; figure la lettre de protestation d'un auditeur indigne&#769; a&#768; l'occasion de la deuxie&#768;me et dernie&#768;re diffusion d'une de ses musiques sur France Culture, dix-neuf ans apre&#768;s K Requiem.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_26952 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/p4_bas.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH375/p4_bas-ae5b0.jpg?1772540428' width='500' height='375' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extraits de la partition de &#163;p&#216;@n&#174;di&#216;$n
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Composition, d&#233;composition et recomposition d'une partition sonique illumin&#233;e.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les fronti&#232;res et replis identitaires implosaient et si, par exemple, les corps sonores de villes, telles que Paris ou Londres, se donnaient &#224; entendre de concert&#8230; ; si ces biopsies sonores pr&#233;lev&#233;es un m&#234;me jour aux m&#234;mes horaires se refusaient de n'&#234;tre que simple &#171; field recording &#187; &#8211; ces selfies sonores &#8211;, mais se r&#233;v&#233;laient &#234;tre une musique d&#233;barrass&#233;e de ses victoires : composition, d&#233;composition et recomposition d'une partition sonique illumin&#233;e par la voix de la mezzo-soprano Lor&#233; Lixenberg ; vous seriez alors &#224; l'&#233;coute d'un [concerto pour ville et voix] : &#163;p&#216;@n&#174;di&#216;$n, de Fr&#233;d&#233;ric Acquaviva, co-produit par Ir&#232;ne Om&#233;lianenko (France Culture) et Philip Tagney (BBC Radio3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette nouvelle musique (la cinquanti&#232;me en 30 ans et la derni&#232;re &#224; ce jour), j'ai voulu travailler &#224; nouveau avec des mati&#232;res sonores longtemps d&#233;laiss&#233;es (depuis mes premiers travaux) et &#233;crire une nouvelle page de ma collaboration avec Lor&#233; Lixenberg. Cette fois, sa voix serait mise en relation, en opposition, avec les sons de la rue et non plus avec un ensemble instrumental (Aatie, 2011), sa propre voix (Lor&#233; Ipsum, 2012) ou le Buchla du studio EMS (MESS, 2017). Vivant &#224; ce moment pr&#233;cis entre Paris et Londres, pris dans la tourmente du Brexit et ses multiples cons&#233;quences, tant humaines que philosophiques, j'ai d&#233;cid&#233; de faire un portrait m&#234;l&#233; de ces deux villes, en choisissant d'enregistrer dans ces deux villes en m&#234;me temps, le matin, l'apr&#232;s-midi et le soir, dans des quartiers populaires, bourgeois ou culturels. Comme je ne voulais pas faire un documentaire, mais bien une &#339;uvre musicale tout en tenant compte du m&#233;lange des genres que je pratique depuis longtemps, je me suis concentr&#233; sur la prise de sons relatifs &#224; des hauteurs de sons, qu'elles viennent d'animaux, d'&#234;tres humains ou de machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une phase de recomposition de ces trois s&#233;quences &#224; Paris et trois s&#233;quences &#224; Londres, j'ai retranscris ces sonorit&#233;s choisies sur partition pour la voix de Lor&#233; Lixenberg. Ce qui fait que pendant la premi&#232;re partie de l'&#339;uvre (les trois s&#233;quences encha&#238;n&#233;es, du matin au soir), on entend les sons r&#233;els de Paris, tandis que Lor&#233; Lixenberg chante les sons de Londres, puis, &#224; l'exact milieu, les rapports s'inversent et ce qui &#233;tait chant&#233; devient r&#233;el et le r&#233;el devient chant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e &#233;tant &#233;galement de faire une musique qui travaillerait la notion de temps (et de m&#233;moire) d'une fa&#231;on tr&#232;s particuli&#232;re et aussi de permettre &#224; l'&#233;criture vocale de faire &#233;clore une vari&#233;t&#233; de sons tels qu'il est difficile de les concevoir, tout en proposant une lecture assez singuli&#232;re et radicale des glissements progressifs du r&#233;el vers sa forme sublim&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;u&gt;&lt;a href=&#034;https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/creation-on-air/poeatn-dioe-n-concerto-pour-ville-et-voix-9667860&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#192; &#233;couter, Fr&#233;d&#233;ric Acquaviva : &#163;p&#216;@n&#174;di&#216;$n [concerto pour ville et voix] (2018, 56'30'')&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/u&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26954 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;259&#034; data-legende-lenx=&#034;xxxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/p5-2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH358/p5-2-5e703.jpg?1772540428' width='500' height='358' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Extraits de la partition de &#163;p&#216;@n&#174;di&#216;$n
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Toile aux typographies QR-Codesques extraite de sa s&#233;rie Musique Murale (2018-2020), mesurant 50 &#215; 70 cm, s&#233;rigraphi&#233;e &#224; 2 exemplaires et expos&#233;e &#224; la Galerie Satellite &#224; Paris deux jours apr&#232;s le premier confinement.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Enqu&#234;te de flagrance pour musique l&#233;tale, Fr&#233;d&#233;ric Acquaviva, Les presses du r&#233;el, mai 2022, 10 &#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus N&#176;03 : M&#233;moire et bruits&lt;br class='autobr' /&gt;
En librairie sur commande et en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-10 &#8207; : &#8206; 2372282204&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-13 &#8207; : &#8206; 978-2372282208&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/IMG/gif/couv-se03-pr-com-4-tk.gif' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'esprit du son</title>
		<link>http://tk-21.com/L-esprit-du-son</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/L-esprit-du-son</guid>
		<dc:date>2026-04-04T08:46:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>V&#233;ronique God&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>musique concr&#232;te/acousmatique</dc:subject>
		<dc:subject>musique</dc:subject>
		<dc:subject>Hommage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Nous n'avions pas pu interviewer &#201;liane Radigue pour notre s&#233;rie d'articles sur la musique Concr&#232;te/Acousmatique, mais son d&#233;c&#232;s le 23 f&#233;vrier nous a incit&#233; &#224; reprendre cette article de V&#233;ronique God&#233; pour ArtsHebdooM&#233;dias, qui fait un point tr&#232;s complet sur son travail.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Entendre" rel="directory"&gt;Entendre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/musique-concrete-acousmatique" rel="tag"&gt;musique concr&#232;te/acousmatique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/musique" rel="tag"&gt;musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/Hommage" rel="tag"&gt;Hommage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH97/big_6arp45000_radigue-credit-ima-3c1d8.jpg?1775293057' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous n'avions pas pu interviewer &#201;liane Radigue pour notre s&#233;rie d'articles sur la musique Concr&#232;te/Acousmatique au printemps 2024, mais son d&#233;c&#232;s le 23 f&#233;vrier 2026 nous a incit&#233; &#224; reprendre cet article de V&#233;ronique God&#233; pour ArtsHebdooM&#233;dias, qui fait un point tr&#232;s complet sur son travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si ses propositions sonores nous font traverser des mondes, c'est qu'&#201;liane Radigue entretient avec les sons une relation toute particulie&#768;re, e&#769;coutant &lt;i&gt;&#171; ce qu'ils ont a&#768; dire &#187;&lt;/i&gt;, et tente de &lt;i&gt;&#171; leur re&#769;pondre sans affiliation a&#768; une quelconque tradition &#187;&lt;/i&gt; ; les ralentir, les dilater pour mieux nous faire entendre toutes leurs re&#769;sonances. Apre&#768;s avoir expe&#769;rimente&#769; le son par injection dans les anne&#769;es 1950, elle cre&#769;e sur les premiers synthe&#769;tiseurs des abstractions e&#769;lectroniques a&#768; partir de visions telluriques, me&#769;taphysiques ou sculpturales, qu'elle distille dans des pie&#768;ces introspectives de plus d'une heure. Parcimonie et se&#769;rendipite&#769;, patience et de&#769;termination sont les ve&#769;ritables instruments de cette artiste inspire&#769;e par &#171; l'infra-perceptible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/tete_radigue.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH645/tete_radigue-7ff87.jpg?1772971742' width='500' height='645' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Eliane Radigue
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Adoube&#769;e par les fondateurs de la musique concre&#768;te, les compositeurs se&#769;riels et les expe&#769;rimentateurs les plus te&#769;me&#769;raires, elle donne des concerts en France et aux &#201;tats-Unis de&#768;s les anne&#769;es 1970, alors que ses &#171; musiques combinatoires &#187; sont expose&#769;es en galerie. Ve&#769;ritable source d'inspiration pour toute une ge&#769;ne&#769;ration d'artistes e&#769;lectroniques, &#201;liane Radigue poursuit son voyage a&#768; l'inte&#769;rieur du son et reconfigure aujourd'hui les frontie&#768;res entre interpre&#768;te et compositeur, par la transmission orale de pie&#768;ces uniques, imagine&#769;es pour des musiciens et acousticiens chevronne&#769;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je n'ai pas de the&#769;orie, ni de grands &#8220;statements&#8221;&lt;/i&gt;, annonce l'artiste qui semble s'excuser. &lt;i&gt;Je n'ai pas l'intention de changer le monde de la musique, j'ai toujours fait la musique que j'avais envie de faire, c'est aussi simple que c&#807;a ! &#187;&lt;/i&gt; &#201;liane Radigue est un esprit libre, une compositrice qui invente sa pratique et son langage. Elle est a&#770;ge&#769;e d'une vingtaine d'anne&#769;es, quand a&#768; l'issue d'une confe&#769;rence a&#768; Paris, en 1955, elle rencontre Pierre Schaeffer, qui accepte de la prendre comme stagiaire au studio d'essai qu'il dirige rue de l'Universite&#769;. La&#768; ou&#768; fut fonde&#769;, quatre ans plus to&#770;t, le Groupe de recherche de musique concre&#768;te, qui pre&#769;figure l'actuel GRM (Groupe de recherches musicales). &#201;liane Radigue y de&#769;couvre un vocabulaire sonore primitif qui la passionne et qu'elle explore encore aujourd'hui. Marie&#769;e au peintre Arman, dont elle a trois enfants, la jeune femme vit alors a&#768; Nice ; elle est proche d'Yves Klein et entoure&#769;e d'amis peintres avec lesquels Arman fondera L'e&#769;cole de Nice. &lt;i&gt;&#171; J'ai partage&#769; toute cette aventure, dite des &#8220;nouveaux re&#769;alistes&#8221;, et conserve&#769; une grande curiosite&#769; pour la peinture, mais ce n'e&#769;tait pas vraiment mon histoire,&lt;/i&gt; confie-t-elle. &lt;i&gt;Mon me&#769;dium n'a toujours e&#769;te&#769; que le son, depuis le de&#769;but. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH282/1.pierre-schaeffer-d453a.jpg?1772971742' width='500' height='282' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pierre Schaeffer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De&#768;s l'a&#770;ge de 10 ans, &#201;liane, qui grandit a&#768; Paris, ache&#768;te avec son argent de poche des tickets de concert au The&#769;a&#770;tre du Cha&#770;telet, pour y passer ses apre&#768;s-midi libres : &lt;i&gt;&#171; J'e&#769;tais scotche&#769;e dans un fauteuil, pre&#768;s des balcons,&lt;/i&gt; se souvient-elle. &lt;i&gt;&#192; l'e&#769;poque, les concerts de musique classique e&#769;taient extre&#770;mement intimes, on pouvait compter dix personnes devant moi dans la salle. C'est la&#768;, que j'ai rec&#807;u mes plus grandes e&#769;motions musicales. &#187;&lt;/i&gt; La jeune fille apprend le piano et joue de la harpe, mais elle ne peut se conside&#769;rer musicienne. &lt;i&gt;&#171; Les anne&#769;es 1950 repre&#769;sentent pour moi la de&#769;couverte du son, tel qu'il a e&#769;te&#769; re&#769;ve&#769;le&#769; par John Cage, par Karlheinz Stockhausen et Pierre Schaeffer : a&#768; savoir, l'e&#769;largissement du domaine sonore pour le rendre musical, par la pratique et l'e&#769;coute, qui sont indissociables. &#187;&lt;/i&gt; &#201;liane Radigue rejoint alors cette famille, qui depuis Vare&#768;se et Scelsi, s'est affranchie des notes pour se concentrer sur le son.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Pierre Schaeffer, elle apprend une pratique, qu'elle conside&#768;re comme un privile&#768;ge, mais ce qui l'inte&#769;resse le plus, ce sont les &#171; sons sauvages &#187;, les &#171; feed-back &#187; et les larsens &#8211; appre&#769;cie&#769;s ni des techniciens ni me&#770;me des compositeurs de musique concre&#768;te.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;&#171; J'ai e&#769;coute&#769; et respecte&#769; ces sons comme tels et n'ai surtout pas essaye&#769; d'en faire quelque chose qui re&#769;fe&#769;rerait a&#768; ma formation en musique classique occidentale. Mais s'ils e&#769;taient mai&#770;trise&#769;s de fac&#807;on tre&#768;s de&#769;licate, on pourrait les faire e&#769;voluer : un le&#769;ger doigte&#769; sur les potentiome&#768;tres d'enregistrement ou de lecture permettrait d'apprivoiser ces accidents et d'obtenir de subtiles variations. J'e&#769;coutais ce qu'ils me racontaient et j'essayais &#8211; si j'ose dire &#8211; de leur re&#769;pondre dans leur propre langage. &#187;&lt;/i&gt; Une autre technique consistait a&#768; jouer avec le son par injection, a&#768; l'aide de deux magne&#769;tophones : un enregistreur deux pistes, dont l'une est reprise par le deuxie&#768;me appareil avant d'e&#770;tre &#171; re&#769;injecte&#769;e &#187; sur la seconde piste du premier ; la combinaison des deux enregistrements produit un effet de de&#769;phasage dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_26999 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;101&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/big_6magneto-radigue.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH369/big_6magneto-radigue-bb1b9.jpg?1772971742' width='500' height='369' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Magne&#769;tophone a&#768; bande pour enregistrer les se&#769;quences sonores e&#769;mises par le synthe&#769;tiseur de son.
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En marge des chercheurs en musique concre&#768;te, qui re&#769;coltent des sons &#171; naturels &#187; sur des bandes magne&#769;tiques et travaillent essentiellement le montage et le mixage, &#201;liane Radigue aime jouer sur ces intervalles, ces distorsions et ces ralentissements &lt;i&gt;&#171; qui questionnent les sons de l'inte&#769;rieur et en re&#769;ve&#768;lent la couleur &#187;&lt;/i&gt;. Pierre Schaeffer recommandera la jeune expe&#769;rimentatrice aupre&#768;s du directeur de la radio nic&#807;oise pour qu'elle puisse pratiquer plus souvent. Malheureusement celui-ci ne peut de&#769;cemment accorder deux heures de studio a&#768; &lt;i&gt;&#171; cette jeune bricoleuse de magne&#769;tophones &#187;&lt;/i&gt;. &#201;liane Radigue attendra donc dix ans &#8211; le temps d'e&#769;lever ses enfants &#8211; avant de pouvoir retourner a&#768; Paris ou&#768; elle devient l'assistante de Pierre Henry, au studio Apsome. &lt;i&gt;&#171; Toutes ces anne&#769;es m'ont finalement permis de de&#769;canter mes propres options musicales &#187;&lt;/i&gt; dit-elle, comme si elle n'avait jamais cesse&#769; d'explorer le son. &lt;i&gt;&#171; Lorsque j'habitais pre&#768;s de l'ae&#769;roport de Nice, le bruit des avions e&#769;tait beaucoup moins violent que ce qu'il est maintenant : on voyageait dans cet univers sonore ; a&#768; travers le filtrage naturel de l'oreille, on pouvait cre&#769;er ses propres musiques. C'est comme c&#807;a, d'ailleurs, que j'ai vu l'e&#769;volution se faire entre les premiers avions a&#768; he&#769;lice et les caravelles qui e&#769;taient tre&#768;s musicales. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1969, l'une des premie&#768;res pie&#768;ces de l'artiste est pre&#769;sente&#769;e a&#768; la galerie Yvon Lambert, a&#768; Paris : &#931; = A = B = A + B est grave&#769;e sur un disque accompagne&#769; de la note suivante : &#171; Les faces A et B de ce disque peuvent se combiner entre elles a&#768; l'infini et a&#768; n'importe quelle vitesse, 78, 45, 33 ou 16 tours. &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait des Entretiens avec &#201;liane Radigue, par Bernard Girard, e&#769;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Un an plus tard, la galerie Lara Vincy, proche du mouvement Fluxus, pre&#769;sente Vice et versa, une nouvelle proposition combinatoire e&#769;dite&#769;e sous la forme de deux pistes, que l'auditeur peut lire se&#769;pare&#769;ment ou simultane&#769;ment a&#768; plusieurs vitesses, soit au plus court (2'42&#8221;) ou au plus long (13'41&#8221;). &lt;i&gt;&#171; C'est ce que j'appelle la pe&#769;riode pre&#769;historique de mon travail &#187;&lt;/i&gt;, re&#769;sume l'artiste. Mais tout est de&#769;ja&#768; la&#768; : le son en tant qu'entite&#769;, appre&#769;hende&#769; comme une sculpture observe&#769;e sous diffe&#769;rents angles, cette importance consacre&#769;e a&#768; l'e&#769;coute attentive et la place donne&#769;e a&#768; l'auditeur, a&#768; la fois manipulateur et interpre&#768;te. &lt;i&gt;&#171; Lorsque ce travail a e&#769;te&#769; appele&#769; musique, je n'ai pas e&#769;te&#769; plus royaliste que les musiciens tre&#768;s estimables qui m'honoraient de ce titre,&lt;/i&gt; admet &#201;liane Radigue. &lt;i&gt;C'est probablement a&#768; ce moment que je suis devenue musicienne ! &#187;&lt;/i&gt; Une prise de conscience qui va s'affirmer lors d'un se&#769;jour aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La synthe&#768;se new-yorkaise&lt;/h2&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_27002 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;48&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/big_10-partition-_-radigue-entretiens.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH409/big_10-partition-_-radigue-entretiens-129ce.jpg?1772971742' width='500' height='409' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Extrait d'une partition signe&#769;e Eliane Radigue
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;A partir des anne&#769;es 1970, &#201;liane Radigue ne capture plus les sons, elle les cre&#769;e : recommande&#769;e par Steve Reich, rencontre&#769; quelques anne&#769;es plus to&#770;t &#8211; quand il jouait encore avec Philip Glass &#8211;, elle obtient une re&#769;sidence d'artiste d'un an a&#768; l'universite&#769; de New York, pour travailler sur un synthe&#769;tiseur. &lt;i&gt;&#171; Il me semblait e&#769;vident que le synthe&#769;tiseur correspondait beaucoup mieux a&#768; une certaine musique que j'avais envie de faire et qu'il m'e&#769;tait impossible de cre&#769;er avec des instruments traditionnels, ou pluto&#770;t qu'aucun musicien acoustique a&#768; cette e&#769;poque n'aurait accepte&#769; d'interpre&#769;ter. &#187;&lt;/i&gt; Inexistant en France, honni par les pe&#768;res de la musique concre&#768;te, il est encore rare aux &#201;tats-Unis. &#201;liane Radigue de&#769;couvre l'un des plus anciens, le Moog, puis le Buchla, le petit Putney IMS venu d'Angleterre, l'Electrocomb et enfin l'ARP 2500 qui sera, pendant trente-cinq ans, son instrument de pre&#769;dilection. Dans les studios de la NYU School of the Arts, qu'elle partage avec Laurie Spiegel, spe&#769;cialiste de l'informatique musicale, et le compositeur Rhys Chatham, elle apprend a&#768; ge&#769;ne&#769;rer du son a&#768; partir des e&#769;le&#769;ments modulaires relie&#769;s entre eux par diffe&#769;rents ca&#770;bles ! Les patchs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur un synthe&#769;tiseur, les oscillateurs e&#769;mettent les sons de base, dont le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; du Buchla Modular Electronic Music System, que le fondateur du studio Morton Subotnick a contribue&#769; a&#768; de&#769;velopper, lui donnent &lt;i&gt;&#171; le sentiment d'ope&#769;rer dans un plat de spaghettis, a&#768; la recherche des potentiome&#768;tres &#187;&lt;/i&gt;. Elle re&#769;alise la&#768; sa premie&#768;re pie&#768;ce e&#769;lectronique, Chry-ptus, compose&#769;e de deux bandes de 22' et 23' qui pouvaient se jouer avec une de&#769;synchronisation initiale de 1' a&#768; 1'30&#8221;, cre&#769;ant ainsi de multiples variations. La pie&#768;ce est joue&#769;e le 6 avril 1971 au New York Cultural Center devant un public curieux et attentif. Malgre&#769; le succe&#768;s de cette premie&#768;re performance, l'artiste, en puriste &#8211; voire, un tantinet radicale &#8211;, pense qu'il est de son devoir de ne pas donner deux fois le me&#770;me concert ; une posture artistique qu'elle tend a&#768; conserver aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A New York, &#201;liane Radigue co&#770;toie toute l'avant-garde minimaliste ame&#769;ricaine : John Cage, James Tenney, Philip Corner, Terry Riley, Phill Niblock &#8211; qui l'invitera a&#768; jouer Three Nights of four Years Work dans l'espace expe&#769;rimental The Kitchen &#8211; ou encore Tom Johnson, qui publiera en 1973, dans Village Voice, les premie&#768;res critiques de ses compositions. &lt;i&gt;&#171; Tous ces encouragements ont e&#769;te&#769; fondamentaux,&lt;/i&gt; dit-elle. &lt;i&gt;Robert Ashley, Pauline Oliveros, David Berman... m'ont beaucoup soutenue. &#187;&lt;/i&gt; En France, cette forme de reconnaissance est venue plus tard. Sollicite&#769;e en 1970 par Roger Tallon pour l'Exposition universelle d'Osaka, elle propose ne&#769;anmoins sept petites pie&#768;ces pour un labyrinthe sonore au Pavillon franc&#807;ais. Joue&#769;es a&#768; la Villa Arson (2011) et dans les jardins de la Fondation Cartier, a&#768; Paris (2015), elles n'auront e&#769;te&#769; finalement re&#769;alise&#769;es qu'en 1998, au Mills College d'Oakland aux &#201;tats-Unis !&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Me&#769;taphysique de la composition&lt;/h2&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_26998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;46&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/big_3arp45000_radigue.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH373/big_3arp45000_radigue-da5c1.jpg?1772971742' width='500' height='373' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Eliane Radigue et son synthe&#769;tiseur ARP 5000
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tre&#768;s vite, l'artiste se concentre sur de longues compositions de 90 minutes, qu'elle construit, sans clavier ni partition, en osmose avec le synthe&#769;tiseur ARP, embarque&#769; a&#768; son retour dans ses bagages sur le paquebot France. Officiant seule dans son studio-appartement de la rue Liancourt, a&#768; Paris, elle doit encore s'approprier la machine : &lt;i&gt;&#171; Techniquement, mon travail consistait a&#768; synthe&#769;tiser une masse sonore, a&#768; en harmoniser la hauteur des sons, pour lui faire traverser plusieurs modes de transformation par des modulations d'amplitude et de fre&#769;quences. Car toutes les variations se faisaient a&#768; partir de la me&#770;me matie&#768;re initiale. Puis venaient les filtrages, avant d'ope&#769;rer au mixage final, qu'il fallait a&#768; l'e&#769;poque mener d'une seule traite. &#187;&lt;/i&gt; &#201;liane Radigue cre&#769;e ses propres graphes pour me&#769;moriser les branchements fonctionnels a&#768; partir desquels elle fera e&#769;voluer ses courants sonores. Cette forme d'e&#769;criture d'une grande exigence, pre&#769;cise et de&#769;licate, peut lui prendre plus d'un an, parfois deux, avec des moments de pause pour se rafrai&#770;chir les oreilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai toujours une ide&#769;e pre&#769;conc&#807;ue et une repre&#769;sentation tre&#768;s claire de la musique que j'ai envie de faire,&lt;/i&gt; poursuit la compositrice. &lt;i&gt;Me&#770;me s'il s'agit bien souvent d'une abstraction, je pars toujours d'une image, d'une forme, qui ne doit pas ne&#769;cessairement refle&#769;ter l'interpre&#769;tation de la pie&#768;ce, mais c'est un protocole qui me sert a&#768; sa construction. &#187;&lt;/i&gt; Tel un mode&#768;le mathe&#769;matique, la vision d'une de ses pie&#768;ces les plus anciennes, &#936; 847, partait d'un co&#770;ne fait de sons dont elle de&#769;roulait petit a&#768; petit certains fils sonores pour former au final une coupe, c'est-a&#768;-dire un co&#770;ne inverse&#769; : &lt;i&gt;&#171; Si je n'avais pas connu cette passion pour le son, j'aurais aime&#769; e&#770;tre architecte, ce sont deux arts qui exigent de concevoir en trois dimensions &#187;&lt;/i&gt;, confie-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L440xH640/big_11-concert-radigue-entretiens-2-5fd37.jpg?1772971742' width='440' height='640' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Affiche des concerts Manifestes, 1979
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quel que soit le the&#768;me qui en donne la couleur, la musique d'&#201;liane Radigue se de&#769;veloppe comme un long flux continu sans effet ni rupture, ce qui lui vaut souvent d'e&#770;tre associe&#769;e a&#768; du drone ; mais pluto&#770;t qu'un bourdonnement statique, ses notes longuement tenues nous transportent dans un courant nourri par de constantes et imperceptibles variations. L'artiste nous fait pe&#769;ne&#769;trer le son comme lorsqu'on s'approche d'un monochrome de Rothko, Klein ou Soulages : pour en saisir toutes les nuances, l'espace et les vibrations. &lt;i&gt;&#171; Cette musique est faite pour l'auditeur &#187;, souligne l'auteur, qui conside&#768;re l'e&#769;coute et la re&#769;ception du son comme l'un des aspects les plus passionnants de son travail. &lt;i&gt;&#171; Elle atteint son but lorsqu'elle re&#769;ve&#768;le chez la personne qui l'e&#769;coute sa propre musique inte&#769;rieure a&#768; travers les sons qu'elle propose. &#187; &lt;/i&gt; Ge&#769;rard Fre&#769;my, grand interpre&#768;te de Cage avec qui elle collabora sur Geelriandre en 1972, disait de sa musique qu'elle e&#769;tait &lt;i&gt;&#171; comme un re&#769;ve&#769;lateur de nos paix ignore&#769;es &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'inspiration bouddhiste, Les 5 Chants de Milarepa fut conc&#807;ue comme une offrande ; elle fait intervenir la voix de Lama Kunga pour les chants tibe&#769;tains et celle de Robert Ashley en anglais. Dans La Trilogie de la mort, la premie&#768;re pie&#768;ce, Kyema, est inspire&#769;e du livre des morts tibe&#769;tains alors que le Bardo&#776; Thodol de&#769;crit les six e&#769;tats de conscience, e&#769;voquant la continuite&#769; de l'e&#770;tre... Les compositions d'&#201;liane Radigue sont toujours empreintes d'une dimension me&#769;taphysique, spirituelle ou tellurique forte : &lt;i&gt;&#171; Un jour, mon amie compositrice Miche&#768;le Bokanovski me demande un son qui serait &#8220;le silence des e&#769;toiles&#8221; ; je trouve cela merveilleux. Avec mon synthe&#769;tiseur, j'ai ajuste&#769; les potentiome&#768;tres et j'ai envoye&#769; le son. Elle m'a dit : &#8220;Oui, c'est cela !&#8221; Cre&#769;er un bruit de locomotive sur un synthe&#769;tiseur m'importe peu, je trouve l'original plus inte&#769;ressant en soi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;small&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Interfe&#769;rence de l'interpre&#768;te&lt;/h2&gt;&lt;/small&gt;
&lt;div class='spip_document_27007 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L354xH354/12-elemental2-2-93f7f.jpg?1772971742' width='354' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Couverture du CD Elemental II, 2005
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Occam Ocean est sa future &#339;uvre inacheve&#769;e... &lt;i&gt;&#171; Et inachevable par de&#769;finition, e&#769;tant donne&#769;e la manie&#768;re dont elle se construit ! &#187;&lt;/i&gt;, pre&#769;cise-t-elle. Sous-tendues par le the&#768;me de l'eau, 45 pie&#768;ces ont de&#769;ja&#768; e&#769;te&#769; transmises par voix orale, une constante fondamentale dans l'approche d'&#201;liane Radigue qui, depuis douze ans, ne travaille plus qu'avec des musiciens et leurs instruments acoustiques. Exit le synthe&#769;tiseur ! Le compositeur et instrumentiste Kasper Toeplitz, pierre angulaire des sce&#768;nes noise et de la musique dite savante, fut le catalyseur de cette rupture : lors d'un di&#770;ner avec Phill Niblock, en 2000, celui-ci demande a&#768; &#201;liane Radigue de lui cre&#769;er une pie&#768;ce pour contrebasse e&#769;lectronique. Elle accepte de se pre&#770;ter au jeu et lui propose Elemental II : &lt;i&gt;&#171; &#192; chaque rupture de technique ou de style, j'utilise le the&#768;me des e&#769;le&#769;ments. Ici, pour la premie&#768;re fois de ma vie, je devais construire toute une pie&#768;ce, dans une e&#769;troite collaboration verbale, en tenant compte de la double personnalite&#769; du musicien et de son instrument. J'ai tente&#769; l'expe&#769;rience, car elle s'inscrivait dans un univers sonore encore familier : celui de l'e&#769;lectronique. Mais lorsqu'un violoncelliste de la qualite&#769; de Charles Curtis m'a lui aussi sollicite&#769;e pour l'e&#769;criture d'une nouvelle pie&#768;ce, je n'avais plus du tout envie de m'occuper d'un synthe&#769;tiseur ! Je dois a&#768; Kasper cette nouvelle liberte&#769;. &#187; &lt;/i&gt; &#192; 80 ans, &#201;liane Radigue exulte : dans le cadre du Crak Festival, a&#768; Paris en septembre 2015, elle met en sce&#768;ne sa premie&#768;re pie&#768;ce orchestrale pour instruments acoustiques ; 27 musiciens de l'Onceim &#8211; l'Orchestre de nouvelles cre&#769;ations, d'expe&#769;rimentations et d'improvisations musicales, de&#769;die&#769; a&#768; la transmission d'une musique contemporaine atypique &#8211; jouent ensemble un nouvel opus d'Occam Ocean, pour un concert unique en l'e&#769;glise Saint-Merri. L'interpre&#769;tation est exceptionnelle, on ne sait plus trop qui joue quoi, l'osmose ope&#768;re, le public est relie&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;106&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/big_7-concertonceim-st-merry.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/big_7-concertonceim-st-merry-aaf64.jpg?1772971742' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Occam Ocean, concert donne&#769; par l'orchestre Onceim a&#768; l'e&#769;glise Saint-Merri, a&#768; Paris, en septembre 2015
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, je peux dire que je suis musicienne, et me&#770;me que je suis ne&#769;e musicienne, mais il m'a fallu du temps pour pouvoir l'accepter : d'ailleurs, la musique que je voulais faire, je ne l'ai vraiment entendue que lorsqu'ont e&#769;te&#769; acheve&#769;es les trois Naldjorlak par Charles Curtis, Carol Robinson et Bruno Martinez entre 2005 et 2009, c'est-a&#768;-dire tre&#768;s re&#769;cemment. &#187;&lt;/i&gt; Cre&#769;e&#769; au CAPC de Bordeaux en 2009&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Interpre&#769;te&#769; le 23 novembre 2013 dans le cadre du Festival d'automne a&#768; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le triptyque fut joue&#769; au Colle&#768;ge des Bernardins, lors du Festival d'automne a&#768; Paris, en novembre 2013. &#201;liane Radigue e&#769;tait assise au premier rang dans le public, a&#768; quelques centime&#768;tres des interpre&#768;tes. &lt;i&gt;&#171; Ce sont eux et leurs instruments qui font la musique ! Toute la pe&#769;riode pendant laquelle j'ai travaille&#769; avec le synthe&#769;tiseur n'a e&#769;te&#769; qu'une approche, finalement, de cette musique que j'avais en moi. Avec ces musiciens, notre que&#770;te consiste a&#768; faire vivre le son de l'inte&#769;rieur, ce qui a toujours e&#769;te&#769; une constante dans mon travail. Il s'agit de faire e&#769;merger et de jouer ensemble toutes les partielles, harmoniques et subharmoniques, qui sont les constituantes les plus subtiles du son. Sans la fondamentale, il n'y a pas de musique, mais pour moi c'est l'aspect &#8220;grossier&#8221; du son. Ce que j'aime, ce sont les &#8220;over-tones&#8221;, avec ces petits battements, ces pulsations et le&#769;ge&#768;res interfe&#769;rences lorsque deux instruments jouent ensemble. C'est de l'ordre de l'immate&#769;riel, mais c'est l'esprit du son qui m'inte&#769;resse ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 juillet 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="https://www.artshebdomedias.com/article/eliane-radigue-lesprit/" class="spip_out"&gt;Vers l'article d'ArtsHebdoMedias&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Extrait des Entretiens avec &#201;liane Radigue, par Bernard Girard, e&#769;ditions Aedam Musicae (2013). L'e&#769;dition limite&#769;e pre&#769;sente&#769;e chez Yvon Lambert en 1969 fut reprise par Povertech Industries en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sur un synthe&#769;tiseur, les oscillateurs e&#769;mettent les sons de base, dont le timbre de&#769;pend de la forme de l'onde. Les potentiome&#768;tres sont des boutons permettant de contro&#770;ler et d'ajuster les signaux analogiques tels que le volume et la fre&#769;quence. Les patchs sont les ca&#770;bles utilise&#769;s pour connecter diffe&#769;rents modules entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Interpre&#769;te&#769; le 23 novembre 2013 dans le cadre du Festival d'automne a&#768; Paris, au Colle&#768;ge des Bernardins, le triptyque Naldjorlak I, II et III fit l'objet d'une cre&#769;ation au CAPC de Bordeaux en 2009, par Charles Curtis, Carol Robinson et Bruno Martinez, pour violoncelle et deux cors de basset.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C'est du jazz latino 46 </title>
		<link>http://tk-21.com/C-est-du-jazz-latino-46</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/C-est-du-jazz-latino-46</guid>
		<dc:date>2026-04-04T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pedro Alzuru</dc:creator>


		<dc:subject>podcast</dc:subject>
		<dc:subject>musique</dc:subject>
		<dc:subject>Latin Jazz</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Au Canada, le jazz latino a prosp&#233;r&#233; gr&#226;ce au multiculturalisme, &#224; l'immigration carib&#233;enne et latino-am&#233;ricaine et, surtout, &#224; une collaboration profonde et soutenue avec Cuba. Le jazz latino canadien se d&#233;finit par son authenticit&#233; rythmique et par la pr&#233;sence d'artistes qui ont consacr&#233; des d&#233;cennies &#224; l'immersion culturelle, cr&#233;ant ainsi un pont musical direct avec Cuba. Les grandes villes (Toronto et Montr&#233;al) servent de centres de production et de distribution, dynamis&#233;es par des communaut&#233;s diversifi&#233;es et le prestige international d'&#233;v&#233;nements comme le &lt;i&gt;Festival international de jazz de Montr&#233;al.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Entendre" rel="directory"&gt;Entendre&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/podcast" rel="tag"&gt;podcast&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/musique" rel="tag"&gt;musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/Latin-Jazz" rel="tag"&gt;Latin Jazz&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/cjl46-7dc79.jpg?1775383067' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au Canada, le jazz latino a prosp&#233;r&#233; gr&#226;ce au multiculturalisme, &#224; l'immigration carib&#233;enne et latino-am&#233;ricaine et, surtout, &#224; une collaboration profonde et soutenue avec Cuba. Le jazz latino canadien se d&#233;finit par son authenticit&#233; rythmique et par la pr&#233;sence d'artistes qui ont consacr&#233; des d&#233;cennies &#224; l'immersion culturelle, cr&#233;ant ainsi un pont musical direct avec Cuba. Les grandes villes &#8212; Toronto et Montr&#233;al &#8212; servent de centres de production et de distribution, dynamis&#233;es par des communaut&#233;s diversifi&#233;es et le prestige international d'&#233;v&#233;nements comme le &lt;i&gt;Festival international de jazz de Montr&#233;al.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Alors que le cubop a &#233;merg&#233; aux &#201;tats-Unis dans les ann&#233;es 1940, fruit d'une rencontre de talents &#224; New York, au Canada, le genre s'est formalis&#233; beaucoup plus tard (principalement &#224; partir des ann&#233;es 1980) par un processus d'immersion et de collaboration. La pr&#233;sence d'importantes communaut&#233;s d'origine carib&#233;enne (Cuba, Jama&#239;que, Trinit&#233;-et-Tobago) et sud-am&#233;ricaine (Colombie, Chili, Venezuela, etc.) dans des villes comme Toronto a fait du groove et de la syncope des &#233;l&#233;ments naturels de la sc&#232;ne musicale locale. Le Festival de Jazz de Montr&#233;al attire non seulement les plus grands noms internationaux du jazz latino, mais sert &#233;galement de vitrine aux musiciens canadiens et aux immigrants latino-am&#233;ricains pour pr&#233;senter leurs projets de fusion &#224; un large public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La figure incontournable de l'histoire du jazz latino canadien est sans conteste la saxophoniste et fl&#251;tiste canadienne Jane Bunnett. D&#232;s les ann&#233;es 1980, elle a commenc&#233; &#224; se rendre fr&#233;quemment &#224; Cuba, tissant des liens de collaboration ind&#233;fectibles avec les musiciens de l'&#238;le. Son engagement d&#233;passait la simple adoption des rythmes ; elle est devenue une fervente d&#233;fenseure et m&#233;c&#232;ne de la musique cubaine. Son travail de fond a non seulement popularis&#233; le cubop et le son au Canada, mais a aussi contribu&#233; au lancement de la carri&#232;re internationale de nombreux musiciens cubains. Son approche met l'accent sur l'authenticit&#233; des percussions et l'int&#233;gration m&#233;lodique du jazz moderne. Le jazz latin au Canada est riche et se caract&#233;rise par une grande diversit&#233;, allant du cubop pur &#224; la fusion du jazz avec des genres sud-am&#233;ricains (andins, v&#233;n&#233;zu&#233;liens).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jane Bunnett a &#233;t&#233; nomm&#233;e &#224; plusieurs reprises aux Grammy Awards et aux prix Juno. Ses projets &lt;i&gt;Spirits of Havana&lt;/i&gt; ont &#233;t&#233; d&#233;terminants, offrant une fusion profonde de rumba, de musique yoruba et de jazz. Son projet le plus r&#233;cent, &lt;i&gt;Maqueque,&lt;/i&gt; est un groupe cubain enti&#232;rement f&#233;minin qui allie la tradition afro-cubaine au jazz d'avant-garde, t&#233;moignant de l'engagement constant de Bunnett envers la nouvelle g&#233;n&#233;ration cubaine. Hilario Dur&#225;n, pianiste d'origine cubaine, est une figure incontournable de la sc&#232;ne canadienne. Depuis son arriv&#233;e dans les ann&#233;es 1990, sa virtuosit&#233; a rehauss&#233; le niveau du Cubop &#224; Toronto, o&#249; il dirige des big bands et des orchestres. Il apporte la touche technique cubaine qui compl&#232;te l'immersion culturelle de Bunnett. Eliana Cuevas, chanteuse v&#233;n&#233;zu&#233;lienne install&#233; &#224; Toronto, illustre la diversit&#233; de la fusion. Sa musique m&#234;le le jazz au folklore v&#233;n&#233;zu&#233;lien et aux rythmes sud-am&#233;ricains, cr&#233;ant un son qui transcende la tradition carib&#233;enne. Le pianiste de renom Oscar Peterson est une figure embl&#233;matique du jazz canadien traditionnel, mais il a explor&#233; le jazz br&#233;silien &#224; diff&#233;rentes &#233;tapes de sa carri&#232;re, t&#233;moignant de la perm&#233;abilit&#233; du genre depuis les premi&#232;res g&#233;n&#233;rations de musiciens canadiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'album &lt;i&gt;Spirits of Havana&lt;/i&gt; (1991), de Jane Bunnett &amp; Spirits of Havana, est une &#339;uvre fondatrice. Il a &#233;tabli le mod&#232;le de la collaboration culturelle entre musiciens canadiens et cubains et repr&#233;sente un jalon du cubop au Canada. Plus tard, son album &lt;i&gt;Alegre&lt;/i&gt; (2003), a consolid&#233; cette relation. Cet album, nomin&#233; aux Grammy Awards, illustre la maturit&#233; de cette fusion, avec une orchestration grandiose et des rythmes complexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre d'Hilario Duran, &lt;i&gt;New Danzon&lt;/i&gt; (2005), met en lumi&#232;re la sophistication technique du piano cubain au sein du big band canadien. Quant &#224; &lt;i&gt;Vientos y Mareas&lt;/i&gt; (2014) d'Eliana Cuevas, il s'agit d'un jazz latin sud-am&#233;ricain. Il illustre la fusion qui incorpore les rythmes andins et v&#233;n&#233;zu&#233;liens &#224; l'improvisation jazz moderne. La sc&#232;ne canadienne du jazz latino est dynamique et se caract&#233;rise par son mod&#232;le de collaboration culturelle directe. Le Canada s'est appuy&#233; sur des figures comme Jane Bunnett pour &#233;tablir un lien organique et durable avec les racines rythmiques les plus authentiques de la musique cubaine, cr&#233;ant ainsi un h&#233;ritage de grande qualit&#233; et de renomm&#233;e internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre des figures centrales comme Jane Bunnett et le pianiste Hilario Dur&#225;n, la sc&#232;ne canadienne du latin jazz est riche et diversifi&#233;e, notamment &#224; Toronto et &#224; Montr&#233;al. Luis Mario Ochoa, guitariste, chanteur et compositeur cubano-canadien, est un musicien tr&#232;s influent &#224; Toronto. Son travail vise &#224; perp&#233;tuer la tradition du son et du cubop avec une sensibilit&#233; moderne, &#224; la t&#234;te du groupe &lt;i&gt;Cimarr&#243;n.&lt;/i&gt; Amanda Martinez, chanteuse et compositrice canadienne d'origine mexicaine et sud-am&#233;ricaine, fusionne les rythmes latino-am&#233;ricains (comme le bol&#233;ro et le son) avec une sensibilit&#233; pop et jazz moderne. Paco Luviano, bassiste acoustique et &#233;lectrique, Mexicain-Canadien, est un bassiste tr&#232;s respect&#233; et recherch&#233;, pilier des sections rythmiques de nombreux groupes de jazz latino et de jazz mainstream importants au Canada. Oscar Hern&#225;ndez (et le &lt;i&gt;Spanish Harlem Orchestra&lt;/i&gt;), pianiste et chef d'orchestre, bien que bas&#233; aux &#201;tats-Unis, exerce une influence consid&#233;rable, notamment gr&#226;ce &#224; ses prestations dans les festivals canadiens. Plusieurs musiciens canadiens ont collabor&#233; avec lui, apportant les sonorit&#233;s de la salsa dura et du salsa-jazz &#224; la sc&#232;ne musicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces musiciens refl&#232;tent la diversit&#233; du genre au Canada, allant du cubop traditionnel au jazz influenc&#233; par la musique populaire latino-am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;iframe src=&#034;https://www.buzzsprout.com/2168659/episodes/18845120-c-est-du-jazz-latino-46-canada?client_source=small_player&amp;iframe=true&#034; loading=&#034;lazy&#034; width=&#034;100%&#034; height=&#034;200&#034; frameborder=&#034;0&#034; scrolling=&#034;no&#034; title='C'est du jazz latino, C'est du jazz latino 46 (Canada)'&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oscar Emmanuel Peterson&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sauf mention contraire, les informations biographiques pr&#233;sent&#233;es ici sont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Montr&#233;al, 15 ao&#251;t 1925 &#8211; Mississauga, 23 d&#233;cembre 2007) &#233;tait un pianiste de jazz canadien. Virtuose du piano de grand talent, il &#233;tait surnomm&#233; par Duke Ellington le &#171; maharajah du clavier &#187; et figure parmi les pianistes les plus prolifiques de l'histoire de la musique afro-am&#233;ricaine. Peterson a &#233;galement &#233;crit de nombreux recueils d'exercices de jazz pour jeunes pianistes et &#233;tait un compositeur de talent. Sa technique pianistique unique et &#233;tonnante, alli&#233;e &#224; un swing puissant, le rendait imm&#233;diatement reconnaissable dans tous les contextes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1949, Peterson se rendit aux &#201;tats-Unis o&#249; il se produisit lors d'un concert organis&#233; par l'impresario de jazz Norman Granz au Carnegie Hall de New York. Il resta associ&#233; &#224; Granz pendant la majeure partie de sa carri&#232;re, parcourant le monde avec la troupe &lt;i&gt;All-Stars Jazz at the Philharmonic&lt;/i&gt; de Granz et enregistrant de nombreux disques pour le label Pablo Records de Granz. Sa discographie, tr&#232;s riche, d&#233;bute &#224; la fin des ann&#233;es 1940 et le pr&#233;sente dans les ann&#233;es 1950 et 1960 aux c&#244;t&#233;s de figures embl&#233;matiques du jazz telles qu'Ella Fitzgerald, Lester Young, Anita O'Day, Stan Getz, Coleman Hawkins et Louis Armstrong.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s ses c&#233;l&#232;bres enregistrements de 1956 avec Louis Armstrong et Ella Fitzgerald, il forme en 1958 le &lt;i&gt;Oscar Peterson Trio&lt;/i&gt; avec Ray Brown &#224; la basse et Ed Thigpen &#224; la batterie . &#192; partir de 1973, il est rejoint par le bassiste danois Niels-Henning &#216;rsted Pedersen, puis, &#224; partir de 1974, par les batteurs Martin Drew et Bobby Durham, &#224; diverses reprises des ann&#233;es 1960 aux ann&#233;es 1990. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; un sideman tr&#232;s demand&#233; sur de nombreux enregistrements dans les ann&#233;es 1950, il s'est taill&#233; une place de choix dans l'histoire du jazz. En 1997, il a re&#231;u un Grammy pour l'ensemble de sa carri&#232;re et a &#233;t&#233; intronis&#233; au &lt;i&gt;International Jazz Hall of Fame,&lt;/i&gt; confirmant ainsi qu'il est toujours consid&#233;r&#233; comme l'un des plus grands musiciens de jazz de tous les temps. Oscar Peterson est d&#233;c&#233;d&#233; &#224; Mississauga le 23 d&#233;cembre 2007 des suites d'une insuffisance r&#233;nale. &lt;br class='autobr' /&gt;
1 &lt;strong&gt;Manha De Carnaval,&lt;/strong&gt; Oscar Peterson, album &lt;i&gt;Soul Espa&#241;ol,&lt;/i&gt; 1966.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hilario Dur&#225;n&lt;/strong&gt; (n&#233; en 1953 &#224; La Havane), pianiste de jazz cubano-canadien. Dur&#225;n a &#233;tudi&#233; au &lt;i&gt;Conservatoire Amadeo Rold&#225;n de La Havane,&lt;/i&gt; o&#249; il a suivi des cours de tumbao avec Evaristo Aparicio, de composition et de direction d'orchestre avec Germ&#225;n Pifferrer, et d'orchestration avec Guillermo Barreto. Dans les ann&#233;es 1970, il a form&#233; le groupe Los D'Siempre, qui fusionnait des &#233;l&#233;ments traditionnels cubains avec ceux du jazz moderne. Il a &#233;t&#233; membre du groupe d'Arturo Sandoval de 1981 &#224; 1990. Il a &#233;galement collabor&#233; avec &lt;i&gt;l'Orchestre des Nations Unies&lt;/i&gt; de Dizzy Gillespie et avec Michel Legrand. En 1990, il a form&#233; un nouveau groupe, &lt;i&gt;Perspectiva,&lt;/i&gt; et a effectu&#233; des tourn&#233;es en Am&#233;rique centrale et en Europe. &#192; partir de 1995, il a travaill&#233; comme artiste solo &#224; Toronto, au Canada, et tout au long de sa carri&#232;re, il a collabor&#233; avec des artistes de renom tels que Tata G&#252;ines, Changuito, Horacio &#171; El Negro &#187; Hern&#225;ndez, Jorge Reyes, Roberto Occhipinti, Larry Cramer, John Patitucci, Michael Brecker, Regina Carter, Dave Valent&#237;n, Juan Pablo Torres, John Ben&#237;tez, Dafnis Prieto, Hugh Pantano, Carlos &#171; Patato &#187; Vald&#233;s, Lenny Andrade, Quartetto Gelato, Jane Bunnett et le Gryphon Trio.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dur&#225;n a &#233;t&#233; nomin&#233; aux prix Juno en 2002, 2005, 2006 et 2007, remportant le prix en 2005 pour Nuevo Danz&#243;n et en 2007 pour From The Heart, un album &#233;galement nomin&#233; aux Grammy Awards. &lt;br class='autobr' /&gt;
2 &lt;strong&gt;Pac&#225; por Juanito,&lt;/strong&gt; Hilario Duran and his Latin Jazz Big Band, album &lt;i&gt;Cry Me a River,&lt;/i&gt; 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jane Bunnett&lt;/strong&gt; (n&#233;e le 22 octobre 1955 &#224; Toronto, en Ontario), musicienne de jazz canadienne (fl&#251;te traversi&#232;re, saxophone soprano). Elle a d'abord &#233;tudi&#233; le piano classique, puis s'est tourn&#233;e vers la fl&#251;te traversi&#232;re Boehm suite &#224; une tendinite. Durant ses &#233;tudes de jazz &#224; &lt;i&gt;l'Universit&#233; York de Toronto,&lt;/i&gt; elle s'est &#233;galement mise au saxophone soprano (qu'elle a perfectionn&#233; aupr&#232;s de Steve Lacy).&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a v&#233;cu &#224; Paris avec son mari, le trompettiste Larry Cramer, de 1992 &#224; 1995, o&#249; elle a &#233;galement jou&#233; avec Claudine Fran&#231;ois. En 1989, elle a enregistr&#233; un album en duo &#224; succ&#232;s avec Don Pullen. Cramer, Pullen, Jeanne Lee et Sheila Jordan ont contribu&#233; &#224; son album, &lt;i&gt;The Water is Wide.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'est de plus en plus int&#233;ress&#233;e &#224; la musique cubaine, initialement gr&#226;ce &#224; ses vacances sur l'&#238;le. D&#233;j&#224; sur l'album &lt;i&gt;Spirits of Havana&lt;/i&gt; (1991), elle explore avec intensit&#233; et cr&#233;dibilit&#233; diverses traditions afro-am&#233;ricaines et leurs repr&#233;sentants contemporains. Depuis 2014, elle a enregistr&#233; plusieurs albums avec l'ensemble f&#233;minin cubain Maqueque, qu'elle a fond&#233; avec la chanteuse Daym&#233; Arocena. &lt;i&gt;Maqueque&lt;/i&gt; signifie &#171; esprit d'une jeune fille &#187; dans un ancien dialecte afro-cubain.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 2001, les productions de Bunnett ont &#233;t&#233; nomin&#233;es pour plusieurs Grammy et Juno Awards. Son album &lt;i&gt;Jane Bunnett and Maqueque&lt;/i&gt; a remport&#233; le Juno Award/Album jazz de l'ann&#233;e Groupe en 2015. En 2004, elle a remport&#233; le prix &#171; &#201;toile montante &#187; du &lt;i&gt;Down Beat Critics' Poll&lt;/i&gt; pour la fl&#251;te. Bunnett a &#233;t&#233; d&#233;cor&#233;e de &lt;i&gt;l'Ordre du Canada&lt;/i&gt; en 2004. En 2006, elle a re&#231;u un doctorat honorifique de &lt;i&gt;l'Universit&#233; Queen's&lt;/i&gt; (Kingston). Elle a d&#233;j&#224; une discographie de plus de vingt titres.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &lt;strong&gt;Human Race,&lt;/strong&gt; Jane Bunnett and Maqueque, album &lt;i&gt;Playing With Fire,&lt;/i&gt; 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Audrey Ochoa,&lt;/strong&gt; 1956, tromboniste et compositrice de jazz bas&#233;e &#224; Edmonton, en Alberta. Le p&#232;re d'Ochoa, Romeo, est un trompettiste philippin qui a jou&#233; avec Tommy Banks et &lt;i&gt;l'Orchestre symphonique d'Edmonton ;&lt;/i&gt; sa m&#232;re, Phyllis, joue de l'accord&#233;on. Ochoa a &#233;tudi&#233; la musique et l'&#233;ducation &#224; &lt;i&gt;l'Universit&#233; de l'Alberta&lt;/i&gt; et enseigne actuellement la musique en sixi&#232;me ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le deuxi&#232;me album d'Ochoa, &lt;i&gt;Afterthought,&lt;/i&gt; sorti en 2017, a remport&#233; le Prix de musique d'Edmonton en 2018. En 2020, elle a sorti son troisi&#232;me album, &lt;i&gt;Frankenhorn.&lt;/i&gt; Son album &lt;i&gt;The Head of a Mouse,&lt;/i&gt; sorti en 2023, a &#233;t&#233; nomin&#233; pour le prix Juno 2025 de l'album solo de jazz de l'ann&#233;e. Ochoa est &#233;galement l'une des chefs du &lt;i&gt;Canadian Ska Orchestra.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'ait produit avec le &lt;i&gt;North Texas State One O'Clock Big Band&lt;/i&gt; aux c&#244;t&#233;s de ma&#238;tres du jazz comme Chris Potter et Marcus Miller. Cela lui a valu des invitations &#224; jouer en Caroline du Nord, dans l'Utah et dans l'&#201;tat de Washington avec d'autres ensembles universitaires, et Ochoa a arrang&#233; des &#339;uvres originales pour big band afin de saisir ces opportunit&#233;s. Deux concerts &#224; l'un des festivals les plus populaires de Rochester, dans l'&#201;tat de New York, sur la sc&#232;ne ext&#233;rieure principale du festival de Montr&#233;al, le trio d'Ochoa (avec Mike Lent et Sandro Dominelli) a jou&#233; devant des milliers de fans r&#233;ceptifs, invit&#233; au festival &lt;i&gt;Jazz Ahead&lt;/i&gt; de Br&#234;me, en Allemagne. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'esprit cr&#233;atif d'Ochoa s'&#233;panouit dans des grooves et des styles vari&#233;s. Le titre de son troisi&#232;me album, Frankenhorn, refl&#232;te l'&#233;volution de son concept au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es, passant d'un projet modeste &#224; un projet plus ambitieux. La tromboniste se lance dans des solos exceptionnels, capturant au passage une s&#233;rie d'ambiances &#233;vocatrices.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
4 &lt;strong&gt;The Head Of A Mouse,&lt;/strong&gt; Audrey Ochoa, album &lt;i&gt;The Head Of A Mouse,&lt;/i&gt; 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luis &#171; El Pana &#187; Tovar&lt;/strong&gt; (1960 ?), est un percussionniste v&#233;n&#233;zu&#233;lien nomin&#233; aux prix JUNO. Depuis son arriv&#233;e en Alberta il y a 19 ans, il a marqu&#233; de son empreinte la sc&#232;ne musicale de l'Ouest canadien, fort de 29 ans d'exp&#233;rience professionnelle dans la percussion d'instruments de musiques du monde.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel que soit le genre musical ou les collaborations, Luis apporte une &#233;nergie unique et une dynamique positive sur sc&#232;ne ou en studio, puisant dans ses racines v&#233;n&#233;zu&#233;liennes et afro-carib&#233;ennes pour s'investir pleinement dans chaque projet. Il a jou&#233; un r&#244;le de premier plan au sein de divers groupes musicaux locaux, tels que le Esteban Herrera Quintet, Montuno West, Perpie Nwa Olisa, Notas de 4, The Grandstand Show et Decidedly Jazz Danceworks. De plus, il a particip&#233; au spectacle &#171; Sistema Nervioso &#187; de DJD l'an dernier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fin 2023, Luis a marqu&#233; une &#233;tape importante de sa carri&#232;re en produisant l'album &lt;i&gt;Luz&lt;/i&gt; du chanteur v&#233;n&#233;zu&#233;lien Arturo Marc. Cette exp&#233;rience lui a permis de collaborer avec deux joueurs de cuatro de renom, laur&#233;ats d'un Grammy Award : H&#233;ctor Molina et Jorge Glem. Cette collaboration a enrichi son parcours et consolid&#233; sa position de producteur de musique reconnu sur la sc&#232;ne internationale. Luis a &#233;galement collabor&#233; avec d'autres artistes de renomm&#233;e internationale tels qu'Oscar D. Le&#243;n, Willie Col&#243;n, Johnny Reid et Gil Coldstein.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa mission d&#233;passe le simple cadre musical ; Luis aspire &#224; partager son talent avec la communaut&#233; et &#224; promouvoir l'unit&#233; au Canada gr&#226;ce &#224; ses performances et ses collaborations. Il aime transmettre son exp&#233;rience et ses connaissances &#224; la nouvelle g&#233;n&#233;ration de musiciens, t&#233;moignant ainsi de sa polyvalence et de son engagement &#224; explorer divers styles et projets musicaux.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
5 &lt;strong&gt;Moliendo Caf&#233;,&lt;/strong&gt; Luis Tovar , album &lt;i&gt;Back To My Roots,&lt;/i&gt; 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Miguel De Armas,&lt;/strong&gt; (1970 ?), est un pianiste et compositeur de jazz polyvalent. Il tisse des influences jazz, cubaines et am&#233;ricaines avec un &#233;clectisme fascinant. N&#233; &#224; La Havane, Miguel a &#233;tudi&#233; au &lt;i&gt;Conservatoire Amadeo Roldan&lt;/i&gt; et a obtenu une licence en percussions cubaines &#224; &lt;i&gt;l'Instituto Superior de Arte.&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1988, il a cofond&#233; le c&#233;l&#232;bre groupe &lt;i&gt;NG La Banda Orchestra&lt;/i&gt; avec Jos&#233; Luis Cort&#233;s et d'autres musiciens cubains prestigieux. Pendant plus de dix ans, il a tourn&#233; avec ce groupe &#224; travers le monde et s'est produit dans des festivals de jazz de renomm&#233;e internationale tels que &lt;i&gt;North Sea, Montreux, Nice, Nantes, Normandia, Couleur Caf&#233;, Barranquijazz et le Festival du film de Rio de Janeiro,&lt;/i&gt; entre autres. Il a collabor&#233; avec Ivan Lins, Clark Terry, Tania Maria, Chico Freeman, Dave Valentin, Sammy Figueroa, Robbie Ammen, Gilberto Gil et Ermeto Pascual.&lt;br class='autobr' /&gt;
Miguel a aujourd'hui &#233;tendu ses talents musicaux &#224; Ottawa, au Canada, qu'il consid&#232;re comme sa ville d'adoption. &lt;br class='autobr' /&gt;
6 &lt;strong&gt;Rumba on Kent St.&lt;/strong&gt; Miguel de Armas &amp; The Ottawa Latin Jazz Orchestra, album &lt;i&gt;From Me To You,&lt;/i&gt; 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bassiste et compositeur prim&#233;, &lt;strong&gt;Rubim de Toledo&lt;/strong&gt; (1972), allie les influences de son h&#233;ritage br&#233;silien &#224; son attachement &#224; la tradition jazz pour cr&#233;er une approche musicale rafra&#238;chissante et exaltante. Avec une palette musicale internationale, s'inspirant d'influences latines, carib&#233;ennes, africaines, jazz et contemporaines, Rubim allie improvisation et traditionalisme avant-gardiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 2021, Rubim a remport&#233; le &lt;i&gt;Western Canadian Music Award (WCMA)&lt;/i&gt; dans la cat&#233;gorie &lt;i&gt;Artiste instrumental de l'ann&#233;e,&lt;/i&gt; s'ajoutant &#224; ses distinctions, dont celle &lt;i&gt;d'Artiste jazz de l'ann&#233;e aux WCMA&lt;/i&gt; en 2018. La m&#234;me ann&#233;e, il a &#233;t&#233; nomin&#233; pour le prix d'Artiste mondial de l'ann&#233;e, t&#233;moignant de l'universalit&#233; de sa voix musicale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; dix-sept ans, Rubim a d&#233;but&#233; sa carri&#232;re professionnelle &#224; Edmonton, se produisant avec les l&#233;gendes du jazz albertain Tommy Banks, PJ Perry et Clarence &lt;i&gt;Big Miller.&lt;/i&gt; Depuis, il est devenu un sideman tr&#232;s recherch&#233; et un leader d'orchestre prolifique, publiant sept albums de compositions originales et s'imposant comme un artiste musical reconnu de l'Ouest canadien.&lt;br class='autobr' /&gt;
En tant que bassiste, Rubim a eu la chance d'accompagner de nombreux artistes internationaux. Sa polyvalence musicale est soulign&#233;e par ses collaborations avec des genres et des artistes vari&#233;s, t&#233;moignant d'une exp&#233;rience approfondie qui enrichit son expression artistique. Il est &#233;galement membre fondateur des groupes latins albertains &lt;i&gt;Montuno West, Bomba et Maracujah&lt;/i&gt; et est fr&#233;quemment directeur musical de &lt;i&gt;Decidedly Jazz Danceworks&lt;/i&gt; de Calgary depuis 2006. De plus, il est chef des d&#233;partements de performance et de basse &#224; l'Universit&#233; MacEwan d'Edmonton, o&#249; il encourage la prochaine g&#233;n&#233;ration de talents musicaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
7 &lt;strong&gt;Danza para los difuntos,&lt;/strong&gt; Rubim de Toledo, album &lt;i&gt;The Drip,&lt;/i&gt; 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Montuno West.&lt;/strong&gt; Avec des membres bas&#233;s &#224; Edmonton, Calgary et Vancouver, le groupe illustre l'esprit collaboratif et multiculturel de la pratique artistique canadienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble r&#233;unit des artistes de renomm&#233;e internationale issus de divers horizons culturels. Israel &lt;i&gt;Toto&lt;/i&gt; Berriel (Cuba) est un ma&#238;tre du folklore afro-cubain et ancien membre de &lt;i&gt;Los Mu&#241;equitos de Matanzas,&lt;/i&gt; laur&#233;at d'un Grammy. Chris Andrew (Canada) est l'un des pianistes de jazz les plus acclam&#233;s de l'Ouest canadien, reconnu pour sa ma&#238;trise du jazz latino et moderne. Raul Tabera (Cuba) et Luis Tovar (Venezuela) sont des percussionnistes latinos de premier plan au Canada, dont le travail allie traditions folkloriques et performances contemporaines. Rubim de Toledo (Br&#233;sil/Canada), bassiste et compositeur prim&#233;, explore les intersections du jazz, des styles latinos et d'autres styles internationaux. Cette fusion des perspectives canadiennes, cubaines, v&#233;n&#233;zu&#233;liennes et br&#233;siliennes d&#233;finit l'identit&#233; unique du groupe, enrichissant leur musique d'une connaissance culturelle approfondie et d'une exp&#233;rience v&#233;cue.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier enregistrement de &lt;i&gt;Montuno West&lt;/i&gt; a remport&#233; le &lt;i&gt;Calgary Music Award 2019&lt;/i&gt; de l'enregistrement mondial de l'ann&#233;e et une nomination pour le prix de l'artiste mondial de l'ann&#233;e aux &lt;i&gt;Western Canadian Music Awards,&lt;/i&gt; sans doute l'un des projets musicaux internationaux les plus captivants du Canada.&lt;br class='autobr' /&gt;
En novembre 2024, &lt;i&gt;Montuno West&lt;/i&gt; a sorti son deuxi&#232;me album, &lt;i&gt;Ra&#237;ces.&lt;/i&gt; L'engagement du groupe envers l'excellence artistique, le dialogue culturel et la collaboration r&#233;gionale en a fait un acteur incontournable du jazz et des musiques du monde au Canada. Leur travail c&#233;l&#232;bre les traditions diasporiques tout en proposant une vision moderne et inclusive des musiques latines, folkloriques, jazz et internationales, qui trouve un &#233;cho aupr&#232;s de tous les publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
8 &lt;strong&gt;Luna Nueva,&lt;/strong&gt; Montuno West, album &lt;i&gt;Ra&#237;ces,&lt;/i&gt; 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eliana Cuevas,&lt;/strong&gt; 1980, chanteuse de jazz v&#233;n&#233;zu&#233;lienne-canadienne dont la musique m&#234;le jazz et musique latine. Elle est surtout connue pour son album &lt;i&gt;Golpes y Flores,&lt;/i&gt; pour lequel elle a remport&#233; le &lt;i&gt;Canadian Folk Music Award&lt;/i&gt; de l'artiste solo de l'ann&#233;e lors de sa 14&#7497; &#233;dition en 2018. N&#233;e et &#233;lev&#233;e &#224; Caracas, au Venezuela, elle a d&#233;m&#233;nag&#233; au Canada en 1996 et vit actuellement &#224; Toronto, en Ontario. Sa discographie : &lt;i&gt;Cohesion&lt;/i&gt; (2002), &lt;i&gt;Ventura&lt;/i&gt; (2004), &lt;i&gt;Vidas&lt;/i&gt; (2007), &lt;i&gt;Luna Llena&lt;/i&gt; (2009), &lt;i&gt;Espejo&lt;/i&gt; (2013), &lt;i&gt;Golpes y Flores&lt;/i&gt; (2017), et, plus r&#233;cemment, &lt;i&gt;El Curruch&#225;&lt;/i&gt; (2021).&lt;br class='autobr' /&gt;
Gr&#226;ce &#224; ses ann&#233;es de tourn&#233;es &#224; travers le monde et le Canada, et &#224; ses collaborations avec des artistes laur&#233;ats de prix Juno et Grammy, Eliana Cuevas est devenue une auteure-compositrice-interpr&#232;te et chef d'orchestre accomplie, dont la palette de compositions et de paroles est infinie. Parmi ses distinctions, on compte le &lt;i&gt;Canadian National Jazz Award&lt;/i&gt; de l'artiste de jazz latin de l'ann&#233;e, deux &lt;i&gt;Toronto Independent Music Awards&lt;/i&gt; pour la meilleure artiste de musique du monde, un &lt;i&gt;Independent Music Award&lt;/i&gt; du meilleur album latin et le prix de l'artiste solo mondial de l'ann&#233;e aux &lt;i&gt;Canadian Folk Music Awards.&lt;/i&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Sur son dernier album, &lt;i&gt;El Curruch&#225;,&lt;/i&gt; avec la participation du l&#233;gendaire et regrett&#233; Aquiles B&#225;ez, Eliana Cuevas renoue avec ses racines latino-am&#233;ricaines, offrant un hommage nostalgique &#224; la musique qui l'a berc&#233;e en grandissant au Venezuela, son pays natal. Le r&#233;sultat est une performance magnifiquement intimiste, tour &#224; tour enjou&#233;e et profond&#233;ment &#233;mouvante, agr&#233;ment&#233;e d'une virtuosit&#233; &#224; la guitare et au chant.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
9 &lt;strong&gt;A Tear On The Ground,&lt;/strong&gt; Eliana Cuevas, album &lt;i&gt;Golpes y Flores,&lt;/i&gt; 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci conclut notre &#233;pisode consacr&#233; au jazz latino au Canada, un pays o&#249; la pr&#233;sence de femmes et de migrants latino-am&#233;ricains conf&#232;re &#224; ce genre musical son caract&#232;re distinctif, tout en honorant son histoire. Ce fut un plaisir de partager ce moment avec vous, et nous esp&#233;rons vous retrouver dans un prochain &#233;pisode.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Sauf mention contraire, les informations biographiques pr&#233;sent&#233;es ici sont un r&#233;sum&#233; des biographies disponibles sur &lt;a href=&#034;https://en.wikipedia.org/wiki/Main_Page&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://en.wikipedia.org/wiki/Main_Page&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://edmontonjournal.com/entertainment/music/audrey-ochoa-little-miss-higgins-stretch-evolve-to-take-their-musical-roots-beyond-borders&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://edmontonjournal.com/entertainment/music/audrey-ochoa-little-miss-higgins-stretch-evolve-to-take-their-musical-roots-beyond-borders&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://chronographrecords.com/2024/05/24/luis-tovar-releases-dance-inspire-ep-storm-with-sabrina-naz/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://chronographrecords.com/2024/05/24/luis-tovar-releases-dance-inspire-ep-storm-with-sabrina-naz/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://elianacuevas.com/site/about-sle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://elianacuevas.com/site/about-sle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est du jazz latino 46 (Canada)&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Un espace pour l'&#233;coute, la danse et le plaisir&#8230;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1 &lt;strong&gt;Manha De Carnaval,&lt;/strong&gt; Oscar Peterson, album &lt;i&gt;Soul Espa&#241;ol&lt;/i&gt;, 1966.&lt;br class='autobr' /&gt;
2 &lt;strong&gt;Pac&#225; por Juanito,&lt;/strong&gt; Hilario Duran and his Latin Jazz Big Band, album &lt;i&gt;Cry Me a River&lt;/i&gt;, 2023.&lt;br class='autobr' /&gt;
3 &lt;strong&gt;Human Race,&lt;/strong&gt; Jane Bunnett and Maqueque, album &lt;i&gt;Playing With Fire&lt;/i&gt;, 2023. &lt;br class='autobr' /&gt;
4 &lt;strong&gt;The Head Of A Mouse,&lt;/strong&gt; Audrey Ochoa, album &lt;i&gt;The Head Of A Mouse&lt;/i&gt;, 2023. &lt;br class='autobr' /&gt;
5 &lt;strong&gt;Moliendo Caf&#233;,&lt;/strong&gt; Luis Tovar &lt;i&gt;Back To My Roots&lt;/i&gt;, 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
6 &lt;strong&gt;Rumba on Kent&lt;/strong&gt; St. Miguel de Armas &amp; The Ottawa Latin Jazz Orchestra, album &lt;i&gt;From Me To You&lt;/i&gt;, 2023. &lt;br class='autobr' /&gt;
7 &lt;strong&gt;Danza para los difuntos,&lt;/strong&gt; Rubim de Toledo, album &lt;i&gt;The Drip&lt;/i&gt;, 2023. &lt;br class='autobr' /&gt;
8 &lt;strong&gt;Luna Nueva,&lt;/strong&gt; Montuno West, album &lt;i&gt;Ra&#237;ces&lt;/i&gt;, 2024. &lt;br class='autobr' /&gt;
9 &lt;strong&gt;A Tear On The Ground,&lt;/strong&gt; Eliana Cuevas, album &lt;i&gt;Golpes y Flores&lt;/i&gt;, 2018.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les repas photogrammiques</title>
		<link>http://tk-21.com/Les-repas-photogrammiques</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/Les-repas-photogrammiques</guid>
		<dc:date>2026-03-01T18:34:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertrand Alberge</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans ces repr&#233;sentations des Repas de Saint-Exup&#233;ry, les 120 convives sont invisibles. Ils sont hors-champ, au-del&#224; du visible, telles les ombres projet&#233;es hors de la caverne de Platon. Seules leurs traces apparaissent sur les &#171; nappes photographiques &#187;.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH97/arton2815-ed2d0.jpg?1772390169' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans ces repr&#233;sentations des Repas pour l'anniversaire du centre culturel Saint-Exup&#233;ry de Reims, les 120 convives sont invisibles. Ils sont hors-champ, au-del&#224; du visible, telles les ombres projet&#233;es hors de la caverne de Platon. Seules leurs traces apparaissent sur les &#171; nappes photographiques &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Baignant dans la lumi&#232;re rouge, assiettes, plats, verres, couverts, sont directement pos&#233;s sur le papier photographique, qui recouvre l'int&#233;gralit&#233; de la table (deux m&#232;tres par un m&#232;tre). Les invit&#233;s viennent impressionner la surface sensible du papier, enregistrant les formes et les transparences des aliments &#224; l'aide de petits dispositifs lumineux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le regard glisse sur la s&#233;rie, les photogrammes s'animent. Des mains, des couverts apparaissent, disparaissent. Les zones blanches, grises, noires se d&#233;placent. Tout bouge, un &#233;cho du pass&#233; nous effleure. Chaque photogramme devient &#233;l&#233;ment d'un film, ou un instant, &#233;cran de la peau d'un tambour scand&#233; par un chamane qui nous transporte dans les clameurs et les voix de la soir&#233;e. Magie synesth&#233;sique dans l'image, l'&#339;il devient oreille.
&lt;br&gt; &lt;br&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_23184 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/repas_de_saint_exupery_01.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L400xH800/repas_de_saint_exupery_01-9ad2a.jpg?1770799478' width='400' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/repas_de_saint_exupery_04.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L400xH800/repas_de_saint_exupery_04-cc94c.jpg?1770799478' width='400' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/repas_de_saint_exupery_05.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L396xH800/repas_de_saint_exupery_05-7d302.jpg?1770799478' width='396' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23188 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/repas_de_saint_exupery_06.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L396xH800/repas_de_saint_exupery_06-6e9e3.jpg?1770799478' width='396' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/repas_de_saint_exupery_11.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L397xH800/repas_de_saint_exupery_11-7f417.jpg?1770799478' width='397' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_23185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/repas_de_saint_exupery_02.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L404xH800/repas_de_saint_exupery_02-ab237.jpg?1770799478' width='404' height='800' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Les repas photogrammiques de Saint-Exupery, Bertrand Alberge, reproductions par Bertrand Huet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smaris Elaphus N&#176;03 : M&#233;moire et bruits&lt;br class='autobr' /&gt;
En librairie sur commande et en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-10 &#8207; : &#8206; 2372282204&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-13 &#8207; : &#8206; 978-2372282208&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/IMG/gif/couv-se03-pr-com-4-tk.gif' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
