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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>Hyst&#233;riser l'image</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandrine Boyer et Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans sa derni&#232;re vid&#233;o, &#034;Rue Fran&#231;ois Lehmann&#034;, Alexandrine Boyer poursuit, avec un dispositif simple, son investigation des relations que l'on croit &#233;videntes et qui ne sont qu'&#233;nigmes, entre l'image et le son, l'&#233;vidence suppos&#233;e du visible et l'intenable ambigu&#239;t&#233; des bruits. Les bruits sont presque accord&#233;s &#224; l'image et l'image se r&#233;v&#232;le presque accord&#233;e &#224; elle-m&#234;me. &#192; ceci pr&#232;s que ce &#171; presque &#187;, une vague f&#234;lure dans le glacis des certitudes, signale l'existence d'une faille sismique majeure. L'image ne se contente pas d'&#234;tre fixe ou mobile. Sous nos yeux, elle se met &#224; trembler.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH120/arton313-6e52c.jpg?1772226915' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='120' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans sa derni&#232;re vid&#233;o, &#034;Rue Fran&#231;ois Lehmann&#034;, Alexandrine Boyer poursuit, avec un dispositif simple, son investigation des relations que l'on croit &#233;videntes et qui ne sont qu'&#233;nigmes, entre l'image et le son, l'&#233;vidence suppos&#233;e du visible et l'intenable ambigu&#239;t&#233; des bruits. Les bruits sont presque accord&#233;s &#224; l'image et l'image se r&#233;v&#232;le presque accord&#233;e &#224; elle-m&#234;me. &#192; ceci pr&#232;s que ce &#171; presque &#187;, une vague f&#234;lure dans le glacis des certitudes, signale l'existence d'une faille sismique majeure. L'image ne se contente pas d'&#234;tre fixe ou mobile. Sous nos yeux, elle se met &#224; trembler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/xzmbzg?foreground=%23E5DCD5&amp;highlight=%23962C2A&amp;background=%23201603&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Sont-ce nos yeux qui palpitent ? Est-ce notre attention qui se rel&#226;che ? Y a-t-il un pi&#232;ge qui est en train non pas de se refermer sur nous mais de s'ouvrir devant nous risquant nous engloutir ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Ici, le rideau se l&#232;ve &#224; la fin. Est-ce que cela signale un retard &#224; l'allumage de notre machine perceptive ? Il semble bien plut&#244;t que ce soit autre chose qui se joue. La pr&#233;sentation d'un ph&#233;nom&#232;ne connu mais dont on n'avait pas imagin&#233; trouv&#233; une forme au c&#339;ur m&#234;me de l'image, c'est-&#224;-dire de la connexion entre le visible et le regard, l'existence d'une hyst&#233;rie de l'image.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2301|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;1&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il y a une diff&#233;rence de potentiel entre ce qui se donne &#224; voir et le regard qui s'en empare. Sans doute, peut-on postuler que ce qui se donne &#224; voir en fait ne se donne pas puisqu'il n'y a pas &#224; priori d'id&#233;e dans l'arbre, la fleur, le fleuve, la montagne, la maison, la chaise, d'&#234;tre l&#224; expos&#233; &#224; un regard, &#224; des regards, et encore moins d'intention de le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La structure intentionnelle est tout enti&#232;re humaine. Elle a pour fonction de permettre &#224; cet &#234;tre perdu dans l'univers et confront&#233; &#224; une nature inhospitali&#232;re, de se forger des rep&#232;res et de contenir les forces incommensurables qui s'y manifestent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le regard est le vecteur central de cette structure intentionnelle. Fen&#234;tre s'ouvrant sur le monde, le regard n'embrasse ce qui vient &#224; lui qu'en s'y opposant. Il ne peut faire autrement que r&#233;sister &#224; la d&#233;mesure spontan&#233;e de ce qui est l&#224;, dehors, s'il veut pouvoir le rendre supportable avant de l'int&#233;grer.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ces manifestations de l'immensit&#233;, ces al&#233;as des vents, ces battements de la houle, tout ce qui vient du dehors, et la ville fait aujourd'hui partie de ce dehors, se tient face au regard sans cesse au bord de l'hyst&#233;rie. L&#224; est la source non tant du beau que de la sensation, qui ne &#171; pense &#187; que par l'&#233;tablissement de mesures subtiles entre des d'intensit&#233;s diff&#233;rentes, celle du regard et celle du monde &#233;tant la premi&#232;re et la plus incernable.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout regard donc, r&#233;siste &#224; une force et oppose un cadre, une limite &#224; l'ubris des forces qui constituent et agitent le monde. Il peut aussi et il doit m&#233;tamorphoser ce non-sens en quelque chose d'acceptable par la machine r&#233;ceptrice. Mais, le regard diverge de la perception. Il met en place une attention port&#233;e &#224; des d&#233;tails &#224; des choses qui n'entrent pas directement dans le grand m&#233;canisme de d&#233;fense. Le regard devient ouverture &#224; des &#171; perceptions inutiles &#187; ch&#232;res &#224; Paul Val&#233;ry en ce qu'il peut leur conf&#233;rer une valeur en les extrayant de leur contexte.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme ces perceptions inutiles sont instables, le travail du regard est &#224; la fois de les trier et de les stabiliser. Et, ne tenant compte que de ces formes stables, nous oublions, nous occultons, les moments en ayant pr&#233;c&#233;d&#233; l'&#233;tablissement. L'intention, cette attente que nous projetons sur le monde, finit par nous faire nous comporter comme si nous &#233;tions certains que nos attentes allaient &#234;tre combl&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2298|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;br class='autobr' /&gt;
Conduire l'intentionnalit&#233; &#224; ses limites pour la retourner sur les processus qu'elle met en branle et qui la d&#233;terminent, voil&#224; ce que les images d'Alexandrine Boyer nous font exp&#233;rimenter. C'est l&#224; que se r&#233;v&#232;le ce statut refoul&#233; de l'image, son hyst&#233;rie, entendons le fait que par nature, elle tremble, h&#233;sitante qu'elle est au moment de sa formation, moment qui dans le feed-back que nous propose cette &#339;uvre devient celui de sa restitution.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si elle h&#233;site, cette image, c'est qu'elle n'est pas seulement compos&#233;e d'&#233;l&#233;ments visibles mais de beaucoup d'autre choses, de sons, de voix, de mouvements divers et de pi&#232;ges d'une simplicit&#233; enfantine qui s'interposent entre le regard et le visible.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandrine Boyer parvient, &#224; partir d'un dispositif simple, &#224; rendre &#224; ces &#233;l&#233;ments, &#233;chos affaiblis des grandes forces que l'on a vues hanter le visible originaire, une fonction que l'image &#171; convenue &#187; ne cesse de leur &#244;ter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle nous dit que l'image &#171; est &#187; hyst&#233;rique comme le vent est invisible et ou comme la paupi&#232;re ne cesse de clignoter &#171; dans &#187; le regard.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'enjeu est cependant plus important encore, c'est pourquoi on ne peut r&#233;duire cette hyst&#233;risation de l'image &#224; la simple remise &#224; plat des m&#233;canismes de la surprise que r&#233;v&#232;le la fin de l'&#339;uvre. Ce n'est donc pas une v&#233;rit&#233;, elle serait en ce sens si banale, qu'elle nous d&#233;voile en ouvrant les volets de l'occultation devant le regard oublieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; une diff&#233;rence entre deux aspects de la pens&#233;e qu'elle nous confronte.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Si par exemple &#8211; et celui-ci ne serait certainement pas infid&#232;le &#224; l'esprit de Benjamin- le concept abstrait de Vernunft (raison) est reconduit &#224; son origine dans le verbe vernehmen (percevoir, entendre), on peut penser qu'un mot de la sph&#232;re de la superstructure a &#233;t&#233; restitu&#233; &#224; son infrastructure sensible, ou, &#224; l'inverse, qu'un concept a &#233;t&#233; transform&#233; en une m&#233;taphore &#8211; &#224; supposer que m&#233;taphore soit entendu au sens originel, non all&#233;gorique de metapherein (transporter). Car une m&#233;taphore &#233;tablit un lien qui est per&#231;u de mani&#232;re sensible dans son imm&#233;diatet&#233; et n'appelle aucune interpr&#233;tation, tandis qu'une all&#233;gorie proc&#232;de toujours d'une notion abstraite et invente ensuite quelque chose de tangible qui permet de se la repr&#233;senter en quelque sorte &#224; volont&#233;. L'all&#233;gorie doit &#234;tre pr&#233;alablement expliqu&#233;e pour pouvoir prendre un sens, il faut trouver une solution &#224; l'&#233;nigme qu'elle pr&#233;sente, de sorte que l'interpr&#233;tation souvent laborieuse des figures all&#233;goriques fait malheureusement toujours songer &#224; la solution d'une devinette, m&#234;me si cela ne demande pas plus d'ing&#233;niosit&#233; que dans le cas de la repr&#233;sentation all&#233;gorique de la mort par un squelette. &#187; (Hannah Arendt, Walter Benjamin, Ed Allia p. 32-33).&lt;br class='autobr' /&gt;
La tension entre la vraie fausse &#233;nigme du rideau lev&#233; et le r&#233;el et sensible tremblement des images port&#233; par un bruitage savant, entre une all&#233;gorie r&#233;v&#233;lante et une m&#233;taphore incarn&#233;e, constitue la v&#233;ritable forme de l'hyst&#233;rie de l'image.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est donc pas le tremblement qui hyst&#233;rise l'image, ce ne serait alors qu'une sorte d'all&#233;gorie &#224; peine masqu&#233;e, mais bien la diff&#233;rence de potentiel entre l'attention port&#233;e par le regard &#224; ce qu'il d&#233;couvre, fascin&#233; qu'il est toujours au moins un temps quel que soit la chose qu'il regarde, et celle de la pens&#233;e toute tendue vers ce qu'elle esp&#232;re, la d&#233;couverte de l'&#233;nigme cens&#233;e signer sa toute puissance sur le regard m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
En renvoyant le regard &#224; ses sources, aussi instables que mouvement&#233;es, les images hyst&#233;ris&#233;es de cette &#034; Rue Fran&#231;ois Lehmann &#034; lib&#232;rent la pens&#233;e pour d'autres taches que celles de la reconduction de myst&#232;res &#233;vent&#233;s et conf&#232;rent &#224; cette &#171; hyst&#233;rie &#187; une puissance lib&#233;ratoire pour le regard m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;tt&gt;&lt;emb2300|center&gt;&lt;/tt&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'envers de la m&#233;moire</title>
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		<dc:creator>Alexandrine Boyer et Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;TK-21 La Revue pr&#233;sente une nouvelle &#339;uvre d'Alexandrine Boyer, Pages blanches, une vid&#233;o, mettant en sc&#232;ne dans un jeu subtil de superpositions, simplement des pages blanches. Blanches ? Oui ! Enfin presque !&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/memoire" rel="tag"&gt;m&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH109/arton297-833ec.jpg?1772226915' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;TK-21 La Revue pr&#233;sente une nouvelle &#339;uvre d'Alexandrine Boyer, Pages blanches, une vid&#233;o, mettant en sc&#232;ne dans un jeu subtil de superpositions, simplement des pages blanches. Blanches ? Oui ! Enfin presque !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/xzmbyi?foreground=%23E5DCD5&amp;highlight=%23962C2A&amp;background=%23201603&amp;logo=0&amp;autoPlay=1&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;In&#233;vitable de d&#233;crire ce que pourtant l'on va pourtant regarder parce que les mots, ici, soudain, retrouvent comme une puissance que souvent m&#234;me lorsque nous les employons du fond de notre d&#233;sir, ils perdent. En nous. Pour nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une conf&#233;rence de 1935, intitul&#233;e &lt;i&gt;Le bilan de l'intelligence&lt;/i&gt;, (&#201;ditions allia 2012), dans laquelle il s'essayait &#224; rendre compte des mutations en cours dans le monde, des mutations du monde, mutations dont il percevait d&#233;j&#224; avec lucidit&#233; combien elles &#233;taient irr&#233;versibles, Paul Val&#233;ry pouvait noter d'une part que &#171; nous ne supportons plus la dur&#233;e &#187; (p.8) et d'autre part que malgr&#233; cette grande d&#233;bauche de lecture, mais d'une lecture si rapide qu'elle nous emporte, que &#171; le langage s'use en nous &#187; (p.56).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici rien de rapide, mais pourrait-on dire les effets de cette double contrainte qui voit l'impossibilit&#233; de s'&#233;prendre de la dur&#233;e coop&#233;rer en nous pour &#233;treindre les mots au point de les faire dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins qu'il en aille ainsi au fond de toute &#233;ternit&#233; ou presque et que ce nous croyons se produire rien que pour nous, est un ph&#233;nom&#232;ne si ancien en nous que nous l'avons occult&#233;, oubli&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Oui, nous d&#233;sirons voir et savoir. Oui nous cherchons &#224; exister en faisant de notre existence l'unit&#233; de mesure de l'exactitude du monde et d&#233;sormais de l'univers dont nous recevons jour apr&#232;s jours des nouvelles fra&#238;ches des origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a peu encore, cette d&#233;mesure psychique, cette ambition intime, cet &#233;cart&#232;lement programm&#233; entre savoir et conna&#238;tre, c'est au papier qu'on le confiait, laissant &#224; la plume et &#224; la main qui la tenait le soin de servir de roue motrice aux r&#234;ves incertains foment&#233;s par notre cerveau. Ce sont ces pages-l&#224; que nous montre une &#224; une superpos&#233;es et pourtant comme si elles &#233;taient l'une dans l'autre ench&#226;ss&#233;es dans une dur&#233;e sans fin, ces pages sur lesquelles &#224; l'&#233;vidence les mots plut&#244;t que les dessins ou les images venaient trouver refuge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant rien. Plus rien. On pourrait arguer en rationaliste fatigu&#233; que jamais rien n'a &#233;t&#233; &#233;crit sur ces pages que c'est dans leur nudit&#233; adamique qu'elles paraissent devant nous. Oui, on le pourrait ! Mais on se tromperait. Leur fra&#238;cheur est toute peupl&#233;e de doute, de traces infimes, de pliures incertaines, de d&#233;chirures asymptotiques, de taches de rousseur, de lignes enfin qui sont dans le souvenir de chacun la ligne de l'horizon des mots, la ligne de l'horizon sur laquelle les mots, les mots seuls apparaissent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors on comprend qu'il importe peu que ce soit avant ou apr&#232;s les mots que ces pages viennent &#224; nous que ce soit avant ou apr&#232;s la maculation, la rature, avant ou apr&#232;s l'&#233;criture, puisqu'elles sont nues de cette nudit&#233; qui fait qu'on d&#233;tourne un peu la t&#234;te parce qu'elle est, comment dire ?, presque obsc&#232;ne &#224; cause de sa date de fra&#238;cheur d&#233;pass&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis nous regardons encore d&#233;filer ces pages blanches, ou presque, blanches parce que vide de signes, comme les r&#234;ves d'H&#246;lderlin dans la derni&#232;re partie de sa vie, blanches parce qu'ayant commis le crime parfait, celui d'avoir en effet tu&#233; les mots sans qu'on s'en aper&#231;oive, ou de les avoir aval&#233;s, dig&#233;r&#233;s, ou de les avoir absouts au point que, s'&#233;tant sentis libres de ne plus porter sur leur dos la mis&#232;re des autres, libre enfin de tout, ils s'en sont all&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous regardons, et nous regardons encore ces pages passer l'une sur l'autre comme on effeuillerait en r&#234;ve l'album de la m&#233;moire de l'humanit&#233;, ces pages blanches comme le sont les &#233;crans de Shugimoto, comme le seraient des s&#339;urs, blanches d'avoir pu permettre une conception immacul&#233;e, blanches d'avoir pu concevoir qu'il pourrait y avoir des traces, blanches d'avoir prouv&#233; que cette histoire de traces, de m&#233;moires, de souvenirs, c'est une histoire sans nom, la n&#244;tre, celle que nous lisons, &lt;i&gt;eyes wid shut&lt;/i&gt;, en les regardant passer, vibrer, vivre, nues, pour elles seules, dans la vid&#233;o d'Alexandrine Boyer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
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		<title>D&#233;croire</title>
		<link>http://tk-21.com/Decroire</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandrine Boyer et Jean-Louis Poitevin</dc:creator>


		<dc:subject>vid&#233;o</dc:subject>
		<dc:subject>paysage</dc:subject>
		<dc:subject>landscape</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rapprocher ce qui est lointain, inaccessible en tant que tel, rapetisser ce qui est immense, incommensurable, rendre familier ce qui est &#233;tranger, abaisser le niveau de l'angoisse &#233;prouv&#233; face au paysage dont le silence glacial est difficilement supportable, faire face donc &#224; la solitude absolue de l'humain et lui permettre de ralentir le battement de son c&#339;ur lorsqu'il s'effraye devant tant de puissance contenue, telles sont sans doute, brutalement rappel&#233;es, les fonctions essentielles qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://tk-21.com/Cerveau" rel="directory"&gt;Cerveau&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/video" rel="tag"&gt;vid&#233;o&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/paysage-28-28-28" rel="tag"&gt;paysage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/landscape" rel="tag"&gt;landscape&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH90/arton291-e4db4.jpg?1772226915' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rapprocher ce qui est lointain, inaccessible en tant que tel, rapetisser ce qui est immense, incommensurable, rendre familier ce qui est &#233;tranger, abaisser le niveau de l'angoisse &#233;prouv&#233; face au paysage dont le silence glacial est difficilement supportable, faire face donc &#224; la solitude absolue de l'humain et lui permettre de ralentir le battement de son c&#339;ur lorsqu'il s'effraye devant tant de puissance contenue, telles sont sans doute, brutalement rappel&#233;es, les fonctions essentielles qui motivent le geste photographique dans sa globalit&#233;, de la prise de vue &#224; la r&#233;ception des images.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe frameborder=&#034;0&#034; width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/embed/video/xzmc4u?foreground=%23E5DCD5&amp;highlight=%23962C2A&amp;background=%23201603&amp;logo=0&amp;autoPlay=1&#034;&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Avec Mirage une vid&#233;o br&#232;ve comme un coup de fouet, Alexandrine Boyer s'attaque &#224; la constitution triple de l'image fixe : &#234;tre une surface immobile sur laquelle le regard erre, &#234;tre une structure d'attente forg&#233;e par le syst&#232;me de projection du psychisme, &#234;tre un silence peupl&#233; de voix chim&#233;riques qu'un regard fascin&#233; fait taire pour ne pas &#234;tre d&#233;rang&#233; dans son acte extatique de contemplation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conf&#233;rant &#224; ces images fixes la densit&#233; palpable du mouvement par la prise de vue vid&#233;o, c'est notre regard qu'elle coupe en deux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Car nous comprenons vite que ce que nous voyons, ce sont en quelque sorte des cartes postales ou des photographies de paysage. En effet, jamais un nuage ne bouge dans le ciel qui &#233;merge au-dessus de ces montagnes et de ces roches aux allures inhospitali&#232;res, mais la cam&#233;ra, elle, passe en quelque sorte d'une image l'autre, donnant &#224; ce feuilletage d'un catalogue de sites pour promeneurs chevronn&#233;s une allure de marathon a&#233;rien.&lt;br class='autobr' /&gt;
La vid&#233;o permet, ce que l'image fixe ne fait jamais, d'inclure du son dans l'image. Il faut en effet un certain mouvement de l'image pour que le mouvement de la vibration sonore soit justifi&#233;. Ici, peu ou pas de relation analogique entre le son et l'image. Les bruits semblent provenir de deux ou trois sources diff&#233;rentes, l'une qui serait celle de cours d'eau comme on en entend en effet dans les montagnes, l'autre qui serait celle d'un train passant hors-cadre, celle enfin du bruit de fond de l'univers, comme si on venait d'ouvrir la porte d'un capsule spatiale voyageant au milieu du cosmos. Et passant d'une montagne l'autre le bruit nous plonge alternativement dans l'id&#233;e incertaine d'une proximit&#233; ou d'un &#233;loignement radical avec ce que nous voyons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dire que ces bruits transforment les images pourtant nettes comme des cartes postales en allusions spectrales est le moins que l'on peut faire, n'&#233;tait pour confirmer la spectrale r&#233;alit&#233; des images, le surgissement inattendu d'un doigt, aussi r&#233;el qu'un aveu, provenant de l'improbable envers de l'image et la d&#233;chirant comme on le fait lorsque l'on veut prouver le mirage d'une consistance mensong&#232;re. Mais aussit&#244;t le mouvement reprend qui nous conduit d'une image l'autre. Le doigt a disparu et il ne reviendra plus. Il n'y a plus que les bruits. Le paysage qui sous nos yeux a &#233;t&#233; r&#233;duit &#224; sa consistance de relique d'une croyance sans dieu, sinon l'image m&#234;me, a retrouv&#233; son allure de spectre sage. Le mirage est redevenu l'objet inavou&#233; de notre croyance et le son, lui, retrouve sa puissance inavou&#233;e, en ce qu'il prend, comme le dit si bien Verlaine, &#171; l'inflexion des voix ch&#232;res qui se sont tues &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="alexandrineboyer.tumblr.com" class="spip_out"&gt;alexandrineboyer.tumblr.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Extrait de &lt;strong&gt;L'&#339;uvre d'art &#224; l'&#233;poque de sa reproductibilit&#233; technique&lt;/strong&gt; de &lt;i&gt;Walter Benjamin :&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tentation pour l'&#339;il ou de s&#233;duction pour l'oreille que l'&#339;uvre &#233;tait auparavant, elle devint projectile chez les dada&#239;stes. Spectateur ou lecteur, on en &#233;tait atteint. L'&#339;uvre d'art acquit une qualit&#233; traumatique. Elle a ainsi favoris&#233; la demande de films, dont l'&#233;l&#233;ment distrayant est &#233;galement en premi&#232;re ligne traumatisant, bas&#233; qu'il est sur les changements de lieu et de plan qui assaillent le spectateur par &#224;-coups. Que l'on compare la toile sur laquelle se d&#233;roule le film &#224; la toile du tableau ; l'image sur la premi&#232;re se transforme, mais non l'image sur la seconde. Cette derni&#232;re invite le spectateur &#224; la contemplation. Devant elle, il peut s'abandonner &#224; ses associations. Il ne le peut devant une prise de vue. &#192; peine son &#339;il l'a-t-elle saisi que d&#233;j&#224; elle s'est m&#233;tamorphos&#233;e. Elle ne saurait &#234;tre fix&#233;e. Duhamel, qui d&#233;teste le film, mais non sans avoir saisi quelques &#233;l&#233;ments de sa structure, commente ainsi cette circonstance : je ne peux d&#233;j&#224; plus penser ce que je veux. Les images mouvantes se substituent &#224; mes propres pens&#233;es (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le processus d'association de celui qui contemple ces images est aussit&#244;t interrompu par leurs transformations. C'est ce qui constitue le choc traumatisant du film qui, comme tout traumatisme, demande &#224; &#234;tre amorti par une attention soutenue (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par son m&#233;canisme m&#234;me, le film a rendu leur caract&#232;re physique aux traumatismes moraux pratiqu&#233;s par le dada&#239;sme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Georges DUHAMEL, Sc&#232;nes de la vie future, Paris, 1930, p. 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Le film repr&#233;sente la forme d'art correspondant au danger de mort accentu&#233; dans lequel vivent les hommes d'aujourd'hui. Il correspond &#224; des transformations profondes dans les modes de perception transformations telles qu'&#233;prouve, sur le plan de l'existence priv&#233;e, tout pi&#233;ton des grandes villes et, sur le plan historique universel, tout homme r&#233;solu &#224; lutter pour un ordre vraiment humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte a &#233;t&#233; choisi par Alexandrine Boyer&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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