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	<title>TK-21 </title>
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	<description>TK-21 suit les nouvelles formes que prend le conflit entre mots et images. TK-21 d&#233;crypte la r&#233;alit&#233;, les ombres, les croyances. Images, appareils, soci&#233;t&#233;, cerveau, ville sont ses cinq vecteurs d'analyse.</description>
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		<title>TK-21 </title>
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		<title>M&#233;moires interdites</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>livre</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Il arrive qu'on trouve sur un banc public, sur la table d'un restaurant, sur le rebord d'une fen&#234;tre, sur le si&#232;ge arri&#232;re d'un taxi, ou dans tout autre lieu plus insolite, un livre abandonn&#233;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/livre" rel="tag"&gt;livre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/memoire" rel="tag"&gt;m&#233;moire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2801-5b827.jpg?1772186812' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il arrive qu'on trouve sur un banc public, sur la table d'un restaurant, sur le rebord d'une fen&#234;tre, sur le si&#232;ge arri&#232;re d'un taxi, ou dans tout autre lieu plus insolite, un livre abandonn&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On peut l'ignorer. On peut le prendre en main et parfois d&#233;couvrir sur la page de garde un texte manuscrit, indiquant que l'abandon &#233;tait volontaire et qu'il serait judicieux que le livre ainsi propos&#233; &#224; une nouvelle lecture soit ensuite remis en circulation. Chaque lecteur, chaque lectrice peut librement ajouter un mot, souligner une phrase ou corner une page. Le livre garde ainsi la m&#233;moire de son p&#233;riple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des enfants ont remarqu&#233; qu'il est fr&#233;quent de mettre en terre des &#234;tres chers d&#233;c&#233;d&#233;s et d'en conserver le souvenir par diff&#233;rents stratag&#232;mes. Ils ont &#233;galement constat&#233; que des graines ensevelies, &#224; la bonne profondeur dans un terreau nourricier, peuvent germer et des plantes ensuite grandir pour offrir au soleil de belles efflorescences. Ils se sont r&#233;unis en petits groupes pour organiser des c&#233;r&#233;monies clandestines d'enterrement de leurs jouets pr&#233;f&#233;r&#233;s, dans l'espoir que leurs r&#234;ves puissent un jour devenir r&#233;alit&#233;. L'&#201;tat est rapidement intervenu pour interdire le transport des jouets dans l'espace public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant constat&#233; des all&#233;es et venues suspectes ainsi que des regroupements de plus de six individus dans des lieux de m&#233;moire, l'&#201;tat a promulgu&#233; une loi prohibant toute circulation &#224; plus d'un kilom&#232;tre &#224; partir des domiciles et rappel&#233; le d&#233;cret sur l'occupation de l'espace public interdisant d'&#234;tre ici et ailleurs en m&#234;me temps. En cons&#233;quence, les forces de police charg&#233;es du maintien de l'ordre sont partout et les physiciens pr&#233;tendant que la superposition des &#171; ici &#187; et des &#171; ailleurs &#187; est une r&#233;alit&#233; quantique ont &#233;t&#233; interdits d'enseignement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans certaines rues, on voit des recluses et des reclus &#233;tendre &#224; leur fen&#234;tre des tissus de couleurs, des robes, des tuniques, des vestes ou des foulards. Ces parures sont devenues inutiles depuis l'interdiction d'acc&#233;der au-dehors qui a rendu superflu le plaisir d'&#234;tre, de rencontrer et de s&#233;duire. Ainsi la ville dansante est devenue un labyrinthe de rues vides habill&#233;es d'oripeaux, eux-m&#234;mes rapidement r&#233;prim&#233;s parce que consid&#233;r&#233;s comme subversifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les acc&#232;s aux plages sont d&#233;sormais interdits parce que la contemplation nostalgique d'un horizon a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e dangereuse pour la sant&#233; publique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Seuls des bruits de r&#233;voltes peuvent habiter un monde sans m&#233;moires. De percutantes sonorit&#233;s, infimes d'abord, parce que personnelles, puis r&#233;unies en irr&#233;sistibles et tumultueuses clameurs collectives, occupent alors bruyamment l'espace public.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Smaris Elaphus N&#176;03 : M&#233;moire et bruits&lt;br class='autobr' /&gt;
En librairie sur commande et en ligne&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-10 &#8207; : &#8206; 2372282204&lt;br class='autobr' /&gt;
ISBN-13 &#8207; : &#8206; 978-2372282208&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_27068 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/IMG/gif/couv-se03-pr-com-4-tk.gif' width=&#034;300&#034; height=&#034;300&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La septi&#232;me vague</title>
		<link>http://tk-21.com/La-septieme-vague</link>
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		<dc:date>2024-11-03T14:45:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>Photo plasticienne</dc:subject>
		<dc:subject>sculpture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Dans la partie basse de certaines vall&#233;es alpines, il est fr&#233;quent de recueillir des bois flott&#233;s arrach&#233;s en amont par des flots souvent torrentueux. Ils se d&#233;posent en des endroits o&#249; le courant perd de sa puissance : dans une boucle de la rivi&#232;re, au front d'un &#238;lot. Apr&#232;s de fortes crues, ils peuvent rester suspendus dans les feuillages d'arbres riverains. En g&#233;n&#233;ral, leurs formes sont adoucies et leurs couleurs d&#233;lav&#233;es.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Photo-plasticienne" rel="tag"&gt;Photo plasticienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/sculpture" rel="tag"&gt;sculpture&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2548-ea5e8.jpg?1772284978' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la partie basse de certaines vall&#233;es alpines, il est fr&#233;quent de recueillir des bois flott&#233;s arrach&#233;s en amont par des flots souvent torrentueux. Ils se d&#233;posent en des endroits o&#249; le courant perd de sa puissance : dans une boucle de la rivi&#232;re, au front d'un &#238;lot. Apr&#232;s de fortes crues, ils peuvent rester suspendus dans les feuillages d'arbres riverains. En g&#233;n&#233;ral, leurs formes sont adoucies et leurs couleurs d&#233;lav&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une de ces vall&#233;es, la d&#233;couverte au d&#233;but de l'automne de bois flott&#233;s tr&#232;s particuliers fit grand bruit. Elle fut m&#234;me relat&#233;e dans une chronique locale. La raison en &#233;tait la nature des objets venus se d&#233;poser aux endroits o&#249; d'ordinaire seules des branches ou des planches us&#233;es encombrent le passage de l'eau. Leurs formes &#233;taient diverses mais toutes g&#233;om&#233;triques, associant poly&#232;dres complexes, c&#244;nes, sph&#232;res ou cylindres. Les ar&#234;tes &#233;taient vives, les arrondis parfaits. Aucune &#233;rosion n'avait entam&#233; le savant travail de d&#233;coupe du bois, si bien qu'on avait d'abord pens&#233; que les objets avaient &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;s (par qui ? pourquoi ?) &#224; l'endroit m&#234;me des trouvailles. Cette hypoth&#232;se fut vite abandonn&#233;e quand des promeneurs racont&#232;rent avoir vu des formes similaires flotter &#224; peu de distance des berges de la rivi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/jpbrazs_6_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/jpbrazs_6_-deb0e.jpg?1729080419' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lors du premier arrivage, les objets recueillis &#233;taient de bois brut ou partiellement recouverts d'une peinture qui semblait fra&#238;chement pos&#233;e. D'abord le blanc domina, puis la gamme color&#233;e s'&#233;largit aux teintes de terres naturelles. Le troisi&#232;me arrivage s'enrichit des tons purs d'orang&#233;s, de violets ou de verts. Les rouges, les bleus et les jaunes suivirent ensuite par vagues successives. L'engouement pour ces objets peints, que certains commenc&#232;rent &#224; recueillir et &#224; collectionner, prit un tour nouveau quand l'or fit son apparition. D'abord sur l'une des faces des poly&#232;dres, puis en couvrant des surfaces de plus en plus larges. Finalement des bois enti&#232;rement recouverts de feuilles d'or form&#232;rent des tas lumineux au bord de la rivi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il s'agissait de se bousculer aux endroits habituels des d&#233;p&#244;ts pour emporter une part du butin ; d'y venir t&#244;t le matin. Les soci&#233;t&#233;s de p&#234;che engrang&#232;rent les cotisations de nouveaux adh&#233;rents qui purent alors tra&#238;ner au fil de l'eau leur ligne et surtout leur regard. On a vu, en pleine nuit, des ombres humaines munies d'&#233;puisettes courir sur les berges vers l'amont de la rivi&#232;re, esp&#233;rant pr&#233;lever avant tous les autres les tr&#233;sors descendant le cours d'eau. D'autres tendirent des filets dans d'&#233;troits passages entre berges et &#238;les, mais durent rapidement abandonner ce mode de capture assimil&#233; &#224; un acte de p&#234;che et donc d&#233;clar&#233; illicite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'hiver, les pluies torrentielles s'espac&#232;rent. Les d&#233;p&#244;ts se faisant plus rares, laiss&#232;rent aux braconniers un temps pour la r&#233;flexion. Ils devaient bien venir de quelque part ces bois peints et dor&#233;s, et de pas tr&#232;s loin, accumul&#233;s peut-&#234;tre sous une mince couche de terre ! Les averses orageuses devaient les extraire de leur gangue pour les entra&#238;ner vers un torrent, puis vers la rivi&#232;re. Ceux qui se mirent en qu&#234;te de cet endroit le firent discr&#232;tement. &#201;trangement, la randonn&#233;e p&#233;destre convertit de plus en plus d'adeptes dans la r&#233;gion : des familles enti&#232;res parcoururent les chemins longeant les plus &#233;troits cours d'eau. Jamais int&#233;r&#234;t pour les ripisylves ne fut aussi grand. Rien. Les propri&#233;taires de parcelles riveraines examin&#232;rent soigneusement leurs berges sous pr&#233;texte d'entretien, pensant que les objets pouvaient se trouver enfouis simplement &#224; faible profondeur et que l'eau les entra&#238;nait en &#233;rodant les rives naturellement. Ils entreprirent donc de les entamer m&#233;caniquement, au m&#233;pris de toute r&#233;glementation, jetant &#224; l'eau la terre st&#233;rile avec tant de fr&#233;n&#233;sie que la stabilit&#233; des sols en souffrit, provoquant des effondrements et des glissements de terrain qui firent dispara&#238;tre des prairies enti&#232;res, des vergers et m&#234;me de petites constructions proches des eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun gisement d'objets de bois dor&#233; ne fut trouv&#233;. Les grands froids de janvier limit&#232;rent les explorations, mais pas les suspicions. Les relations de voisinage en souffrirent beaucoup. Chacun pensait que l'autre pouvait avoir trouv&#233; le merveilleux endroit, gardant secr&#232;te sa d&#233;couverte pour ne pas d&#233;clencher une ru&#233;e qui n'aurait pas manqu&#233; d'&#234;tre meurtri&#232;re. Tous attendaient la fonte des neiges, les crues de printemps et les p&#234;ches miraculeuses.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/jpbrazs_2_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/jpbrazs_2_-d817c.jpg?1729080419' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand je suis arriv&#233; dans la vall&#233;e pour enqu&#234;ter sur ce ph&#233;nom&#232;ne de bois flott&#233;s, les habitants des communes riveraines &#233;vitaient d'en parler, en dehors de petits cercles familiaux ou amicaux. La r&#232;gle &#233;tait de garder pour soi les perspectives d'un avenir qui se promettait d'&#234;tre riche. Je me suis donc tourn&#233; vers le pass&#233; industrieux de la vall&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La for&#234;t pourvoyeuse de bois, l'&#233;nergie hydraulique et la main-d'&#339;uvre locale s'y trouvant r&#233;unies avaient conduit &#224; l'installation de diverses manufactures dont la plupart des b&#226;timents sont aujourd'hui abandonn&#233;s. J'ai rencontr&#233; un ancien ouvrier charg&#233; autrefois de sculpter des mod&#232;les en bois destin&#233;s au moulage en sable de pi&#232;ces m&#233;talliques. Il m'a parl&#233; de la pr&#233;cision n&#233;cessaire dans la taille de ces objets et de son souci, au moment de la fermeture de l'usine, de pr&#233;server les plus remarquables de la mise &#224; la d&#233;charge. Profitant de sa retraite, il s'est consacr&#233; &#224; leur donner de nouvelles couleurs. Ayant eu l'occasion d'apprendre la technique traditionnelle de la dorure &#224; la feuille d'or, il lui est arriv&#233; de l'appliquer aux anciens mod&#232;les en bois pour leur donner une lumi&#232;re particuli&#232;re, capable de vibrer m&#234;me dans la p&#233;nombre et la nuit &#233;toil&#233;e. La sculpture de bois polychrome retrouvait une nouvelle vie loin des chapelles baroques de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses objets peints puis dor&#233;s s'entass&#232;rent lourdement et devenaient encombrants. Ne m&#233;ritaient-ils pas d'&#234;tre mis en lumi&#232;re et en mouvement ? Il a donc pris l'habitude d'en confier certains, par vagues successives, aux flots de la rivi&#232;re et d&#233;couvrit rapidement le plaisir d'observer leurs reflets dans l'eau et leurs mani&#232;res diverses de s'&#233;loigner avant de dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut d'abord amus&#233; d'avoir d&#233;clench&#233; un engouement pour ses formes color&#233;es, lumineuses et flottantes, mais devant les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par des recherches cupides, il a d&#233;cid&#233;, &#224; l'occasion de discr&#232;tes c&#233;r&#233;monies artistiques, de jeter ses &#339;uvres directement &#224; la mer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_21727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/jpbrazs_3_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/jpbrazs_3_-bd74e.jpg?1729080419' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_21728 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/jpbrazs_4_.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/jpbrazs_4_-a6989.jpg?1729080419' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;lodie pour un jardin clos</title>
		<link>http://tk-21.com/Melodie-pour-un-jardin-clos-2377</link>
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		<dc:date>2023-12-01T16:22:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>jardin</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un jardin clos est s&#233;par&#233; du monde ext&#233;rieur par un mur d'enceinte et deux b&#226;timents accueillant ateliers d'artistes et biblioth&#232;ques. Que faire, que penser, en ce lieu dans lequel r&#233;sonnent les voix du pass&#233;, du pr&#233;sent et du futur, de l'ici et des ailleurs, de soi et des autres ? Que faire des bruits du monde ? Un jardin clos que trois personnages habitent : un chat qui apporte du dehors de bonnes et de mauvaises nouvelles ainsi que deux guetteurs, penseurs aussi, garants de quoi ?&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/jardin" rel="tag"&gt;jardin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/cinema" rel="tag"&gt;cin&#233;ma&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton2377-2ea6f.jpg?1772267077' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un jardin clos est s&#233;par&#233; du monde ext&#233;rieur par un mur d'enceinte et deux b&#226;timents accueillant ateliers d'artistes et biblioth&#232;ques. Que faire, que penser, en ce lieu dans lequel r&#233;sonnent les voix du pass&#233;, du pr&#233;sent et du futur, de l'ici et des ailleurs, de soi et des autres ? Que faire des bruits du monde ? Un jardin clos que trois personnages habitent : un chat qui apporte du dehors de bonnes et de mauvaises nouvelles ainsi que deux guetteurs, penseurs aussi, garants de quoi ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faudrait donner &#224; la derni&#232;re partie du film la belle allure d&#8216;un encha&#238;nement de questions et de r&#233;ponses, de clart&#233;s et d'incertitudes, de fuites et de retrouvailles. Tout ce qui semble contradictoire se r&#233;v&#233;lerait capable de cohabiter. Tout se r&#233;soudrait en devenant &#171; comme avant &#187;, mais transform&#233; si l&#233;g&#232;rement qu'on pourrait se dire : pourquoi tant de drames, pourquoi tant de violences, tant de lentes inqui&#233;tudes et parfois tant d'horreurs, pour en arriver &#224; une transformation si imperceptible ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourraient se succ&#233;der quatre s&#233;quences aux allures de saisons.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_20358 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/1-32.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/1-32-c9e5d.jpg?1701121227' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le &lt;i&gt;Jardin d'Hyacinthe&lt;/i&gt; Henri Bosco d&#233;crit un &#233;trange printemps : &#171; Il est un printemps souterrain qui &#233;veille, gonfle et soul&#232;ve des for&#234;ts enti&#232;res perdues et prises dans l'humus avec toutes leurs branches ; for&#234;ts invers&#233;es dont les arbres plongent leurs t&#234;tes dans la profondeur tandis que vers le haut, en qu&#234;te d'air et de lumi&#232;re, s'&#233;panouissent les racines voraces (...) Le serpent &#233;tait plein de fleurs, mais le jardin a mordu le renard et l'a tu&#233;&#8230; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il sous le jardin ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelque chose qui repose, attend, s'enfonce ou se soul&#232;ve, ou se d&#233;ploie, s'accumule, se concr&#233;tionne peut-&#234;tre, ou se d&#233;sarticule et s'&#233;parpille ? Ce ne serait pas un monde invers&#233;, ni le germe de ce qui pourrait &#233;clore &#224; l'air libre, ni un chaos informe de restes enfouis livr&#233;s &#224; la d&#233;composition. Peut-&#234;tre quelque chose qui renonce. Ou qui esp&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait tentant de soulever le dallage de pierres plates traversant en oblique le jardin, puis d'enlever la mine couche de terre arable pour acc&#233;der &#224; un sous-sol rocheux qui pourrait r&#233;server quelques surprises. Les g&#233;ologues nomment &#171; conglom&#233;rat &#187; des roches composites form&#233;es de d&#233;bris de blocs ou de galets. Il arrive (mais le fait est tr&#232;s rare) que ces roches contiennent des d&#233;bris parcourus de quelques mots grav&#233;s dans le bois, la pierre ou le m&#233;tal. S'y superposent en &#233;critures parfois maladroites, des dates incertaines, quelques noms aussi ou de simples initiales. Il est raisonnable de les interpr&#233;ter comme issus d'une crainte, d'une peur peut-&#234;tre, sachant que la seule qui vaille est celle de dispara&#238;tre et qu'alors il importe de confier une parole au futur. Sur le point de tout perdre, abandonnant un lieu de vie, il est possible que le simple fait de rassembler des objets &#224; l'utilit&#233; oubli&#233;e en r&#233;v&#232;le un sens &#224; venir, qu'il appartiendra &#224; d'autres de d&#233;chiffrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'&#233;mets l'hypoth&#232;se que sont parfois pratiqu&#233;es des inhumations discr&#232;tes, abandonnant &#224; la terre des bribes lithiques, des g&#233;odes signifiantes, des tesselles recompos&#233;es ou d'&#233;nigmatiques concr&#233;tions litt&#233;raires.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_20359 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/2-36.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/2-36-a969a.jpg?1701121227' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comment accompagner en &#233;t&#233; les forces et les pr&#233;sences &#224; l'&#339;uvre dans le jardin clos, les mouvements du vent, les cris du vivant, les lumi&#232;res changeantes et l'eau qui manque ?&lt;br class='autobr' /&gt;
L'angle nord-ouest du jardin est occup&#233; par un muret arrondi en quart de cercle. Il retient un entassement de pierres et de d&#233;bris de briques. Quelques v&#233;g&#233;taux y ont trouv&#233; un peu de terre pour s'y installer. C'est un lieu d'abandon et de survie. L'effondrement d'une partie du muret aurait pu rester un &#233;v&#232;nement mineur. Il aurait suffi d'attendre des journ&#233;es plus fra&#238;ches pour remettre les pierres en place en veillant cette fois-ci &#224; leur parfaite stabilit&#233;, mais d'autres d&#233;sordres sont survenus : certaines dalles d'un cheminement de pierres se sont soulev&#233;es et le dess&#232;chement de la pelouse a fait appara&#238;tre des concr&#233;tions calcaires &#224; l'allure de pustules pierreuses r&#233;unies en ossuaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour assurer la continuit&#233; de leur pr&#233;sence, min&#233;ral et v&#233;g&#233;tal adoptent des strat&#233;gies diff&#233;rentes : le min&#233;ral, m&#234;me s'il s'&#233;rode lentement, semble d'une pesante &#233;ternit&#233;, tant l'amplitude des rythmes g&#233;ologiques est large ; de son c&#244;t&#233; le v&#233;g&#233;tal choisit de se r&#233;g&#233;n&#233;rer continuellement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la chaleur estivale, quelque chose est en train de s'inverser &#224; mon insu dans le jardin clos. Quelle explication donner &#224; la mise en mouvement du min&#233;ral alors que le v&#233;g&#233;tal se retranche dans une immobile s&#233;cheresse ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mur a-t-il trembl&#233; avant de s'effondrer ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Que craindre ? Que les marches de pierre devenues incertaines, rendent h&#233;sitants les pas habituellement empress&#233;s de rejoindre l'ombre du seringa sur la terrasse haute du jardin ? Que les pierres sommitales du haut mur d'enceinte, parcours habituel des chats, s'accordent la libert&#233; d'une l&#233;g&#232;re ondulation ? Que quelques pierres dress&#233;es destin&#233;es &#224; marquer d'&#233;troits territoires se couchent aux premi&#232;res lueurs du jour pour se relever avec la p&#233;nombre du soir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit serait propice &#224; l'agitation des pierres du jardin, blanches d'une p&#226;leur lunaire. &#171; Je vais, je viens, je vire, je tangue et je sens que je tombe &#187;. Ainsi pensa le mur avant de s'effondrer.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_20360 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/3-41.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/3-41-36066.jpg?1701121227' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les plantes, par d&#233;finition, sont des v&#233;g&#233;taux ancr&#233;s dans le sol et l'automne est propice aux plantations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des n&#233;cessit&#233;s scientifiques ou commerciales conduisent parfois &#224; extraire des v&#233;g&#233;taux de leur milieu naturel pour doter des jardins botaniques ou ravitailler des jardineries. Aujourd'hui, les transports par avion sont rapides et les plantes vivantes n'ont &#224; supporter qu'un bref s&#233;jour hors sol. Il en &#233;tait autrement autrefois, quand elles devaient r&#233;sister &#224; de longs voyages en bateau. Elles &#233;taient transport&#233;es dans des petits bacs surmont&#233;s d'arcades en tiges de saule ploy&#233;es, dans de simples tonneaux, dans des coffres a&#233;r&#233;s par d'&#233;troites trappes et dont le couvercle formait deux plans inclin&#233;s grillag&#233;s ou dans des paniers en osier dont les montants disproportionn&#233;s &#233;taient rassembl&#233;s et ligatur&#233;s &#224; leur extr&#233;mit&#233; pour former une sorte de cage. J'imagine que durant leur s&#233;jour dans ces petites voli&#232;res, certaines plantes ont pu s'inventer des destins aventureux et saisir l'occasion de transbordements pour tenter des &#233;vasions. Les jardiniers charg&#233;s des op&#233;rations de d&#233;potage auront choisi de s'innocenter en d&#233;clarant les sp&#233;cimens v&#233;g&#233;taux morts ou invalides. Aucun t&#233;moignage ne nous est donc parvenu concernant des envols de plantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nombreuses esp&#232;ces exotiques acclimat&#233;es chez nous furent d'abord consid&#233;r&#233;es comme curieuses, dans le sens o&#249; leurs formes ou leurs couleurs devaient intriguer. Un jardin botanique, se devant de conserver des raret&#233;s, g&#233;n&#232;re parfois des convoitises et il arrive que des v&#233;g&#233;taux disparaissent des collections publiques pour satisfaire des interm&#233;diaires cupides et des amateurs attach&#233;s &#224; jouir seuls d'une passion devenue privil&#232;ge. Pourquoi n'a-t-on pas imagin&#233; la th&#232;se de la fugue ? Des plantes n'auraient pas &#233;t&#233; vol&#233;es parce que pr&#233;cieuses mais envol&#233;es parce que curieuses ! Il est difficile, en parcourant un jardin botanique, de rep&#233;rer les plantes candidates au d&#233;part. Aucune ne d&#233;voile son projet, toutes dissimulent leurs pr&#233;paratifs. La discr&#233;tion s'impose pour stocker suffisamment de sels min&#233;raux pour s'alimenter durant un voyage dont la dur&#233;e est difficile &#224; ma&#238;triser et pour se d&#233;tacher peu &#224; peu du sol jusqu'&#224; ne garder qu'une fragile attache qu'il suffira de rompre le jour du grand d&#233;part. Les &#233;vasions en groupe &#233;tant plus risqu&#233;es, ce sont g&#233;n&#233;ralement des individus isol&#233;s qui disparaissent. Si la colonie est importante, le jardinier ne remarquera rien, l'espace lib&#233;r&#233; &#233;tant rapidement occup&#233; par les plantes voisines et complices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le jardin clos, j'ai d&#233;cid&#233; de laisser les v&#233;g&#233;taux choisir leur destin : rester immobilis&#233;s au sol ou s'en d&#233;tacher discr&#232;tement en automne pour passer ailleurs un hiver temp&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;*&lt;/center&gt;&lt;div class='spip_document_20361 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/4-39.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH332/4-39-57b40.jpg?1701121227' width='500' height='332' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aux premiers jours de l'hiver, alors que les denses et bruyantes all&#233;es et venues touristiques ont c&#233;d&#233; la place &#224; une tranquillit&#233; que seul le vent bouscule, un premier mot est tomb&#233; dans le jardin clos. Venu du dehors, il est arriv&#233; sans bruit mais avec la certitude de devoir atterrir l&#224;, pour y &#234;tre accueilli et conserv&#233;, dans l'attente d'autres mots qui viendraient petit &#224; petit s'y ordonner en connivences.&lt;br class='autobr' /&gt;
En quelques jours le jardin a re&#231;u &#171; arriver &#187;, &#171; partir &#187;, &#171; attendre &#187; et &#171; oublier &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une explication &#224; ce surprenant ph&#233;nom&#232;ne est &#224; rechercher dans un ailleurs totalement invisible et inaudible depuis le jardin clos : le village. J'ai donc entrepris d'en parcourir les rues &#233;troites, &#224; la recherche de l'endroit id&#233;al pour surprendre des conversations ou esp&#233;rer une rencontre. C'est ainsi que j'ai pu recueillir le t&#233;moignage d'un lanceur de mots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;C'est le souvenir d'une s&#233;quence du film d'Andre&#239; Tarkovski &#171; Stalker &#187; qui a tout d&#233;clench&#233; : le personnage principal est un passeur qui guide dans une &#171; zone interdite &#187; un &#233;crivain et un professeur de physique. Pour progresser en toute s&#233;curit&#233; il lance d'abord devant lui un objet lourd attach&#233; &#224; un chiffon. Pour que le proc&#233;d&#233; soit plus efficace j'ai pens&#233; qu'il faudrait des mots prononc&#233;s en silence au moment du lancer ou dessin&#233;s &#224; l'encre sur le tissu.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt; J'ai r&#233;uni quelques villageoises et villageois cin&#233;philes ou amateurs d'&#233;criture dans un groupe de &#171; lanceurs de mots &#187;. Lors de nos promenades dans le village nous avons pris l'habitude, &#224; chaque pas d&#233;cisif, de jeter un mot en l'air, puis d'observer son vol, sa mani&#232;re pesante ou l&#233;g&#232;re de tomber sur le sol. Le geste du lancer &#233;tant ma&#238;tris&#233;, les courbes a&#233;riennes suivies par les mots ail&#233;s peuvent &#234;tre tendues, h&#233;sitantes ou r&#233;guli&#232;rement &#233;tir&#233;es. La retomb&#233;e est plus hasardeuse. Parfois un mot se perd dans un endroit inaccessible ou reste suspendu &#224; une branche haute. Certains points de chute donnent lieu &#224; des interpr&#233;tations longuement discut&#233;es. Une des hypoth&#232;ses les plus surprenantes a &#233;t&#233; celle d'un lien pr&#233;cis entre le mouvement des mots dans l'espace du dessus et les circonvolutions des divers r&#233;seaux naturels ou artificiels qui parcourent le sous-sol.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Personne ne s'&#233;tonne maintenant de trouver des mots &#233;parpill&#233;s sur le sol. Le plus souvent les villageois les laissent en place, mais d'autres les collectionnent, ce qui oblige les promeneurs-lecteurs &#224; combler les lacunes d'un texte hypoth&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
(&#8230;)&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous avons rapidement d&#233;couvert que des rues, des ruelles ou des places publiques pouvaient &#234;tre en attente de mots.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive qu'un mot jet&#233; &#224; une trop grande hauteur y reste suspendu. L'explication a &#233;t&#233; donn&#233;e par le professeur de physique : &#171; le temps s'est arr&#234;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2023&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le chant des lavoirs</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Avant de boire un peu d'eau frai&#770;che il est parfait qu'une bouche gourmande s'abreuve des pre&#769;cieux jus confondus d'une pe&#770;che et d'une vulve. Au fond d'un bassin un ventre de vase respire.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH102/arton1922-3efbf.jpg?1772284979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Avant de boire un peu d'eau frai&#770;che il est parfait qu'une bouche gourmande s'abreuve des pre&#769;cieux jus confondus d'une pe&#770;che et d'une vulve. Au fond d'un bassin un ventre de vase respire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les chemins de garrigue sont souvent borde&#769;s de murets de pierres se&#768;ches autrefois entretenus, abandonne&#769;s aujourd'hui aux caprices du gel, du vent et du temps. Les plantes doivent chercher profonde&#769;ment une eau partage&#769;e avec les inge&#769;nieuses captations alimentant des citernes et des lavoirs. Ces points de frai&#770;cheur sont des haltes tre&#768;s appre&#769;cie&#769;es des randonneurs. Les mouvements de l'eau, les reflets changeants et la me&#769;lodie des clapotis encouragent une certaine re&#770;verie. Ils accompagnent alors des pense&#769;es vagabondes : l'eau conduite, de&#769;tourne&#769;e, de&#769;rive&#769;e, canalise&#769;e, retenue, surgit, disparai&#770;t, ressurgit, jaillit, transpire, s'e&#769;vapore puis se condense, s'e&#769;goutte, se concentre en bassin, s'e&#769;coule par un trop-plein, bouillonne, s'effondre en chute, s'immobilise en miroir. Tant de roues a&#768; aube peuvent e&#770;tre mises en mouvements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains lavoirs qu'il est possible de de&#769;couvrir dans un territoire entre Gard et Arde&#768;che a&#768; proximite&#769; de Barjac ont une particularite&#769; : on y trouve des boi&#770;tes me&#769;talliques pose&#769;es dans un repli du mur ou glisse&#769;es entre charpente et tuiles. On les ouvre pour y trouver un petit carnet et un stylo (ou un crayon) : de quoi confier au lieu une date de passage, quelques pre&#769;noms, une simple phrase indiquant le plaisir d'avoir passe&#769; un moment a&#768; cet endroit &#171; les enfants s'e&#769;claboussent en riant &#187;, le temps chaud ou venteux qu'il faisait, la liste des victuailles tire&#769;es du sac, la ne&#769;cessite&#769; de partir avant la nuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A&#768; chacun de mes passages dans ces lieux d'eau et de mots j'ai pris l'habitude de consulter ces carnets et d'y inscrire simplement mes initiales accole&#769;es a&#768; une date et une heure d'arrive&#769;e. C'est au printemps de cette anne&#769;e que j'ai de&#769;couvert dans les carnets des lavoirs de petits textes tre&#768;s particuliers : une dizaine de lignes, jamais plus, souvent moins. L'e&#769;criture est soigne&#769;e. Toujours la me&#770;me encre : bleue (il est donc possible d'emporter un stylo a&#768; plume pour parcourir la garrigue). Les textes sont anonymes et tous date&#769;s du 11 avril 2021. Chaque heure d'arrive&#769;e est soigneusement inscrite. Il m'a donc e&#769;te&#769; facile, en mettant bout a&#768; bout les bribes abandonne&#769;es le long d'une journe&#769;e de printemps, de reconstituer un re&#769;cit cohe&#769;rent. Imaginant que la me&#770;me eau puisse circuler de lavoir en lavoir, empruntant parfois des voies souterraines, je ne trouve pas anormal qu'un re&#769;cit fasse de me&#770;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Je livre ici le texte complet reconstitue&#769;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pourquoi revenir ici apre&#768;s une si longue et oblige&#769;e absence pour retrouver le lieu d'une ancienne rencontre ? Je n'ai rien oublie&#769;, a&#768; moins que me&#769;moire chancelante m'ait oblige&#769; a&#768; reconstituer des bribes de re&#769;alite&#769;s estompe&#769;es, e&#769;vanouies ou simplement improbables. Je retrouve le mince filet d'eau guide&#769; dans une rigole creuse&#769;e a&#768; me&#770;me la paroi rocheuse pour alimenter le lavoir maintenant envahi d'algues filamenteuses ou&#768;, parai&#770;t-il, des tritons palme&#769;s trouvent refuge. La main qui s'y plongeait pour recueillir de quoi rafrai&#770;chir une nuque blanche et des avant-bras fragiles n'est plus la&#768;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Dans le second lavoir, une page arrache&#769;e au carnet donne a&#768; penser qu'une partie du texte bleu manque)&lt;br class='autobr' /&gt;
[...] Ici, elle avait entrepris de se de&#769;chausser pour parcourir a&#768; petits pieds nus et d'une de&#769;marche chaloupe&#769;e l'e&#769;troit caniveau conduisant l'eau jusqu'au lavoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aurait suffi de quelques marches pour descendre dans l'eau et transformer une lessive en baignade. Des linges humides autrefois s'e&#769;tendaient sur les croupes lisses bordant les lavoirs. L'eau parfois s'e&#769;coule en larmes disperse&#769;es, au sortir des lavoirs elle s'enfuit en pisse drue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de boire un peu d'eau frai&#770;che il est parfait qu'une bouche gourmande s'abreuve des pre&#769;cieux jus confondus d'une pe&#770;che et d'une vulve. Au fond d'un bassin un ventre de vase respire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrefois des nymphe&#769;es, parfois creuse&#769;s dans le roc, ce&#769;le&#769;braient les divinite&#769;s attache&#769;es aux eaux paisibles des sources et des fontaines. Dans des niches dispose&#769;es autour d'un bassin circulaire alimente&#769; par une eau conduite depuis une source proche e&#769;taient dispose&#769;es des statues de pierre. Celles qui n'ont pas e&#769;te&#769; de&#769;robe&#769;es, sont effondre&#769;es ou de&#769;membre&#769;es. Il est possible que les lavoirs, a&#768; la manie&#768;re de sarcophages taille&#769;s dans certaines pierres antiques, dige&#768;rent les corps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>M&#233;lodie pour un jardin clos</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>jardin</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;ma</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Un jardin clos est s&#233;par&#233; du monde ext&#233;rieur par un mur d'enceinte et deux b&#226;timents accueillant ateliers d'artistes et biblioth&#232;ques. Que faire, que penser, en ce lieu dans lequel r&#233;sonnent les voix du pass&#233;, du pr&#233;sent et du futur, de l'ici et des ailleurs, de soi et des autres ? Que faire des bruits du monde ? Un jardin clos que trois personnages habitent : un chat qui apporte du dehors de bonnes et de mauvaises nouvelles ainsi que deux guetteurs, penseurs aussi, garants de quoi ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton1784-d4fe9.jpg?1772267078' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un jardin clos est s&#233;par&#233; du monde ext&#233;rieur par un mur d'enceinte et deux b&#226;timents accueillant ateliers d'artistes et biblioth&#232;ques. Que faire, que penser, en ce lieu dans lequel r&#233;sonnent les voix du pass&#233;, du pr&#233;sent et du futur, de l'ici et des ailleurs, de soi et des autres ? Que faire des bruits du monde ? Un jardin clos que trois personnages habitent : un chat qui apporte du dehors de bonnes et de mauvaises nouvelles ainsi que deux guetteurs, penseurs aussi, garants de quoi ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#201;QUENCE 1 EXT&#201;RIEUR JOUR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lumi&#232;re du petit matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Une rue bruyante. On doit sentir une fra&#238;cheur provisoire, pr&#233;sage d'une chaude journ&#233;e d'&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Vue sur une fa&#231;ade qui a conserv&#233; la m&#233;moire d'un usage ancien : on lit, peint &#224; la chaux en grandes lettres : QUINCAILLERIE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Plong&#233;e sur le sol, puis panoramique vers un portail en bois rouge qui s'ouvre lentement sur une petite cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. La cam&#233;ra se rel&#232;ve sur les fa&#231;ades de deux b&#226;timents bordant la cour. &lt;br class='autobr' /&gt;
Bruits att&#233;nu&#233;s de la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Le panoramique se fixe sur un passage d&#233;rob&#233; ouvrant sur un jardin clos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Plan d'ensemble r&#233;v&#233;lant le jardin. L'enclos du jardin est constitu&#233; par deux b&#226;timents (l'un est situ&#233; au sud, l'autre &#224; l'ouest) et par un haut mur d'enceinte au nord et &#224; l'est. Tout est calme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vent l&#233;ger. Bruissement des arbres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Promenade panoramique dans le jardin, insistant sur des d&#233;tails de v&#233;g&#233;taux ou de murets de pierres calcaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruits de pas, puis voix off lointaines et incertaines, masculines et f&#233;minines.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/1_jpbrazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/1_jpbrazs-d5a17.jpg?1606128606' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#201;QUENCE 2 EXT&#201;RIEUR JOUR&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;Passage progressif &#224; une lumi&#232;re de fin de journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voix off : quelques bribes de conversations parfois compr&#233;hensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Une glycine s'est accoupl&#233;e &#224; un arbre de Jud&#233;e. De lourdes lianes pendent vers le sol en &#233;paisses guirlandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Un arbre abattu, livr&#233; depuis longtemps aux animaux d&#233;composeurs, s'&#233;parpille en terreau d&#232;s qu'on veut saisir l'une de ses branches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Le ventre bris&#233; d'une jarre en terre cuite est habill&#233; de grandes mailles en fil de fer qui retiennent un effondrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Une partie du jardin est encore en friche. En s'y aventurant on d&#233;couvre dans le mur d'enceinte un petit autel contenant une statuette (&lt;i&gt;vou&#233;e &#224; une myst&#233;rieuse et ancienne d&#233;votion&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dans le haut du jardin, un dallage de pierres plates conduit &#224; de petits cercles de pierres ceinturant de modestes plantations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Deux murets circulaires de pierres s&#232;ches rehaussent le sol en petites terrasses plant&#233;es. Ils construisent de petites sc&#232;nes (&lt;i&gt;encourageant &#224; les peupler d'&#233;v&#233;nements imaginaires&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Sur l'une des terrasses circulaires, &#224; l'ombre d'un arbrisseau, une pierre sculpt&#233;e &#233;voque une figure hybride de guetteur et de penseur. Elle surveille l'emmarchement conduisant &#224; la partie haute du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. A proximit&#233; de l'entr&#233;e dans le jardin un autre guetteur est scell&#233; dans le mur du b&#226;timent. Il s'agit d'une pi&#232;ce d'acier en forme de crochet habillement forg&#233;e en quelques coups de marteau. Elle supporte un anneau et se concluant en t&#234;te de taureau. (&lt;i&gt;D'autres guetteurs, plus discrets, se trouvent probablement dans le jardin.&lt;/i&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Un chat vagabond (noir) chemine sur le mur d'enceinte, avant de plonger dans le jardin. Un bruit inattendu le fait fuir. Il s'agrippe aux branches de la grande glycine, acc&#232;de au toit de tuiles verniss&#233;es d'un petit cabanon avant de dispara&#238;tre dans l'au-del&#224; du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/2_jpbrazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH334/2_jpbrazs-fa164.jpg?1772190833' width='500' height='334' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#201;QUENCE 3 EXT&#201;RIEUR JOUR PUIS EXTERIEUR NUIT&#8232;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soleil a enti&#232;rement disparu derri&#232;re le toit du b&#226;timent situ&#233; &#224; l'ouest. L'obscurit&#233; s'installe progressivement dans le jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voix off : bribes de conversation compr&#233;hensibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;1. Plan large sur la fa&#231;ade du b&#226;timent situ&#233; &#224; l'ouest. Elle dispose de larges ouvertures vitr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Plan rapproch&#233; (&lt;i&gt;curiosit&#233;&lt;/i&gt;) permettant de distinguer au travers des vitres, m&#234;l&#233;s aux reflets du jardin, les attributs d'ateliers et de biblioth&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Une p&#233;nombre s'installe lentement dans le jardin, &#233;touffant les voix off.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Contrechamp. L'int&#233;rieur du b&#226;timent s'&#233;claire de fa&#231;on incertaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Une porte vitr&#233;e enfin s'entrouvre. Des ombres fugitives sugg&#232;rent qu'un personnage pourrait entrer en sc&#232;ne. La porte s'ouvre enti&#232;rement, mise en mouvement par un courant d'air. (&lt;i&gt;Le lieu serait inhabit&#233;, ou en attente d'&#234;tre habit&#233;&lt;/i&gt;). Fondu au noir&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_15762 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/3_jpbrazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3_jpbrazs-2c553.jpg?1772190833' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#201;QUENCE 4 EXT&#201;RIEUR NUIT&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Plan large en plong&#233;e sur le sol au pied de la fa&#231;ade du b&#226;timent situ&#233; au sud du jardin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Un halo de lumi&#232;re appara&#238;t brutalement sur le sol.&#8232;Bruits off de vaisselle qu'on manipule et de table qu'on installe en pr&#233;vision d'un repas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Gros plan sur le luminaire mural &#233;clairant le jardin. Surexposition progressive, puis lent fondu au blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voix off de conversations confuses, quelques &#233;clats de voix, des rires parfois, qui s'&#233;loignent avec le fondu au blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Le blanc s'anime peu &#224; peu de dessins, de photos aussi (des st&#233;nop&#233;s ?) : des paysages lointains, oubli&#233;s peut-&#234;tre. Les images sont d'abord incertaines, parfois instables ou floues, puis plus pr&#233;cises. Les cadrages sont h&#233;sitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Dans les paysages apparaissent des signes, des &#233;critures peut-&#234;tre, illisibles.&#8232;On cherche &#224; assembler les images, puis &#224; les superposer, ce qui rend les compositions de plus en plus denses. Finalement le noir s'installe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. NOIR dans lequel appara&#238;t le mot FIN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;7. Titre et g&#233;n&#233;rique d&#233;filant sur fond noir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les couleurs ne viennent pas de nulle part !</title>
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		<dc:date>2020-05-31T20:34:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>Couleur</dc:subject>
		<dc:subject>gestes</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;moire</dc:subject>
		<dc:subject>peinture</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;De l'origine de la couleur, existe-t-il une autre couleur que naturelle ?&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH97/arton1684-60366.jpg?1772282239' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cet article Jean-Pierre Brazs interroge l'image du naturaliste &#224; travers la question de la couleur&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est une image vieillie mais toujours persistante, que les r&#233;volutions du g&#233;nie g&#233;n&#233;tique et de la biologie mol&#233;culaire ont peine &#224; supplanter : celle du naturaliste, &#233;tudiant l'organisation du vivant en manipulant et conservant des plantes jaunies et des animaux formol&#233;s. Il est fr&#233;quent de penser que les artistes savent disposer, suspendre, troubler, raconter, transformer de sourdes inqui&#233;tudes en euphories contenues. Parce qu'ils empruntent aux scientifiques certains proc&#233;d&#233;s, parce qu'ils puisent comme eux aux sources des trois r&#232;gnes du monde naturel, il est l&#233;gitime qu'ils recherchent une proximit&#233; provisoire avec eux en un temps et un lieu donn&#233;. Car les couleurs s'absentent quand la vie dispara&#238;t, l'organique se d&#233;compose et se min&#233;ralise. La glorification supr&#234;me de la vie consiste parfois &#224; colorer des restes humains ou &#224; parer d'oripeaux flamboyants les corps vivants destin&#233;s &#224; la putr&#233;faction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a bien fallu les prendre quelque part ces couleurs, les extraire du v&#233;g&#233;tal et de l'animal. Il a fallu en broyer du min&#233;ral, et en laver des terres, pour alimenter en rouge, en pourpre, en jaune ou en bleu les rituels de conjuration. La &#171; couleur-vie &#187; donc circule : rien n'&#233;chappe &#224; ce mouvement, tout se transmute, se spiralise, s'encycle, s'interf&#232;re ; le mouvement s'affole ou se l&#233;thargise, se noue en calcifications, se tisse en alternances, se fragilise en attentes, se met en vrac, se pelotonne en froides g&#233;odes, rebondit en teintures r&#233;surgentes ; les intemp&#233;ries d&#233;lavent la lumi&#232;re, les labours remuent la glaise terre d'ombre et exhument des tesselles c&#233;ramiques de vie bleu cobalt. Le monde vivant exsude et transpire, ses excr&#233;tions ennoblissent les vernis du rouge sang-dragon ou du jaune gomme-gutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#232;ve et sang naturellement se ressemblent.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La lumi&#232;re se d&#233;compose en couleurs tomb&#233;es du ciel, la vie en se d&#233;composant abandonne ses couleurs &#224; la terre. La terre avale et recouvre tout et l'arch&#233;ologue s'y &#233;puise les ongles. Les artistes, brouillant les cartes, y trouvent de quoi donner aux reliquaires des allures de cabinets de curiosit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14834 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/brazhs_couleurs_nature_blog.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH324/brazhs_couleurs_nature_blog-f4f0c.jpg?1590957827' width='500' height='324' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Jean-Pierre Brazs
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il m'est arriv&#233; il y a quelques ann&#233;es d'imaginer un projet d'exposition &#224; la fois scientifique et artistique. Elle aurait consist&#233; &#224; pr&#233;senter des &#339;uvres picturales majeures et les mat&#233;riaux puis&#233;s dans la nature pour fabriquer supports, pigments et liants. Une fa&#231;on de mettre en tension la forme et la mati&#232;re, indispensables l'une &#224; l'autre, l'une source d'&#233;motions, de significations, d'interrogations et d'interpr&#233;tations, l'autre pesante, ingrate parfois, boueuse de cette boue que Delacroix pouvait transmuer en chair lumineuse. L'une est affaire de mise en &#339;uvre, l'autre d'extraction. Il aurait &#233;t&#233; question de culture et de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exposition n'a jamais vu le jour : trop compliqu&#233;e, trop ch&#232;re, transdisciplinaire ! En relisant mes arguments de l'&#233;poque, je n'ai pas honte de les avoir formul&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports que l'homme n'a cess&#233; d'entretenir avec les ressources naturelles se lisent dans les techniques artistiques : peintures sur parois rocheuses, sur panneaux de bois, sur toiles, sur parchemins ou sur enduits muraux, teintures de laine ou de coton, &#233;maux et verrerie. Les trois r&#232;gnes de la nature sont convoqu&#233;s depuis les premiers gestes de cr&#233;ation artistique et n'ont cess&#233; de l'&#234;tre malgr&#233; le d&#233;veloppement de l'industrie chimique. Encore aujourd'hui certaines couleurs naturelles sont inimitables, certains produits naturels irrempla&#231;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La craie, les ocres, l'h&#233;matite, les oxydes de mangan&#232;se, servent la peinture depuis le pal&#233;olithique ; d'autres terres diversement color&#233;es, ont ensuite enrichi l'imaginaire des artistes ; le lapis-lazuli, l'azurite et la malachite ont fourni des bleus c&#233;lestes et des verts lumineux ; le rouge fut longtemps de cinabre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_14833 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH383/brazhs005_blog-93028.jpg?1772189501' width='500' height='383' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;&#169; Jean-Pierre Brazs
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le monde animal n'est pas de reste avec la pourpre des murex, le carmin extrait de l'antique et m&#233;diterran&#233;en kerm&#232;s (qui ne sera remplac&#233; par la cochenille du Mexique qu'avec la d&#233;couverte du Nouveau Monde), le s&#233;pia du sac &#224; encre de la seiche et le noir de l'ivoire calcin&#233;. Les pinceaux et les brosses sont de poils de martre, d'&#233;cureuil, de putois ou de porc. Les colles de peau associ&#233;es &#224; la craie ou au pl&#226;tre sont les constituants traditionnels des enduits pour la peinture sur panneaux de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les peintures &#224; l'encaustique utilisent des cires d'abeilles, de la cire de carnauba provenant de certains palmiers br&#233;siliens ou de la cire de candelilla fournit par une euphorbiac&#233;e des d&#233;serts mexicains. Les m&#233;diums pour les peintures &#224; l'huile associent diverses huiles v&#233;g&#233;tales et de nombreuses r&#233;sines : le mastic en larmes de l'&#238;le grecque de Chios produit par Pistacia lentiscus, la r&#233;sine dammar ou la r&#233;sine sandaraque. Pas d'aquarelle ni de vernis sans gomme arabique ou adragante. La production de multiples gommes-laques recueillies sur les branches et les rameaux de divers ficus et aleurites est li&#233;e &#224; la pr&#233;sence d'un insecte vivant sur ces plantes. Les copals de Madagascar, de Zanzibar ou du Congo sont des r&#233;sines fossiles, comme l'ambre des plages de la mer Baltique. La t&#233;r&#233;benthine de Venise est fournie par le m&#233;l&#232;ze, l'essence de t&#233;r&#233;benthine par la distillation de la r&#233;sine du pin maritime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bleus de l'indigo et du pastel ; les rouges de la garance, des bois de Br&#233;sil, de Camp&#234;che, de santal, des fleurs de carthame ou des palmiers aux r&#233;sines sang-dragon ; le rouge orang&#233; des graines du rocouyer ; les jaunes de la gomme-gutte extraite des garcinias du Cambodge, ceux de la laque pr&#233;par&#233;e &#224; partir de la gaude ; le vert de vessie fourni par certains nerpruns ; les noirs de sarments de vigne, de noyaux de p&#234;ches ou d'amandes, carbonis&#233;s &#224; l'abri de l'air : le monde v&#233;g&#233;tal ne se fatigue pas d'&#234;tre pictural et alimente aussi d'innombrables proc&#233;d&#233;s de teinture des cotons et des laines. M&#234;me les champignons s'y mettent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pigments ne viennent pas de nulle part. On a longtemps utilis&#233; des ressources locales pour en extraire des mati&#232;res colorantes, avant que les voies d'&#233;changes commerciaux ne livrent des mat&#233;riaux exotiques. Le lapis-lazuli venait de l'actuel Afghanistan avant que l'azurite allemande d'outremontagne ne se substitue au bleu outremer qu'on en tirait. Pour la fortune du &#034;pays de cocagne&#034; il a fallu prot&#233;ger (mais en vain) le bleu pastel du triangle d'or (Albi-Toulouse-Carcassonne) de l'importation d'indigo &#034;teinture des Indes&#034;. Le noir des draps fit la puissance des Flandres et la sombre beaut&#233; des portraits des marchands de la Hanse. Les oxydes de cobalt extraits du sous-sol d'Europe centrale ne sont pas &#233;trangers au succ&#232;s du bleu des verreries de boh&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mati&#232;res naturelles, les techniques d'extraction, de transformation et de mise en &#339;uvre, les &#233;changes commerciaux et la symbolique des couleurs, alimentent une odyss&#233;e de la peinture, de la teinture et des arts du feu. La botanique, la min&#233;ralogie, la zoologie &#233;clairent l'histoire mouvement&#233;e des mat&#233;riaux du peintre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a tant d'histoires &#224; raconter.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les peintres des profondeurs de Lascaux - Le bleu &#233;gyptien, invention de potiers c&#233;ramistes 2 500 ans av. JC - La pourpre de Thyr, color officialis - La peinture antique &#224; la cire punique - Les pr&#233;cieuses enluminures m&#233;di&#233;vales - Les secrets jalousement gard&#233;s des m&#233;diums et des vernis &#224; l'huile - La fortune du drap noir des Flandres - Le bleu pastel et le rouge garance - Les teinturiers du Roy - Les ocres d'ici et les bleus d'ailleurs - Et tant d'autres&#8230; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Jean-Pierre Brazs</title>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Le loup dans la bergerie.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH113/arton1479-aa031.jpg?1772284979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le loup dans la bergerie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_13364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH397/jpbrazs_eglise_des_corbeaux_2003-4e88c.jpg?1572626116' width='500' height='397' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;glise des corbeaux 2003
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_13365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH380/jpbrazs-le_loup_dans_la_bergerie.2002-2c330.jpg?1772190200' width='500' height='380' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Le loup dans la bergerie. 2002
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;En frontispice : Bastille, Opera, 1984.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Perce-voir un lieu</title>
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		<dc:date>2019-01-28T21:44:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Agn&#232;s Pr&#233;vost , Jean-Pierre Brazs et Pauline Lisowski</dc:creator>


		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>landscape</dc:subject>
		<dc:subject>espace</dc:subject>
		<dc:subject>montagne</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La rencontre d'un lieu est pour Jean-Pierre Brazs et Agn&#232;s Pr&#233;vost le point de d&#233;part d'exp&#233;rimentations artistiques et g&#233;ographiques. Tous deux explorent un endroit choisi dans une qu&#234;te de rencontres, d'observations et d'attention &#224; des traces, signes des relations et des passages d'&#234;tres vivants. Depuis juin 2018, ils travaillent ainsi de fa&#231;on parall&#232;le dans deux r&#233;gions tr&#232;s &#233;loign&#233;es l'une de l'autre en suivant le d&#233;sir commun de les &#171; Perce-voir &#187;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Images" rel="directory"&gt;Images&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="http://tk-21.com/montagne" rel="tag"&gt;montagne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH84/arton1368-4f92d.jpg?1772188598' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La rencontre d'un lieu est pour Jean-Pierre Brazs et Agn&#232;s Pr&#233;vost le point de d&#233;part d'exp&#233;rimentations artistiques et g&#233;ographiques. Tous deux explorent un endroit choisi dans une qu&#234;te de rencontres, d'observations et d'attention &#224; des traces, signes des relations et des passages d'&#234;tres vivants. Depuis juin 2018, ils travaillent ainsi de fa&#231;on parall&#232;le dans deux r&#233;gions tr&#232;s &#233;loign&#233;es l'une de l'autre en suivant le d&#233;sir commun de les &#171; Perce-voir &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et ce mot est lui aussi choisi. Leur d&#233;marche poursuit le basculement de la conception courante du paysage (qui n'est qu'un syst&#232;me de repr&#233;sentation) vers une pratique (&lt;i&gt;praxis&lt;/i&gt;) des territoires impliquant exp&#233;rience et apprentissage. Elle se fonde sur l'exp&#233;rience de ressentis, d'&#233;motions, de relations physiques, qui n&#233;cessitent du temps long, pour cr&#233;er une m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment rendre compte des caract&#233;ristiques d'un territoire, qui par d&#233;finition prend en compte la pluralit&#233; du vivant qui l'occupe ? Et comment d&#233;finir la sp&#233;cificit&#233; d'une pratique artistique li&#233;e &#224; un territoire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre &#224; cette question, Jean-Pierre Brazs et Agn&#232;s Pr&#233;vost m&#232;nent diversement une enqu&#234;te qui prend le temps de l'arpentage pour faire remonter &#224; la surface des &#233;l&#233;ments qui t&#233;moignent du lieu en tant que lieu v&#233;cu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Brazs a vu dans le Mont Sal&#232;ve, site embl&#233;matique du paysage du Genevois, un terrain de recherches, d'exp&#233;riences et de construction de r&#233;cits. Si au d&#233;part, sa pratique consistait non pas &#224; introduire une &#171; &#339;uvre &#187; dans un lieu mais &#224; y intervenir &#224; partir de points de vue pr&#233;cis pour en modifier la perception, il privil&#233;gie d&#233;sormais une attention aux marques, traces, empreintes (volontaires ou involontaires) abandonn&#233;s dans les territoires. Une fa&#231;on d'en sonder les profondeurs. Selon l'artiste, &#171; les lieux sont construits, dans le sens o&#249; il s'agit de portions d'espace circonscrites et nomm&#233;es. Ils sont pratiqu&#233;s, parce qu'ils accueillent les activit&#233;s de diff&#233;rents &#234;tres vivants, dont les &#234;tres humains. Ces activit&#233;s peuvent &#234;tre simultan&#233;es (synchronie, superposition dans l'espace) ou successives (diachronie, succession dans le temps). Les activit&#233;s g&#233;n&#232;rent des transformations dans le paysage. Ces transformations sont de diff&#233;rentes natures et interviennent &#224; diff&#233;rentes &#233;chelles. (Depuis des d&#233;frichements, des terrassements, des constructions d'infrastructures ou de b&#226;timents, des plantations, etc., jusqu'&#224; des interventions infimes, parfois intimes.). Chaque pratique laisse des traces dans le paysage. Elles peuvent &#234;tre tr&#232;s &#233;ph&#233;m&#232;res ou plus ou moins p&#233;rennes. Elles s'ajoutent, &#224; la mani&#232;re d'un palimpseste, aux traces du pass&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien men&#233; avec Jean-Pierre Brazs le 14 novembre 2018.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; Il a d&#233;couvert sur le mont Sal&#232;ve des traces de &#171; feux de camp &#187; r&#233;cents ainsi que de nombreux signes grav&#233;s et peints dans les rochers de Faverges. Il a rep&#233;r&#233; diff&#233;rentes traces qu'il interpr&#232;te comme des signes pouvant prendre leur autonomie et constituer la mati&#232;re de futurs r&#233;cits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le territoire des Calanques marseillaises choisi par Agn&#232;s Pr&#233;vost lui impose comme tout lieu sa complexit&#233;, au sein de laquelle marches et prises de vue photographiques et dessins permettent une premi&#232;re entr&#233;e. &#171; Le lieu est pour moi un inconnu, et il devient sujet d'une rencontre. Telles les strates g&#233;ologiques, il est &#8221;multicouche&#8221;. Cet entrem&#234;lement dans l'espace et le temps lui conf&#232;re une paradoxale illisibilit&#233;. Le lieu est un territoire vivant complexe, o&#249; histoire naturelle et histoire humaine sont souvent entrelac&#233;es. Or il faut &#224; chaque fois en d&#233;finir les limites subjectives. V&#233;cu, le geste artistique va vers une forme de lisibilit&#233; du paysage. Il est le pr&#233;texte d'une/des rencontre/s possible/s, (tels d'autres gestes - jardinage, cueillette, chasse&#8230;), qui &#233;clairent un peu le lieu. C'est un rituel d'inscription, de r&#233;v&#233;lation - au sens o&#249; le r&#233;v&#233;lateur r&#233;v&#232;le l'image photographique &#8211; et de m&#233;moire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien men&#233; avec Agn&#232;s Pr&#233;vost le 3 janvier 2019.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; pr&#233;cise l'artiste. Dans les Calanques, elle a travaill&#233; avec un natif des lieux, &#171; passeur &#187; qui lui a transmis des r&#233;cits personnels aussi bien que collectifs sur ce territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux artistes reviennent donc r&#233;guli&#232;rement sur les territoires pour y mener un travail qui s'apparente d&#233;sormais &#224; celui du g&#233;ographe ou de l'arch&#233;ologue. Ils travaillent sur les mani&#232;res de (perce)voir autrement, au moyen de diff&#233;rents supports, des lieux dont ils s'impr&#232;gnent. Et qui finissent par les habiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que pour un artiste intervenir dans un lieu c'est relier ; c'est donner au fouillis de pierre, de terre et de v&#233;g&#233;tal, la forme d'un tout (provisoire et relatif) mais aussi convoquer le pass&#233;, l'ailleurs et l'autre, et donc n&#233;gocier sa place. C'est par le relev&#233; d'&#233;l&#233;ments formels, propres &#224; un lieu, puis par leurs traitements par les moyens du dessin (manuel ou num&#233;rique), que je cherche &#224; &#171; perce-voir&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien men&#233; avec Jean-Pierre Brazs le 14 novembre 2018.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. t&#233;moigne Jean-Pierre Brazs au sujet de sa pratique artistique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agn&#232;s Pr&#233;vost s'int&#233;resse &#224; la notion d'&#233;cosp&#233;cie, un terme propos&#233; par Augustin Berque pour traduire le concept de &lt;i&gt;sumiwake&lt;/i&gt; invent&#233; par le naturaliste japonais Imanishi Kinji. L'&#233;cosp&#233;cie d&#233;signe le fait que chaque esp&#232;ce construit son monde au sein de l'&lt;i&gt;Umgebung&lt;/i&gt; (le donn&#233; terrestre) par un r&#233;seau particulier de relations. Ainsi &#233;merge pour Agn&#232;s Pr&#233;vost la n&#233;cessit&#233; de &lt;i&gt;deviner&lt;/i&gt; (Jean-Christophe Bailly) le paysage : &#171; Visibles ou invisibles, multiples et particuliers, d&#233;terminants tous l'apparence terrestre que nous connaissons, je me demande donc maintenant comment photographier, &lt;i&gt;perce-voir&lt;/i&gt;, ces liens formant ces mondes sp&#233;cifiques, tiss&#233;s sous nos regards sans que nous les voyions ? J'aimerais engager un travail de repr&#233;sentation de cet in(fra)visible vital, signifiant [&#8230;]&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien men&#233; avec Agn&#232;s Pr&#233;vost le 3 janvier 2019.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;4 Cela dit, Agn&#232;s Pr&#233;vost consid&#232;re que &#171; perce-voir &#187; est &#224; la fois actif et passif : il ne s'agit pas de projeter mais de faire attention &#224; ce qui se pr&#233;sente devant soi, de le recevoir. Emprunter d'autres points de vue, se mettre &#224; la place des autres &#234;tres vivants pour mieux les comprendre et se relier &#224; eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'art ainsi que les savoirs scientifiques et vernaculaires se croisent au fil des d&#233;marches et marches de ces deux artistes. Le lieu qu'ils ont choisi leur offre une diversit&#233; d'exp&#233;riences et d'attentions aux &#233;l&#233;ments constitutifs du vivant, aussi bien min&#233;raux que v&#233;g&#233;taux. Tous deux pratiquent la collecte qui leur permet de &lt;i&gt;perce-voir&lt;/i&gt;, de faire remonter &#224; la surface ces r&#233;alit&#233;s &#171; invisibles &#187; qui composent un paysage. Jean-Pierre Brazs extrait par le moyen de la photographie des signes qu'il d&#233;couvre dans le mont Sal&#232;ve. La collecte d'Agn&#232;s Pr&#233;vost se compose de regards, de sons, de perceptions, de dessins, photographies, &#233;crits associ&#233;s&#8230; plus rarement de plantes ou d'objets &#8211; fragments d'un tout, traces - pr&#233;lev&#233;s sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Brazs et Agn&#232;s Pr&#233;vost r&#233;v&#232;lent les diff&#233;rentes temporalit&#233;s que contient un lieu et accordent &#233;galement une importance aux noms.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Brazs utilise un vocabulaire de signes pour construire des r&#233;cits visuels. Il les nomme &#171; Dits &#187; en r&#233;f&#233;rence &#224; l'expression &#171; Lieux dits &#187;. Agn&#232;s Pr&#233;vost, quant &#224; elle, a suivi le passeur qui marche devant elle et lui transmet les histoires qui fondent le terrain qu'elle arpente. Tout comme les noms sont des signes qui nous apprennent l'histoire et la g&#233;ographie des lieux. &#171; Li&#233;s &#224; l'histoire, aux usages, les noms assurent une m&#233;moire collective des relations entre humains et lieux. Ces pr&#233;cieux indices nous m&#233;nagent inconsciemment une place dans cette histoire&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien men&#233; avec Agn&#232;s Pr&#233;vost le 3 janvier 2019.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;5 affirme Agn&#232;s Pr&#233;vost, qui s'int&#233;resse &#224; la mani&#232;re dont la langue r&#233;v&#232;le notre rapport au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux artistes, &#224;, partir de leurs recherches sur place, produisent des comptes-rendus graphiques, photographiques et plastiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Pierre Brazs met en place un processus de travail pr&#233;cis :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inventaire photographique de signes / transcriptions graphiques primaires / D&#233;composition en signes &#233;l&#233;mentaires / Recomposition de fa&#231;on &#224; obtenir des &#171; signes &#233;vocateurs &#187; / Ajout &#224; ce corpus d'autres signes correspondant &#224; des &#233;l&#233;ments des paysages du Mont Sal&#232;ve : foyer, chemin, rocher, muret, arbre, branche, fagot, barri&#232;re, etc. / Utilisation de ce vocabulaire pour construire une r&#233;&#233;criture du lieu parcouru (des histoires possibles du Mont Sal&#232;ve) sous la forme de frises proposant un parcours visuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est par la vid&#233;o, le dessin et par la pratique photographique qu'Agn&#232;s Pr&#233;vost choisit de restituer sa pratique accompagn&#233;e de ce paysage &#224; la topographie abrupte. Son film invite &#224; suivre un habitant des Calanques dans sa rencontre famili&#232;re et &#233;rudite avec les diff&#233;rents &#234;tres vivants de ce milieu. Et quoi de mieux &#233;galement que le support cartographique ou celui du livre pour restituer et mettre en forme leurs explorations de ces lieux v&#233;cus, dont ils font le tour pour en donner &#224; voir toute leur richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#339;uvres de ces artistes proposent alors des transpositions histori&#233;es de lieux, destin&#233;es &#224; s'inscrire dans un nouveau cheminement : celui des lieux de mises en exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Jean-Pierre Brazs et Agn&#232;s Pr&#233;vost soul&#232;vent de quelles mani&#232;res des lieux sont sources de r&#233;cits et r&#233;v&#232;lent la n&#233;cessit&#233; du temps pour faire &#233;merger diff&#233;rentes strates d'histoire et de signification de celui-ci. Au travers de leur exp&#233;rience, de leurs allers-retours, du site &#224; l'atelier, ils restituent un chemin qui s'ajoute &#224; celui de la vie de tous ceux qui y ont laiss&#233; une trace, qui l'ont fa&#231;onn&#233; et qui continuent de modifier le terrain. Ces artistes vivent intens&#233;ment le territoire qu'ils ont choisi d'explorer. Ils habitent le lieu tout comme le lieu les habite. Ils mettent en &#233;vidence l'&#233;cart entre ce que l'on dit de la nature, comment on la fa&#231;onne et l'exp&#233;rience qu'on en a. Leur pratique artistique conduit &#224; un changement de notre rapport au paysage. Et &#171; Perce-voir &#187; renvoie aussi &#224; la notion de &#171; sur-vivre &#187; : vivre au-del&#224;, de fa&#231;on Autre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_12051 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/1_brazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH343/1_brazs-4f6bf.jpg?1548716504' width='500' height='343' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Brazs, Feux du Mont Sal&#232;ve / septembre 2018
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12052 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;44&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/2_brazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH344/2_brazs-30359.jpg?1548716504' width='500' height='344' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Brazs, Les rochers de Faverges
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/3_brazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH257/3_brazs-6acee.jpg?1548716504' width='500' height='257' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Brazs, Le dit des rochers de Faverges / 1(extrait)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;64&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/4_brazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH257/4_brazs-1731c.jpg?1548716504' width='500' height='257' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Brazs, Le dit des rochers de Faverges / 2(extrait)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;65&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/5_brazs.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH257/5_brazs-03b58.jpg?1548716504' width='500' height='257' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Brazs, Le dit des rochers de Faverges / 3 (extrait)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/1_prevost.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH141/1_prevost-5b87d.jpg?1548716504' width='500' height='141' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Agn&#232;s Pr&#233;vost, Quelques paroles des Calanques (film).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/2_prevost.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/2_prevost-0d943.jpg?1772188598' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Agn&#232;s Pr&#233;vost, Quelques paroles des Calanques (film).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/3_prevost.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/3_prevost-2a62d.jpg?1772188598' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Agn&#232;s Pr&#233;vost, Quelques paroles des Calanques (film).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/4_prevost.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/4_prevost-ff869.jpg?1772188598' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Agn&#232;s Pr&#233;vost, Quelques paroles des Calanques (film).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;55&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/5_prevost.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH281/5_prevost-caf5d.jpg?1772188598' width='500' height='281' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Agn&#232;s Pr&#233;vost, Quelques paroles des Calanques (film).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_12061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/6_prevost.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH111/6_prevost-b13b5.jpg?1548716504' width='500' height='111' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Agn&#232;s Pr&#233;vost, Devinement d'un lieu (photos, dessins). Extraits.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien men&#233; avec Jean-Pierre Brazs le 14 novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien men&#233; avec Agn&#232;s Pr&#233;vost le 3 janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien men&#233; avec Jean-Pierre Brazs le 14 novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien men&#233; avec Agn&#232;s Pr&#233;vost le 3 janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Entretien men&#233; avec Agn&#232;s Pr&#233;vost le 3 janvier 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'hypoth&#232;se de l'&#238;le (suite)</title>
		<link>http://tk-21.com/L-hypothese-de-l-ile-suite</link>
		<guid isPermaLink="true">http://tk-21.com/L-hypothese-de-l-ile-suite</guid>
		<dc:date>2016-06-30T14:18:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


		<dc:subject>ville</dc:subject>
		<dc:subject>photographie</dc:subject>
		<dc:subject>architecture</dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Carnet de voyage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Apr&#232;s un s&#233;jour en r&#233;sidence d'artiste, sur une &#238;le abandonn&#233;e aux flots, alors que je souhaitais &#233;tudier les mat&#233;riaux d&#233;pos&#233;s sur les pages &#224; chaque mar&#233;e montante, j'ai retrouv&#233; mon atelier, situ&#233; assez loin &#224; l'int&#233;rieur des terres.&lt;/p&gt;

-
&lt;a href="http://tk-21.com/Villes" rel="directory"&gt;Villes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="http://tk-21.com/ville" rel="tag"&gt;ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/photographie" rel="tag"&gt;photographie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/architecture" rel="tag"&gt;architecture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/catastrophe" rel="tag"&gt;catastrophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/Recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/Carnet-de-voyage" rel="tag"&gt;Carnet de voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton903-2f3ed.jpg?1772284979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s un s&#233;jour en r&#233;sidence d'artiste, sur une &#238;le abandonn&#233;e aux flots, alors que je souhaitais &#233;tudier les mat&#233;riaux d&#233;pos&#233;s sur les pages &#224; chaque mar&#233;e montante, j'ai retrouv&#233; mon atelier, situ&#233; assez loin &#224; l'int&#233;rieur des terres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_8143 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/02-jpb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH34/02-jpb-e8742.jpg?1772213572' width='500' height='34' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il n'avait pas &#233;t&#233; affect&#233; par la mont&#233;e des eaux et j'ai pu continuer &#224; en disposer normalement pendant quelques mois. Il m'a fallu ensuite envisager une solution &#224; plus long terme : le rehausser de quelques &#233;tages, tout en consolidant les soubassements ou l'abandonner, au profit d'un autre local, parmi ceux en construction sur de larges caissons en b&#233;ton que la pouss&#233;e d'Archim&#232;de maintiendra &#224; flot, apr&#232;s la venue annonc&#233;e de la grande submersion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant &#224; effectuer un choix d&#233;cisif, sans &#234;tre capable d'&#233;valuer toutes les cons&#233;quences des diff&#233;rentes alternatives, j'ai d&#233;cid&#233; de me rendre &#224; la biblioth&#232;que que j'avais l'habitude de fr&#233;quenter avant mon d&#233;part dans l'&#238;le. J'esp&#233;rais, en feuilletant au hasard un livre, un p&#233;riodique ou un journal, trouver la phrase, le mot ou l'image, qui pourrait entrer en r&#233;sonance avec une attente profonde qui serait alors mise au jour. Les biblioth&#233;caires avaient install&#233; prudemment les livres dans les rayonnages sup&#233;rieurs. Aux saisons des fortes mar&#233;es, leur principale activit&#233; consistait &#224; remonter chaque jour les livres d'un rang. La charge de travail &#233;tant rapidement devenue tr&#232;s importante, il avait fallu mettre au point un syst&#232;me robotis&#233; d&#233;pla&#231;ant sans cesse les livres, abandonnant les rayonnages les plus bas &#224; l'eau et &#224; l'inutilit&#233;. Cette volont&#233; de sauvegarder la connaissance l'avait rendu inaccessible. Certains lecteurs fortun&#233;s avaient alors construit (&#224; leurs propres frais) des escabeaux mobiles aux longues jambes t&#233;lescopiques. Ils disposaient &#224; leur sommet d'un plateau suffisamment large pour s'y installer confortablement. Ils pouvaient aussi s'y restaurer, y dormir m&#234;me, quand la lecture se prolongeait tard dans la nuit. Ces habitacles &#233;taient rapidement devenus de v&#233;ritables lieux de vie. Les lecteurs compulsifs avaient m&#234;me organis&#233; la livraison de victuailles, gr&#226;ce &#224; un syst&#232;me de petits monte-charges, pouvant &#224; la descente se remplir de d&#233;chets de toutes sortes. Ainsi la biblioth&#232;que &#233;tait devenue le lieu de mouvements complexes, ascendants et descendants, chargeant de plus en plus le haut de connaissances et le bas d'excr&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/03-jpb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH167/03-jpb-9cd68.jpg?1509812748' width='500' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quelques mois avaient suffi &#224; d&#233;courager le public, qui abandonna la biblioth&#232;que au profit d'autres lieux dans lesquels s'inventaient des avenirs ou s'entretenaient des croyances. Devant l'irr&#233;sistible mont&#233;e des eaux, et malgr&#233; les pri&#232;res et les incantations les plus ferventes, ces lieux, eux aussi, se sont trouv&#233;s rapidement d&#233;sert&#233;s. S'installa alors la n&#233;cessit&#233; d'organiser une migration. Certains choisirent de s'aventurer dans l'int&#233;rieur des terres, &#224; la recherche de reliefs hauts et fermes, pouvant les mettre, pour un temps, &#224; l'abri. D'autres, pour s'&#233;loigner du lieu du d&#233;sastre, lan&#231;aient en mer de fragiles embarcations en utilisant la force des mar&#233;es descendantes emportant les d&#233;bris que les eaux montantes avaient arrach&#233;s au continent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Malgr&#233; les masses de gravats qui pouvaient temporairement donner l'illusion d'un r&#233;pit, la bande littorale (qui avait depuis des mill&#233;naires, attir&#233; l'humanit&#233;), se trouvait d&#233;sert&#233;e et continuellement repouss&#233;e. La courbe du rivage, mouvante et impr&#233;visible, d&#233;courageait les cartographes les plus pers&#233;v&#233;rants, si bien que les seuls rep&#232;res g&#233;ographiques stables devinrent les points hauts du continent, destin&#233;s &#224; se transformer rapidement en &#238;lots dispers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi les tenants de l'avenir terrien, comme les partisans de l'aventure maritime n'envisageaient pour futur qu'une errance infinie dans d'immenses archipels.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/04-jpb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH167/04-jpb-e4bde.jpg?1509812748' width='500' height='167' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas retrouv&#233; mon &#238;le dans l'&#233;tat o&#249; je l'avais laiss&#233;e quelques mois plus t&#244;t. Les derni&#232;res digues n'avaient pas r&#233;sist&#233; longtemps aux puissantes vagues, aux grandes mar&#233;es et &#224; la mont&#233;e continuelle des eaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant d'accoster, il fallut louvoyer dans un fouillis d'&#238;lots &#233;parpill&#233;s, constitu&#233;s des toitures en terrasses des immeubles les plus hauts de la ville basse, d&#233;sormais engloutie. Certains de ces refuges provisoires &#233;taient occup&#233;s par de petits groupes humains, vivant de la p&#234;che et de quelques maigres r&#233;serves d'eau douce que les pluies r&#233;guli&#232;res alimentaient. Les terrasses les plus recherch&#233;es disposaient d'une couche de graviers sur lesquels un peu d'humus suffisait &#224; cultiver gramin&#233;es et lentilles. Ces terrasses &#233;taient serties de corolles, constitu&#233;es de plateformes flottantes, r&#233;alis&#233;es avec poutres et planches g&#233;n&#233;reusement apport&#233;es par les flots et destin&#233;es &#224; se transformer en radeau de survie, quand les refuges provisoires auront &#233;t&#233; &#224; leur tour envahis par les eaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'occasion de grandes mar&#233;es. Il arrivait que certaines terrasses soient temporairement inond&#233;es. Le mouvement inverse des basses eaux laissait appara&#238;tre pendant quelques heures les derniers &#233;tages des immeubles, entretenant l'image d'une ville engloutie, simplement endormie sous les eaux et qui pourrait dans le futur, &#224; la faveur d'un hypoth&#233;tique reflux des flots, retrouver sa figure premi&#232;re. Na&#239;ve utopie, soumission absurde &#224; la m&#233;moire d'un pass&#233; r&#233;volu, r&#234;ve insens&#233; se brisant sur les r&#233;cifs de la r&#233;alit&#233; ! La mont&#233;e des eaux, en effet, n'&#233;tait pas seulement li&#233;e &#224; une augmentation quantitative des masses d'eaux oc&#233;aniques : elle &#233;tait accompagn&#233;e d'un accroissement important du taux d'acidit&#233; de l'eau, rendant pr&#233;visible l'avenir de ces &#238;lots d'espoirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impact sur l'architecture de la ville engloutie sera progressif. Quelques ann&#233;es suffiront pour que les blocs calcaires, les dalles et murs porteurs de b&#233;tons, les pl&#226;tres des parois et des cloisons, entament une lente dissolution. Dans les eaux acides, le min&#233;ral abandonnera sa solidit&#233; et ses formes, par le simple fait de rupture de liaisons chimiques. En cons&#233;quence, la partie des immeubles se trouvant en dessous du niveau des plus basses eaux perdront leur peau et leur chair. Seuls seront maintenus en &#233;tat (et encore de fa&#231;on provisoire) le squelette de structures m&#233;talliques et d'&#233;l&#233;ments en mati&#232;res plastiques. Ainsi la ville du dessous ne sera plus &#224; terme qu'un enchev&#234;trement de fers &#224; b&#233;ton, de poteaux et de poutres d'acier, de tuyaux et de c&#226;bles de toutes sortes. Ce r&#233;seau aux allures racinaires ne transportera plus aucun fluide, mais donnera l'impression qu'une &#233;nergie vitale pourrait un jour le r&#233;alimenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une tout autre vie qui s'y installera. D'innombrables rats y trouveront refuge se d&#233;vorant entr'eux ou se nourrissant de r&#233;sidus visqueux charg&#233;s de m&#233;taux lourds et de pesticides, accumul&#233;s dans les siphons ou dans les bacs de d&#233;cantation du syst&#232;me hydraulique. Il pourra arriver qu'un tuyau &#233;ventr&#233;, parcourant une terrasse, serve d'&#233;chappatoire &#224; quelques-uns des habitants des tubulures. Ils seront alors captur&#233;s, r&#233;duits en bouillie et rejet&#233;s &#224; la mer pour attirer les poissons vers les filets de p&#234;che.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;chauffement des eaux provoquera la migration vers le nord de la plupart des esp&#232;ces de poissons comestibles. Les habitants des &#238;lots survivront quelque temps en recueillant quelques moules et hu&#238;tres agripp&#233;es aux soubassements des terrasses et en cuisinant quelques algues flottantes avant de mettre au point une technique de chasse tr&#232;s originale. Des plongeurs, arm&#233;s de barres de fer arrach&#233;es aux garde-corps entourant certaines terrasses, descendront en apn&#233;e pour frapper violemment les canalisations m&#233;talliques. Les rats, pris de la folie d'&#233;chapper &#224; un enfer sonore, se pr&#233;cipiteront en d&#233;sordre dans le r&#233;seau subaquatique. Il suffira de briser quelques canalisations parcourant les terrasses pour cr&#233;er des issues opportunes, mais fatales. Les rats sortiront la t&#234;te, &#233;blouis par le jour. Ils seront rapidement assomm&#233;s ou d&#233;capit&#233;s, avant d'&#234;tre d&#233;pec&#233;s puis &#233;visc&#233;r&#233;s. Les mati&#232;res grasses manquant pour conserver la chair des rats en charcuteries, les corps ouverts et sanguinolents seront aplatis, puis frott&#233;s avec du sel et dispos&#233;s dans des saloirs. Parfois de grandes quantit&#233;s de bois flott&#233;s viendront se bousculer aux abords des terrasses, signes de catastrophes lointaines et aubaines impr&#233;vues permettant d'allumer de grands feux. Ce sera l'occasion d'organiser le fumage de quelques carcasses.&lt;br class='autobr' /&gt;
La surconsommation des rats conduira rapidement &#224; leur disparition, puis &#224; celle des habitants des terrasses. Les canalisations pourront alors accueillir des vers marins tubicoles dont les panaches de tentacules branchiaux transformeront les terrasses submerg&#233;es en jardins aquatiques vibrants et color&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/05-jpb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH224/05-jpb-d6ee7.jpg?1509812748' width='500' height='224' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre le haut de l'&#238;le il fallait gravir un chemin escarp&#233; apr&#232;s avoir difficilement progress&#233; dans une plage de gravats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#238;le avait &#233;t&#233; dans un premier temps abandonn&#233;e par la quasi-totalit&#233; de sa population. De nouveaux arrivants l'avaient progressivement repeupl&#233; : des r&#233;fugi&#233;s, fuyant d'autres &#238;les en voie de submersion ou ravag&#233;es par les in&#233;vitables conflits survenant quand il s'agit de partager un territoire se r&#233;tr&#233;cissant chaque jour. Ils s'&#233;taient install&#233;s dans les villas autrefois luxueuses, y avaient d'abord v&#233;cu des quelques victuailles, que les anciens occupants avaient abandonn&#233;es dans leur fuite pr&#233;cipit&#233;e. Ils avaient ensuite mis en culture parcs et jardins, anciennement d'agr&#233;ment. La vie s'&#233;tait organis&#233;e avec l'espoir que la respiration catastrophique des eaux se calmerait et qu'en ce lieu isol&#233;, mais suffisamment grand, pourrait s'&#233;tablir une soci&#233;t&#233; autarcique, de partages et de fraternit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;partition des t&#226;ches &#233;tait organis&#233;e de fa&#231;on hebdomadaire. En fonction de ses comp&#233;tences, de son &#233;tat physique et de ses d&#233;sirs, chacun choisissait d'assurer une part du travail n&#233;cessaire &#224; la vie de la collectivit&#233;. Une m&#234;me personne pouvait &#234;tre charg&#233;e sur une p&#233;riode relativement longue de la fonction de p&#234;cheur, de cultivateur, d'&#233;leveur, d'&#233;ducateur ou de b&#226;tisseur. Par contre quelques t&#226;ches particuli&#232;rement sensibles ne pouvaient &#234;tre confi&#233;es plus d'une semaine &#224; une m&#234;me personne : mesurer, compter et &#233;valuer. Une seule activit&#233; pouvait &#234;tre accomplie &#224; tout moment par tous et toutes sans en r&#233;f&#233;rer au comit&#233; d'organisation : la r&#234;verie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que certains regards, attentifs aux mouvements changeant des eaux, apprirent peu &#224; peu &#224; distinguer dans le monde du dessous, des concr&#233;tions, des germinations, des reflets et des lumi&#232;res. Certaines heures, plus que d'autres, &#233;taient propices &#224; l'observation de ces &#233;v&#233;nements qui rassemblaient une part toujours plus grande de la population, se d&#233;pla&#231;ant en groupes, &#224; la tomb&#233;e du jour, pour attendre et regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attente, devenue occupation principale des &#238;liens, concentrait les regards vers l'eau au point que pour la plupart le d&#233;lavement des couleurs passa d'abord inaper&#231;u. Il est vrai que ce ph&#233;nom&#232;ne tr&#232;s progressif et contemporain de la venue de l'hiver pouvait &#234;tre confondu avec leur endormissement naturel. Son accentuation au printemps inqui&#233;ta et il fallut se rendre &#224; l'&#233;vidence : ce qui se transformait sous les eaux se nourrissait des couleurs du dessus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le danger de d&#233;coloration progressive du monde, les r&#234;veurs eurent beaucoup de mal &#224; r&#233;sister &#224; la pression des lithurgistes qui propos&#232;rent de pr&#233;cipiter la venue du futur qui se pr&#233;parait dans les eaux en lui livrant au plus vite les couleurs du monde suspendu. Le choix de l'acc&#233;l&#233;ration fut malheureusement un soulagement pour beaucoup, car la sape continuelle des vagues r&#233;tr&#233;cissait toujours plus le peu de terre pr&#233;serv&#233;e des flots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, il fut d&#233;cid&#233; d'organiser le don de la couleur rouge. Il &#233;tait de la plus haute importance de s'assurer que tout le rouge soit collect&#233;, que son retour m&#234;me soit impossible. La conscience du rouge, comme son &#233;vocation devait &#234;tre bannie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant le p&#233;ril grandissant, la majorit&#233; des r&#233;fugi&#233;s accepta de se soumettre &#224; la n&#233;cessaire rigueur de l'inventaire et &#224; l'obligation de la collecte. Certains se charg&#232;rent du travail ingrat de la v&#233;rification. Des insoumis, dissimul&#232;rent quelques objets pour les prot&#233;ger de la d&#233;coloration ne pensant pas compromettre l'&#233;ventuelle efficacit&#233; des offrandes. N'y avait-il pas autant, sinon plus, de soucis de la collectivit&#233; dans cette volont&#233; de transmettre aux g&#233;n&#233;rations futures des t&#233;moignages du temps o&#249; le monde &#233;tait color&#233; que dans l'acharnement &#224; le faire dispara&#238;tre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offrande du rouge sembla calmer l'ardeur des eaux. Il resta au-dessus suffisamment de vert, de jaune et de bleu pour entretenir une vie, certes moins chaude, mais encore lumineuse. Ce premier sacrifice accompli, une p&#233;riode paisible s'installa, pendant laquelle le dessous des eaux dig&#233;ra le rouge. Au-dessus il fallut s'habituer au sang vers&#233; devenu noir, aux fruits verts, aux &#233;motions retenues et aux roses bleues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fut ensuite rapidement proc&#233;d&#233; &#224; l'offrande du vert. Pour le don du bleu, des miroirs ont &#233;t&#233; install&#233;s avec une relative impr&#233;cision dans leur position. L'important &#233;tait leur orientation. Un soir, juste avant la tomb&#233;e du jour, c'est le bleu du ciel qui fut offert &#224; l'oc&#233;an.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8147 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/06-jpb.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH170/06-jpb-367df.jpg?1509812748' width='500' height='170' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sormais, dans un monde devenu uniform&#233;ment gris, les gravats jet&#233;s &#224; la mer s'entassent en digues d&#233;risoires aussit&#244;t bouscul&#233;es par les vagues. Pourtant des couleurs r&#233;apparaissent petit &#224; petit, et en petites quantit&#233;s. Les mar&#233;es montantes, en effet, d&#233;posent en laisses de mer des nappes de mati&#232;res plastiques multicolores, des granules m&#233;talliques brillants ou oxyd&#233;s, autant de tr&#233;sors arrach&#233;s &#224; d'autres rivages. Aux heures des basses mers, s'accumulent ainsi sur les plages de curieux amalgames bigarr&#233;s. Il faut peu de temps, dans un environnement charg&#233; d'embruns sal&#233;s, pour que s'y forment des roches composites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des cr&#233;ateurs inventifs, ont eu l'id&#233;e de sertir en colliers, en pendentifs ou en diad&#232;mes ces pierres abandonn&#233;es. Ce qui s'effondre peut ainsi rehausser un cou d'alb&#226;tre, un bras livide ou une &#233;paule blafarde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les heures de fin de journ&#233;e sont devenues propices &#224; de joyeuses festivit&#233;s c&#233;l&#233;brant les couleurs retrouv&#233;es. Des pontons flottants ont &#233;t&#233; am&#233;nag&#233;s. Ces longues all&#233;es, narguant les flots mena&#231;ants et les gravats s'entassant, sont propices &#224; d'incessants d&#233;fil&#233;s, d'hommes et de femmes, par&#233;s des plus beaux bijoux, rivalisant d'audaces dans le choix et les associations de gravats color&#233;s, indispensables accessoires pour ces f&#234;tes silencieuses et cr&#233;pusculaires aux allures de ferventes c&#233;l&#233;brations du corps.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_8148 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH500/07-jpb-302e1.jpg?1509812748' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'hypoth&#232;se de l'&#238;le</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Brazs</dc:creator>


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		<dc:subject>R&#233;cit</dc:subject>
		<dc:subject>Carnet de voyage</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;La ville avait &#233;t&#233; construite &#224; l'extr&#233;mit&#233; du continent. Plus &#224; l'ouest, il n'y avait rien, sinon la mer.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://tk-21.com/Recit" rel="tag"&gt;R&#233;cit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://tk-21.com/Carnet-de-voyage" rel="tag"&gt;Carnet de voyage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L150xH100/arton839-7cfa1.jpg?1772284979' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La ville avait &#233;t&#233; construite &#224; l'extr&#233;mit&#233; du continent. Plus &#224; l'ouest, il n'y avait rien, sinon la mer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La mont&#233;e des eaux, due &#224; un r&#233;chauffement climatique, avait provoqu&#233; une succession de catastrophes : en quelques dizaines d'ann&#233;es, submersions, ravinements, effondrements, avaient progressivement s&#233;par&#233; la ville de sa terre natale. La ville-&#238;le s'&#233;tait &#233;loign&#233;e de plus en plus du continent, si bien que les liaisons maritimes d'abord quotidiennes devinrent hebdomadaires, puis mensuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#238;le, les quartiers de la ville basse, situ&#233;s au plus pr&#232;s des grandes plages, avaient &#233;t&#233;, durant quelques ann&#233;es, occup&#233;s par de luxueuses demeures. Des temp&#234;tes de plus en plus puissantes avaient repouss&#233; ses habitants vers des escarpements jusqu'alors inhabit&#233;s. Ils y construisirent de somptueuses villas regardant la mer de haut. Le port, maintenu en activit&#233; gr&#226;ce &#224; la construction d'une puissante digue, disposait, en cas de menaces exceptionnelles, d'un immense mur d'acier pouvant se d&#233;placer afin de fermer herm&#233;tiquement la rade. Ainsi la ville, autrefois ouverte sur la mer, d&#233;sormais s'en prot&#233;geait. Les plages n'&#233;taient plus fr&#233;quent&#233;es que par des p&#234;cheurs &#224; pied, parcourant la zone d'estran &#224; leurs risques et p&#233;rils, &#224; la recherche de quelques coquillages et des derniers crustac&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'humeur de la mer le permettait, le port accueillait un petit cargo charg&#233; de victuailles, de mati&#232;res premi&#232;res et de produits manufactur&#233;s. Les cargaisons &#233;taient rapidement d&#233;charg&#233;es et transport&#233;es vers la ville haute, pendant que des familles enti&#232;res &#233;taient d&#233;barqu&#233;es et se dirigeaient directement vers la ville basse pour y trouver quelques abris pr&#233;caires, d&#233;laiss&#233;s par de pr&#233;c&#233;dents occupants. D&#232;s le lendemain de leur arriv&#233;e, hommes, femmes et enfants valides se rendaient &#224; la &#171; cri&#233;e &#187;. (Quand la p&#234;che artisanale &#233;tait encore une activit&#233; prosp&#232;re le poisson y &#233;tait vendu aux ench&#232;res). Le b&#226;timent &#233;tait devenu un lieu d'embauche o&#249; les &#171; venus d'ailleurs &#187; esp&#233;raient &#234;tre engag&#233;s pour une semaine, voire un mois, sur le chantier d'un immense mur d'enceinte, destin&#233; &#224; prot&#233;ger la ville haute d'une exceptionnelle mont&#233;e des eaux, mais aussi de toutes sortes de convoitises, car sur les hauteurs se concentraient richesses et art de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction du mur fut achev&#233;e en quelques mois. Ceux d'en haut purent enfin se pr&#233;occuper d'imaginer de merveilleux jardins en terrasses, dans lesquels ils envisag&#232;rent d'acclimater les v&#233;g&#233;taux les plus rares, venus des quatre coins du monde. Dans l'attente de ces grands travaux paysagers, il ne restait aux habitants de la ville basse que l'espoir de menus emplois, insuffisants pour assurer leur survie. Ils organis&#232;rent alors un syst&#232;me tr&#232;s efficace de r&#233;cup&#233;ration de denr&#233;es alimentaires, d&#233;vers&#233;es chaque jour depuis la ville haute dans les d&#233;charges publiques situ&#233;es au pied du mur d'enceinte.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;&lt;strong&gt;* * *&lt;/strong&gt;&lt;/center&gt;
&lt;p&gt;Mon s&#233;jour dans l'&#238;le s'est d&#233;roul&#233; bien plus tard, alors qu'elle avait &#233;t&#233; abandonn&#233;e, apr&#232;s la rupture des digues, par la plupart de ses habitants. Elle &#233;tait devenue un territoire privil&#233;gi&#233; pour accueillir des artistes en r&#233;sidence. Je ne peux &#233;mettre que des hypoth&#232;ses pour expliquer les d&#233;couvertes inattendues qui m'ont conduit &#224; quitter l'&#238;le pr&#233;cipitamment apr&#232;s deux mois d'un travail assidu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 10 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai obtenu l'accord des autorit&#233;s culturelles pour prolonger une recherche engag&#233;e sur le continent. Elle porte sur &#171; les accumulations en zones littorales de mat&#233;riaux d'origines anthropiques, pr&#233;curseurs de futures formations lithiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pourrai occuper un espace de vie et de travail dans la ville basse, au plus pr&#232;s de la zone d'estran, objet de mon &#233;tude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 23 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis arriv&#233; dans l'&#238;le ce matin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai trouv&#233; refuge dans le dernier &#233;tage d'un solide b&#226;timent de la ville basse. Cet espace, large et bien &#233;clair&#233;, calme aussi, parce que sans voisins imm&#233;diats, constitue le lieu id&#233;al pour entreposer les trouvailles que je compte faire sur les plages : objets, mat&#233;riaux d&#233;pos&#233;s par chaque mar&#233;e montante, ou nombreux d&#233;bris de b&#226;timents effondr&#233;s, peu &#224; peu arrondis en &#233;tranges galets composites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 3 janvier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai constat&#233; que le rez-de-chauss&#233;e de l'immeuble o&#249; je r&#233;side est inoccup&#233;. Un panneau indique qu'il est susceptible d'&#234;tre envahi par les eaux, qui ne manquent pas de submerger r&#233;guli&#232;rement une partie de la ville basse, lors de fortes temp&#234;tes ou de grandes mar&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;tages, les rares habitants sont discrets. Je ne les fr&#233;quente pas. Ils ont sans doute remarqu&#233; mes all&#233;es et venues, mes d&#233;parts aux heures des basses eaux avec des sacs vides et mes retours, lourdement charg&#233;. Quand j'emprunte les escaliers, (l'ascenseur ne fonctionne plus depuis longtemps), je peux entendre le bruit des clefs fermant prudemment les portes. Mon comportement, certainement &#233;trange &#224; leurs yeux, me rend peut-&#234;tre suspect de possibles m&#233;faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 6 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au petit jour, la mar&#233;e descendante a laiss&#233; sur la plage un amoncellement de d&#233;bris ne ressemblant pas aux d&#233;p&#244;ts habituels de d&#233;tritus, d'algues et de coquillages. Il s'agit de mat&#233;riaux semblant avoir &#233;t&#233; arrach&#233;s r&#233;cemment &#224; des b&#226;timents. On peut imaginer que ces poutres de bois ont d&#233;riv&#233; lentement, que des courants plus puissants ont transport&#233; des plaques m&#233;talliques. J'envisage l'hypoth&#232;se d'un &#233;v&#233;nement survenu sur le continent. Tout laisse croire en effet que sur une c&#244;te, dont il est difficile d'&#233;valuer la position, une catastrophe a d&#233;truit de nombreux &#233;difices ; qu'ils &#233;taient habit&#233;s, puisqu'emp&#234;tr&#233;s dans des fragments de cloisons, de toitures ou de fa&#231;ades, on peut trouver toutes sortes de brisure de meubles, d'ustensiles de cuisine, d'appareils &#233;lectroniques. Quelques jouets aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 7 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;cid&#233; d'abandonner pour quelques jours l'exploration du littoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les rues de la ville basse conduisant aux plages, on avait pu autrefois d&#233;couvrir &#224; l'horizon la silhouette du continent. La digue construite pour prot&#233;ger la ville avait ensuite occult&#233; toute vue sur la mer. Quelques &#233;troites chicanes permettaient toutefois d'acc&#233;der aux plages depuis lesquelles la ligne de s&#233;paration entre ciel et eau r&#233;apparaissait. Du fait de la continuelle mont&#233;e des eaux, la frise &#233;troite du continent s'&#233;tait progressivement &#233;loign&#233;e jusqu'&#224; dispara&#238;tre compl&#232;tement de l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/2-jpbrazs-w.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/2-jpbrazs-w-91a24.jpg?1772210707' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 8 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon atelier situ&#233; en partie haute du b&#226;timent offre une vue sur la mer d&#233;serte. Dans la direction oppos&#233;e, je peux facilement observer les &#233;difices les plus proches. Ils disposent de toitures en terrasse sur lesquelles se trouvent parfois de petits &#233;dicules. Le plus souvent il s'agit de locaux techniques devenus inutiles depuis l'abandon des immeubles. Quelques-uns sont remarquables par le traitement des fa&#231;ades donnant sur la mer. Certains sont largement ouverts, d'autres simplement perc&#233;s de plusieurs ouvertures rectangulaires de tailles diverses, &#224; la mani&#232;re des postes d'observation install&#233;s dans les parcs ornithologiques. De ces terrasses am&#233;nag&#233;es, on peut en toutes saisons surveiller l'ensemble de la zone maritime s&#233;parant l'&#238;le du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 9 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;cid&#233; d'inventorier et d'explorer ces petits observatoires situ&#233;s sur certaines terrasses des immeubles de la ville basse. Ils sont en g&#233;n&#233;ral facilement accessibles par un escalier de service.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7572 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/3-jpbrazs-w.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH333/3-jpbrazs-w-cfc2d.jpg?1772210707' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 10 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'immeuble le plus proche de mon atelier, l'escalier acc&#233;dant &#224; la toiture est encombr&#233; de gravats. Il conduit &#224; un ultime palier dont le plafond dispose d'une trappe qui m'a permis de me hisser jusqu'&#224; une terrasse dont le sol sableux accueille de modestes pr&#233;sences v&#233;g&#233;tales : quelques touffes d'herbes basses, quelques lichens aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le petit &#233;dicule ne dispose d'aucune porte, d'aucune fen&#234;tre. Ses parois, mont&#233;es en parpaings, sont recouvertes d'un enduit parfaitement uniforme. J'ai simplement d&#233;couvert un petit trou circulaire dans le mur orient&#233; vers la mer. Je dois revenir avec une masse me permettant de d&#233;gager un passage dans la paroi oppos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 11 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la petite pi&#232;ce de quelques m&#232;tres carr&#233;s que mon effraction a livr&#233;e brusquement &#224; la lumi&#232;re du jour : rien. Les murs sont uniform&#233;ment peints en noir, &#224; l'exception de celui (que j'ai en partie d&#233;truit) faisant face au petit orifice : il est recouvert d'un enduit parfaitement lisse, blanc et mat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette terrasse on peut observer la mer mais aussi les toitures des immeubles les plus proches. Sur l'une d'elle se trouve un &#233;dicule dont les parois sont enti&#232;rement vitr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je reporte &#224; demain l'exploration cet autre belv&#233;d&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7573 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/1-horizon-w.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH71/1-horizon-w-0476d.jpg?1772210708' width='500' height='71' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 12 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d&#233;couvert dans l'habitacle de la deuxi&#232;me terrasse un modeste mobilier : une chaise, une table et quelques objets abandonn&#233;s, dont un coffret m&#233;tallique contenant un petit carnet et des images photographiques sous forme de fragments de n&#233;gatifs (en fort mauvais &#233;tat) : il s'agit de lointains, pos&#233;s sur des lignes d'horizon ressemblant aux silhouettes des paysages c&#244;tiers, dessin&#233;s autrefois par les explorateurs cartographes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pi&#232;ce, semble-t-il, &#233;tait utilis&#233;e comme cabinet de travail. En t&#233;moigne le carnet dont la totalit&#233; des pages est parcourue d'une fine &#233;criture manuscrite, sans ratures, ni h&#233;sitations. Certainement le journal de bord de l'ancien occupant des lieux.&lt;br class='autobr' /&gt;
J'apprends ainsi que l'&#238;le a &#233;t&#233; l'objet d'une exploitation mini&#232;re :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;J'ai abandonn&#233; le b&#226;timent proche du littoral pour explorer les hauteurs extr&#234;mes de l'&#238;le.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien au-del&#224; de la ville haute, la montagne est parfois enneig&#233;e. Pour parvenir au bas de la paroi rocheuse, il faut traverser une zone anciennement industrielle. On y trouve des b&#226;timents abandonn&#233;s et des machines inactives, voil&#233;es de poussi&#232;res rouge&#226;tres.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques recherches dans les archives locales m'ont permis de comprendre qu'il s'agit d'une ancienne station de lavage de minerais, extraits beaucoup plus haut dans la montagne.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'aventure mini&#232;re avait provoqu&#233; une ru&#233;e vers les entrailles rocheuses. Dans des conditions tr&#232;s p&#233;nibles, une population enti&#232;re fut vou&#233;e &#224; creuser, extraire, transporter, concasser et laver.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des industriels avaient donc entrepris de fouiller la montagne pour y puiser un pr&#233;cieux minerai. Des b&#226;timents construits &#224; une telle altitude sur d'&#233;troits promontoires auraient pu constituer de fabuleux belv&#233;d&#232;res, mais la logique mini&#232;re tournait le dos &#224; toute possibilit&#233; de laisser le regard porter loin vers la mer, au profit du creusement dans l'obscurit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 13 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carnet contient quelques phrases &#233;nigmatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les indicibles reflets, les dispositifs les plus compliqu&#233;s, les peurs imaginaires, les manques absolus, les absences, qu'un regard guide vers leurs pertes d&#233;finitives, les tentatives de p&#226;les reconstitutions, les pas de c&#244;t&#233; donnant &#224; voir l'inattendu, les surprenantes d&#233;couvertes que d'autres avant et ailleurs ont &#233;puis&#233; aussi. Le regard dans l'attente.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il regroupe &#233;galement des notes &#224; propos de syst&#232;mes optiques utilis&#233;s par les peintres depuis le XVIe si&#232;cle pour capturer des images du monde. Quelques dessins aussi, parfois aquarell&#233;s, figurant des vues sur le continent apparaissant &#224; l'horizon, toutes pr&#233;cis&#233;ment dat&#233;es et t&#233;moignant des disparitions successives d'&#233;difices, de falaises, de franges foresti&#232;res. Ils ont peut-&#234;tre &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s &#224; la chambre claire, puisque dans le carnet se trouve, soigneusement pli&#233;, le mode d'emploi d&#233;taill&#233; d'une &#171; chambre claire universelle &#187; de la marque Berville, dat&#233; de mars 1913.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le carnet contient aussi des descriptifs de bo&#238;tes optiques plus compliqu&#233;es. J'en conclus que le local technique de la premi&#232;re terrasse visit&#233;e avait &#233;t&#233; transform&#233; en &lt;i&gt;camera obscura&lt;/i&gt; de grande dimension ; que le petit orifice tourn&#233; vers la mer permettait de projeter sur le mur oppos&#233; la ligne d'horizon, en l'inversant ; que j'ai d&#233;truit cette image en faisant p&#233;n&#233;trer dans l'espace clos et sombre &#224; la fois la lumi&#232;re et mon regard.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7574 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/2-horizon-w.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH71/2-horizon-w-53aee.jpg?1772210708' width='500' height='71' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 15 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pu acc&#233;der &#224; une troisi&#232;me terrasse accueillant un autre habitacle dont une seule paroi est vitr&#233;e : celle tourn&#233;e vers la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y ai fait une d&#233;couverte plus &#233;trange encore que dans les deux premiers observatoires : le sol de cette pi&#232;ce est jonch&#233; d'une multitude de d&#233;bris de miroirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7575 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/3-horizon-w.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH71/3-horizon-w-b6f29.jpg?1772210708' width='500' height='71' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 16 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un examen attentif des fragments dispers&#233;s sur le sol m'a permis de constater que certains sont de formes g&#233;om&#233;triques simples : des triangles &#233;quilat&#233;raux surtout, mais aussi des hexagones. Ils &#233;taient peut-&#234;tre assembl&#233;s pour r&#233;aliser des poly&#232;dres r&#233;guliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible d'&#233;mettre une hypoth&#232;se concernant la chambre aux miroirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que l'horizon s'&#233;loignait de plus en plus de l'&#238;le, l'id&#233;e serait venue &#224; mon pr&#233;d&#233;cesseur de capturer la forme longiligne et lointaine du continent. Il aurait d'abord simplement photographi&#233; la ligne d'horizon pour en conserver une image fixe, la trace abandonn&#233;e d'un moment, mais tr&#232;s vite un projet autrement plus ambitieux aurait occup&#233; son esprit : celui de capturer le lointain et de l'enfermer d&#233;finitivement dans la pi&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mardi 17 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d&#233;sormais persuad&#233; que le projet de celui que je nomme &#171; l'inventeur &#187; &#233;tait bien de capturer l'image vivante d'un horizon disparaissant, pour la contenir &#224; l'infini dans un jeu de miroirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel dispositif, si compliqu&#233; qu'il avait fallu certainement plusieurs ann&#233;es pour le mettre au point, en admettant tout au long de ce travail qu'il pouvait &#234;tre inefficace, puisqu'il est vain de conserver ce qui doit dispara&#238;tre ; que sachant tout cela, il &#233;tait n&#233;anmoins imp&#233;rieux d'ajuster des miroirs, de tester le parcours de la lumi&#232;re, pour comprendre enfin qu'il faudrait un nombre infini de r&#233;flexions sp&#233;culaires pour &#234;tre certain d'aboutir ; qu'il faudrait alors non seulement y consacrer une vie enti&#232;re, mais aussi trouver la personne &#224; qui transmettre le fardeau, qui devrait &#224; son tour d&#233;signer un successeur, et ainsi de suite ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7576 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/4-horizon-w.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH71/4-horizon-w-894af.jpg?1772210708' width='500' height='71' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mercredi 18 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inventeur a peut-&#234;tre utilis&#233; un nombre fini de miroirs ing&#233;nieusement dispos&#233;s de fa&#231;on &#224; ce que le rayon lumineux emprunte plusieurs fois le m&#234;me parcours, ou bien se trouve emprisonn&#233; dans un dod&#233;ca&#232;dre et qu'ainsi rien ne puisse faire dispara&#238;tre l'horizon. Jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre hypoth&#232;se peut &#234;tre envisag&#233;e, puisque la vision humaine implique &#224; la fois un mouvement de la lumi&#232;re vers le dispositif r&#233;tinien d'enregistrement et un mouvement vers l'ext&#233;rieur des images c&#233;r&#233;brales cr&#233;&#233;es : l'appareil optique de capture artificielle de la lumi&#232;re avait peut-&#234;tre pour but de renvoyer l'image de l'horizon &#224; son point d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='http://tk-21.com/IMG/jpg/5-horizon-w.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='http://tk-21.com/local/cache-vignettes/L500xH71/5-horizon-w-3a7ed.jpg?1772210708' width='500' height='71' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeudi 19 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il me faut interpr&#233;ter l'amoncellement anarchique de fragments de miroirs bris&#233;s sur le sol du belv&#233;d&#232;re. Le dispositif se serait brusquement effondr&#233;, peut-&#234;tre du fait d'un coup de vent un peu trop fort, ou d'un simple souffle d&#233;s&#233;quilibrant un assemblage trop fragile, trop subtil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; moins que l'inventeur du merveilleux syst&#232;me optique se soit d&#233;courag&#233;, fatigu&#233; de devoir accomplir un trop long travail dans un si petit espace, jetant &#224; terre ce qui &#233;tait vou&#233; &#224; &#234;tre inachev&#233; ; que parfois l'espoir d'atteindre le but s'&#233;loignait ; qu'il fallait faire vite parce qu'une fois l'horizon d&#233;finitivement disparu, il serait trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se peut aussi que parvenu &#224; son but, l'inventeur de la machine &#224; capturer les disparitions, redout&#226;t qu'elle puisse simplement servir &#224; conduire une lumi&#232;re esseul&#233;e, abandonn&#233;e &#224; elle-m&#234;me, cherchant une image dans laquelle se fixer ; une image en attente, que l'obscurit&#233; serait avide de dig&#233;rer, car il est certain que les ombres sont d&#233;voreuses et pas seulement de mots ; les corps m&#234;me s'y engouffrent, parfois avec d&#233;lectations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vendredi 20 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes r&#233;flexions trouvent un &#233;cho dans une note que je d&#233;couvre dans la derni&#232;re page du carnet :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ombres et lumi&#232;res font bon m&#233;nage, c'est m&#234;me le duo n&#233;cessaire pour donner aux peintures l'illusion des pr&#233;sences. L&#233;onard et bien d'autres se sont aventur&#233;s dans cette question avec grande science, &#224; force d'avoir scrut&#233; dans la nature les plus indicibles ph&#233;nom&#232;nes lumineux ; Rembrandt aussi, qui s'&#233;vertuait &#224; maintenir des lueurs fr&#233;missantes dans l'ombre et &#224; forcer la pr&#233;sence de l'ombre dans les lumi&#232;res. Les sillons rugueux de sa touche picturale pos&#233;e avec la rage n&#233;cessaire t&#233;moignent de cette entreprise de mise au monde, ainsi que le rehaut de vermillon, pour qu'une troisi&#232;me lumi&#232;re&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Samedi 21 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris la d&#233;cision de quitter l'&#238;le d&#233;finitivement. J'y laisse les images et le petit carnet d&#233;couverts dans le deuxi&#232;me belv&#233;d&#232;re. J'ai simplement d&#233;plac&#233; le tout dans la chambre noire situ&#233;e sur la premi&#232;re terrasse explor&#233;e en y ajoutant mon propre carnet de notes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais maladroitement &#233;ventr&#233; ce pr&#233;cieux &#233;dicule. Je consacrerai la journ&#233;e de demain &#224; r&#233;parer cet outrage et &#224; reconstituer le sarcophage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lundi 23 f&#233;vrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis le seul passager sur le petit cargo assurant la liaison entre l'&#238;le et le continent. Au lev&#233; du jour les amarres seront largu&#233;es. La mer est calme et la travers&#233;e devrait bien se passer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.jpbrazs.com" class="spip_out"&gt;http://www.jpbrazs.com&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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